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01.11.2026 | Amandine

Cette année, on observe un glissement du végétarisme vers le végétalisme / véganisme. Le nombre de personnes végétaliennes / véganes a augmenté de 60 %, tandis que le nombre de personnes végétariennes a légèrement baissé.

Swissveg analyse chaque année les tendances en matière d’alimentation végétarienne et végétalienne à partir de la plus grande enquête de consommation de Suisse. Cette année, l’enquête MACH a été réalisée auprès de 30 375 personnes domiciliées en Suisse et âgées de 14 ans et plus.

Dans le texte ci-après, les chiffres entre parenthèses se rapportent à l’année précédente (2025).

Vue d’ensemble

Actuellement, 4,9 % (5 %) de la population ne consomme ni viande ni poisson. Parmi ces personnes, 16 % sont végétaliennes / véganes. Au total, 0,8 % (0,5 %) de la population suit un régime végétalien. Cela représente une augmentation remarquable de 60 % par rapport à l’année dernière.

En chiffres absolus (pour la tranche d’âge des 14 ans et plus), cela signifie qu’en Suisse, 374 000 personnes ne mangent jamais ni viande ni poisson. Et parmi elles, 58 000 personnes ont une alimentation entièrement végétale.

Ces cinq cinq dernières années, la proportion de personnes végétariennes (et végétaliennes) a toujours oscillé autour de 5 %. Autrement dit, une personne sur vingt (âgée de 14 ans et plus) ne consomme pas de viande. En 2015, cette proportion était encore inférieure à 3 %.

Entre 2016 et 2021, on a observé une augmentation annuelle moyenne de plus de 10 %. Après la crise du coronavirus, de 2021 à 2026, la proportion de personnes ne consommant pas de viande s’est stabilisée.

Pourcentage de la population qui ne consomme pas de viande

Différences liées au genre : les hommes se rattrapent

Il convient également de noter une différence d’évolution entre les hommes et les femmes :  alors que chez les hommes, la part des végétariens a augmenté de 0,7 point de pourcentage pour atteindre 4,0 %, celle des femmes a baissé de 0,7 point de pourcentage pour s’établir à 6,0 %. Et la hausse du nombre de personnes végétaliennes et véganes est presque exclusivement imputable aux hommes : entre 2025 et 2026, la proportion de végétaliens chez les hommes est passée de 0,3 % à 0,7 %, tandis que chez les femmes, elle n’a augmenté que de 0,1 point de pourcentage (passant de 0,7 % à 0,8 %).

Nombre de personnes végétariennes et véganes

Différences liées à l’âge

Comme toujours, la part de végé-véganes est plus élevée chez les jeunes. Mais dans ce groupe aussi, on observe un glissement du végétarisme vers le végétalisme / véganisme.

Entre 2021 et 2025, le nombre de végétaliens parmi les jeunes interrogés était resté pratiquement constant. Cette année, une hausse de 0,4 point de pourcentage a toutefois été observée, et ce chiffre s’élève désormais à 1,6 %. Ainsi, la proportion de personnes végétaliennes et véganes est deux fois plus élevée chez les jeunes que dans la population générale.

Près de 50 % des véganes sont des personnes jeunes et sans enfants, contre 18,6 % dans la population générale.

En revanche, le régime flexitarien, défini dans l’enquête comme une réduction volontaire de la consommation de viande, est adopté par seulement 17,8 % des jeunes, contre 22,4 % de la population générale.

Alimentation selon l'âge

Niveau de formation : le véganisme se répand dans les hautes écoles

Il avait déjà pu être constaté, ces dernières années, que les personnes suivant un mode de vie végane étaient plus souvent titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur que la moyenne de la population. Cette année, l’écart par rapport à l’ensemble de la population s’est considérablement creusé.

Alors que la proportion de personnes titulaires d’un diplôme de degré supérieur au sein de la population générale a augmenté de 0,5 % en un an, celle-ci a progressé de 6,4 % parmi les véganes.

Il est intéressant de noter que, pendant la même période, cette proportion a diminué de 2,5 % chez les personnes végétariennes. L’écart entre les personnes véganes / végétaliennes et les autres groupes alimentaires s’est donc encore creusé.

Cette tendance est encore plus marquée si l’on compare l’année 2024 à l’année 2026 : en 2024, les véganes étaient 18,2 % de plus que les omnivores à avoir un diplôme de l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, l’écart se chiffre à plus de 30 %. 
 

Alimentation des personnes titulaires d'un diplôme universitaire

Différences régionales

La hausse de plus de 60 % du nombre de personnes végétaliennes %/ véganes provient exclusivement de la Suisse alémanique. En effet, 0,9 % de la population suisse allemande suit désormais un régime végétalien, contre seulement 0,4 % en Suisse romande et 0,3 % au Tessin.

La situation est toutefois différente pour les personnes végétariennes : leur proportion a baissé en Suisse alémanique, passant de 5,7 % à 4,9 %, tandis qu'elle a augmenté de 0,6 %points de pourcentage en Suisse romande, passant de 1,5 % à 2,1 %, et de 0,9 %points de pourcentage au Tessin, passant de 1,6 % à 2,5 %. Notons toutefois qu’en Suisse romande, un recul avait été observé l’année dernière (2025 : 1,5 % ; 2024 : 2,3 %).

Selon ces derniers chiffres, la Suisse alémanique a perdu un peu de son avance sur le reste de la Suisse en matière de végétarisme, mais l’écart a continué de se creuser en ce qui concerne le véganisme.

Type d'alimentation par région

La tendance à la consommation d’alternatives végétales se poursuit

Pour le secteur économique en particulier, il est intéressant non seulement de savoir combien de personnes ont complètement arrêté de consommer de la viande et/ou d’autres produits d’origine animale, mais aussi de connaître la part de la population susceptible de consommer des alternatives à ces produits.

Sur ce point, la tendance est sans équivoque : d’année en année, de plus en plus de personnes disent consommer des alternatives végétales.

C’est parmi les substituts de viande que l’on a observé la plus forte croissance du nombre de consommateurs (2,7 %), bien que ces produits s’adressaient déjà auparavant au plus large public. Désormais, 57,7 % des gens mangent au moins de temps en temps des simili-carnés. Cela représente un potentiel de 4,4 %millions d’acheteurs dans ce secteur.

Presque toutes les personnes végétariennes (96,2 %) et végétaliennes (98 %) consomment des alternatives à la viande. Cela dit, plus de 60 % des consommateurs potentiels sont « omnivores » et environ 30 % flexitariens.

Même si les personnes végétariennnes et végétaliennes ne représentent qu’environ 10 % des acheteurs de substituts de viande, leur contribution au chiffre d’affaires de ce segment est nettement plus importante, car ils achètent ces produits bien plus fréquemments. Parmi les personnes végétaliennes, 75,3 % consomment ce type de produits plusieurs fois par semaine, contre seulement 2,2 % des « omnivores ».

Consommation d'alternatives végétales dans la population générale

Les alternatives au lait de vache sont également appréciées par une grande partie de la population, avec plus de 3 %millions de consommateurs potentiels, soit environ 40 %. Près de 83 % des personnes végétariennes disent consommer des alternatives au lait. On ne peut donc pas dire que les végétariens consomment énormément de lait de vache, même s’ils n’y renoncent pas totalement. Les personnes flexitariennes (55 %) et « omnivores » (32 %) sont moins ouvertes aux alternatives au lait.

La gamme des alternatives au fromage est nettement plus restreinte dans les supermarchés que celle des alternatives au lait. De plus, la plupart de ces produits se situent encore dans un segment de prix élevé. Cela se traduit par un groupe de consommateurs potentiels plus limité. Seuls 18,4 % de la population générale consomment des alternatives au fromage. Toutefois, dans ce secteur aussi, la tendance est à la hausse.

Bien que tous les groupes alimentaires consomment aujourd’hui davantage de fromages végétaux qu’auparavant, la plus forte augmentation peut être observée chez les personnes végétaliennes / véganes, qui sont désormais 86 % à en manger (contre 67 % l’année dernière). 
 

Consommation d'alternatives au fromage

Les chiffres sont clairs : lentement mais sûrement, les produits végétaux font leur place dans la société.

Les végé-véganes aiment le bio et le fair trade

83 % des végétaliens veillent à acheter des aliments issus de l’agriculture biologique.  Chez les végétariens, ce chiffre s’élève à 78,6 %. En revanche, seuls 48,1 % des « omnivores » veillent à acheter des aliments biologiques.

La situation est similaire pour les produits issus du commerce équitable : 86,1 % des végétaliens y prêtent attention, contre seulement 61 % des « omnivores ».

Enfin, environ 70 % des personnes végétaliennes, végétariennes et flexitariennes sont attentives aux labels reconnus tels que Max Havelaar ou Demeter (le V-Label n’a pas fait l’objet d’une question directe). Cela n’est le cas que pour 50 % des « omnivores ».

Consommation de produits bio par type d'alimentation

 

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