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28.03.2024 | Amandine

Le 30 mars est la Journée mondiale pour la fin de la pêche. Dans les débats sur la consommation de viande, les poissons et les crustacés sont souvent laissés pour compte. Pourtant, ils sont tués en si grande quantité qu’on ne les compte même plus en nombre d’individus, mais en tonnes.

Introduite en 2017, la Journée mondiale pour la fin de la pêche a pour objectif de sensibiliser le public, une fois par année, aux intérêts des animaux aquatiques. Elle revendique également l’abolition de la pêche et de l’aquaculture.En effet, en plus de mettre à mort des tonnes d'animaux, la pêche détruit l'habitat de toutes les espèces aquatiques et bouleverse ainsi l'écosystème de la planète entière.

Au cours des 25 dernières années, la consommation de poisson a plus que doublé, cumulant aujourd’hui à 9 kilos par personne et par année.Dans ce domaine, notre dépendance vis-à-vis de l'étranger est plus grande que dans tout autre secteur alimentaire : plus de 97 % des poissons et des crustacés consommés en Suisse sont importés (les poissons d'eau douce indigènes ne représentant qu'une part infime du marché).3

Consommation de poisson et de crustacés en Suisse

Consommation de poisson et de crustacés en Suisse

Cette forte demande exerce une pression énorme sur nos mers, mais dans le pays enclavé qu'est la Suisse, il est facile d'en ignorer les conséquences. Dans les régions d'origine du saumon, des crevettes, du thon, du pangasius et autres, notre consommation de poisson contribue pourtant à une pollution catastrophique, à la surpêche et à la perte de biodiversité. D’une région à l’autre, on estime qu'entre 30 % et plus de 90 % des « stocks » de poissons sont surexploités.Le déclin des populations de poissons entraîne une intensification de la pêche et des méthodes utilisées. Les chaluts de fond, par exemple, sont particulièrement destructeurs : il s’agit de filets tirés sur le fond marin qui emportent tout sur leur passage, n'épargnant ni les animaux marins ni les récifs coralliens.

(Sur)exploitation des océans

L'aquaculture : une alternative ?

Les consommateurs et les consommatrices pensent souvent que le poisson issu de l'aquaculture est plus écologique, car cette méthode de production n'intervient pas dans l'habitat naturel des poissons. Malheureusement, cela n'est qu’un mythe. Les poissons d'élevage sont généralement nourris avec de la farine ou de l'huile de poisson. Ainsi, pour obtenir un kilo de poisson d'élevage, il faut au moins deux fois plus de poisson sauvage en guise de nourriture. Il en va de même pour les « fruits de mer » tels que les crabes et les crevettes. L'élevage de poissons ne fait donc qu'aggraver la surpêche dans les océans ! Au total, environ un cinquième des poissons sauvages pêchés dans le monde est  transformé en huile ou en farine de poisson, et une grande partie d'entre eux finit dans l'aquaculture voire dans les mangeoires des animaux de boucherie sur la terre ferme.5

En outre, les fermes d'aquaculture polluent énormément leur environnement direct. D'une part, l'élevage des poissons dans un milieu bien trop exigu impose l'utilisation d'antibiotiques et de pesticides pour éviter la propagation rapide des maladies, les résidus d'antibiotiques et de pesticides, tout comme les matières fécales provenant de la ferme, risquant de sévèrement polluer la zone environnante. D'autre part, il arrive régulièrement que des poissons d'élevage s'échappent des installations d'aquaculture pour se retrouver dans la nature. Or, ils disposent d'un matériel génétique modifié par rapport aux poissons sauvages et ne sont souvent pas des espèces indigènes à la région d'élevage. Leur intrusion dans les eaux environnantes peut donc introduire un patrimoine génétique modifié et des maladies dans l'écosystème avoisinant. Ainsi, loin de constituer une alternative écologique à la pêche sauvage, l'aquaculture sous toutes ses formes représente une nuisance considérable pour notre environnement.

Pollution plastique

Peu de gens font le lien entre la pêche et la pollution plastique des océans. Rien de surprenant à cela, car les médias présentent généralement les sacs en plastique, les pailles et les gobelets à emporter comme les principaux coupables – alors qu'au moins un tiers des déchets plastiques en mer proviennent de la pêche. Mais ça, presque personne ne le sait.Dans de nombreux endroits, les accessoires de pêche tels que les cordages échappés, les filets ou les bâches jetés à la mer, tous composés en grande partie de plastique, constituent même la majeure partie des déchets plastiques. À titre d'exemple, le Great Pacific Garbage Patch, une gigantesque île de déchets située au nord de l'océan Pacifique, se compose d'au moins 75 % de déchets issus de la pêche.7

En plus de tuer les animaux, qui l’avalent sans pouvoir le digérer, ce plastique se décompose en minuscules particules connues sous le nom de microplastiques. Celles-ci se répandent partout : dans les sols, dans l’atmosphère et même dans le sang humain.​​​​​​​8, 9, 10, 11 En l'absence d'études à long terme, on ne sait pas encore quels en seront les répercussions sur l’environnement et sur la santé des humains et des autres animaux.

Que puis-je faire ?

Beaucoup de gens ferment complètement les yeux sur les graves conséquences de leur consommation de poisson et de crustacés. D'autres se fient à des labels qui prétendent garantir une pêche durable. Bon nombre de ces labels font l’objet de vives critiques, car ils ne semblent guère contrôler le respect de leurs critères et qu'ils n'interdisent pas non plus les méthodes de pêche nocives comme l'utilisation de chaluts de fond.​​​​​​​12, 13, 14 En fin de compte, le poisson le plus écologique est celui que l'on ne mange pas. Heureusement, il existe aujourd’hui des multitudes d’alternatives végétales au poisson, plus durables et meilleures pour la santé.

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