Le mouton a tout pour plaire ! Les moutons sont des animaux sociables et doux qui subissent chaque jour de nombreuses injustices. La Suisse compte environ 400 000 moutons. En 2025, environ 220 000 moutons ont été abattus dans notre pays.1 Outre la production de viande et de produits laitiers, le mouton est également exploité pour sa laine. Sur cette page, nous abordons toutes les facettes de la vie du mouton : son histoire, ses souffrances, ses besoins et ses facultés.
Bon à savoir
Fiche signalétique
- Les moutons sont des herbivores : ces mammifères herbivores ruminants appartenant à la grande famille des bovidés mangent principalement des graminées, des herbes, des branchages, des graines, des céréales, du foin, des racines, des tubercules et d’autres plantes.
- Les moutons sont paisibles : très affables, les moutons font partie des premiers animaux vivants domestiqués par l’humain.
- Un brin de terminologie : le mâle est appelé bélier, la femelle brebis.
- Les moutons ont une vie sociale : très sociables, les moutons entretiennent des amitiés, se battent rarement et traversent une forme de deuil lorsqu’un membre de leur troupeau meurt.
- Les moutons prennent des décisions : comparable à celui de certaines espèces de primates par sa taille et sa structure, le cerveau des moutons leur permet de prendre des décisions en toute connaissance de cause.
- Les moutons ont des yeux très particuliers : comme chez les chèvres, les yeux des moutons sont situés sur le côté de la tête et dotés de pupilles allongées à l’horizontale. À l’instar des autres animaux de proie, cela leur confère une vision plus large grâce à laquelle ils échapperont plus facilement aux prédateurs.
- Les moutons sont très sensibles à la météo : les moutons ressentent les changements météorologiques et deviennent nerveux à l’approche d’un orage.
- Les moutons sont très émotifs : des études ont montré que les moutons sont capables d’exprimer plusieurs émotions, telles que la peur, la colère, le désespoir, l’ennui, le dégoût et la joie.
- Les moutons reconnaissent les visages : capables de mémoriser les visages d’une cinquantaine de congénères au moins et d’une dizaine d’humain durant plus de deux ans, ils développent une sympathie particulière pour certains d’entre eux. Ils parviennent aussi à interpréter les mimiques.
- Les moutons agitent leur queue lorsqu’ils s’abreuvent : quelques minutes seulement après la naissance, les agneaux se dressent sur leur pattes pour téter. S’ils agitent leur queue en buvant, c’est que tout va bien.2
Faits intéressants
Les moutons sont des mammifères domestiqués. Les informations figurant sur cette page concernent le mouton domestique tel qu'il est élevé par l’humain. On trouve encore des moutons à l’état sauvage aussi bien sur le pourtour de la mer Méditerranée que dans des régions plus froides comme en Sibérie ou en Alaska. Très agiles, ils se sont également adaptés à la vie en montagne. On considère généralement que le mouton domestique descend du mouflon arménien. Animal frugal et robuste, le mouton se nourrit souvent d'aliments durs et difficiles à mâcher ; il est néanmoins plus sélectif que la chèvre ou l'âne. Les moutons sont par ailleurs des animaux très adaptables en termes de conditions climatiques.
Les moutons adultes mâles sont appelés béliers et les femelles brebis. Le terme agneau désigne un petit mouton de moins d'un an. Le mouton à proprement parler est un mâle castré âgé de plus d'un an. Sans intervention humaine, les moutons peuvent atteindre l'âge de 10 à 12 ans.
Les moutons sont domestiqués par l'homme depuis plusieurs milliers d'années, principalement pour leur lait, leur viande et leur toison. Les déchets issus de l'abattage et de la tonte des moutons servent également de matière première pour la fabrication de colles, de bougies, de savons et de produits cosmétiques. Les boyaux de mouton sont souvent utilisés pour fabriquer les cordes d'instruments de musique et de raquettes de tennis.
Les moutons sont aussi utilisés pour entretenir le paysage. En broutant régulièrement une zone, ils permettent aux landes et aux espaces verts de conserver leur forme et leur fonction, sans quoi ils se transformeraient en steppes ou en forêts.3 Malheureusement, les animaux sauvages tels que les chevreuils et les cerfs ne peuvent plus remplir cette fonction aujourd'hui, car l'homme les en empêche : d'une part, les espaces verts sont généralement clôturés, ce qui en exclut les animaux sauvages ; d'autre part, ces derniers sont également repoussés des espaces verts vers la forêt par la chasse. Certes, le pâturage par les moutons est un peu plus efficace que de laisser la nature faire son œuvre, mais ils dévorent tout ce qui se trouve sur leur passage.

Besoins
Bouger
Les moutons ont un sens grégaire très développé. Or, un troupeau ne pourra s'épanouir que si chacun des membres dispose de suffisamment de place. La liberté de mouvement revêt une grande importance et a un effet bénéfique sur la santé, la condition physique et la capacité reproductive des animaux. Les moutons sont donc souvent élevés en mode extensif en extérieur et ils ne doivent en aucun cas être attachés. Ils doivent aussi pouvoir se protéger de la chaleur, de l'humidité et du froid excessifs en se retirant sous un abri sec et à l'abri du vent, pour autant que celui-ci offre assez de place pour tout le troupeau.4

Se reposer
Bien que diurnes, les moutons se reposent également durant la journée lorsqu'il fait chaud. Ils ont besoin de suffisamment d'espace pour pouvoir s'allonger et se reposer en toute tranquillité. Pour cela, les moutons choisissent un endroit propre, sec et à l'abri des courants d'air. Ces animaux n'ont que de courtes phases de sommeil d'une demi-heure chacune et passent la majeure partie de leur temps à brouter.5

Manger
Les moutons paissent environ 8 à 10 heures par jour, réparties sur 4 à 5 périodes d'alimentation. Ils consacrent une grande partie de ce temps à la rumination. Selon la race, les animaux adultes consomment entre 3 et 10 kilogrammes de fourrage vert par jour, ce qui représente environ 10 % de leur propre poids corporel. En matière d'alimentation, les moutons sont relativement peu exigeants et très adaptables. La propreté du fourrage est toutefois essentielle, car les moutons évitent les mangeoires et les abreuvoirs sales. Ils ont par ailleurs besoin de pierres à lécher pour absorber des minéraux essentiels.

Reproduction et agnelage
Après cinq mois de gestation, la brebis met généralement bas un ou deux agneaux. Peu avant la mise bas, elle devient nerveuse et s'éloigne du troupeau à la recherche d'un emplacement au calme. Elle léchera abondamment son petit pour assurer l'imprégnation olfactive, cruciale pour le lien entre la brebis et l'agneau. Le bien-être de l'agneau dépendra dans une large mesure de la qualité de ce lien. Habituellement, l'agneau est capable de se tenir sur ses pattes et de téter une heure après sa naissance déjà. L'ingestion du premier lait (colostrum) est indispensable à la survie des animaux au cours des 12 premières heures, car il apporte à l'agneau des anticorps, des vitamines et des minéraux essentiels. Les brebis sur le point d'agneler et leurs nouveaux-nés sont très sensibles aux nuisances environnementales.

Nouer des contacts sociaux
Le sens grégaire est l'une des caractéristiques les plus marquantes du mouton. Les membres du troupeau se montrent très peu agressifs et peu enclins à la mise en place d'une structure hiérarchique claire. Au sein du troupeau, les activités se font principalement de manière synchronisée. Ainsi, s'ils se sentent en danger, les moutons fuiront tous ensemble.
Les moutons aiment se tenir ou se coucher très près les uns des autres. Ils ne doivent donc en aucun cas être élevés seuls. Même lorsqu'un individu doit être éloigné du reste du groupe pour la mise bas ou en raison d'une maladie, il doit pouvoir maintenir un contact visuel avec ses congénères.

Types d’élevage
Les races ovines peuvent être classées en quatre groupes en fonction de l'exploitation dont elles font l'objet : les moutons à laine, les moutons à viande, les brebis laitières et les moutons de pâturage. La manière dont les moutons sont élevés dépend de leur utilisation : l'élevage extensif, ou élevage au pâturage, sert principalement à la production de laine et de viande. Ce mode d'élevage est celui qui répond le mieux aux besoins des moutons ; c'est aussi la méthode la plus répandue dans le monde. Outre l'élevage extensif, il existe aussi l'élevage intensif, qui est principalement utilisé pour la production laitière.6
Les deux types d'élevage sont présentés dans cette section.
Élevage intensif
Dans les élevages intensifs, tant à l'étranger qu'en Suisse, les moutons sont élevés en grand nombre dans des espaces exigus et dans des conditions indignes. Dans ce type d’élevage, les animaux ne disposent que de très peu d’espace et les agneaux sont séparés de leur mère bien plus tôt que dans l'élevage extensif. Le grand public et les consommateurs n'en ont guère conscience, car cela n'est pas visible de l'extérieur. C'est pourquoi l'illusion selon laquelle les moutons paissent généralement en pâturage et sont élevés de manière relativement naturelle reste très répandue.

Pâturage
L'élevage extensif des moutons se caractérise par une exploitation des terres à grande échelle avec une faible densité de bétail. ll peut s'agir aussi bien de l'élevage de petits groupes d'animaux dans des enclos en plaine que de l'élevage de groupes plus importants sur des pâturages non clôturés. Ce mode d'élevage peut sembler idéal, mais si les moutons sont élevés en plein air, ce n'est pas par amour des animaux, mais le plus souvent par commodité. Les animaux ont rarement accès à de belles prairies verdoyantes. Souvent, ils sont livrés à eux-mêmes sur une parcelle clôturée. Les prairies sont clairsemées, l’eau fait défaut et les abris, pourtant prescrits par la loi, sont absents. Les animaux sont ainsi exposés sans défense au froid, à l’humidité, à la chaleur ou à la sécheresse.
Certes, la vue de moutons paissant dans un pré renvoie une image idyllique, mais en y regardant de plus près, on constate souvent que de nombreux moutons sont maigres, boitent ou souffrent de la fameuse maladie des moutons appelée « piétin ». Celle-ci survient lorsque les animaux doivent rester debout sur un sol constamment humide et que leurs onglons ne sont pas correctement entretenus. Elle entraîne des inflammations des onglons extrêmement douloureuses. En été, les animaux souffrent souvent de soif et, en hiver, lorsqu'ils sont mis à l'abri, ils manquent d'espace.7

Exploitation
Les moutons sont élevés différemment selon leur utilisation. Les animaux destinés à la reproduction sont sélectionnés en fonction de leur apparence physique, de leur laine et de leur musculature.
Brebis laitières
Les brebis se nourrissent d'herbe de pâturage, mais celle-ci ne doit être ni trop tendre, ni trop dure. Une herbe trop tendre provoque des diarrhées chez les animaux en raison d'une teneur en fer trop élevée et d'une teneur en fibres brutes trop faible. Une herbe trop dure, quant à elle, contient trop peu de protéines et trop de glucides, qui sont difficiles à digérer. Dans ce cas, la production laitière diminue et les agneaux sont moins bien nourris. Souvent, les brebis laitières sont parquées afin qu'elles ne s’enfuient pas et « ne puissent pas manger trop d'herbe fraîche ». Cela se fait fréquemment à l'aide de clôtures électriques. Parfois, les animaux sont également parqués derrière des grillages diagonaux ou à mailles nouées. S'ils se trouvaient en pleine nature, ils pourraient choisir eux-mêmes où paître et n'auraient pas ces problèmes.
Les brebis laitières sont généralement traites deux fois par jour. Lorsqu’un agneau ou plusieurs agneaux viennent au monde, la mère prend soin d’eux et les allaite avec attention. Les agneaux ont besoin du lait maternel pendant au moins trois mois. Cependant, comme les agneaux consomment près de la moitié de la production laitière annuelle au cours des trois premiers mois, ils sont souvent séparés de leur mère bien plus tôt dans l'industrie laitière, ce qui leur cause beaucoup de souffrance. Les brebis laitières sont ensuite traites jusqu’à la fin de la lactation. Les agneaux destinés à la reproduction sont placés dans un pâturage séparé, tandis que les agneaux excédentaires sont soit vendus, soit abattus. Les brebis dont la performance diminue sont également mises à mort.
Moutons à viande
Ces dernières années, l'élevage de brebis laitières a connu un essor en Suisse. De ce fait, le nombre d'agneaux destinés à la production de viande a augmenté. Ces adorables petits sont abattus dès l'âge de quelques mois à peine pour finir dans nos assiettes. De nombreux agneaux issus de l'élevage laitier sont séparés de leur mère dès la première semaine. Jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids vif de 15 kilogrammes, les agneaux sont nourris avec un substitut de lait à l’aide d’un distributeur automatique.
Dans le cas de l'élevage d'agneaux sous la mère, les agneaux sont soit élevés de manière extensive avec leur mère dans un pâturage, soit élevés de manière intensive auprès de leur mère jusqu’à ce qu’ils soient sevrés au bout de trois mois.8 Ils sont ensuite engraissés pendant environ quatre à douze mois et abattus, alors qu’ils pourraient atteindre l’âge de 10 à 12 ans.
Moutons à laine
Les vêtements en laine ont la cote, car ils sont réputés chauds et de haute qualité. La laine est également appréciée comme isolant dans la construction. Le commerce de la laine est en plein essor dans le monde entier. Cependant, on ne trouve pratiquement plus de laine suisse dans le commerce aujourd'hui, car elle n’est pas compétitive face à la laine importée. Elle est ainsi devenue un déchet dont l'élimination pose problème. La plupart du temps, elle est simplement brûlée.
Une grande partie de la production mondiale de laine provient essentiellement des moutons mérinos. Ces moutons à laine sont élevés pour développer une peau plissée, ce qui permet de produire davantage de laine et d’augmenter ainsi le rendement par animal. Pendant les mois chauds, de nombreux moutons meurent de chaleur à cause de l'excès de laine qu'ils doivent porter. De plus, l'humidité et l'urine s'accumulent dans les plis cutanés, ce qui attire les mouches. Celles-ci pondent leurs œufs dans ces plis et les larves qui en éclosent peuvent littéralement ronger les moutons de l'intérieur. Dans de nombreux pays, on tente d'empêcher cela par une pratique appelée « mulesing ». Cette méthode consiste à immobiliser les agneaux entre des tiges métalliques afin de leur couper, souvent sans anesthésie, des morceaux de chair autour de la queue. Il en résulte une zone cicatrisée, moins souvent infestée par les mouches. Cette méthode est extrêmement cruelle et provoque de terribles souffrances.
La tonte des moutons est rémunérée au poids, et non à l'heure. Cela signifie que les animaux sont souvent manipulés sans aucune précaution. De plus, l'immobilisation des moutons entraîne régulièrement des blessures. Pour produire de la laine ultra-fine, les moutons à laine sont élevés en élevage intensif. Ils ne voient jamais de pâturage, ne peuvent jamais se déplacer librement et sont enfermés dans de petits compartiments individuels. À partir d’un certain âge, ils sont finalement vendus pour l'abattage.9

Entretien du paysage
En Suisse, les troupeaux de moutons gardés par des bergers jouent un rôle de plus en plus important dans l'entretien des paysages. Les animaux sont souvent élevés dans des zones vallonnées ou escarpées où la fauche est quasiment impossible. L'exploitation de ces terres n'étant pas particulièrement rentable, le mouton constitue une alternative bon marché. Cependant, laissés sans surveillance dans les alpages, les moutons broutent de vastes étendues d'herbe qui sont essentielles pour la faune sauvage. L'industrie de l'élevage entre donc en concurrence avec la faune sauvage.
Production
En Suisse, les moutons sont élevés principalement pour la production de viande et de lait. Ce chapitre a pour objectif de présenter les différents secteurs de production et de mettre en lumière les souffrances que cela entraîne pour les moutons. Cela inclut notamment le transport, l'étourdissement et l'abattage des animaux.
Production de viande et de lait
Contrairement à la viande de porc, de bœuf ou de poulet, la viande de mouton est peu consommée en Suisse. Malgré cela, environ 220 000 moutons ont été abattus en 2025, ce qui couvre environ la moitié de la consommation totale. Le reste de la viande de mouton est importé de l'étranger. La consommation annuelle par habitant s'élève à environ 1,1 kilogramme de viande d'agneau ou de mouton. En 2023, 3578 tonnes de lait de brebis ont été produites en Suisse.10
Transport, étourdissement et mise à mort
Avant d'être mis à mort, les moutons doivent être transportés jusqu'à l'abattoir. Ces transports constituent une source de stress pour chaque animal. En Suisse, la durée maximale autorisée pour le transport du bétail est de huit heures.11
Une fois arrivés à l'abattoir, les animaux sont généralement placés en stabulation provisoire avant d'être finalement abattus. L'étourdissement des moutons s'effectue soit par un tir de pistolet à tige perforante dans le cerveau, soit par étourdissement électrique, ce qui consiste à placer des électrodes sur la tête et/ou le dos et/ou le cœur du mouton afin de faire passer un courant électrique à travers le corps de l'animal. La saignée doit ensuite avoir lieu dans les secondes en cas d'étourdissement par pistolet à tige perforante, et dans les 20 secondes en cas d'étourdissement électrique.12
Il n’est pas rare que les animaux ne soient pas étourdis correctement et soient donc tués à vif. En 2018, deux abattoirs vaudois ont ainsi fait face à une plainte pour maltraitance et cruauté envers les animaux : des vidéos montrent comment les employés des abattoirs cherchent en vain à attraper les bêtes à l'aide d’une pince à étourdir ou comment les animaux sont violemment traînés sur le sol d’un local à l’autre. Complètement désorientés et stressés, les animaux tentent de fuir alors qu'ils sont entourés de congénères morts. Mal étourdis, les animaux sont conscients lorsqu'on les égorge et ressentent des douleurs atroces.13
Production de laine
De nos jours, au vu de la demande croissante en fibres synthétiques, le commerce de la laine se fait souvent à pertes. Un cinquième de la laine produite en Suisse doit même être brûlée faute de débouchés. La laine qui est transformée bénéficie de subventions. Selon l'Office fédéral de l'agriculture, les moutons élevés en Suisse produisent environ 900 tonnes de laine brute par an, dont la moitié est transformée à l'étranger.14
La majeure partie de la laine ne provient pas de Suisse, où il ne reste plus que quelques entreprises de transformation. À l'échelle mondiale, près de 100 pays produisent chaque année environ 2 millions de tonnes de laine, issue de l'exploitation d'environ 1,3 milliard de moutons. L'essentiel de cette laine est produite en Nouvelle-Zélande, en Chine et surtout en Australie. Les quelque 70 millions de moutons qui y vivent permettent de produire chaque année environ 280 000 tonnes de laine brute. 50 % de ces animaux sont des moutons mérinos, la race à laine fine la plus répandue au monde. En moyenne, leur pelage tondu encore intact pèse entre trois et cinq kilogrammes, dont la moitié du poids est constituée de saleté, de graisse de laine, de sueur et de résidus végétaux. La laine mérinos est utilisée dans les vêtements d'extérieur, les vêtements de sport, les tricots, les bas, les chaussettes et comme fil à tricoter.15
Le commerce de la laine est une activité sanglante et douloureuse. Les animaux élevés spécialement pour leur laine ont souvent la peau très plissée, ce qui les fait transpirer abondamment et attire ainsi les mouches, qui viennent se nicher dans ces plis pour y pondre leurs œufs. Les larves qui en éclosent rongent alors les moutons de l'intérieur, leur causant d'énormes souffrances. Afin de limiter cette invasion de mouches, on procède dès le plus jeune âge des agneaux à une pratique cruelle et douloureuse appelée « mulesing ». (Pour en savoir plus, voir la rubrique « Interventions ».)
Lorsqu'on achète des produits en laine en Suisse, par exemple des vêtements, on a généralement affaire à de la laine étrangère issue d'une production associée à de grandes souffrances animales. Mais la cruauté ne s’arrête pas là : lorsque la production de laine des moutons diminue, les animaux vieillissants, âgés d’environ six ans, sont vendus pour l'abattage. Leur espérance de vie naturelle peut pourtant atteindre 10 à 12 ans. De plus, au lieu d'être emmenés dans un abattoir proche, des millions de moutons sont chargés sur des navires et envoyés dans un long et pénible voyage. L'Australie est le premier exportateur mondial de moutons vivants. Le chargement et le voyage en mer qui s'ensuit sont extrêmement stressants pour les animaux et provoquent chez eux de l'agressivité et de la peur. Jusqu'à 75 000 moutons peuvent être entassés dans un navire.16 À bord, les animaux restent parfois plusieurs semaines dans leurs propres excréments, sont exposés à des températures pouvant atteindre 40 °C et reçoivent une nourriture inhabituelle sous forme de granulés, qu'ils refusent souvent. De nombreux animaux meurent en cours de route des suites d'un coup de chaleur ou succombent au stress, aux traumatismes et aux maladies.17
En portant des vêtements en laine, on contribue très certainement à toute cette maltraitance animale.
Perturbations du comportement social
Lorsque les besoins des moutons ne sont pas couverts, ils développent des troubles du comportement. C'est le cas, par exemple, dans les élevages industriels, où le manque de place empêche tout contact social entre les individus. Les moutons s'ennuient et deviennent apathiques. Privés de sortie pour brouter en toute quiétude sur de vastes terrains, ils commencent à se balancer d'avant en arrière ou à mordiller les pieux en bois ou les treillis qui forment leur enclos. Ces comportements répétés à l'identique sans aucune raison relèvent de ce qu'on appelle la stéréotypie.
Interventions
Raccourcissement de la queue
En Suisse, il est autorisé de couper la queue des agneaux âgés de moins dune semaine sans anesthésie. Cette intervention vise à éviter que les fesses des animaux ne soient souillées, notamment en cas de diarrhée. Après l'intervention, le moignon de la queue doit encore mesurer 15 cm afin de pouvoir recouvrir l'anus. La coupe de la queue ne sera totalement interdite en Suisse qu'à partir de 2040.18 Cette procédure est très douloureuse pour les jeunes animaux.
Castration
En règle générale, les agneaux sont castrés pour éviter toute agitation au sein du troupeau au moment où ils atteignent l'âge de la maturité sexuelle. En Suisse, il est interdit de castrer les agneaux sans anesthésie. Toutefois, les éleveurs sont autorisés à castrer eux-mêmes leurs animaux jusqu'à l'âge de deux semaines s'ils ont préalablement suivi une formation à cet effet.
Mulesing
L'intervention dite du mulesing consiste à retirer des lambeaux de peau dans la zone périanale à l'aide de ciseaux. À l'étranger, il arrive souvent que de grandes surfaces de peau soient ainsi coupées sans anesthésie. Le but de l'opération est d'éviter que des mouches ne se nichent dans les replis de peau, provoquant des infections et des maladies susceptibles d'entraîner la mort de leur hôte. Il semblerait en effet que les mouches n’apprécient pas le tissu cicatriciel. Cependant, il n'est pas rare que l'intervention elle-même engendre des infections. Dans tous les cas de figure, les animaux souffrent le martyre. Pour mettre un terme à ces cruautés, il faut renforcer la surveillance des troupeaux et interdire l’élevage de races à peau plissée, telles que le mérinos.19
Le mulesing n'est pas répandu en Suisse, où l'industrie lainière est peu rentable et pratiquement inexistante. Les produits en laine commercialisés en Suisse proviennent généralement de l'étranger.
En mars 2019, la conseillère nationale Aline Trede a déposé une motion visant à instaurer une obligation de déclaration pour la laine mérinos issue du mulesing et les produits qui en sont dérivés. Celle-ci a toutefois été rejetée par le Conseil national en 2021.20
Conséquences de la loi sur la protection des animaux
Malheureusement, la loi ne donne pas de définition claire de certaines notions comme « besoins des animaux de rente » et ne distingue pas nettement la « maltraitance » de la « négligence », ce qui ouvre un large champ d'interprétation et ne protège pas efficacement les animaux.21 Les particuliers et les associations de protection des animaux n'ont par ailleurs aucun moyen de porter plainte contre les éleveurs en cas d’infractions. Ils peuvent uniquement signaler un cas à l'office vétérinaire cantonal, qui se rendra alors sur place pour constater la situation. Cependant, une application efficace de la loi reste à mettre en place. Des contrôles inopinés et une application rigoureuse des dispositions en vigueur en matière de protection des animaux font défaut ; l'application de sanctions sévères à l'encontre des auteurs de maltraitance contribuerait également à éviter que la souffrance animale ne soit rentabilisée.
- Swissveg. (s. d.). Chiffres d'abattage en Suisse. Consulté le 18.08.2026.
- Quatre Pattes. (2026, 27 juillet). 10 faits sur les moutons. Consulté le 18.08.2026.
- Wikipédia. (s. d.). Mouton. Consulté le 18.08.2026.
- Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires OSAV. (s. d.). Moutons. Consulté le 18.08.2026.
- Wikipédia. (s. d.). Ovis. Consulté le 18.08.2026.
- Wikipédia. (s. d.). Schafproduktion (en allemand). Consulté le 18.08.2026.
- PETA. (2022, 10 novembre). Lämmer: Tierbabys leiden für Lammfleisch, Lammfell & Wolle (en allemand). Consulté le 18.08.2026.
- UFA Revue. (2019, 4 décembre). De nouvelles formes d’engraissement s’imposent. Consulté le 18.08.2026.
- VGT. (s. d.). Wolle - ein Tierquälerprodukt (en allemand). Consulté le 18.08.2026.
- Union suisse des paysans. (s. d.). Statistique laitière de la Suisse. Consulté le 18.08.2026.
- Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires OSAV. (s. d.). Transport d'animaux. Consulté le 18.08.2026.
- Confédération suisse. (État en 2018, 1er mars). Ordonnance de l’OSAV sur la protection des animaux lors de leur abattage. Consulté le 18.08.2026.
- 24Heures. (2019, 25 mars). Condamné pour avoir mal étourdi un cabri à l'abattoir. Consulté le 28.08.2026.
- SRF. (2019, 16 juillet). Die Geschichte vom guten und vom bösen Schaf (en allemand). Consulté le 18.08.2026.
- Woola. (s. d.). Plus de 50 statistiques sur la laine de mouton : production mondiale et demande de fibres naturelles. Consulté le 18.08.2026.
- ABC News. (2017, 11 mars). Live export sheep stressed and seasick in shipping pens, Queensland study finds (en anglais). Consulté le 18.08.2026.
- Trading Economics. (s. d.). Australia Exports of sheep and goats, live to Qatar (en anglais). Consulté le 18.08.2026.
- Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires OSAV. (s. d.). Moutons. Consulté le 18.08.2026.
- SRF. (2017, 7 mars). Das Leiden der Lämmer: Tierquälerei für Merino-Wolle (en allemand). Consulté le 18.08.2026.
- L'Assemblée fédérale - Le Parlement suisse. (2019, 22 mars). Laine de mérinos soumis à la pratique du "mulesing". Obligation de déclaration. Consulté le 18.08.2026.
- Confédération suisse. (État en 2023, 1er septembre). Loi fédérale sur la protection des animaux. Consulté le 18.08.2026.
Vers la page de la campagne : « L’animal et sa raison d’être »

