Moutons

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Le mouton a tout pour plaire !

Les moutons sont des animaux sociables et affables qui subissent quotidiennement nombre d’injustices. Plus de 240 000 moutons ont été abattus en Suisse en 2017. .1 Les moutons sont exploités pour leur viande et leur lait, mais aussi pour leur laine. 

Sur cette page, nous explorons toutes les facettes du mouton : son histoire, les souffrances qu’il endure, ses besoins et tout ce dont il est capable.

Faits intéressants

Fiche signalétique

  • Les moutons sont des herbivores : ces mammifères herbivores ruminants appartenant à la grande famille des bovidés mangent principalement des graminées, des herbes, des branchages, des graines, des céréales, du foin, des racines, des tubercules et d’autres plantes.
  • Les moutons sont paisibles : très affables, les moutons font partie des premiers animaux vivants domestiqués par l’humain.
  • Un brin de terminologie : le mâle est appelé bélier, la femelle brebis.
  • Les moutons ont une vie sociale : très sociables, les moutons entretiennent des amitiés, se battent rarement et traversent une forme de deuil lorsqu’un membre de leur troupeau meurt.
  • Les moutons prennent des décisions : comparable à celui de certaines espèces de primates par sa taille et sa structure, le cerveau des moutons leur permet de prendre des décisions en toute connaissance de cause. 
  • Les moutons ont des yeux très particuliers : comme chez les chèvres, les yeux des moutons sont situés sur le côté de la tête et dotés de pupilles allongées à l’horizontale. À l’instar des autres animaux de proie, cela leur confère une vision plus large grâce à laquelle ils échapperont plus facilement aux prédateurs.
  • Les moutons sont très sensibles à la météo : les moutons ressentent les changements météorologiques et deviennent nerveux à l’approche d’un orage.
  • Les moutons sont très émotifs : des études ont montré que les moutons sont capables d’exprimer plusieurs émotions, telles que la peur, la colère, le désespoir, l’ennui, le dégoût et la joie.
  • Les moutons reconnaissent les visages : les moutons sont très doués pour reconnaître les visages. Capables de mémoriser les visages d’une cinquantaine de congénères au moins et d’une dizaine d’humain durant plus de deux ans, ils développent une sympathie particulière pour certains d’entre eux. Ils parviennent aussi à interpréter les mimiques.
  • Les moutons agitent leur queue lorsqu’ils s’abreuvent : quelques minutes seulement après la naissance, les agneaux se dressent sur leur pattes pour téter. S’ils agitent leur queue en buvant, c’est que tout va bien.2


 

Faits intéressants

es moutons sont des mammifères domestiqués. Les informations données ici concernent le mouton domestique tel qu’il est élevé par l’humain. On trouve encore des moutons à l’état sauvage aussi bien sur le pourtour de la mer Méditerranée que dans des régions plus froides comme en Sibérie ou en Alaska. Très agiles, ils se sont également adaptés à la vie en montagne. On considère généralement que le mouton domestique descend du mouflon arménien. Aussi peu exigeant que robuste, le mouton mange des aliments bruts souvent difficiles à mâcher. En termes de nourriture, il est plus sélectif que la chèvre ou l’âne, mais s’adapte à toutes les conditions climatiques. 3

Les moutons adultes mâles sont appelés béliers et les femelles brebis. Le terme agneau désigne un petit mouton de moins d’un an. Le mouton à proprement parler est un mâle castré âgé de plus d’un an. Les moutons ont une espérance de vie d’une vingtaine d’année.

Les humains ont domestiqué les moutons il y a plusieurs millénaires pour leur lait, leur viande et leur laine. Ils en tirent également des matières premières servant à la fabrication de colles, de bougies, de savons et de produits cosmétiques. Les boyaux servent souvent de cordes pour des instruments de musique ou des raquettes de tennis. La viande et la laine restent toutefois les principaux produits issus de l’élevage de moutons.
Même si cela ne se voit pas d’emblée, les moutons sont d’importants auxiliaires dans la préservations des sites : ils entretiennent la forme et la fonction des surfaces vertes ou agricoles telles que les prairies, évitant ainsi qu’elles ne se transforment en steppes ou ne soient colonisées par la forêt. 4
On compte près de 400 000 moutons en Suisse. Dans notre pays, l’élevage de moutons gagne en importance, non seulement pour la production de viande, de lait et de laine, mais aussi et surtout pour les aspects liés au maintien du paysage décrits ci-dessus. 5

 

Besoins

Bouger

Les moutons ont un sens grégaire très développé. Or, un troupeau ne pourra s’épanouir que si chacun des membres dispose de suffisamment de place. La liberté de mouvement revêt une grande importance et a un effet bénéfique sur la santé, la condition physique et la capacité reproductive des animaux. Les moutons sont donc souvent élevés en mode extensif en extérieur. Ils doivent toutefois pouvoir se protéger de la chaleur, de l’humidité et du froid excessifs en se retirant sous un abri sec et à l’abri du vent, pour autant que celui-ci offre assez de place pour tout le troupeau.6

Se reposer

Bien que diurnes, les moutons se reposent également durant la journée lorsqu’il fait chaud. Dans ce cas, ils broutent la nuit. Ils ont besoin d’un endroit sec, propre et à l’abri des courants d’air qui leur offre suffisamment d’espace pour se coucher et prendre du repos. Ils ne s’adonnent au sommeil que durant des phases très courtes ne dépassant généralement pas une demi-heure et mangent le reste du temps.7

Manger

Les moutons broutent huit à dix heures par jours en quatre à cinq « phases de repas ». Ils leur faut en effet beaucoup de temps pour ruminer. Selon les races, un adulte mange entre trois et dix kilos d’herbe, ce qui équivaut  à 10% environ de son poids. Les moutons ne sont pas très exigeants en termes d’alimentation et s’adaptent volontiers pour autant que la nourriture soit propre. Ils évitent les abreuvoirs et les auges sales. Le besoin en eau des moutons varie selon la performance, l’alimentation et la saison. Ils boivent, par exemple, énormément lorsque le fourrage est sec et qu’il fait chaud.  6

Reproduction et agnelage

Après cinq mois de gestation, la brebis met généralement bas un ou deux agneaux. Peu avant la mise bas, elle devient nerveuse et s’éloigne du troupeau à la recherche d’un emplacement au calme. Elle léchera abondamment son petit pour assurer l’imprégnation olfactive, ce qui est crucial pour le lien entre la brebis et l’agneau. Le bien-être de l’agneau dépendra dans une large mesure de la qualité de ce lien. Habituellement, l’agneau est capable de se tenir sur ses pattes et de téter une heure après sa naissance déjà. Le colostrum, ce condensé d’anticorps, de vitamines et de sels minéraux, est essentiel à la survie du petit durant ses douze premières heures de vie. Les brebis sur le point d’agneler et leurs nouveaux-nés sont très sensibles aux nuisances environnementales.5

Nouer des contacts sociaux

Le sens grégaire est l’une des caractéristiques les plus marquantes du mouton. Les membres du troupeau se montrent très peu agressifs et peu enclins à la mise en place d’une structure hiérarchique claire. Au sein du troupeau, les activités se font principalement de manière synchronisée. Ainsi, s’ils se sentent en danger, les moutons fuiront tous ensemble.  
Les moutons aiment se tenir ou se coucher très près les uns des autres. Ils ne doivent donc en aucun cas être élevés seuls. Même lorsqu’un individu doit être éloigné du reste du groupe pour la mise bas ou en raison d’une maladie, il doit pouvoir maintenir un contact visuel avec ses congénères.

 

Types d’élevage

Les races de mouton se subdivisent en quatre catégories, selon l'usage que l’humain en fait : les moutons à laine, les moutons à viande, les brebis laitières et les moutons destinés à l’entretien du paysage. C’est ce même usage qui détermine la façon dont les moutons sont tenus. Ainsi, l’élevage extensif, dans lequel les animaux vivent souvent à l’air libre, servira principalement à la production de laine et de viande. Ce type d’élevage, également appelé pâturage, est le plus pratiqué dans le monde. C’est aussi celui qui convient le mieux aux moutons. Il existe en outre une forme d’élevage intensif généralement destiné à la production laitière.8

En Suisse aussi, certains moutons sont élevés toute l’année à l’abri des regards dans des stabulations fermées. Les deux types d’élevage seront présentés dans ce chapitre. 

Élevage intensif

Bien que l’élevage intensif de moutons soit plutôt rare, il existe des exploitations industrielles qui élèvent des moutons dans des conditions indignes, et ce aussi bien à l’étranger qu’en Suisse. Les animaux y vivent dans un espace très restreint. Les agneaux restent auprès de leur mère bien moins longtemps que dans les élevages de type extensif. Le grand public et les consommateurs n’en ont souvent pas conscience, car cela se passe loin des yeux. L’idée selon laquelle les moutons sont tous élevés sur des pâturages et dans des conditions assez naturelles est donc bien ancrée, mais à tort, dans l’opinion publique.9

Pâturage

L’élevage extensif de moutons se caractérise par la mise à disposition d’un nombre assez restreint d’animaux d’une surface de terrain très généreuse. Il peut prendre deux formes : des terrains clôturés pour de petits troupeaux en plaine ou des surfaces de pâturage non délimitées pour des troupeaux de très grande taille. Bien que ce type d’élevage paraisse idyllique et parfaitement adapté, il ne découle pas de l’amour que les éleveurs auraient pour leurs bêtes. Si les moutons sont élevés à l’extérieur, c’est par praticité. En règle générale, ils ne paissent pas sur de belles prairies appétissantes à l’herbe nourrissante. Ils sont la plupart du temps livrés à eux-mêmes sur une parcelle délimitée par des clôtures électrifiées. L’herbe y est clairsemée et les animaux manquent d’eau et ne disposent pas d’un abri contre les intempéries et la chaleur pourtant prescrit par la loi.10 La première impression est souvent trompeuse, lorsque l’on voit des moutons couchés dans l’herbe verte. En y regardant de plus près, on s'aperçoit que certains individus sont maigres, boitent ou souffrent du piétin, un maladie du pied très répandue chez les moutons. Cette maladie se développe lorsque les animaux passent trop de temps sur un sol humide et que leurs onglons ne sont pas soignés. Elle provoque des inflammations très douloureuses au niveau du sabot. En été, les animaux souffrent souvent de déshydratation et, en hiver, du manque de place en stabulation. 11

Élevage

Les critères de sélection des moutons diffèrent selon l’usage qui en est fait : apparence extérieure, qualité de la laine ou musculature. 5

Brebis laitières

Les brebis laitières ont besoin d’une alimentation équilibrée. L’herbe fraîche des jeunes pousses comportant tous les éléments nutritifs dont elles ont besoin, elle constitue l’aliment presque exclusif des brebis à la belle saison. L’herbe des pâturages ne doit toutefois être ni trop jeune, ni trop mûr. Dans le premier cas, le déséquilibre entre la teneur en fer (trop élevée) et la teneur en fibres (trop basse) entraîne la diarrhée. Dans le deuxième cas, l’herbe contient trop peu de fer et trop d’hydrates de carbone, ce qui la rend indigeste et a pour effet de réduire la production de lait et de ralentir la croissance des agneaux. Les brebis laitières sont souvent gardées dans des enclos (faits de cordages la plupart du temps électrifiés, de grillages diagonaux ou de treillis) pour éviter qu’elles n’aillent manger trop d’herbe fraîche ailleurs. 12

Généralement, les brebis à lait sont traites deux fois par jour. Dans l’idéal, après la mise bas d’un ou de plusieurs agneaux, la brebis devrait pouvoir s’en occuper et les nourrir durant trois mois. Ensuite de quoi elle est séparée des petits et traite jusqu’à ce que la production de lait ne se tarisse. Étant donné que les agneaux consomment quasiment la moitié de la quantité de lait annuelle d’une brebis durant ces trois premiers mois, ils sont souvent retirés à leur mère bien avant ce délai, ce dont ils souffrent beaucoup. Les agneaux destinés à l’élevage sont alors placés sur un pâturage séparé et les surnuméraires vendus ou abattus. Il en va de même des brebis dont la performance baisse.13

Moutons à viande

La croissance enregistrée ces dernières années en Suisse dans l’élevage de brebis laitières se traduit par une augmentation du nombre d’agneaux destinés à la production de viande. Les agneaux dits de boucherie sont tous issus de la filière laitière ou traités comme des sous-produits de l’élevage de brebis. Dans ce dernier cas, ils sont séparés de leur mère à l’âge d’une semaine et nourris via un distributeur automatique avec un substitut de lait jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids de 15 kilos. Dans la filière laitière, les agneaux sont soit élevés avec leur mère en pâturage soit gardés en élevage intensif avec les brebis durant trois mois avant d’être sevrés et engraissés.14Les agneaux sont abattus à l’âge de quatre à douze mois, alors même que leur espérance de vie est de douze ans.

Moutons à laine

Les vêtements en laine ont la cote, car ils sont réputés chauds et de haute qualité. La laine est également appréciée comme isolant dans la construction. Le commerce de la laine est une bonne affaire dans le monde entier. La laine d’origine suisse n’est toutefois que rarement commercialisée, car elle n’est pas concurrentielle par rapport à la laine d’importation. Elle est ainsi devenue un déchet dont l’élimination pose problème. La plupart du temps, elle est simplement incinérée.

La laine produite dans le monde provient dans une large mesure de mérinos. Ces moutons sont sélectionnés pour qu’ils développent une peau à plis, portent ainsi d’autant plus de laine et maximisent le rendement par tête de bétail. L’excès de laine cause toutefois la mort de nombreux moutons durant la saison chaude. De plus, l’humidité et l’urine stagne dans les plis de la peau, ce qui attire des mouches, qui y pondent leurs œufs. Les larves qui éclosent ensuite dévorent littéralement le mouton. Pour éviter cela, on recourt à la technique dite du mulesing. Les agneaux sont immobilisés entre des barres de métal pour que l’on puisse procéder à l’ablation (souvent sans anesthésie) d’une partie de la peau périanale. Les mouches seraient en effet moins attirées par une surface de tissu cicatriciel. Cette méthode barbare cause d’insoutenables souffrances. Des informations plus détaillées figurent dans le chapitre Interventions. La tonte des moutons n’étant pas payée à l’heure, mais au nombre de moutons, il n’est pas rare que les animaux soient manipulés sans aucune précaution. Les blessures dues à la fixation des moutons sont également légion. Pour obtenir de la laine ultra-fine, les moutons sont élevés de manière industrielle : isolés dans de minuscules enclos, ils ne voient jamais un pâturage et n’ont aucune liberté de mouvement. Les moutons plus âgés sont finalement vendus à un abattoir.15

Entretien du paysage

En Suisse, les troupeaux de moutons gardés par des bergers sont de plus en plus prisés dans le but d’entretenir le paysage. Les animaux sont la plupart du temps déployés dans des régions raides et vallonnées où la fauche est quasiment impossible. L’exploitation de ces surfaces n’étant pas particulièrement rentable, le mouton constitue une alternative bon marché. Les moutons paissant sans aucune surveillance sur les alpages ont cependant mauvaise réputation auprès des associations de protection de l’environnement, puisqu’ils épuisent les ressources alimentaires des animaux sauvages.5

Étant donné qu’il mange même l’herbe mûre, le mouton de l’espèce Roux du Valais, perçu comme un herbivore peu sélectif, est particulièrement bien adapté à l’entretien du paysage. Il apprécie les écorces et les feuilles, ce qui en fait un partenaire idéal pour le maintien des pelouses sèches et des pâturages boisés. Il est en outre considéré comme un animal de rente polyvalent, puisqu’il est également élevé pour sa laine et sa viande.16

Exploitation

Les moutons sont élevés pour leur laine, leur viande ou leur lait. Le présent chapitre présente les différentes filières suisses et les souffrances qu’elles impliquent pour les moutons. Le transport, l’étourdissement et l’abattage final des animaux en font partie.

Production de viande et de lait

Contrairement à la viande de porc, de bœuf ou de poulet, la viande de mouton est peu consommée en Suisse. Malgré cela, 240 000 moutons ont été abattus en 2017, ce qui couvre environ 37% de la consommation totale du marché suisse. Les 67% restants proviennent de l’étranger. Chaque année environ 1,2 kilo de viande d’agneau ou de mouton est consommée par habitant. 80% des moutons élevés dans notre pays le sont pour leur viande et 20% pour leur lait. Le nombre de brebis laitières augmente d’année en année. Cela pourrait s’expliquer par le fait que le lait de brebis est généralement mieux toléré par le système digestif que le lait de vache. 5800 tonnes de lait de brebis ont été produites en 2015.17

Transport, étourdissement et mise à mort

Avant la mise à mort, il y a le transport. Le transport est source de stress pour chaque animal, quel qu’il soit. En Suisse, la durée de transport maximale est fixée à six heures. 5 
Arrivés à destination, les moutons sont placés en stabulation provisoire pendant un certain temps avant d’être tués. L’étourdissement se pratique au moyen soit d’une tige perforante qui traverse le cerveau soit d’un dispositif électrique composé d’électrodes placés sur la tête et/ou le dos et/ou le cœur de l’animal et par lequel on fait circuler du courant. L’animal doit ensuite être égorgé dans les 60 secondes suivant le coup de tige et dans les 20 secondes suivant l’étourdissement électrique. 18

Il n’est pas rare que les animaux ne soient pas étourdis correctement et soient donc tués à vif. En 2018, deux abattoirs vaudois ont ainsi fait face à une plainte pour maltraitance et cruauté envers les animaux : des vidéos montrent comment les employés des abattoirs cherchent en vain à attraper les bêtes à l’aide d’une pince à étourdir ou comment les animaux sont violemment traînés sur le sol d’un local à l’autre. Complètement désorientés et stressés, les animaux tentent de fuir alors qu’ils sont entourés de congénères morts. Mal étourdis, les animaux sont conscients lorsqu’on les égorge et ressentent des douleurs atroces. 19

Production de laine

De nos jours, au vu de la demande croissante en fibres synthétiques, le commerce de la laine se fait souvent à pertes. Un cinquième de la laine produite en Suisse doit même être incinérée faute de débouchés. La filière de la laine est un secteur fortement subventionné. D’après l’office fédéral de l’agriculture, les moutons élevés en Suisse produisent chaque année environ 900 tonnes de laine brute, dont la moitié est ensuite traitée à l’étranger. 20

Le commerce de la laine est la cause d’extrêmes souffrances, notamment parce que les moutons transpirent énormément sous leur toison. De plus, les races de moutons sélectionnées pour la production de laine ont souvent un peau qui présente de nombreux replis dans lesquels des mouches font leur nid causant de graves mutilations à leur hôte. Pour éviter cela, on soumet les agneaux au mulesing dès leur plus jeune âge. À l’aide d’un couteau ou de ciseaux on retire la peau superflue autour de l’anus afin que les surfaces restantes forment du tissu cicatriciel que les mouches n’apprécient pas. Il va sans dire que cette technique est une véritable torture pour les animaux. Pour la tonte, souvent précipitée et peu soigneuse, les moutons sont la plupart du temps immobilisés grossièrement. Les coupures et autres blessures très douloureuses sont monnaie courante. 9

Aux dires de Kaspar Jörger, responsable de la protection des animaux à l’office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, le mulesing n’est pas autorisé en Suisse sans anesthésie complète.  21

Perturbations du comportement social

Lorsque les besoins des moutons ne sont pas couverts, ils développent des troubles du comportement. C’est le cas, par exemple, dans les élevages industriels, où le manque de place empêche tout contact social entre les individus. Les moutons s’ennuient et deviennent apathiques. Privés de sortie pour brouter en toute quiétude sur de vastes terrains, ils commencent à se balancer ou à mordiller les pieux en bois ou les treillis qui forment leur enclos. Ces comportements répétés à l’identique sans aucune raison relèvent de la stéréotypie.15

 

Interventions

Raccourcissement de la queue

En Suisse, le raccourcissement de la queue sans anesthésie est autorisé sur tout agneau âgé de moins d’une semaine. Ce faisant, les éleveurs cherchent à éviter les salissures de l’arrière-train en cas de diarrhée, par exemple. Le moignon de queue doit être suffisamment long pour couvrir l’anus.22 Inutile de préciser que l’intervention est extrêmement douloureuse pour le jeune animal.
 

Castration

En règle générale, les agneaux sont castrés pour éviter toute agitation au sein du troupeau au moment où ils atteignent l’âge de la maturité sexuelle. En Suisse, il est interdit de castrer les agneaux sans anesthésie. Par contre, les éleveurs sont autorisés à castrer eux-mêmes leurs bêtes jusqu’à deux semaines après la naissance pour autant qu’ils aient suivi un cours sur le sujet.22
 

Mulesing

L’intervention dite du mulesing consiste à retirer des lambeaux de peau dans la zone périanale à l’aide de ciseaux. À l’étranger, il arrive souvent que de grandes surfaces de peau soient ainsi coupées sans anesthésie. Le but de l’opération est d’éviter que des mouches ne se nichent dans les replis de peau, provoquant des infections et des maladies susceptibles d’entraîner la mort de leur hôte. Il semblerait en effet que les mouches n’apprécient pas le tissu cicatriciel. Or, il n’est pas rare que l’intervention elle-même engendre des infections. Dans tous les cas de figure, les animaux souffrent le martyre. Pour mettre un terme à ces cruautés, il faut renforcer la surveillance des troupeaux et interdire l’élevage de races à peau plissée, telles que le mérinos. 15

Aux dires de Kaspar Jörger, responsable de la protection des animaux à l’office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, le mulesing n’est pas fréquent en Suisse où il n’est pas autorisé sans anesthésie complète. 21 

 

Conséquences de la loi sur la protection des animaux

Contrôle du respect des lois

Il n’est pas rare que des raisons économiques soient invoquées pour justifier le non-respect des prescriptions légales définies dans loi sur la protection des animaux. De plus, les autorités manquent la plupart du temps, d’une part de personnel pour effectuer des contrôles durant la période d’élevage, mais aussi durant le processus d’abattage et d’autre part de ressources pour assurer le suivi des dossiers, raison pour laquelle de nombreuses plaintes s’embourbent.

Conséquences de la loi sur la protection des animaux

Malheureusement, la loi ne donne pas de définition claire de certaines notions comme « besoins des animaux de rente » et ne distingue pas nettement la « maltraitance » de la « négligence », ce qui ouvre un large champ d’interprétation et ne protège pas efficacement les animaux. De plus, les particuliers et les organisations de protection des animaux n’ont pas la possibilité de déposer une plainte contre un éleveur. Leur marge de manœuvre se limite au signalement au vétérinaire cantonal, à qui revient ensuite la charge de vérifier les faits sur place. Ce qui fait défaut, c’est la volonté ferme de faire respecter les lois. L’application systématique des dispositions de protection des animaux en vigueur ainsi que l’exécution effective de sanctions non anodines à l’encontre des éleveurs permettrait au moins de faire en sorte que la souffrance animale ne soit pas rentable. La loi fédérale sur la protection des animaux peut être consultée dans son intégralité.23

Dernière mise-à-jour: 02.11.2020
Notes de bas de page:
  1. Schlachtzahlen Schweiz, Swissveg, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  2. 10 Fakten über Schafe, Vier Pfoten, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  3. Schafe, Klexikon, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  4. Hausschaf, Wikipedia, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  5. Schafe richtig, Zürcher Tierschutz, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  6. Haltung von Schafen und Lämmern, BLV, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  7. Schafe, Wikipedia, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  8. Schafproduktion, Wikipedia, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  9. Intensivhaltung, VGT, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  10. Weidehaltung, VGT, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  11. Das Leiden der Schafe und Lämmer, Peta, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  12. Weidetechnik, OFM, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  13. Entwicklung der Lämmer, OFM, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  14. Neue Mastformen, UFA-Revue, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  15. Wolle - ein Tierquälerprodukt, VGT, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  16. Walliser Landschaft, pro specie rara, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  17. Schafe werfen wenig ab, Tierwelt, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  18. Verordnung des BLV über den Tierschutz beim Schlachten, der Bundesrat, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  19. Kälber waren beim Ausbluten vermutlich bei Bewusstsein, Blick, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  20. Die Geschichte vom guten und vom bösen Schaf, SRF, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  21. Das Leiden der Lämmer, SRF, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  22. Schmerzhafte Eingriffe bei Schafen, BLV, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
  23. Tierschutzgesetz, der Bundesrat, zuletzt aufgerufen am 29.10.2020
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