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La politique suisse et ses contradictions

La politique suisse et ses contradictions

En Suisse, les offices fédéraux sont parfois responsables de domaines qui se recoupent. Il peut donc arriver que certains d'entre eux aient des points de vue divergents sur une même problématique. Néanmoins, il est inadmissible que les déclarations ou les actions des offices fédéraux soient diamétralement opposées dans certaines circonstances. Swissveg s'attache à mettre en lumière certaines contradictions politiques et exige, par le biais d'une pétition, que celles-ci soient résolues.

Santé vs promotion des aliments carnés

Santé vs promotion des aliments carnés

En Suisse, on mange trois fois plus de viande que ce qui est recommandé... et pourtant, la Confédération investit des millions dans la publicité pour la viande.

Dignité des animaux vs rentabilité

Dignité des animaux vs rentabilité

Il faut respecter la dignité des animaux... sauf quand ils nous rapportent de l’argent.

Climat vs aliments d'origine animale

Climat vs aliments d'origine animale

Atteindre les objectifs climatiques est une priorité... mais aucune transition vers une alimentation respectueuse du climat n'est envisagée.

 

Santé vs promotion des aliments carnés

 

En Suisse, on mange trois fois plus de viande que ce qui est recommandé... pourtant, la Confédération investit des millions dans la publicité pour la viande.

Selon l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), la quantité de viande consommée dans notre pays est en moyenne de 111 g de viande par personne et par jour, autrement dit, trois fois la valeur recommandée. Ce chiffre comprend la viande non transformée (67 g, dont 27 g de volaille) et les produits carnés transformés (44 g).1 Les conséquences négatives de la consommation de viande sur la santé sont connues : depuis 2015, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) classe la viande transformée comme la charcuterie, le jambon et le lard dans le groupe des cancérogènes 1, à savoir le plus dangereux. La viande rouge est, quant à elle, classée par l'OMS dans le groupe de risque 2A, qui englobe les aliments considérés comme « probablement cancérogènes pour l'humain ». Dans son communiqué de presse de 2015, l'OMS citait des études démontrant que le risque de cancer colorectal augmente de 18 % tous les 50 g de viande transformée consommée quotidiennement.2 En Suisse, l'OSAV fait par ailleurs le constat que si la consommation de viande est trop élevée d'une part, celle de légumes, de fruits, de légumineuses et de produits à base de céréales complètes est trop faible d'autre part. 

Malgré cela, l'État alloue des fonds publics à Proviande, l'interprofession suisse de la filière viande.3 En 2021, l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) a versé 5,8 millions de francs pour la promotion des ventes, de la qualité et de la durabilité dans l'agriculture et la filière alimentaire (Projet Savoir-Faire4) ainsi que 5,7 millions supplémentaires pour le mandat de prestations assigné à Proviande, soit un total de 11,5 millions de francs.5 C'est déjà la septième fois que Proviande obtient ledit mandat, qui porte cette fois sur la période de 2022 à 2025. Celui-ci comporte des tâches d'exécution relevant de l'ordonnance sur le bétail de boucherie, notamment la surveillance des marchés publics de bétail de boucherie et la classification objective de la qualité des animaux de boucherie.6 Les fonds d'encouragement de l'OFAG pour la promotion des ventes sont également investis dans des projets d'exportation, par exemple celui qui vise à commercialiser en Chine des « sous-produits utiles comestibles », en particulier des parties issues du porc telles que pieds, oreilles, queues et abats.7 Les revenus de prestations de service de Proviande en 2021 étaient ainsi en hausse par rapport à ceux de 2020. Ceci est notamment dû à « davantage d'abattages et donc à des contributions plus élevées de la part de la branche » souligne Proviande.8 La tendance se confirme : la consommation de viande a légèrement augmenté ces dernières années, malgré certaines fluctuations. La viande de porc et de veau accuse une baisse, tandis que la viande de poulet enregistre une hausse de 3,5 kg par personne au cours des dix dernières années. En 2021, 14,8 kg de viande de poulet ont été consommés par personne, contre 11,3 kg en 2012.9

Pourquoi l'OFAG accorde-t-il des subventions à un secteur qui va à l'encontre des recommandations de l'OSAV ? Cela n'a aucun sens ! Signe notre pétition « Cessons les contradictions : halte au soutien politique accordé aux produits d'origine animale ! ».

En savoir plus sur ce sujet :

 

Dignité des animaux vs rentabilité

 

Il faut respecter la dignité des animaux... sauf quand ils nous rapportent de l’argent.

L'article 120 de la Constitution fédérale qui définit la notion de « dignité de la créature » a vocation de protéger la valeur, par exemple, d'un porc indépendamment de sa performance et de la perception subjective que l'on peut s'en faire. Le terme de créature englobe les animaux non humains ainsi que certains autres organismes. La loi sur la protection des animaux (LPA)10 mentionne explicitement la dignité de l'animal. Dans l'article 3, lettre a de la LPA, la notion de « dignité » est précisée comme étant la « valeur intrinsèque de l'animal, qui doit être respectée dans les rapports avec lui ». Celle-ci est bafouée lorsque la contrainte qui lui est imposée ne peut être justifiée par des intérêts prépondérants. Il y a contrainte lorsque l'animal subit notamment des douleurs, des maux ou des dommages, lorsqu’il est mis dans un état d’anxiété ou avili, lorsqu’on lui fait subir des interventions modifiant profondément son phénotype ou ses capacités, ou encore lorsqu’il est instrumentalisé de manière excessive. L'article 4 de la LPA précise ensuite ce qui compte dans le rapport à la dignité de l'animal, à savoir que personne ne doit de façon injustifiée causer à des animaux des douleurs, des maux ou des dommages, les mettre dans un état d’anxiété ou porter atteinte à leur dignité d’une autre manière. Il est ainsi interdit de maltraiter, de négliger ou de surmener inutilement les animaux (art. 4, al. 2) et le Conseil fédéral interdit les autres pratiques sur les animaux qui portent atteinte à leur dignité (art. 4, al. 3). 

Le texte même de l'art. 4 souligne que la dignité animale n'est pas absolue et qu'elle fait l'objet d'une pesée des intérêts face aux intérêts des humains. Par conséquent, le fait d'infliger des douleurs, des maux ou des dommages, de mettre l'animal dans un état d'anxiété ou de l'avilir peut, dans certaines circonstances, se justifier et être toléré au nom de la loi. Dans certains cas, cela peut même servir le bien-être de l'animal : il est par exemple peu probable qu'un chien se rende spontanément chez le vétérinaire pour subir une opération vitale. Néanmoins, il est dans l'intérêt du chien que son propriétaire l'emmène chez le vétérinaire où il est temporairement mis dans un état d'anxiété et de souffrance. Le problème principal de cet article de loi réside plutôt dans le fait que les intérêts existentiels des animaux soient considérés comme de moindre importance face aux intérêts humains non existentiels. La question est de savoir comment nous, les humains, pouvons satisfaire nos intérêts non existentiels tout en minimisant l'impact sur le bien-être des animaux. Le fait que les intérêts existentiels des animaux puissent avoir plus de poids que les intérêts non existentiels des humains n'est même pas envisagé. 

La mise à mort est un exemple parmi d'autres de la manière dont les intérêts des animaux sont subordonnés aux intérêts humains. À en croire la loi, la mise à mort est « sans douleurs ni anxiété » lorsqu'elle est pratiquée dans les règles de l'art. Entrent en ligne de compte non seulement la dignité animale, c'est-à-dire le point de vue de la protection des animaux, mais aussi la sécurité du travail et la rentabilité de la méthode. La fumigation au dioxyde de carbone reste la méthode privilégiée, notamment pour la mise à mort d'animaux d'élevage dans la production de viande et dans le cadre d'expérimentations animales. Ce procédé permet de tuer un grand nombre d'animaux à très bon compte. Or, il est bien connu, comme le relève l'OSAV, que le CO2 irrite les voies respiratoires lorsqu'il est inhalé en forte concentration. Cette méthode provoque donc chez les animaux concernés des douleurs, des difficultés respiratoires et de l'anxiété. L'OSAV lui-même admet que la perte de conscience ne survient qu'après plusieurs secondes voire plusieurs minutes selon l'espèce.11 Force est de constater que les symptômes décrits sont incompatibles avec le respect de la dignité. Toutefois la fumigation au dioxyde de carbone reste autorisée, principalement pour des raisons de rentabilité. Au plan légal, il n'y a pas d'atteinte à la dignité des animaux, puisqu'ils sont exposés à la douleur et à l'anxiété « à juste titre ».

Pourquoi prenons-nous la peine d'inscrire le droit au respect de la dignité animale dans la loi si, au final, il est presque toujours permis de le bafouer ? Cela n'a aucun sens ! Signe notre pétition « Cessons les contradictions : halte au soutien politique accordé aux produits d'origine animale ! ».

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Climat vs aliments d'origine animale

 

Atteindre les objectifs climatiques est une priorité... mais aucune transition vers une alimentation respectueuse du climat n'est envisagée.

Les changements induits par le réchauffement climatique sont déjà perceptibles en Suisse : les forêts se transforment, les glaciers fondent. Estimant qu'il est temps d'agir, la Suisse a adopté ses propres objectifs climatiques et développé une stratégie incluant des mesures pour les atteindre. D'ici 2050, la Suisse ne doit plus émettre de gaz à effet de serre. L'objectif de zéro émission nette a été défini par le Conseil fédéral en 2019. La « Stratégie climatique à long terme de la Suisse » a été adoptée en janvier 2021. Ce document fixe les lignes directrices de la politique climatique et décrit les objectifs assortis d'un train de mesures. Un objectif stratégique a été élaboré pour chaque secteur, y compris pour celui de l'agriculture et de l'alimentation. En guise d'introduction, les auteurs précisent que « près de la moitié des denrées alimentaires produites en Suisse sont issues de la production animale. La part de la production animale dans les émissions agricoles de gaz à effet de serre est de l’ordre de 85 % »12. Cela prouve bien que le secteur de l'élevage est un puissant levier d'action susceptible de faire la différence. Pourtant, les conditions-cadres continuent de favoriser la production de produits animaux au lieu d'encourager la fabrication de produits végétaux : seul un cinquième des subventions publiques sont destinées aux produits végétaux, alors que quatre cinquièmes profitent à la production de produits animaux.13

L'agriculture a certes un rôle à jouer dans la stratégie climatique de la Suisse, mais le véganisme est complètement ignoré dans ce contexte alors même qu'il est extrêmement respectueux du climat. En effet, l'empreinte écologique englobe des aspects aussi divers que les besoins en eau et en surfaces, la production de gaz à effet de serre et bien d'autres points. La production d'aliments d'origine animale nécessite, par exemple, d'énormes quantités d'eau : pour obtenir un steak de bœuf de 200 g il faut autant d'eau que pour cultiver 120 pommes de terre de 89,5 g chacune.14 En Suisse, environ 67 % de la surface agricole utile est consacrée à l'élevage et à la production de fourrage pour les animaux de rente. De plus, la Suisse importe aujourd'hui 800 tonnes de soja par jour, principalement en provenance du Brésil. Pour produire 1 kg de viande, il faut entre 7 et 16 kg de céréales ou de fèves de soja. Lors de la « transformation » des céréales en viande par cette extension artificielle de la chaîne alimentaire, 90 % des calories sont perdues. De plus, le corps des animaux dits d'abattage ne fournit qu'une petite part de la viande réellement attendue. Chez le bœuf, la part de viande (sans os) ne représente que 35 % du poids total (39 % chez le veau). En fin de compte, 10 kg de céréales produisent donc à peine 350 g de viande de bœuf prête à être consommée. On peut dire sans exagérer que c'est la forme la plus efficace de gaspillage alimentaire. Enfin, l'élevage produit plus de gaz à effet de serre que l'ensemble du trafic mondial : un kilo de viande de bœuf a autant d'impact sur le climat que 250 kilomètres parcourus en voiture.15 Le véganisme, quant à lui, a un impact positif plus important sur les émissions de CO2 qu'une alimentation basée sur les produits régionaux et de saison : un steak de la ferme voisine produit en effet plus de CO2 que douze avocats provenant du Mexique.16

Pourquoi adopte-t-on des objectifs climatiques et des mesures pour les atteindre, en ignorant un levier très important, à savoir le véganisme ? Cela n'a aucun sens ! Signe notre pétition « Cessons les contradictions : halte au soutien politique accordé aux produits d'origine animale ! ».

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Les visuels de la campagne peuvent être diffusés sans autorisation à condition qu'aucune modification n'y soit apportée.

 

Autres contradictions

  • Subventionnement vs coûts réels : les coûts engendrés par la production de produits d'origine animale dépassent de loin ceux des aliments d'origine végétale. Néanmoins, la Confédération investit des sommes disproportionnées pour assurer la promotion de leur fabrication.

 

Plus d'informations

Signez notre pétition

Dans le cadre de notre pétition « Cessons les contradictions : halte au soutien politique accordé aux produits d'origine animale ! », nous demandons à ce que la Suisse, en vue d'atteindre ses propres objectifs climatiques, cesse de favoriser les formes d'alimentation qui nuisent au climat.

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