Question santé

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Joggeuse au lever du soleil

Question lectrice de A.R. de Neuchâtel

Je fais beaucoup de sport, en été principalement de la course à pied, quelques compétitions, et en hiver du ski de randonnée et du fitness. J'ai peur de nuire à mes performances sportives et à ma santé en arrêtant la viande, le poisson et les oeufs. Est-ce que les sportifs peuvent aussi être végéta*iens, ou y-a-t-il des contre-indications ? 

Aujourd'hui, la plupart des gens dans le business du sport sont encore prisonniers de la notion erronée selon laquelle les protéines animales seraient l'arme indispensable pour fabriquer du muscle... C’est une idée dépassée car on sait bien aujourd'hui que les protéines animales sont pauvres en micronutriments, sont acidifiantes, contiennent beaucoup de polluants (dont des hormones, antibiotiques, vaccins, et toxines en tous genres) et sont riches en graisses saturées et cholestérol. Rien de bon pour nourrir un corps d'athlète. Ce qui est important pour un sportif c'est une bonne récupération entre les entrainements, car c'est ce qui garantit l'amélioration des performances. Pour assurer cette récupération, il faut donner au corps tout ce dont il a besoin pour se reconstruire après l'effort: de l'énergie, des vitamines, des antioxydants, des sels minéraux, des phytoéléments, des fibres etc : en résumé, tout ce qu'on trouve dans les aliments non-transformés d'origine végétale. Il faut donc bien comprendre ici que les produits animaux comme la viande, le poisson, les œufs et les laitages sont un frein à la récupération, car ils utilisent beaucoup d'énergie et de temps pour être digérés, et sont un carburant sale à cause de toutes les toxines qu'ils génèrent.

L'autre avantage d'une alimentation végétale pour le sportif, c'est sa richesse en hydrates de carbone (qu'on appelle aussi sucres ou glucides): les muscles (et le cerveau) utilisent exclusivement les hydrates de carbones comme carburant dont les aliments d'origine animale ne contiennent aucun, car ils sont constitués uniquement de graisse et de protéines.

Besoin protéines de personnes sportives

Pour ceux qui ont peur de manquer de protéines, il se trouve que là encore nous sommes prisonniers de vieux mythes périmés. Selon les études sur les besoins journaliers en protéines, on arrive au chiffre moyen de 0.7g de protéine par kg de l'individu sédentaire, et de 1.4g par kg pour l'athlète. Ce qui est important de comprendre pour les sportifs, c'est que ce n'est pas tant le besoin en protéine qui augmente que le besoin calorique. En augmentant le nombre de calories global des repas par rapport à l'intensité de l'activité physique (force et/ou endurance), on augmente naturellement la quantité de protéines. Nous restons donc toujours aux recommandations de l'OMS de 10-15% de protéines journalières (1,2), besoins qui sont adéquatement couverts par une alimentation complète d'origine végétale.1 

L'autre point important est qu'il n'y a aucun intérêt à dépasser les 2g de protéines/kg, car en réalité, cet excès de protéine est même dangereux pour la santé: il perturbe les stocks de calcium, le fonctionnement des reins, l'intégrité des os et la santé cardiovasculaire. 2

Dr Laurence Froidevaux

Dernière mise-à-jour: 02.01.2017
Notes de bas de page:
  • 1 Mettler S, Mannhart C, Colombani PC. Development and validation of a food pyramid for Swiss athletes. Int. J. Sport Nutr. Exerc. Metab. 2009;19(5):504Y18. 
       Phillips SM. Protein requirements and supplementation in strength sports. Nutrition. 2004; 20(7Y8):689Y95. 
  • 2 Frank H, Graf J, Amann-Gassner U, et al. Effect of short-term high- protein compared with normal-protein diets on renal hemodynamics and associated variables in healthy young men. Am. J. Clin. Nutr. 2009; 90(6):1509Y16
        Halbesma N, Bakker SJ, Jansen DF, et al. High protein intake associates with cardiovascular events but not with loss of renal function. J. Am. Soc. Nephrol. 2009; 20(8):1797Y804