Environnement https://www.swissveg.ch/fr fr Palmöl: zwischen Zerstörung und Effizienz https://www.swissveg.ch/de/palmoel <span>Huile de palme : entre destruction et efficacité</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>10. novembre 2025 - 8:31</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Des pâtes à tartiner aux lotions corporelles en passant par les glaces, l’huile de palme est l’huile la plus utilisée et la plus produite au monde. La plupart des gens savent que sa production est extrê-mement problématique. L’industrie elle-même en a pris conscience et s’est efforcée, au cours des vingt dernières années, de rendre la production plus durable. Mais pouvons-nous croire à cette promesse ?</p><p>Il y a environ 20 ans, des photos d’orangs-outans désespérés au milieu d’une forêt tropicale brûlée ont fait le tour du monde. Elles illustraient parfaitement les immenses souffrances et la destruction massive causées par la culture intensive de l’huile de palme en Indonésie et en Malaisie. En 2004, l’industrie a réagi en fondant l’association Roundtable on Sustainable Palm Oil (RSPO), dont les membres fondateurs sont le WWF, Migros, Unilever et le transformateur international d’huiles végétales AAK. Depuis, le sujet a été moins médiatisé. Mais le problème n’a pas disparu, bien au contraire : Depuis 2010, la production mondiale d’huile de palme a augmenté d’environ 70 %.<span class="fussnotenlink">1</span> À Bornéo, les plantations couvrent environ 15 % de la superficie totale et entraînent une déforestation colossale.<span class="fussnotenlink">2</span> Plus de la moitié de la récolte mondiale d’huile de palme provient d’Indonésie, ce qui en fait le plus grand producteur de la planète. La Suisse fait partie des pays importateurs : selon le Réseau suisse pour l’huile de palme, plus de 14 000 tonnes d’huile de palme ont été importées en Suisse l’année dernière. Ce chiffre vient d’augmenter pour la première fois depuis des années. Les principaux problèmes liés à la culture intensive de l’huile de palme sont la déforestation et la perte de biodiversité qui en résulte, ainsi que la destruction de l’habitat de nombreuses espèces animales, le déplacement des communautés autochtones, les mauvaises conditions de travail et, dans certains cas, le travail des enfants.</p><h3>Promesses trompeuses ?</h3><p>Même si le label RSPO figure désormais sur de nombreux produits dans les supermarchés locaux, l’huile de palme certifiée durable reste un produit de niche et ne représente que 20 % de la production mondiale. Pour obtenir le label RSPO, les productrices et les producteurs doivent être membres de l’association et respecter différents critères et normes :</p><ul><li>Pas de déforestation des forêts primaires et des zones forestières à haute valeur écologique</li><li>Protection des espèces animales et végétales menacées </li><li>Protection de la qualité des eaux, des sols et de l’air</li><li>Respect des réglementations légales, notamment en ce qui concerne l’utilisation des terres et les droits de propriété</li><li>Pas de travail infantile</li><li>Contrôle indépendant des plantations</li></ul><p>Depuis sa création, les organisations de protection de l’environnement et des droits humains reprochent à la RSPO de faire du greenwashing et critiquent le manque de rigueur des normes et l’insuffisance des contrôles. Ces critiques sont en partie justifiées, comme le montrent les recherches de Foodwatch et du Centre européen pour les droits constitutionnels et humains (ECCHR). En 2024, ces organisations ont déposé une plainte auprès d’Edeka, demandant au détaillant d’assumer ses responsabilités en matière de droits humains dans la chaîne d’approvisionnement de l’huile de palme.<span class="fussnotenlink">3</span></p><h3>Quelles alternatives existe-t-il ?</h3><p>Pour les raisons susmentionnées, de nombreuses personnes ne souhaitent pas consomer d’huile de palme. Les fabricantes et les fabricants l’ont compris et proposent désormais toutes sortes de produits labellisés « sans huile de palme ». Le plus souvent, celle-ci est remplacée par de la graisse de coco, qui dispose de propriétés similaires et jouit d’une image plus positive. Malheureusement, ce n’est que de la poudre aux yeux : cette huile tropicale est elle aussi cultivée dans des plantations en monoculture et son rendement est bien inférieur à celui de l’huile de palme. Cela signifie qu’il faut une surface bien plus grande pour obtenir le même rendement.</p><p>Les huiles de colza ou de tournesol sont parfois utilisées en guise de substituts, mais elles présentent l’inconvénient de devoir être (partiellement) hydrogénées, ce qui peut avoir des effets négatifs sur la santé. Les trois cultures oléagineuses les plus importantes (soja, colza, tournesol) s’étendent sur sur une superficie totale de 203 millions d’hectares et fournissent environ 52 % de l’huile végétale mondiale. Le palmier à huile, en revanche, ne couvre que 23 millions d’hectares et fournit 40 % de l’huile végétale mondiale, ce qui le rend nettement plus efficace.<span class="fussnotenlink">4</span></p><figure role="group" class="align-center"><img alt="" data-entity-type="file" data-entity-uuid="62cceb7f-72a1-4aa9-a7b9-3cbf93a7e853" height="212" src="/sites/swissveg.ch/files/2025-10/Grafik%20Palm%C3%B6l%20FR.JPG" width="820" /><figcaption>Cette comparaison montre clairement l'efficacité de l'huile de palme par rapport à d'autres plantes oléagineuses : le rendement en huile par hectare de surface cultivée est comparé en tonnes. </figcaption></figure><h3>Commerce de détail suisse</h3><p>Les grands détaillants suisses sont conscients du problème et tentent par différents moyens de garantir davantage de durabilité et de transparence. Ainsi, en plus d’être membre de la RSPO depuis 2004, Coop s’approvisionne en huile de palme auprès de trois plantations certifiées Bio Suisse en Côte d’Ivoire, huile qu’elle utilise aussi bien dans ses produits bio que conventionnels. Migros aussi mise sur l’huile de palme RSPO. Aldi Suisse utilise de l’huile de palme certifiée RSPO pour ses produits de marque propre et s’efforce de renoncer aux graisses tropicales pour les produits bio. Quant à Lidl Suisse, l’enseigne s’approvisionne en huile de palme issue de sources durables pour ses marques propres.</p><p>De plus, ces distributeurs travailent en étroite collaboration avec le Réseau suisse pour l’huile de palme afin de rendre les chaînes d’approvisionnement plus transparentes et de promouvoir des normes durables. Le WWF publie chaque année un classement sur l’huile de palme, qui évalue les grandes entreprises en fonction de leurs performances en matière de développement durable. L’échelle d’évaluation va de 0 à 25 points, les valeurs les plus élevées indiquant les meilleurs résultats en termes de durabilité. Affichant tous des scores supérieurs à 19 points, les quatre détaillants suisses précédemment cités entrent dans la catégorie « Leading the way », c’est-à-dire « à la pointe ».</p><h3>Huile de palme issue de petites exploitations</h3><p>Outre la RSPO, il existe également des initiatives de longue date menées par des productrices et producteurs bio, comme le projet Serendipalm du fabricant de savons bio Dr. Bronner’s. Au Ghana, en Afrique de l’Ouest, quelque 600 petites exploitations produisent de l’huile de palme certifiée bio et équitable, notamment utilisée par Rapunzel Naturkost et Gepa. L’objectif du projet est de renforcer les communautés locales et les méthodes agricoles respectueuses de l’environnement, de promouvoir l’équité sociale et de respecter les normes environnementales. L’initiative met l’accent sur la transparence des chaînes d’approvisionnement, les partenariats directs avec les petites exploitations agricoles et la prévention du greenwashing. Tout cela montre bien qu’il n’est pas très efficace de diaboliser l’huile de palme dans son ensemble et qu’il est important de disposer de labels fiables. Le label RSPO est certainement préférable à l’huile non certifiée, mais il n’est à recommander que sous certaines conditions, car ses normes sont peu strictes. Privilégiez les labels de confiance tels que le label Bio Bourgeon ou le label bio de l’UE. Les labels Fairtrade tels que Fair for Life sont également de bons indicateurs quant au respect de certaines normes, notamment pour ce qui est des conditions de travail.</p><p>En ce qui concerne l’avenir, les procédés biotechnologiques innovants tels que la fermentation de précision présentent un grand potentiel. Cette technologie permet de produire en laboratoire des composants gras végétaux similaires à ceux des produits d’origine animale, tels que les composants du lait ou le collagène. Elle pourrait donc révolutionner le secteur en offrant une alternative à la fois durable, transparente et éthique.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 FAOSTAT. (s. d.). <a href="http://www.fao.org/faostat/en/#compare">www.fao.org/faostat/en/#compare</a><br>2 Morgans, C. L., Meijaard, E., Santika, T., Law, E., Budiharta, S.,Ancrenaz, M. &amp; Wilson, K. A. (2018). Evaluating the<br>effectiveness of palm oil certification in delivering multiple sustainability objectives. Environmental Research Letters, 13(6), 064032.<a href="https://doi.org/10.1088/1748-9326/aac6f4">https://doi.org/10.1088/1748-9326/aac6f4</a><br>3 Pressemitteilung. (s. d.). ECCHR. <a href="http://www.ecchr.eu/pressemitteilung/kritik-an-rspo-zertifiziertem-palmoel-vonnaturaceites">www.ecchr.eu/pressemitteilung/kritik-an-rspo-zertifiziertem-palmoel-von…</a><br>4 Murphy, D. J. (2025b). Agronomy and Environmental Sustainability of the Four Major Global Vegetable Oil Crops: Oil Palm, Soybean, Rapeseed, and Sunflower. Agronomy, 15(6), 1465. <a href="https://doi.org/10.3390/agronomy15061465">https://doi.org/10.3390/agronomy15061465</a></p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/ecologie?language=fr">Écologie et alimentation</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/veganisme-justice-sociale">Quel est le rapport entre véganisme et justice sociale ?</a></li></ul></div> Mon, 10 Nov 2025 15:24:23 +0000 Sarah 4173 at https://www.swissveg.ch Welt-Tofu-Tag: Spannendes über den proteinreichen Alleskönner https://www.swissveg.ch/de/tofu <span>Journée mondiale du tofu : quelques infos sur cet aliment versatile riche en protéines</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>26. juillet 2025 - 8:10</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Brochettes épicées, nuggets croustillantes, mousse au chocolat onctueuse : avec le tofu, tout est possible ! À l’occasion de la Journée mondiale du tofu, nous examinons de plus près ce produit à base de soja et le comparons aux sources de protéines animales. À votre avis, quelle est la source de protéines la plus qualitative et la plus durable ?</p><p>Malgré son incroyable versatilité et ses innombrables qualités, le tofu n’est pas apprécié de la même manière par tout le monde. Au contraire, on entend souvent dire que son goût est fade et qu’il fournit des protéines de mauvaise qualité. En outre, comme il est fabriqué à partir de fèves de soja, beaucoup de personnes pensent encore qu’il contribue à la destruction de la forêt tropicale. </p><h4>Viande vs tofu : quelle est la source de protéines la plus écologique ?</h4><p>La plupart des gens ne se rendent pas comptent qu’ils consomment de grandes quantités de soja de manière indirecte, même s’ils n’ont jamais mangé de tofu de leur vie. En effet, environ trois quarts du soja cultivé dans le monde sert de fourrage pour les bovins, les volailles et les cochons. <strong>Pour produire un kilo de viande de bœuf, par exemple, il faut compter entre 5 et 20 kg de fourrage.</strong><span class="fussnotenlink"><strong>1  </strong></span>Et contrairement à ce que l’on croit, il ne s’agit pas uniquement d’herbe, mais aussi de céréales et de soja. En outre, la production de viande est extrêmement gourmande en énergie : <strong>la production d’un kilo de viande de bœuf émet 12 à 13 kilos d’équvalents CO2</strong>.<span class="fussnotenlink">1<strong>  </strong></span>À titre de comparaison,<strong> la fabrication d’un kilo de tofu émet à peine un kilo d’équvalents CO2</strong>.<em><span class="fussnotenlink"><strong>2</strong></span></em> En l'absence de données spécifiques au tofu, nous avons utilisé les chiffres relatifs à la production de soja pour effectuer les calculs suivants : dans le cas d’une alimentation où la viande est remplacée par des produits à base de soja comme le tofu, la <strong>pollution des nappes phréatiques et des sols est sept fois moins importante</strong> car les émissions de dioxyde de soufre, d'oxydes d'azote et d’ammoniac sont réduites.  En ce qui concerne l’utilisation des terres arables, les variantes végétales à base de soja sont également plus avantageuses : pour produire 100 grammes de soja, il faut un tiers de surface en moins que pour produire la même quantité de viande de poulet.<span class="fussnotenlink">3 </span></p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2025-07/Tofu_Grafik_FR.png" data-entity-uuid="672ec7c6-119e-4171-a311-074b71205ea5" data-entity-type="file" alt="" width="2126" height="709" /><h4 class="einleitung">Qualité des protéines en comparaison</h4><p>En termes de valeurs nutritives, le tofu n’a pas de quoi rougir : il contient en moyenne près de 15 grammes de protéines et 150 calories par 100 grammes. Il s’agit donc d’une <strong>source de protéines faible en graisses et en calories</strong>. On entend souvent dire que les protéines végétales sont incomplètes en raison de leur composition en acides aminés. À ce propos, une précision s’impose : le soja est l’un des rares aliments végétaux à présenter un profil d’acides aminés complet, c’est-à-dire qu’il contient tous les acides aminés essentiels en quantité suffisante. Le tofu est donc une<strong> source de protéines de haute qualité, comparable aux protéines animales.</strong><span class="fussnotenlink">4</span> Dans le cadre d’une méta-analyse, des scientifiques ont en outre conclu que les protéines de soja peuvent aussi égaler les protéines animales en termes de développement musculaire et de renforcement.<span class="fussnotenlink">5 </span></p><p>Le tofu présente par ailleurs divers autres avantages : </p><ul><li><strong>Faible teneur en acides gras saturés : </strong>Comparé à de nombreux produits d'origine animale, le tofu contient non seulement moins de mauvaises graisses, mais aussi plus de bons acides gras (insaturés), ce qui peut avoir un effet positif sur la santé cardiaque.</li><li><strong>Riche en isoflavones : </strong>Les isoflavones qu’il contient ont des effets antioxydants qui peuvent réduire les dommages cellulaires causés par les radicaux libres et donc potentiellement protéger contre les maladies chroniques. </li><li><strong>Source de minéraux : </strong>Le tofu fournit des minéraux tels que le calcium, le magnésium et le fer, qui sont importants pour le métabolisme osseux, la fonction musculaire et nerveuse ainsi que le transport de l’oxygène dans le sang. Lorsque le sulfate de calcium est utilisé comme coagulant dans le processus de fabrication, le tofu contient encore plus de ce minéral important.  </li></ul><h4>Le soja suisse en plein essor</h4><p>En Suisse, et en Europe en général, la crainte d'acheter du tofu provenant de régions amazoniennes déforestées est infondée : le soja alimentaire commercialisé dans notre pays, y compris le tofu, provient soit de Suisse, soit de pays voisins comme l’Italie, l’Autriche ou la France. Les produits contenant du soja d’outre-mer sont quasiment introuvables. La Suisse produit environ 4000 tonnes de soja par an ; la moitié est toutefois utilisée pour nourrir les animaux d’élevage.6 La station de recherche suisse Agroscope a reconnu l’importance du soja il y a plus de 40 ans déjà et mène des recherches pour créer des variétés adaptées au climat local, mais aussi des variétés dont le goût se prête particulièrement bien à la production de tofu. De plus amples informations au sujet du tofu suisse sont disponibles <a href="https://www.swissveg.ch/fr/soja" target="_blank">ici</a>. </p><h4 class="einleitung">Conclusion</h4><p>En termes de santé et de durabilité, le tofu est supérieur aux protéines animales. Si seulement il n’avait pas un goût aussi fade, se disent les personnes qui n’ont pas l’habitude d’en manger... En effet, c’est un préjugé très commun : le tofu est souvent perçu comme un aliment ennuyeux et sans saveur. Au contraire, <strong>le goût neutre du tofu est un avantage : il peut ainsi être assaisonné de multiples façons et s'adapter à toutes les cuisines</strong>. Lorsqu’il est bien préparé, par exemple sauté, grillé ou frit, le tofu obtient une texture croustillante et peut faire merveille dans différents plats. Avec les bonnes épices, marinades et méthodes de préparation, le tofu peut être merveilleusement savoureux et se prêter à de nombreuses recettes. <strong>Conseil de pro : lorsque le tofu est congelé avant d’être utilisé, il absorbe encore mieux la marinade</strong>.</p><p>Sur notre<a href="https://www.swissveg.ch/fr/recipe/search?language=fr" target="_blank"> page de recettes</a>, vous trouverez de nombreuses recettes créatives et gourmandes à base de tofu. Curry crémeux, bâtonnets de tofu frits ou cheesecake sucré : le mot-clé « tofu » permet de trouver de l’inspiration pour tous les goûts.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Viande et produits laitiers | WWF Suisse. (s. d..). WWF Suisse. <a href="https://www.wwf.ch/fr/nos-objectifs/viande-et-produits-laitiers">www.wwf.ch/fr/nos-objectifs/viande-et-produits-laitiers</a>&nbsp;</p><p>2 Mejia, A., Harwatt, H., Jaceldo-Siegl, K., Sranacharoenpong, K., Soret, S. &amp; Sabaté, J. (2017b). Greenhouse Gas Emissions Generated by Tofu Production: A Case Study. Journal Of Hunger &amp; Environmental Nutrition, 13(1), 131–142. <a href="https://doi.org/10.1080/19320248.2017.1315323">https://doi.org/10.1080/19320248.2017.1315323</a></p><p>3 Jetzke, T., Richter, S., Institut für Innovation und Technik [iit] in der VDI/VDE Innovation + Technik GmbH, Keppner, B., Domröse, L., adelphi research gGmbH, Wunder, S., Ecologic Institut gGmbH &amp; Futurium gGmbH. (2019b). Die Zukunft im Blick: Fleisch der Zukunft. In S. Veenhoff &amp; Fachgebiet I 1.1: Grundsatzfragen, Nachhaltigkeitsstrategien und -szenarien, Ressourcenschonung (Hrsg.), Trendbericht Zur Abschätzung der Umweltwirkungen von Pflanzlichen Fleischersatzprodukten, Essbaren Insekten und In-vitro-Fleisch. <a href="https://www.umweltbundesamt.de/sites/default/files/medien/1410/publikationen/2020-06-25_trendanalyse_fleisch-der-zukunft_web_bf.pdf">www.umweltbundesamt.de/sites/default/files/medien/1410/publikationen/2020-06-25_trendanalyse_fleisch-der-zukunft_web_bf.pdf</a>&nbsp;</p><p>4 Rutherfurd, S. M., Fanning, A. C., Miller, B. J. &amp; Moughan, P. J. (2014). Protein Digestibility-Corrected Amino Acid Scores and Digestible Indispensable Amino Acid Scores Differentially Describe Protein Quality in Growing Male Rats. Journal Of Nutrition, 145(2), 372–379. <a href="https://doi.org/10.3945/jn.114.195438">https://doi.org/10.3945/jn.114.195438</a></p><p>5 Messina, M., Lynch, H., Dickinson, J. M. &amp; Reed, K. E. (2018). No Difference Between the Effects of Supplementing With Soy Protein Versus Animal Protein on Gains in Muscle Mass and Strength in Response to Resistance Exercise. International Journal Of Sport Nutrition And Exercise Metabolism, 28(6), 674–685. <a href="https://doi.org/10.1123/ijsnem.2018-0071">https://doi.org/10.1123/ijsnem.2018-0071</a></p><p>6 Soja - réseau suisse pour le soja. (s. d.). Réseau suisse pour le soja. <a href="https://www.sojanetzwerk.ch/fr/soja/">www.sojanetzwerk.ch/fr/soja/</a>&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/soja_suisse" target="_blank">Tofu à base de soja suisse ?&nbsp;</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/proteines-vegetales" target="_blank">Les protéines dans l'alimentation végétale</a></li><li><a href="https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/production-vegetale/grandes-cultures/cultures/soja/qualitative-verbesserung.html" target="_blank">Agroscope : soja&nbsp;</a></li></ul></div> Sat, 26 Jul 2025 06:41:13 +0000 Sarah 4151 at https://www.swissveg.ch Earth Overshoot Day 2025: Vegan erreicht die Klimaziele https://www.swissveg.ch/de/earth-overshoot-day-2025 <span>Earth Overshoot Day 2025 : végane pour atteindre les objectifs climatiques</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>16. juillet 2025 - 12:42</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Aujourd’hui, 24 juillet 2025, c’est le Jour du dépassement de la Terre (Earth Overshoot Day) – date à partir de laquelle les ressources renouvelables de la planète sont épuisées pour l’année en cours. Depuis les premiers relevés effectués dans les années 70, cette date s'est progressivement déplacée de la fin de l’année vers le milieu de l’année. Concrètement, cela veut dire que la consommation humaine actuelle équivaut aux ressources de 1,8&nbsp;Terre, soit bientôt deux fois plus que ce que la planète peut produire et régénérer.</p><h2>Pas de détour par l’animal</h2><p>Le prolongement artificiel de la chaîne alimentaire entraîne un gaspillage de ressources et d’énergie sans précédent. Au lieu d’utiliser directement les rares terres agricoles disponibles pour cultiver des aliments destinés à la consommation humaine, l’industrie emprunte d’autres voies : elle continue à déboiser la forêt tropicale pour en faire des pâturages et pour y produire du fourrage (soja, maïs), ce qui se traduit par une perte de précieux réservoirs d’eau et de biodiversité. En Suisse, la moitié des terres arables fertiles est utilisée pour la production fourragère. Une quantité colossale d’énergie, d’eau et de surfaces est ainsi sacrifiée pour l’élevage. Avec le méthane et le protoxyde d’azote, le CO2 est l’un des gaz à effet de serre les plus significatifs en matière de climat et de durabilité. Dans la suite de ce texte, nous allons donc nous appuyer sur le CO2 pour démontrer à quel point l’alimentation végétale est économe en ressources par rapport au régime omnivore.<sup> 1</sup></p><h2>Simple, durable, bio-végane</h2><p>Le levier le plus puissant, et donc la meilleure solution pour préserver l’environnement, est l’alimentation végétale.<br>En effet, aucun autre comportement individuel n’a autant d’effets positifs que le fait d’adopter un régime à base de plantes. Selon le Global Footprint Network, en diminuant de moitié la consommation mondiale de viande mondiale et en consommant davantage de calories végétales, on pourrait repousser de 17&nbsp;jours le Jour du dépassement de la Terre. Si tout le monde était végétarien, on pourrait même gagner 34&nbsp;jours, soit plus d’un mois.<sup>2</sup></p><p>Enfin, si tout le monde devenait végétalien, l'effet sur les émissions de gaz à effet de serre serait des plus impressionnants&nbsp;: une personne non-végétarienne qui adopterait une alimentation végétalienne et biologique pourrait voir ses émissions annuelles de CO₂ baisser jusqu’à 72 % (-1190 kg), passant d'environ 1653&nbsp;kg à moins de 500&nbsp;kg par personne et par an. <sup>3</sup></p><h2>Problème et solution&nbsp;: l’agriculture</h2><p>Environ 30&nbsp;% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont liées à l’agriculture. Sur ce total, près de 60&nbsp;% sont des émissions directes de l’élevage, en particulier le méthane issu de la digestion des ruminants (qui est environ 28&nbsp;fois plus nocif pour le climat que le CO₂) et le protoxyde d’azote provenant du fumier.</p><p>Concrètement, cela signifie qu’une transition vers une production entièrement végétale permettrait à elle seule de réduire près de 18&nbsp;% des émissions mondiales totales – en évitant le détour par les animaux, qui nécessite beaucoup de ressources. D’autres émissions sont dues à la fabrication d’engrais et de pesticides pour la production fourragère, aux altérations dans l’utilisation des sols telles que le déboisement des forêts tropicales, à la transformation des aliments pour animaux et au transport du fourrage, des animaux et des produits animaux réfrigérés. La mesure la plus efficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre – en particulier le méthane – est donc de changer radicalement de mode d’alimentation et de réduire considérablement le cheptel ruminant. <sup>4, 5</sup></p><h2>Impossible d’atteindre les objectifs climatiques sans changer notre alimentation</h2><p>Les résultats de l’étude de modélisation réalisée en 2016 (Bryngelsson et al.) restent d’actualité&nbsp;: l’UE ne pourra pas atteindre ses objectifs climatiques si la consommation de viande bovine et ovine ne diminue pas d’au moins 50&nbsp;%. Ces calculs tiennent déjà compte de toutes les possibilités techniques d’amélioration, comme une affouragement plus efficace, un meilleur système d’élevage ou une gestion optimisée du lisier. Certes, il existe également un potentiel d'économie tout au long de la chaîne de création de valeur, du stockage à la vente en passant par la transformation, en réduisant la consommation d'énergie ou le gaspillage alimentaire par exemple. Mais même dans les scénarios les plus optimistes, ces mesures ne suffisent pas&nbsp;: sans une réduction drastique des produits d’origine animale, les objectifs de durabilité et de protection du climat ne pourront pas être atteints, et en Suisse non plus.</p><p>Le plus puissant levier à notre disposition reste la réduction du cheptel et la transition vers une production et une consommation axées sur les protéines végétales. En effet, en renonçant à produire une denrée d’origine animale, on supprime 100&nbsp;% des émissions qui y sont liées, de l’élevage à l’abattage des animaux en passant par l’importation du fourrage, l’exploitation des terres et la consommation d’eau. <sup>6, 7&nbsp;</sup></p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);box-sizing:border-box;color:rgb(0, 0, 0);font-family:&quot;Open Sans&quot;, sans-serif;font-size:12px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin-bottom:13px;margin-top:0px;orphans:2;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;"><li style="box-sizing:border-box;">Swissveg. (s. d.). Écologie et alimentation. <a href="https://www.swissveg.ch/fr/ecologie">www.swissveg.ch/fr/ecologie</a>&nbsp;</li><li style="box-sizing:border-box;">Global Foodprint Network. (s. d.). &nbsp;Food Solution. <a href="https://overshoot.footprintnetwork.org/solutions/food/">https://overshoot.footprintnetwork.org/solutions/food</a></li><li style="box-sizing:border-box;">FiBL. (2025, 10 juin). Studie zeigt: Eine gesunde und nachhaltige Ernährung ist leistbar. Étude sur mandat du WWF Autriche. <a href="https://www.fibl.org/de/infothek/meldung/ernaehrungsstudie-zeigt-eine-gesunde-und-nachhaltige-ernaehrung-ist-leistbar">www.fibl.org/de/infothek/meldung/ernaehrungsstudie-zeigt-eine-gesunde-und-nachhaltige-ernaehrung-ist-leistbar</a></li><li style="box-sizing:border-box;">FAO. (2024, 14 novembre). Greenhouse gas emissions from agrifood systems. Global, regional and country trends, 2000–2022. <a href="https://www.fao.org/statistics/highlights-archive/highlights-detail/greenhouse-gas-emissions-from-agrifood-systems.-global--regional-and-country-trends--2000-2022">www.fao.org/statistics/highlights-archive/highlights-detail/greenhouse-gas-emissions-from-agrifood-systems.-global--regional-and-country-trends--2000-2022</a></li><li style="box-sizing:border-box;">Umwelt Bundesamt Deutschland. (2019, 31 janvier). Nitrous oxide and methane. <a href="https://www.umweltbundesamt.de/en/topics/agriculture/ecological-impact-of-farming/nitrous-oxide-methane">www.umweltbundesamt.de/en/topics/agriculture/ecological-impact-of-farming/nitrous-oxide-methane</a>&nbsp;</li><li style="box-sizing:border-box;">FAO. (2023, 8 décembre). Un nouveau rapport de la FAO trace la voie vers une réduction des émissions dues à l’élevage. <a href="https://www.fao.org/newsroom/detail/new-fao-report-maps-pathways-towards-lower-livestock-emissions/fr">www.fao.org/newsroom/detail/new-fao-report-maps-pathways-towards-lower-livestock-emissions/fr</a>&nbsp;</li><li style="box-sizing:border-box;">IFOAM EU et FiBL. (2016). Organic farming, climate change mitigation and beyond. Reducing the environmental impacts of EU agriculture. <a href="https://www.organicseurope.bio/content/uploads/2020/06/ifoameu_advocacy_climate_change_report_2016.pdf">www.organicseurope.bio/content/uploads/2020/06/ifoameu_advocacy_climate_change_report_2016.pdf</a></li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/ecologie"><strong>Écologie et alimentation</strong></a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/2022_01_etude_FiBL"><strong>Le régime végétalien permet de réduire 70 % des émissions de gaz à effet de serre liées à l'alimentation</strong></a></li></ul></div> Thu, 24 Jul 2025 09:53:38 +0000 Maggie Haab 4153 at https://www.swissveg.ch Ersatzprodukte für Fleisch und Milch: Was sagt die TA-SWISS-Studie tatsächlich? https://www.swissveg.ch/de/studie-ersatzprodukte-fleisch-milch <span>Produits de substitution à la viande et au lait : quelles sont les véritables conclusions de l’étude TA-Swiss ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>9. septembre 2024 - 11:15</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">TA-Swiss, la Fondation pour l’évaluation des choix technologiques, a commandité une étude disponible uniquement en allemand et intitulée « <a href="https://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait" target="_blank">Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt?</a> » (Produits de substitution à la viande et au lait – sains et respectueux de l’environnement ?). L’étude a été menée principalement par des collaborateurs d’<a href="https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home.html" target="_blank" title="Agroscope">Agroscope</a>. La presse a très largement commenté les résultats, mais la plupart du temps sous un angle très critique. Revenons sur le contenu de l’étude.</p><h2>Répercussions environnementales des substituts de viande</h2><p>Sur tous les aspects environnementaux examinés dans le cadre de l’étude (pénurie d’eau, émissions de gaz à effet de serre, risque d’acidification des sols et utilisation des surfaces), les substituts de viande affichent un meilleur score que la viande provenant de l’abattage. À l’exception du besoin en eau, les substituts de viande ont même un impact moitié moindre sur l’environnement que les produits de référence issus des abattoirs. Les auteurs de l’étude le résument ainsi : <strong>l’intégration des produits de substitution à la viande dans les modèles d’alimentation alternatifs permettent de limiter l’impact sur l’environnement dans tous les domaines ayant fait l’objet de l’étude.</strong><span class="fussnotenlink">1</span></p><h2>Répercussions environnementales des substituts de lait</h2><p>De façon générale, le bilan des alternatives au lait est, lui aussi, meilleur que celui du lait de vache. Les auteurs de l’étude nuancent cependant en précisant que <strong>si les produits de substitution au lait ont un impact largement moindre sur l’environnement que les produits de référence, le résultat semble moins tranché que pour la viande</strong>. L’intégration de ces produits dans les modèles d’alimentation alternatifs permettrait certes de limiter les émissions de gaz à effet de serre, d’éviter l’acidification des sols et de limiter l’utilisation des surfaces, mais elle augmenterait le gaspillage d’eau et le risque d’eutrophisation (surfertilisation) des eaux. L’étude souligne toutefois que seules les alternatives au fromage à base d’huile de coco présentent un tel risque. Le bilan des autres substituts de lait (à boire, en yaourt ou sous forme de crème) est largement plus favorable (au kilo). En comparaison avec le lait de vache, les alternatives au lait ne pèchent donc que sur un seul point, à savoir la consommation d’eau, tout en sachant que les boissons à base de soja font aussi exception sur ce point.<span class="fussnotenlink">2</span></p><p>Pourquoi les alternatives au lait affichent-elles de si mauvais résultats, dans cette étude, par rapport aux produits à base de lait de vache ?</p><p>Cela est dû à la conception même de l’étude. Alors que tous les produits d’origine animale pris en compte étaient d’origine suisse, les données relatives aux produits de substitution provenaient, quant à elles, principalement de banque de données internationales ne tenant que très peu compte des méthodes de production en vigueur dans notre pays. Cette différence se reflète dans les résultats, puisque l’étude n’a, dans les faits, pas comparé la consommation d’eau réelle, mais s’est limitée à appliquer à ses calculs un index de pénurie d’eau.<span class="fussnotenlink">3</span>  La Suisse n’ayant pas, contrairement à beaucoup d’autres pays, de problème aigu de sécheresse, cette méthode d’analyse pénalise les produits alternatifs. Ce biais apparaît même lorsqu’un produit, par exemple une boisson à l’avoine d’origine suisse, est fabriqué sur notre territoire, étant donné qu’il n’apparaît dans aucune banque de données internationales mesurant l’impact environnemental.</p><p>L’étude évoque d’ailleurs ce biais méthodologique dans une note de bas de page :<strong> l’écart relevé en termes de ressources en eau s’explique en partie par la pondération appliquée, puisque de nombreux inventaires de produits de substitution ne tiennent pas compte des spécificités suisses, alors que les produits à base de viande et de lait ont été modélisés sur la base d’une production « made in Switzerland ».</strong><span class="fussnotenlink">4</span> D’après les résultats des études menées jusqu'à présent, le lait de vache est en réalité le plus mauvais en termes de consommation d’eau.<span class="fussnotenlink">5</span></p><p><img src="/sites/swissveg.ch/files/production_lait.jpg" data-entity-uuid="b029124d-cff0-4cc6-8b59-392cdb3288c6" data-entity-type="file" alt="" width="70%" height="296" /></p><p><em>Ill. 1 : Consommation d’eau effective du lait de vache et des alternatives végétales.</em></p><h2>Impact des produits de substitution sur la santé</h2><p>Afin de pouvoir comparer l’impact de tous les produits sur la santé, les auteurs de l’étude ont établi un index des valeurs nutritives. Celui-ci récompense la présence de fibres, de protéines, de calcium, de fer, d’iode, de potassium, de magnésium et de vitamines (A, C et E) et pénalise la présence de sucre, de sodium (sel) et d’acides gras saturés. Avec un NRF10.3 élevé, la valeur obtenue par les substituts de viande est donc plus favorable que celle de la viande. En revanche, dans la catégorie des substituts de lait, la valeur NRF10.3 varie beaucoup : alors qu’elle est d’environ 60 pour le lait sur plusieurs critères d’analyse, elle oscille entre 22 et 115 pour les boissons au soja.<span class="fussnotenlink">6</span></p><p><strong>Malgré un bilan global plutôt positif du côté des produits de substitution, les médias en ont conclu que les carences menaçaient toute personne qui renonce à consommer des produits à base de viande ou de lait. Or, ce raccourci n’est pas correct.</strong> Il existe certes un risque de carence pour certains nutriments dans le cadre d’une alimentation à base de plantes, mais il en va de même pour une alimentation non végétarienne. C’est la diversification qui favorise l’apport suffisant en nutriments essentiels. Seule la vitamine B<sub>12</sub> devrait par défaut faire l’objet d’une supplémentation dans le cadre d’un régime végétalien.<span class="fussnotenlink">7</span> Dans ce contexte, le fait que les produits de substitution présentent un profil nutritionnel qui s’écarte de celui des produits de référence d’origine animal importe peu puisqu’une alimentation saine devrait comporter essentiellement des aliments (légumes, céréales, fruits, légumineuses et noix) non transformés.</p><p>En résumé, les résultats de l’étude démontrent que l’impact sur la santé des alternatives végétales est potentiellement meilleur. Il s’agit toutefois de veiller à une teneur en fibres, en protéines, en calcium, en fer et en vitamine  B<sub>12</sub> élevée et à une quantité de sucre, de sel et d’acides gras saturés la plus faible possible. Le degré de transformation est un autre critère crucial : moins un produit est transformé, meilleur il est.</p><h2>Conclusion</h2><p>Le bilan des substituts de viande et de lait est plus favorable que celui des produits d’origine animale de référence, et ce dans presque tous les domaines ayant fait l’objet de l’étude. Les quelques critères sur lesquels ils affichent un score plus mitigé s’expliquent par la méthode de calcul. Les produits se distinguent naturellement en termes de valeurs nutritives, ce que l’étude a relevé : alors que les produits de substitutions à la viande contiennent nettement plus de fibres et de calcium que les produits de référence, la viande de porc non transformée enregistre une teneur en protéines et en vitamine B<sub>12</sub> élevée. Les alternatives au lait se distinguent par la quantité de fibre et de fer qu’elles contiennent en comparaison avec les produits de référence, qui recèlent en revanche davantage de calcium et d’iode. La diversification reste la clé d’une alimentation saine. Elle permet de contrebalancer les déficits nutritionnels de certains aliments. Il est donc important de ne pas se laisser leurrer par les mes médias, qui ont sorti certaines affirmations de leur contexte et ont présenté les produits de substitution sous un angle très critique.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Mehner, E., Ehlers, M.-H., Herrmann, M., Höchli, B., Holenweger, G., Mann, S., Messner, C., Nemecek, T., Reguant Closa, A., Schäfer, O., Stämpfli, A., Walther, B. &amp; Douziech, M. (2024): Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt? Auswirkungen auf Ernährung und Nachhaltigkeit, die Sicht der Konsumentinnen und Konsumenten sowie ethische und rechtliche Überlegungen. TA-SWISS Publikationsreihe (Hrsg.): TA 84/2024. Zollikon: vdf. <a href="http://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait">www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait</a></li><li>Mehner, E., Ehlers, M.-H., Herrmann, M., Höchli, B., Holenweger, G., Mann, S., Messner, C., Nemecek, T., Reguant Closa, A., Schäfer, O., Stämpfli, A., Walther, B. &amp; Douziech, M. (2024): Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt? Auswirkungen auf Ernährung und Nachhaltigkeit, die Sicht der Konsumentinnen und Konsumenten sowie ethische und rechtliche Überlegungen. TA-SWISS Publikationsreihe (Hrsg.): TA 84/2024. Zollikon: vdf. <a href="http://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait">www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait</a></li><li>Mehner, E., Ehlers, M.-H., Herrmann, M., Höchli, B., Holenweger, G., Mann, S., Messner, C., Nemecek, T., Reguant Closa, A., Schäfer, O., Stämpfli, A., Walther, B. &amp; Douziech, M. (2024): Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt? Auswirkungen auf Ernährung und Nachhaltigkeit, die Sicht der Konsumentinnen und Konsumenten sowie ethische und rechtliche Überlegungen. TA-SWISS Publikationsreihe (Hrsg.): TA 84/2024. Zollikon: vdf. <a href="http://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait">www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait</a></li><li>Mehner, E., Ehlers, M.-H., Herrmann, M., Höchli, B., Holenweger, G., Mann, S., Messner, C., Nemecek, T., Reguant Closa, A., Schäfer, O., Stämpfli, A., Walther, B. &amp; Douziech, M. (2024): Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt? Auswirkungen auf Ernährung und Nachhaltigkeit, die Sicht der Konsumentinnen und Konsumenten sowie ethische und rechtliche Überlegungen. TA-SWISS Publikationsreihe (Hrsg.): TA 84/2024. Zollikon: vdf. <a href="http://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait">www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait</a></li><li>Poore, J. &amp; Nemecek, T. (2018). Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers. Science, 360(6392), 987–992. doi.org/10.1126/science.aaq0216</li><li>Mehner, E., Ehlers, M.-H., Herrmann, M., Höchli, B., Holenweger, G., Mann, S., Messner, C., Nemecek, T., Reguant Closa, A., Schäfer, O., Stämpfli, A., Walther, B. &amp; Douziech, M. (2024): Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt? Auswirkungen auf Ernährung und Nachhaltigkeit, die Sicht der Konsumentinnen und Konsumenten sowie ethische und rechtliche Überlegungen. TA-SWISS Publikationsreihe (Hrsg.): TA 84/2024. Zollikon: vdf. <a href="http://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait">www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait</a></li><li>Melina, V., Craig, W. J. &amp; Levin, S. (2016). Position of the Academy of Nutrition and Dietetics: Vegetarian Diets. Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 116(12), 1970–1980. <a href="https://doi.org/10.1126/science.aaq0216" target="_blank">doi.org/10.1016/j.jand.2016.09.025</a></li><li>Mehner, E., Ehlers, M.-H., Herrmann, M., Höchli, B., Holenweger, G., Mann, S., Messner, C., Nemecek, T., Reguant Closa, A., Schäfer, O., Stämpfli, A., Walther, B. &amp; Douziech, M. (2024): Fleisch- und Milchersatzprodukte – besser für Gesundheit und Umwelt? Auswirkungen auf Ernährung und Nachhaltigkeit, die Sicht der Konsumentinnen und Konsumenten sowie ethische und rechtliche Überlegungen. TA-SWISS Publikationsreihe (Hrsg.): TA 84/2024. Zollikon: vdf. <a href="http://www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait">www.ta-swiss.ch/fr/substitution-viande-et-lait</a></li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/alternatives-vegetales?language=fr" title="Alternatives végétales">Les alternatives végétales sont-elles bonnes pour la santé ?</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/aliments-ultratransformes?language=fr" title="Aliments ultra-transformés">Aliments ultra-transformés, toujours mauvais pour la santé ?</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/alimentation-vegetale?language=fr" title="Les princpes de base de l&apos;alimentation végétale">Les principes de base de l'alimentation végétale</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/limites-planetaires?language=fr" title="Limites planétaires">L'élevage industriel pousse notre planète à ses limites</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/2021_09_gaspillage_eau_alimentation_vegane?language=fr" title="Wasserverschwendung durch vegane Ernährung?">L'alimentation végétale, cause de gaspillage d'eau ?</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/consommation_eau?language=fr">Consommation d'eau dans l'agroalimentaire</a></li></ul></div> Fri, 06 Sep 2024 11:03:00 +0000 Renato 4114 at https://www.swissveg.ch Proviande-Studie: Geht Fleischkonsum nachhaltig? https://www.swissveg.ch/de/proviande-studie-umwelt <span>Étude de Proviande : la consommation de viande durable, ça existe ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>18. octobre 2023 - 9:38</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung"><span style="line-height:100%">Proviande a mené une étude auprès des consommateur·ice·s suisses pour évaluer leur image de l'organisation et leurs connaissances en matière de production de viande. L'étude a révélé qu'une majeure partie des consommateur·ice·s de viande ont une représentation idéalisée de la production de viande (suisse) – qu'il s'agisse de la façon dont les animaux sont traités ou de l'impact de la viande sur l'environnement et la santé.</span></p> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Les organisations de lobbying telles que Proviande véhiculent une image idyllique de la production de denrées d'origine animale en Suisse. En mars dernier, Proviande a publié une étude d'image présentant l'agriculture suisse comme respectueuse des animaux et de l'environnement.<sup>1</sup> Mais est-ce réellement le cas ? Dans un <a href="https://www.swissveg.ch/etude-proviande-bien-etre" title="Selon une enquête de Proviande, l'opinion publique a une image idéalisée de l'élevage en Suisse">précédent article</a>, nous avons démontré que les déclarations de Proviande en matière de bien-être animal ne correspondaient pas à la réalité. Aujourd'hui, nous allons nous pencher sur le thème de la durabilité. Proviande n'ayant malheureusement pas souhaité nous transmettre davantage d'informations, nous allons baser notre analyse sur les résultats de l'étude accessibles au public.</span></span></p> <h2><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%"><b>Production de viande durable ?</b></span></span></h2> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Selon Proviande, les personnes interrogées, autrement dit les consommateur·ice·s de viande en Suisse (les personnes végétariennes, celles qui travaillent dans la filière de la viande, de l'alimentation ou des études de marché ainsi que les journalistes ont été exclu·e·s de l'enquête), ont en général une grande confiance dans la viande suisse. Les personnes qui ont répondu à l'enquête disent accorder une grande importance au respect de l'environnement et des animaux. Heinrich Bucher, directeur de Proviande, n'y voit aucune contradiction : d'après lui, la Suisse « offre les meilleures conditions en faveur d’une production durable de viande ». Ainsi, Proviande suggère, sans toutefois l'affirmer explicitement, que la production de viande suisse est respectueuse de l'environnement. Est-ce vrai ?</span></span></p> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Avant toute chose, il convient de relativiser les propos de M. Bucher. La viande étant l'aliment le plus gourmand en ressources, sa production peut difficilement être aussi respectueuse de l'environnement que celle des aliments d'origine végétale. Cela s'explique notamment lieu par la grande quantité de fourrage qui doit être produite pour nourrir les animaux « de rente », mais aussi par la pollution directement liée à l'élevage.</span></span></p> <h2><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%"><b>Particules fines, gaz à effet de serre et tutti quanti</b></span></span></h2> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Il ne fait désormais plus aucun doute que les aliments d'origine animale contribuent directement au dérèglement climatique. Comme évoqué plus haut, cela s'explique en grande partie par le prolongement de la chaîne alimentaire via l'animal. En effet, si l'on remplaçait les cultures fourragères par des cultures végétales destinées à la consommation humaine directe, il serait possible de nourrir bien plus de personnes. En d'autres termes, la production de denrées d'origine animale est source de gaspillage alimentaire. Par conséquent, elle génère des émissions de gaz à effet de serre disproportionnée par rapport aux calories qu'elle fournit.<sup>2</sup> Jusqu'à 28 % des émissions de gaz à effet de serre du monde entier sont imputables à l'élevage d'animaux « de rente ».<sup>3</sup> L'élevage de ruminants tels que les bovins et les ovins est particulièrement problématique, car le méthane produit par leur appareil digestif contribue fortement au dérèglement climatique. Son effet de réchauffement est si rapide que l'on estime qu'environ un quart du réchauffement climatique mondial est dû au méthane. En Suisse, l'élevage bovin est responsable de près de 60 % des émissions de méthane.<sup>4</sup></span></span></p> <p><img alt="Émissions par espèce animale" data-entity-type="" data-entity-uuid="" height="599" src="/sites/swissveg.ch/files/2023-10/3.png" width="599" /></p> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Et ce n'est pas tout : l'utilisation de lisier issu de l'élevage en guise de fertilisant conduit à des excédents de nutriments sous forme de dépôts d'azote et de phosphore, ce qui pollue gravement l'air, les eaux et les sols. Selon la Confédération, environ deux tiers des dépôts azotés dans les écosystèmes sensibles sont aujourd'hui dus aux émissions d'ammoniac provenant de l'agriculture, contre seulement un tiers imputable aux processus de combustion (dans les moteurs et les foyers) – et presque 90 % des émissions d'ammoniac dans l'agriculture sont liées à l'élevage.<sup>5, </sup><sup>6</sup> Pas moins de 42 000 tonnes d'ammoniac (soit 70 % de plus que les objectifs environnementaux fixés pour l'agriculture) sont ainsi produites chaque année.<sup>7</sup> Cela a des conséquences désastreuses pour l'environnement et l'être humain, comme la pollution de l'air par les particules fines et la chute de la biodiversité terrestre et aquatique.</span></span></p> <p><img alt="Émissions d'ammoniac dans l'agriculture" data-entity-type="" data-entity-uuid="" height="622" src="/sites/swissveg.ch/files/2023-10/1.png" width="622" /></p> <h2><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%"><b>De la viande suisse au détriment des aliments végétaux</b></span></span></h2> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Un autre point clé soulevé par Proviande est la part importante de fourrage produit sur le sol suisse : sous-estimée par les consommateur·ice·s, celle-ci s'élève à 85 %. Ce chiffre se réfère toutefois au poids. Chaque année, environ 1,4 million de tonnes de fourrage sont effectivement importées en Suisse, dont 60 % sont des aliments concentrés riches en énergie et en protéines. Or, le fourrage grossier (herbe, herbe ensilée, foin, paille, etc.), qui provient en grande partie de Suisse, est relativement pauvre en énergie. Si l'on tenait compte de la teneur en énergie ou en calories, la part de fourrage indigène serait beaucoup plus faible.<sup>8,9 </sup>En soulevant cette question, Proviande attire d'ailleurs involontairement l'attention sur un gros problème de l'élevage. En effet, la majeure partie des terres arables suisses est effectivement consacrée à la culture de fourrage (environ 60 % selon la Confédération), au détriment d'autres denrées alimentaires. Étant donné que l'élevage et la culture fourragèrent accaparent la vaste majorité des terres arables suisses, les légumineuses destinées à la consommation humaine doivent en grande partie être importées de l'étranger. Pourtant, il est tout à fait possible de les cultiver en Suisse : dans le Jura, par exemple, la production de soja pour le marché intérieur est pratiquée avec succès depuis des années. Comme décrit ci-dessus, la fabrication de produits d'origine animale consomme plus de calories qu'elle n'en produit. Par conséquent, la prépondérance de l'élevage limite le taux d'auto-approvisionnement de la Suisse. À l'heure actuelle, le taux d'autosuffisance de la Suisse s'élève à 49 %, ce qui signifie que nous importons presque la moitié de notre nourriture.<sup><span style="font-size: 15px;">10</span></sup> Si nous cultivions davantage d'aliments destinés à la consommation humaine directe plutôt qu'à l'alimentation animale, nous pourrions nourrir bien plus de personnes et augmenter sensiblement notre taux d'autosuffisance. En outre, une culture de légumineuses plus répandue serait également bénéfique pour la santé des sols.</span></span></p> <h2><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%"><b>Une production de viande peu gourmande en eau ?</b></span></span></h2> <div id="sdfootnote1"> <p><span style="line-height:100%"><span style="font-style:normal">L'étude de Proviande montre en outre que la consommation d'eau fraîche du secteur agricole suisse est, comme les années précédentes, largement surestimée.  Les personnes interrogées estiment que 37 % de l'eau douce est utilisée par l'agriculture ; selon Proviande, ce chiffre ne s'élève qu'à 2 %. À titre de comparaison, la consommation d'eau par l'agriculture s'élève à 70 % au niveau mondial.<sup>11</sup></span></span></p> <p><span style="line-height:100%"><span style="font-style:normal">Comment se fait-il donc que l'agriculture suisse soit si économe en eau ? C'est bien simple : elle ne l'est pas vraiment. Une publication sur la consommation d'eau en Suisse montre qu'avec 410 millions de m³ par an, les besoins en eau de l'agriculture sont à peu près équivalents à ceux de l'ensemble des ménages privés.<sup>12</sup> Selon un rapport de la Confédération datant de 2012, l'empreinte hydrique totale de la Suisse s'élève à 11 000 millions de m3 par an, dont seulement 18 % (soit 1980 millions de m³) sont produits en Suisse. L'empreinte hydrique est calculée au moyen de la consommation totale d'eau verte (eau naturelle du sol et de pluie), d'eau bleue (eau douce ou eau souterraine et de surface) et d'eau grise (eau chargée de polluants). S'élevant à 81 %  (soit 8910 millions de m³), la production et la consommation de produits agricoles représentent la plus grande part de l'empreinte hydrique de la Suisse. Sur ce total, environ 16 % (soit 1426 millions de m³) sont produits directement en Suisse.<sup>13, 14</sup> Ainsi, l'empreinte hydrique de l'agriculture suisse représente environ 72 % de l'empreinte hydrique produite directement en Suisse. Depuis la parution de ces chiffres, l'irrigation s'est nettement accrue et le cheptel s'est agrandi. On peut donc supposer qu'en Suisse, l'agriculture consomme aujourd'hui à peu près autant d'eau douce que l'ensemble de la population.</span></span></p> <p><span style="line-height:100%"><span style="font-style:normal"><img alt="Part de l'empreinte hydrique produite en Suisse" data-entity-type="" data-entity-uuid="" height="630" src="/sites/swissveg.ch/files/2023-10/FR%20Proviande%202%20Grafik.png" width="630" /></span></span></p> <p><span style="line-height:100%"><span style="font-variant:normal">Par conséquent, Proviande a tort d'affirmer que la consommation d'eau fraîche de l'agriculture suisse est beaucoup plus faible qu'on ne le pense et qu'elle se situe largement en dessous de la moyenne mondiale. D'ailleurs, l'organisation ne révèle pas comment elle est parvenue à ces 2 % et se contente de renvoyer à des estimations. Une autre déclaration erronée de Proviande est que l'eau de pluie suffit à irriger les cultures fourragères. En réalité, l'irrigation des champs de fourrage et des pâturages dans les régions alpines nécessite énormément d'eau – selon l'Office fédéral de l'agriculture, elle représentait environ trois quarts de l'irrigation totale en 2006. À cela s'ajoute le fait que le bétail boit une grande quantité d'eau ; il faut comoter 110 litres par tête de gros bétail par jour.<sup>15</sup></span></span></p> <p><span style="line-height:100%"><span style="font-variant:normal">Pour calculer la consommation d'eau, il est donc important de tenir compte de chaque étape de la chaîne alimentaire. Par ailleurs, à cause de la production agricole, l'eau est contaminée par des nitrates, des phosphates, des produits phytosanitaires et des médicaments vétérinaires, ainsi que par des particules de sol en cas d'érosion.<sup>16</sup> Autrement dit, en plus d'en dépenser d'énormes quantités, la production de viande pollue également l'eau. Proviande passe tout cela sous silence son étude. </span></span></p> <h2><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%"><b>Greenwashing et propagande</b></span></span></h2> <p><span style="line-height:100%"><span style="font-variant:normal">Il n'est malheureusement pas surprenant que Proviande, en plus de dépeindre une image idéalisée de l'élevage suisse, pratique aussi le greenwashing. Plutôt que de travailler de manière factuelle et transparente, l'organisation s'appuie sur des faits fallacieux pour présenter la viande suisse comme un aliment respectueux de l'environnement. Les consommateur·ice·s suisses de viande disent accorder de l'importance à une production de viande durable. Or, cela n'existe pas : la viande est l'aliment le plus nocif pour l'environnement. Et cette vérité dérangeante (pour Proviande et pour les amateur·ice·s de viande) est délibérément éludée par Proviande, qui fait de la publicité pour la « viande durable » avec l'argent des contribuables.</span></span></p> </div> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <div id="sdfootnote1"> <ol> <li> <p>Proviande. (2023, 2 mars.)&nbsp;<a href="https://www.proviande.ch/fr/une-nouvelle-etude-montre-72-des-consommatrices-et-consommateurs-ont-une-tres-grande-confiance-dans" rel=" noopener" target="_blank" title="Une nouvelle étude montre: 72 % des consommatrices et consommateurs ont une très grande confiance dans la viande suisse">Une nouvelle étude montre: 72 % des consommatrices et consommateurs ont une très grande confiance dans la viande suisse.</a></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Poore, Joseph &amp; Nemecek, Thomas. (2018, 1<sup>er</sup> juin.)&nbsp;<a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aaq0216" rel=" noopener" target="_blank" title="Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers">Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers.</a>&nbsp;Science, Jg. 360, Nr. 6392, S. 987-992. (en anglais)</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Twine, R. (2021). <a href="https://www.mdpi.com/2071-1050/13/11/6276" rel=" noopener" target="_blank" title="Emissions from Animal Agriculture—16.5% Is the New Minimum Figure"> Emissions from Animal Agriculture 16.5% Is the New Minimum Figure.</a> Sustainability, 13(11), 6276. (en anglais)</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l'environnement (OFEV). (Dernière modification :2022, 14 juin.)&nbsp;<a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/sources-de-polluants-atmospheriques/sources-de-polluants-atmospheriques---agriculture.html" rel=" noopener" target="_blank" title="Sources de polluants atmosphériques: agriculture">Sources de polluants atmosphériques: agriculture</a>.&nbsp;</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l'environnement (OFEV). (Dernière modification : 2023, 12 juillet.) <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/qualite-de-l-air-en-suisse/les-polluants-atmospheriques-azotes-portent-atteinte-a-la-biodiv.html" rel=" noopener" target="_blank" title="Les polluants atmosphériques azotés portent atteinte à la biodiversité">Les polluants atmosphériques azotés portent atteinte à la biodiversité</a>.</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l'environnement (OFEV). (Dernière modification : 2022, 14 juin.) <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/sources-de-polluants-atmospheriques/sources-de-polluants-atmospheriques---agriculture.html" rel=" noopener" target="_blank" title="Sources de polluants atmosphériques: agriculture">Sources de polluants atmosphériques: agriculture</a>.</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l'environnement (OFEV). (Dernière modification : 2021, 24 février.) <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/dossiers/magazine2021-1-dossier/emissions-d-ammoniac-dans-l-agriculture-des-solutions-existent.html" rel=" noopener" target="_blank" title="Émissions d’ammoniac dans l’agriculture: Des solutions existent">Émissions d’ammoniac dans l’agriculture: Des solutions existent</a>.</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Union Suisse des Paysans. (s. d.)&nbsp;<a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/statistiques-et-evaluations-seaa/bilans-dapprovisionnement" rel=" noopener" target="_blank" title="Bilans d'approvisionnement">Bilans d'approvisionnement</a>.</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Greenpeace. (2021, 2 février.)&nbsp;<a href="https://www.greenpeace.ch/fr/story-fr/63686/agriculture-suisse-dependante-importations/" rel=" noopener" target="_blank" title="Climat: l’agriculture suisse dépendante des importations de fourrage.">Climat : l’agriculture suisse dépendante des importations de fourrage</a>.</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l’agriculture (OFAG). (2022.) </span></span><a href="https://www.agrarbericht.ch/de/markt/marktentwicklungen/selbstversorgungsgrad#:~:text=Mit%20dem%20aktuellen%20Produktionsportfolio%20erreicht,gewinnt%20die%20Kennzahl%20an%20Bedeutung." rel=" noopener" target="_blank" title="Rapport agricole 2022 : Taux d'autosuffisance alimentaire"><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Rapport agricole 2022 : Taux d'autosuffisance alimentaire.</span></span></a></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Proviande. (2022, 30 décembre.) <a href="https://www.proviande.ch/sites/proviande/files/2023-03/230302_Auszug%20Imagestudie_d_2.pdf" rel=" noopener" target="_blank" title="Auszug: Bericht zur quantitativen Befragung zu Image und Wissen der Schweizer Fleischkonsumentinnen und -konsumenten bezüglich Fleisch">Auszug: Bericht zur quantitativen Befragung zu Image und Wissen der Schweizer Fleischkonsumentinnen und -konsumenten bezüglich Fleisch</a>. (en allemand)</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Matthias Freiburghaus. (2009, 6 décembre.)&nbsp;<a href="https://www.aquaetgas.ch/de/wasser/trinkwasser/20091201-wasserbedarf-der-schweizer-wirtschaft/" rel=" noopener" target="_blank" title="Wasserbedarf der Schweizer Wirtschaft">Wasserbedarf der Schweizer Wirtschaft.</a> <em>gwa 12/2009</em>. (en allemand)</span></span></p> </li> <li> <p>Département fédéral des affaires étrangères (DFAE). (2012, mars.)&nbsp;<a href="https://www.eda.admin.ch/eda/fr/dfae/dfae/publikationen/alle-publikationen.html/content/publikationen/fr/deza/diverse-publikationen/wasser-fussabdruck-schweiz" rel=" noopener" target="_blank" title="Etude de l’empreinte hydrique suisse : Illustration de la dépendance de la Suisse à l’égard de l’eau"><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Étude de l’empreinte hydrique suisse : Illustration de la dépendance de la Suisse à l’égard de l’eau</span></span></a>.</p> </li> <li> <p>Office fédéral de l'agriculture (OFAG). (Dernière modification : 2008, 5 mars.)&nbsp;<a href="https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/nachhaltige-produktion/umwelt/wasser.html" rel=" noopener" target="_blank" title="Eau">Eau</a>.</p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l'agriculture (OFAG). (2007, 30 octobre). <a href="https://www.blw.admin.ch/dam/blw/de/dokumente/Nachhaltige%20Produktion/Umwelt/Wasser/Bericht%20zum%20Stand%20der%20Bew%C3%A4sserung%20in%20der%20Schweiz.pdf.download.pdf/blw_bericht_umfrage_stand_bewaesserung_d%20(1).pdf" rel=" noopener" target="_blank" title="Rapport sur l'état de l'irrigation en Suisse (2006)">Stand der Bewässerung in der Schweiz. Bericht zur Umfrage 2006.</a>&nbsp;(en allemand)</span></span></p> </li> <li> <p><span style="font-style:normal"><span style="line-height:100%">Office fédéral de l'agriculture (OFAG). (Dernière modification : 2008, 5 mars.)&nbsp;<a href="https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/nachhaltige-produktion/umwelt/wasser.html" rel=" noopener" target="_blank" title="Eau">Eau</a>.</span></span></p> </li> </ol> </div> </div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/prairies-suisses?language=fr" title="Prairies suisses">Prairies suisses : réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/etude-proviande-bien-etre?language=fr" title="Selon une enquête de Proviande, l'opinion publique a une image idéalisée de l'élevage en Suisse">Selon une enquête de Proviande, l'opinion publique a une image idéalisée de l'élevage en Suisse</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/reaction-publicite-proviande?language=fr" title="Réaction à la publicité de Proviande">Réaction à la publicité de Proviande : loi stricte sur la protection des animaux et viande suisse durable ?</a></li> </ul> </div> Fri, 13 Oct 2023 07:04:10 +0000 Christine 4046 at https://www.swissveg.ch Grasland Schweiz: Mehr Lebensmittel durch weniger Tiere? https://www.swissveg.ch/de/grasland-schweiz <span>Prairies suisses : réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>25. septembre 2023 - 13:51</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Actuellement, le taux d'autosuffisance alimentaire net de la Suisse s'élève à 49 % seulement.¹ Autrement dit, nous dépendons de l'importation pour la moitié des denrées alimentaires. Cette situation n'est pas due à un manque de surfaces agraires, mais au fait que nous produisons une grande quantité de denrées d'origine animale nécessitant des importations massives de fourrage. En outre, plus de la moitié des surfaces agraires du pays sont consacrées à la culture fourragère et non à la culture de denrées dédiées à la consommation humaine directe.²</p> <h2>Notre viande « pousse-t-elle » vraiment sur nos pâturages ?</h2> <p>Si l'on en croit la publicité pour la viande, celle-ci provient majoritairement d'animaux s'étant nourris uniquement d'herbages.³ En réalité, c'est très rarement le cas. Élevés pour leurs performances extrêmes à l'engraissement, les bovins ne peuvent atteindre leur poids cible que grâce à des aliments concentrés (importés), comme le soja. Pour chaque kilo de viande produit en Suisse, il faut compter en moyenne 173 grammes de soja en plus du reste du fourrage.⁴ En 2020, la quantité de fourrage nécessaire pour nos bovins s'est élevée à 6,1 millions de tonnes (matière sèche, herbe et foin compris).⁵</p> <p>La viande « élevée sur pâturage » existe donc principalement dans la publicité. La viande de porc représente une part très importante, à savoir près de la moitié, de la viande produite en Suisse. La viande de poulet compte pour un quart de la production.<sup>6</sup> Or, ni les porcs ni les poulets n'étant des animaux de pâturage, ils ne sont pas nourris avec de l'herbe. Ils mangent par contre des céréales ou du maïs et entrent ainsi en concurrence directe avec l'humain en termes de ressources alimentaires. Au final, seul un quart environ des animaux élevés pour leur viande en Suisse sont des bovins, dont la plupart sont nourris avec des aliments concentrés d'importation. Le problème est le suivant : le détour par le système digestif des animaux pour l'obtention de denrées alimentaires prolonge la chaîne alimentaire, ce qui représente une perte de calories de 50 à 90 % selon l'espèce. C'est pourquoi la production de denrées à base de plantes est la plus efficiente pour augmenter le rendement alimentaire sans accroître la surface agricole requise.</p> <div class="zentriert"><figure role="group"><img alt="Part de viande produite par espèce animale." data-entity-type="file" data-entity-uuid="2e2a010f-22c5-4dc8-b47e-c393dcf32ba5" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Fleischanteile_FR.png" /><figcaption>Seule une infime partie de la viande provient d'animaux de pâturage.</figcaption></figure></div> <h2>Des terres agricoles en guise de pâturages</h2> <p>La Suisse est-elle vraiment un pays de pâturages ? C'est l'Union suisse des paysans, autrement dit le lobby de l'agriculture, qui est chargée du recensement dans ce domaine. L'Office fédéral de la statistique (OFS) reprend ensuite les chiffres fournis sans vérification supplémentaire.⁷ Nous avons cherché à savoir quelles surfaces entrent dans la catégorie « pâturage ». L'OFS nous a répondu que toutes les surfaces actuellement exploitées en tant que pâturage sont comptabilisées comme telles. Cela signifie que toute terre agricole, même fertile, utilisée comme pâturage au moment du recensement est cataloguée comme telle dans les statistiques. La surface dédiée au pâturage est donc directement proportionnelle au nombre d'animaux de pâturage élevés en Suisse. C'est la raison pour laquelle la Confédération considère près de deux tiers de la surface agricole du pays comme étant des pâturages. Seules 27 % des terres faisant l'objet d'une exploitation agricole, sans compter les 3 % de vergers et de vignes, sont désignées comme des terres arables.⁸ L'Office fédéral de la statistique ne précise toutefois pas quel pourcentage des surfaces actuellement utilisées comme pâturages pourraient également être exploitées en tant que terres arables.</p> <p>Dans ses Statistiques de la superficie, la Confédération précise par ailleurs à ce sujet : « Les pâturages permanents ne se situent plus seulement sur les versants ombragés, mais également en plaine. »⁹ Les pâturages dits locaux, des surfaces agricoles situées aux abords des exploitations agricoles sur terrain plat, ont même connu une croissance de  % au fil des dernières décennies alors que les terrains dédiés à la culture de fruits ont diminué de moitié. Or, les pâturages situés en plaine pourraient la plupart du temps être utilisés pour la culture, ce qui en fait une concurrence à la production alimentaire à destination des humains. La multiplication des surfaces de pâture ne s'explique donc pas par un changement de la nature du sol.</p> <figure role="group"><img alt="Kuh auf Weide" data-entity-type="file" data-entity-uuid="4fb74a3d-3abf-4713-99c4-cc60e0797d60" height="461" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/kuh-weide.jpg" width="830" /><figcaption>De nombreux bovins paissent sur des terres agricoles classées comme des pâturages dans les statistiques. </figcaption></figure><h2>Les légumineuses, une source de protéines</h2> <p>Au total, 60 % des surfaces agricoles de Suisse sont dédiées à la culture de fourrage. Si toutes ces terres servaient à cultiver des aliments à destination des humains directement (sans détour par l'animal), le nombre de calories produites pourrait être considérablement augmenté, contribuant ainsi à nourrir davantage de personnes.¹⁰ </p> <p>Actuellement, la Suisse est contrainte d'importer une large part des légumineuses (petits pois, lentilles, soja) destinées à la consommation humaine, puisque le terrain agricole est massivement réquisitionné pour produire du fourrage (céréales fourragères, maïs) ou servir de pâturages. De facto, le marché suisse fait face à une pénurie chronique de petits pois et de légumineuses alors même que du soja destiné à la consommation humaine indigène est cultivé depuis de nombreuses années avec succès, par exemple, au Jura. Si le reste de la Suisse suivait le mouvement en troquant les cultures fourragères inefficientes contre des variétés destinées à la consommation directe, le taux d'autosuffisance net pourrait être fortement amélioré.</p> <p>L'environnement en profiterait aussi, étant donné que les plantes de la famille des légumineuses enrichissent les sols en azote. Cela permettrait du même coup de réduire l'utilisation d'engrais chimiques ou de purin (fumier) nocifs pour l'environnement. Traditionnellement, on cultive peu de légumineuses destinées à la consommation humaine en Suisse, vu que les subventions de la Confédération étaient exclusivement réservées aux cultures fourragères. La situation a toutefois changé depuis début 2023 : désormais, la culture de légumineuses destinées à l'alimentation humaine donne aussi droit à des aides financières, même si les montants restent négligeables en comparaison avec les sommes allouées à l'élevage. En outre, certaines légumineuses à grains bénéficient même d'une protection douanière applicable uniquement au fourrage indigène. En parallèle, la protection accordée aux légumineuses à grains pour l'alimentation humaine est minime.¹¹ Dès lors, la culture fourragère reste bien plus attrayante que la production de protéines végétales pour la consommation humaine.</p> <p>Pourtant, les fèves de soja destinées à l'alimentation humaine poussent très bien en Suisse. Le soja livre bien plus de protéines lorsqu'il est consommé directement par les humains que ne le ferait la même surface dédiée au fourrage.</p> <figure role="group"><img alt="Sojabohnenfeld in Winterthur" data-entity-type="file" data-entity-uuid="697f58c4-702f-4088-b10f-9ddfd511ad54" height="420" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Soyabohnen-Winterthur.jpg" width="315" /><figcaption>Champ de fèves de soja à Winterthour.</figcaption></figure><h2>Réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</h2> <p>Si les légumineuses venaient à remplacer les cultures fourragères en Suisse, la production de calories serait démultipliée par rapport à aujourd'hui. L'exploitation des surfaces agraires actuellement utilisées comme pâturages offrirait un potentiel non négligeable d'accroissement de la production alimentaire. Celui-ci pourrait même être encore renforcé s'il était couplé à des efforts de diminution du gaspillage alimentaire (food waste) tels que préconisés depuis un certain temps par la Confédération. En 2021, les agriculteur·ice·s du pays ont récolté 450 000 tonnes de céréales fourragères sur 59 700 hectares. Par-dessus le marché, la Suisse a importé 513 000 tonnes de céréales fourragères supplémentaires. Au total, près d'un million de tonnes de céréales ont donc servi à nourrir uniquement les animaux de rente. La même année, 5501 hectares de terrain ont servi à cultiver des plantes riches en protéines (p. ex. petits pois et légumineuses) destinées presque exclusivement aux animaux. Malgré cela, environ 70 % des protéines qui entrent dans la composition des fourrages concentrés proviennent de l'étranger.¹¹</p> <p class="zitat">En Suisse, près d'un million de tonnes de céréales par an sont utilisées en guise de fourrage.</p> <p>La Suisse gagnerait largement à consacrer plus de terres agricoles à la culture de petits pois, de pois chiches, de lentilles, de pois, de lupin, de graines de chanvre, d'avoine et de millet. Toutes ces variétés pourraient en effet être consommées directement par les humains et être cultivées sur toutes les surfaces qui ne seraient plus utilisées pour la production d'aliments carnés. Cela aurait pour effet d'augmenter le taux d'autosuffisance de la Suisse, de permettre à la population de se nourrir selon les recommandations officielles (moins de viande et davantage de légumineuses) et de préserver l'environnement. La transition vers une alimentationnfaisant la part belle au végétal permettrait même à la Suisse d'atteindre une autarcie complète si cela devait s'avérer nécessaire un jour.¹²</p> <p>L'inefficacité de la production de denrées d'origine animale se reflète également dans les statistiques mondiales. En effet, seules 33 % des terres agricoles de la planète servent à produire des denrées végétales destinées à la consommation humaine. Pourtant, ces dernières permettent de couvrir 82 % des besoins en caloriques et 63 % des besoins en protéines de la population mondiale. Les 77 % de terres agricoles restantes, utilisées pour la production de denrées animales, ne fournissent qu'une fraction de notre apport calorique et protéique.<sup>13</sup></p> <h2>Pourquoi autant de pâturages dans les Alpes ?</h2> <p>Les prairies alpines sont souvent considérées comme des terrains parfaitement adaptés à la production de viande et de lait. Certes, ces régions ne se prêtent pas vraiment à la culture. Cependant, même l'herbe pousse lentement en altitude, et la quantité modique de fourrage disponible se traduit par un faible volume de produits carnés. Les Alpes ne jouent donc qu'un rôle marginal dans l'approvisionnement alimentaire de la population suisse, malgré la taille des surfaces qu'elles représentent. Les excréments des bovins risquent par ailleurs de surfertiliser les prairies maigres et leur poids de détériorer la qualité de ces sols fragiles. Comparé à une vache affichant entre 500 et 800 kilos sur la balance, un animal apparemment massif comme le bouquetin entre dans la catégorie « poids plume » avec ses 75 à 120 kilos.</p> <p><img alt="Poids corporel des différentes espèces animales." data-entity-type="file" data-entity-uuid="bdb5f458-4346-4cb3-b660-c3e84847d428" height="517" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Koerpergewicht_FR.png" width="626" class="align-left" /></p> <p>Le poids énorme de nos animaux de rente abîme des terrains fragiles. Étant donné que les pâturages empêchent l'extension des surfaces boisées ou des buissons, des dispositifs contre les avalanches supplémentaires doivent en outre être aménagés. S'ajoute à cela que la sécheresse, un effet du réchauffement climatique, menace de plus en plus souvent ces régions. En 2022, 4,3 millions de litres d'eau ont ainsi dû être transportés par hélicoptère pour abreuver les animaux à l'alpage. Cela a nécessité l'intervention des forces aériennes suisses à hauteur de 700 heures de vol. Aucun chiffre n'a été communiqué concernant les sociétés privées offrant des transports de fret par hélicoptère massivement sollicitées à la même période.¹³ Ce manque d'eau n'a rien d'étonnant : à elle seule, une vache boit 100 litres d'eau par jour. L'utilisation des prairies alpines comme pâturages n'est donc pas judicieuse. Comme ces terres ne produisent qu'une fraction de notre alimentation, il serait plus pertinent de rendre ces régions de montagne à la nature. Si nous adoptions une alimentation majoritairement végétale, il ne serait plus nécessaire d'exploiter chaque mètre carré de terre pour la production alimentaire.</p> <p> </p> <p><em>Cet article est paru dans le <a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/category/18705" title="Veg-Info">numéro d'automne du Veg-Info (2023/3)</a>.</em></p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol> <li>Rapport agricole 2022,&nbsp;<a href="https://www.agrarbericht.ch/fr/marche/developpement-du-marche/taux-dauto-approvisionnement" rel=" noopener" target="_blank">Taux d'autosuffisance alimentaire</a></li> <li>Office fédéral de l'environnement :&nbsp;<a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/alimentation-logement-mobilite/alimentation/alimentation-leviers-et-pistes-d-action.html" rel=" noopener" target="_blank">Alimentation et environnement : Leviers et solutions possibles</a></li> <li>Viande Suisse, Swissmilk :&nbsp;<a href="https://www.swissmilk.ch/fr/durabilite/environnement/herbages-suisses-a-la-source-du-lait/" rel=" noopener" target="_blank">Herbages suisses : à la source du lait</a></li> <li>Réseau suisse pour le soja&nbsp;: <a href="https://www.sojanetzwerk.ch/fileadmin/user_upload/soja-factsheet-fr_220221.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Fiches d'information</a>, mars 2023</li> <li>Agristat, Statistiques et évaluations concernant l'agriculture et l'alimentation, chapitre 4 : <a href="https://www.sbv-usp.ch/fileadmin/user_upload/04_SES2021_Versorgungsbilanzen.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Bilans d'approvisionnement</a>, p.&nbsp;16</li> <li>Proviande : <a href="https://www.proviande.ch/fr/le-marche-de-la-viande-en-chiffres">Le marché de la viande en chiffres</a></li> <li>Office fédéral de la statistiques :&nbsp;<a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/graphiques.assetdetail.23464083.html" rel=" noopener" target="_blank">Importations de fourrage</a></li> <li>Office fédéral de la statistique : <a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/espace-environnement/utilisation-couverture-sol/surfaces-agricoles.html" rel=" noopener" target="_blank">Surfaces agricoles</a></li> <li>Office fédéral de la statistique, <a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/ fr/home/statistiques/espace-environnement/nomenclatures/arealstatistik/noas2004.assetdetail.6948906.html" rel=" noopener" target="_blank">Statistiques de la superficie – Nomenclature Catégories standard</a>, p. 96</li> <li><a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/alimentation-logement-mobilite/communique.msg-id-87910.html" rel=" noopener" target="_blank">Lutte contre le gaspillage alimentaire : le Conseil fédéral lance un plan d'action</a>, communiqué de presse du 6.4.2022</li> <li>Office fédéral de l'agriculture (OFAG) : <a href="https://www.blw.admin.ch/dam/blw/fr/dokumente/ackerkulturen_zur_lebensmittelproduktion.pdf.download.pdf/ Potentiel%20de%20certaines%20cultures%20alternatives%20pour%20la%20production%20alimentaire.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Production végétale suisse : alternatives envisageables pour la production alimentaire</a>, mai 2022</li> <li>Agrosope :&nbsp;<a href="https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-71634.html" rel=" noopener" target="_blank">Suisse: les surfaces cultivables permettent un approvisionnement suffisant en calories</a>, communiqué de presse du 19.7.2018</li> <li><a href="https://www.rts.ch/play/tv/doc-a-la-une/video/secheresse-lesalpes-trinquent?urn=urn:rts:video:12162489" rel=" noopener" target="_blank">Sécheresse : les Alpes trinquent</a>, RTS, 05.05.2021</li> </ol> </div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/montagne?language=fr">Régions montagneuses</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/souverainete_alimentaire?language=fr">Souveraineté alimentaire</a></li> </ul> </div> Mon, 25 Sep 2023 10:00:00 +0000 Renato 3990 at https://www.swissveg.ch Die industrielle Tierhaltung bringt unsere Erde an ihre Belastungsgrenzen https://www.swissveg.ch/de/planetare-belastungsgrenzen <span>L&#039;élevage industriel pousse notre planète à ses limites</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>22. juin 2023 - 9:25</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Une étude récemment publiée<sup>1</sup> examine la santé de notre planète sur la base de huit indicateurs, dont le climat, la biodiversité et les ressources en eau. Le résultat est choquant : dans la plupart des domaines, nous avons déjà dépassé les limites de notre planète. Et l'agriculture animale n'y est de loin pas pour rien.</p> <p>Le changement climatique le montre bien : notre bien-être est étroitement lié à l'état de santé de la planète. En termes de températures, le climat se rapproche dangereusement du seuil de tolérance de la planète, et donc du nôtre. Mais la stabilité de notre environnement dépend aussi de nombreux autres aspects moins apparents. La diminution des réserves d'eau potable, la pollution de l'air, l'assèchement des sols ou la perte de la biodiversité, par exemple, menacent directement la vie sur Terre. Afin d'évaluer l'état de santé de la planète dans son ensemble, une nouvelle étude, dirigée par le chercheur Johan Rockström, a examiné si et dans quelle mesure nous avons déjà dépassé les limites naturelles de la planète. Pour ce faire, elle a évalué le climat, les écosystèmes, la qualité de l'air ainsi que les cycles de l'eau et des nutriments à l'aide de huit indicateurs (voir tableau). Le résultat est alarmant : sept des huit valeurs sont déjà largement supérieures aux seuils de tolérance déterminés par l'étude.</p> <p> </p> <figure role="group" class="align-center"><img alt="Tableau contenant les huit valeurs présentées" data-entity-type="file" data-entity-uuid="b1017308-38f1-4d4f-9afc-279fb93d0382" height="497" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/FR%20Kennzahl_0.png" width="649" /><figcaption><em>Vue d'ensemble des huit indicateurs pris en compte dans l'étude de Rockström et al.</em></figcaption></figure><p> </p> <p>Les limites planétaires fixées tiennent compte, d'une part, du point jusqu'auquel la stabilité des écosystèmes est garantie (limite « sûre ») et, d'autre part, du moment où la charge deviendra trop importante pour les écosystèmes et les générations d'aujourd'hui et de demain (limite « juste »). Le climat, par exemple, n'a pas encore franchi sa limite sûre, mais il affecte déjà la vie d'innombrables personnes au point que sa limite juste est considérée comme dépassée. Les domaines environnementaux étudiés sont par ailleurs étroitement liés les uns aux autres ; un dépassement des limites dans un domaine peut donc avoir un impact extrêmement négatif sur une autre domaine. Et l'agriculture animale a joué un rôle non négligeable dans le surpassement de toutes ces limites.</p> <p> </p> <figure role="group" class="align-center"><img alt="Visualisierung der Belastungsgrenzen" data-entity-type="file" data-entity-uuid="3f468dd0-151d-48b3-9603-3fee69ba55da" height="585" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Grenzen.PNG" width="714" /><figcaption><em>Les limites sûres (en rouge) et justes (en bleu) proposées par l'étude. L'état actuel de la planète est indiqué par le symbole de la Terre. Source : Rockström et al.</em></figcaption></figure><p> </p> <h3>L'agriculture animale pèse sur les écosystèmes</h3> <p>L'élevage d'animaux « de rente » a une influence considérable sur presque toutes les valeurs étudiées. Son impact sur le climat est bien connu : à l'origine de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète, l'élevage contribue davantage au réchauffement climatique que le secteur mondial des transports.<sup>2,3</sup> Selon Rockström et al., la limite juste d'un réchauffement de 1 °C par rapport au niveau préindustriel a été dépassée depuis longtemps (elle s'élève aujourd'hui à 1,2 °C). D'après les scientifiques, le moyen le plus rapide de freiner drastiquement cette évolution et d'inverser la tendance pour un monde plus sûr et plus juste serait de réduire le nombre de bovins élevés à travers le monde, ceux-ci émettant des quantités considérables de méthane.<sup>4</sup></p> <h3>Diminution des ressources en eau, perte de la biodiversité</h3> <p>Outre le climat, les ressources en eau de notre planète sont, selon Rockström et al., d'ores et déjà surexploitées : en de nombreux endroits, la quantité d'eau que nous puisons des nappes phréatiques année après année dépasse leur capacité de reconstitution. La majeure partie de l'eau est destinée à l'agriculture, qui consomme environ 72 % des ressources mondiales en eau.<sup>5</sup> La production d'aliments d'origine animale est de loin la plus gourmande en eau, tant en termes de quantité de production absolue que par calorie ou par gramme de protéines.<sup>6</sup> Un exemple : la production d'un kilo de viande de bœuf nécessite environ 15'400 litres d'eau (moyenne mondiale). Même un kilo d'avocats, un produit végétal plus gourmand en eau que la moyenne, ne nécessite que près de 2000 litres d'eau.<sup>7</sup> Cette différence considérable s'explique en premier lieu par la grande quantité de nourriture pour animaux nécessaire à la production de denrées d'origine animale.</p> <p>Cette culture intensive d'aliments pour animaux est également fatale à la biodiversité mondiale. Pour évaluer l'état de cette dernière, l'étude s'appuie sur deux valeurs de mesure différentes – et les deux vont bien au-delà d'une limite sûre et juste. Cette étude confirme donc, comme de nombreuses autres, que nous faisons face à une crise mondiale de la biodiversité. Une situation largement imputable à nos systèmes alimentaires, que l'on estime responsables d'environ 70 % de la perte de biodiversité terrestre et 50 % de la perte de biodiversité aquatique. L'aliment le plus néfaste pour la biodiversité est la viande : selon une étude du WWF, sa production génère à elle seule 58 % de l'« empreinte biodiversité » (c'est-à-dire de l'impact négatif sur la biodiversité) d'un régime alimentaire allemand moyen. Les autres aliments d'origine animale, tels que les produits laitiers et les œufs, représentent 19 % de l'empreinte, tandis que les aliments d'origine végétale, comme les fruits, les légumes, les céréales et les noix, ne totalisent que 23 %.<sup>8</sup> Cela s'explique en premier lieu par les importantes superficies nécessaires à la production d'aliments pour animaux. En effet, l'extension constante des surfaces exploitées prive les animaux et les plantes de leur habitat naturel, ce qui conduit finalement à leur disparition.</p> <h3>Quand les nutriments deviennent des polluants</h3> <p>Deux autres limites examinées par l'étude concernent l'accumulation d'éléments nutritifs dans le sol sous la forme d'un excès d'azote et de phosphore. Comme le souligne l'étude, la surfertilisation des sols est principalement due à l'agriculture, qui est responsable d'environ 90 % des apports de phosphore et d'azote dans le système terrestre dus à l'activité humaine. La surfertilisation donne lieu à des quantités bien trop importantes d'éléments nutritifs dans l'eau, le sol et l'air, ce qui peut avoir des conséquences fatales. Ces excédents peuvent notamment tuer des populations entières de poissons en baissant la teneur en oxygène de l'eau, et nuire à la santé humaine en augmentant la teneur en nitrates de l'eau ou en se diffusant dans l'air sous forme de particules fines. Les limites sûres en termes d'excédents de phosphore et d'azote sont, selon Rockström et al. déjà largement dépassées à l'échelle mondiale. C'est aussi un problème en Suisse : selon la Confédération, environ deux tiers des apports d'azote dans les écosystèmes sensibles sont aujourd'hui dus aux émissions d'ammoniac liées à l'agriculture – et près de 90 % de ces émissions proviennent de l'agriculture animale.<sup>9,10</sup> Les conséquences sont dramatiques : en raison de la surfertilisation, 60 % des lacs suisses manquent aujourd'hui d'oxygène. Les petits plans d'eau comme le lac de Baldegg ou le lac de Sempach, situés dans des régions dominées par l'élevage intensif, sont même oxygénés artificiellement depuis des années.<sup>11</sup> Sans cela, leurs écosystèmes ne seraient plus viables à cause de la forte concentration de polluants. Avant qu'ils soient placés sous « respirateur artificiel », une mortalité massive des poissons avait été observée dans ces deux lacs.<sup>12</sup></p> <h3>L'alimentation végétale est respectueuse de la planète</h3> <p>En fin de compte, l'étude de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique confirme une fois de plus ce que nous savons déjà : l'agriculture animale pèse lourdement sur chaque aspect de notre environnement et pousse littéralement notre planète à ses limites. Bien entendu, d'autres domaines, comme le secteur mondial des transports ou l'industrie, ont eux aussi un impact non négligeable sur la planète. Une évolution vers un monde respectueux de l'environnement et de ses limites doit se faire à plusieurs niveaux simultanément. Pour cela, une transformation de notre système alimentaire est indispensable – et à l'échelle individuelle, nous pouvons y contribuer au maximum en nous engageant pour une alimentation davantage axée sur le végétal.<sup>13</sup></p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Rockström, J., Gupta, J., Qin, D. et al., 2023. <a href="https://doi.org/10.1038/s41586-023-06083-8" rel=" noopener" target="_blank">Safe and just Earth system boundaries. </a>Nature.</p> <p>2&nbsp;Twine, R., 2021. <a href="doi.org/10.3390/su13116276" rel=" noopener" target="_blank">Emissions from Animal Agriculture—16.5% Is the New Minimum Figure.</a> Sustainability, 13, 6276.</p> <p>3&nbsp;FAO, 2006. <a href="www.fao.org/3/a0701e/a0701e00.htm" rel=" noopener" target="_blank">Livestock's Long Shadow.</a></p> <p>4 Eisen, M.B. &amp; Brown, P.O., 2022, <a href="https://journals.plos.org/climate/article?id=10.1371/journal.pclm.0000010" rel=" noopener" target="_blank">Rapid global phaseout of animal agriculture has the potential to stabilize greenhouse gas levels for 30 years and offset 68 percent of CO2 emissions this century.</a> PLOS Climate.</p> <p>5&nbsp;United Nations, 2021. <a href="https://www.unwater.org/publications/summary-progress-update-2021-sdg-6-water-and-sanitation-all" rel=" noopener" target="_blank">Summary Progress Update 2021: SDG 6 – water and sanitation for all.</a> UN Water.</p> <p>6&nbsp;Water Footprint Network, <a href="https://waterfootprint.org/en/resources/interactive-tools/product-gallery/" rel=" noopener" target="_blank">Product Gallery.</a></p> <p>7&nbsp;Winterer, A. <a href="https://utopia.de/ratgeber/avocado/#avocado-umwelt" rel=" noopener" target="_blank">Avocado kaufen oder nicht? Wichtige Fakten zu Umwelt, Bio &amp; mehr.</a> Utopia, 31 août 2021-</p> <p>8&nbsp;WWF, 2022. <a href="https://www.wwf.de/themen-projekte/landwirtschaft/ernaehrung-konsum/besseresserinnen/ernaehrung-und-biodiversitaet" rel=" noopener" target="_blank">Ernährung und biologische Vielfalt.</a></p> <p>9&nbsp;Office fédéral de l'environnement (OFEV). <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/qualite-de-l-air-en-suisse/" rel=" noopener" target="_blank">Les polluants atmosphériques azotés portent atteinte à la biodiversité.</a></p> <p>10&nbsp;Office fédéral de l'environnement (OFEV). <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/sources-de-polluants-atmospheriques/sources-de-polluants-atmospheriques---agriculture.html" rel=" noopener" target="_blank">Sources de polluants atmosphériques: agriculture.</a></p> <p>11&nbsp;Office fédéral de l'environnement (OFEV). <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/eaux/info-specialistes/etat-des-eaux/etat-des-lacs/qualite-de-l_eau-des-lacs.html" rel=" noopener" target="_blank">Qualité de l’eau des lacs</a></p> <p>12&nbsp;Der Spiegel, <a href="https://www.spiegel.de/politik/bis-zum-hals-a-4b5d3615-0002-0001-0000-000013499643" rel=" noopener" target="_blank">Bis zum Hals.</a> 3 juin 1990.</p> <p>13 Eat Forum, <a href="https://eatforum.org/eat-lancet-commission/the-planetary-health-diet-and-you/" rel=" noopener" target="_blank">The Planetary Health Diet.</a></p> </div></div> Wed, 21 Jun 2023 08:20:33 +0000 Vivian 3992 at https://www.swissveg.ch Neues Klimaschutzgesetz: Was ist mit unserer Ernährung? https://www.swissveg.ch/de/klimaschutzgesetz-2023 <span>Nouvelle loi climat : et notre alimentation, dans tout ça ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>9. juin 2023 - 11:24</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 18 juin, nous voterons sur la loi sur le climat et l'innovation (LCI). En soi, il s'agit là de quelque chose de positif... sauf qu'il y a un grand « mais ». En effet, cette loi sur la protection du climat présente une énorme lacune : elle fait l'impasse sur le levier le plus important en matière de protection climatique, à savoir le secteur de l'agriculture et de l'alimentation.</p> <h3>Même l'Union suisse des paysans recommande le « oui »</h3> <p>La nouvelle loi sur la protection du climat prévoit l'introduction de valeurs indicatives pour certains secteurs : celui du bâtiment, celui des transports et celui de l'industrie. Aucun changement n'est donc prévu dans le secteur de l'agriculture et de l'alimentation. Une fois de plus, ce domaine est laissé de côté, de sorte que même l'Union suisse des paysans recommande de voter « oui » à la loi sur la protection du climat.</p> <h3>Le plus grand levier dans la lutte contre le changement climatique</h3> <p>Pourtant, ce secteur est justement le plus grand levier d'action à notre disposition pour protéger le climat. L'agriculture génère 14,3 % des émissions de gaz à effet de serre nuisibles au climat.<span class="fussnotenlink">1</span> « La part de la production animale dans les émissions agricoles de gaz à effet de serre est de l’ordre de 85 % », comme l'indique la stratégie climatique à long terme de la Suisse.<span class="fussnotenlink">2</span> Cela prouve bien que le secteur de l'élevage est un puissant levier d'action susceptible de faire la différence. Pourtant, les conditions cadres continuent de favoriser la production de denrées d'origine animale au lieu d'encourager la production d'aliments végétaux : seul un cinquième des subventions étatiques sont consacrées aux produits végétaux, contre quatre cinquièmes destinés aux produits animaux.<span class="fussnotenlink">3</span> Les investissements dans les protéines végétales, par exemple, auraient pourtant un impact sept fois plus important que les investissements dans le secteur du bâtiment.<span class="fussnotenlink">4</span> Sans compter que l'alimentation représente environ 28 % de l'empreinte environnementale individuelle d'une personne lambda en Suisse.<span class="fussnotenlink">5</span> Les aliments d'origine végétale, cultivés de manière biologique et régionale, sont les plus respectueux du climat. Selon une étude, un régime végétalien permettrait d'économiser jusqu'à 70 % des émissions liées à l'alimentation.<span class="fussnotenlink">6</span></p> <h3>Zurich montre l'exemple</h3> <p>La ville de Zurich a toujours lancé des campagnes autour de l'alimentation et de la protection du climat. Dans ce contexte, Zurich n'hésite pas à montrer l'exemple et à attirer l'attention sur les effets négatifs de la consommation de produits animaux. Par exemple, la ville a comparé 1 kilo de viande de bœuf et 1 kilo de tofu en termes d'émissions de CO<sub>2</sub> : générant 48 kg de CO<sub>2</sub>, la viande de bœuf est bien plus polluante que le tofu, qui en produit seulement 2,1 kg.<span class="fussnotenlink">7</span> </p> <p><img alt="Émissions de CO2 de l'alimentation" data-entity-type="file" data-entity-uuid="9617efeb-41fb-49b8-b4ff-4a5e36602815" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/%C3%89missions%20de%20CO2%20de%20l%27alimentation.jpg" /></p> <p>Source : <a href="https://www.stadt-zuerich.ch/site/zuerich-co2/de/index/wissen.html" rel=" noopener" target="_blank">https://www.stadt-zuerich.ch/site/zuerich-co2/de/index/wissen.html </a></p> <h3>Il y a une lueur d'espoir</h3> <p>Bien que la loi sur le climat et l'innovation contourne l'agriculture et l'alimentation, il existe néanmoins une lueur d'espoir. Ainsi, Martin Haab (UDC) met en garde contre une acceptation de la loi sur la protection du climat. Il craint que, si les nouveaux objectifs de réduction ne sont pas atteints, l'agriculture finisse également par devoir apporter sa contribution. Ce qui signifierait, et Haab en est heureusement conscient, que le cheptel devrait être réduit.<span class="fussnotenlink">8</span> Nous ne pouvons plus rien changer à la loi sur la protection du climat, mais espérons que les craintes de Haab en cas d'adoption seront fondées, et que des objectifs climatiques seront bientôt fixés pour l'alimentation et l'agriculture également.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Bundesamt für Umwelt (BAFU), <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/climat/etat/donnees/inventaire-gaz-effet-serre.html" rel=" noopener" target="_blank">Inventaire des gaz à effet de serre de la Suisse</a>, 11.04.2023.</p> <p>2 Bundesamt für Umwelt (BAFU), <a href="https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/65875.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Stratégie climatique à long terme de la Suisse</a>, p. 41, 27.01.2021.</p> <p>3 Vision Agriculture, <a href="https://www.visionagriculture.ch/_visionlandwirtschaft_prod/uploads/VL_Newsletter_Kostenwahrheit_FR_v2.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Newsletter de septembre 2020</a>, 2020.</p> <p>4 The Guardian,&nbsp;<a href="https://www.theguardian.com/environment/2022/jul/07/plant-based-meat-by-far-the-best-climate-investment-report-finds" rel=" noopener" target="_blank">Plant-based meat by far the best climate investment, report finds</a>, 07.07.2022.</p> <p>5&nbsp;<a href="https://www.zh.ch/de/umwelt-tiere/umweltschutz/umweltbericht/umweltbericht-ernaehrung.html" rel=" noopener" tabindex="-1" target="_blank">Umweltbericht Zürich</a>, 2022.</p> <p>6&nbsp;<a href="https://www.fibl.org/de/infothek/meldung/neue-fibl-studie-zum-thema-klima-und-ernaehrung-veroeffentlicht" rel=" noopener" tabindex="-1" target="_blank">FiBL-Studie zum Thema Klima und Ernährung</a>, 2021.</p> <p>7 Stadt Zürich,<a href="https://www.stadt-zuerich.ch/site/zuerich-co2/de/index/wissen.html" rel=" noopener" target="_blank"> Facts zum Thema Essen und Klima</a>.</p> <p>8 Das Lamm, <a href="https://daslamm.ch/klimaschutz-braucht-weniger-tiere/" rel=" noopener" target="_blank">Klimaschutz braucht weniger Tiere</a>, 09.06.2023.</p> </div></div> Fri, 09 Jun 2023 07:51:59 +0000 Bettina 3988 at https://www.swissveg.ch Unsere Ernährung könnte das Klima um zusätzliche 0,9 Grad erwärmen https://www.swissveg.ch/de/klimaerwaermung-fleisch-milchprodukte <span>Notre alimentation pourrait causer un réchauffement supplémentaire de 0,9 degré</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>3. avril 2023 - 12:22</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Une récente étude a calculé l'influence isolée de notre production alimentaire sur le futur réchauffement climatique. Les résultats montrent clairement que si nous conservons nos habitudes alimentaires actuelles, à commencer par notre consommation de viande, les objectifs climatiques mondiaux resteront inatteignables.</p> <p><span style="line-height:100%">L'industrie alimentaire est à l'origine d'environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.<sup>1</sup> Il est désormais bien connu que les aliments d'origine animale, et notamment la viande, sont particulièrement nocifs pour notre environnement. Aujourd'hui, une étude montre pour la première fois en chiffres concrets dans quelle mesure différents aliments sont susceptibles d'accentuer le réchauffement climatique dans les années à venir. Si les modèles alimentaires actuels restent les mêmes, notre nourriture pourrait causer près d'un degré de réchauffement climatique supplémentaire d'ici 2100 </span>– et <span style="line-height:100%">près de la moitié du réchauffement climatique lié à notre alimentation sera imputable à deux groupes d'aliments : les produits laitiers et la viande. Cela vaut aussi bien pour le réchauffement jusqu'en 2030 que pour les prévisions à long terme jusqu'à la fin du siècle. À l'exception du riz, tous les autres groupes d'aliments, tels que les légumes, les céréales ou les fruits, ne contribuent pas à plus de 5 % chacun au réchauffement climatique.<sup>2</sup></span></p> <p> </p> <p><img alt="Grafik, die Anteile verschiedener Lebensmittel an der ernährungsbedingten Klimaerwärmung projiziert" data-entity-type="file" data-entity-uuid="7816d60c-e5c1-49e4-9fb8-82f2d38a3e7a" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Grafik-Studie.PNG" /></p> <p><em>Part des différents groupes d'aliments dans le réchauffement climatique lié à l'alimentation – prévision. Camembert : prévisions pour 2030. Source : Ivanovich et al.</em></p> <h3><br /><span style="line-height:100%"><b>La réduction des émissions de méthane pourrait fortement ralentir le changement climatique</b></span></h3> <p><span style="line-height:100%">Si les produits laitiers, le riz et surtout la viande de ruminants sont si nocifs pour le climat, c'est parce qu'ils émettent du méthane. Ce gaz a un effet de serre extrêmement puissant : on lui attribue un potentiel de réchauffement environ 80 fois plus important que celui du CO<sub>2</sub>. L'effet de réchauffement du méthane est par ailleurs beaucoup plus rapide que celui des autres gaz à effet de serre (mais il s'atténue aussi plus rapidement). À l'heure actuelle, on estime qu'au moins un quart du réchauffement planétaire est dû aux émissions de méthane.<sup>3</sup> À l'avenir, cette nouvelle étude prévoit même que plus de 80 % du réchauffement lié à notre alimentation sera causé par des aliments à forte teneur en méthane, à savoir la viande de ruminants, les produits laitiers et le riz. Partant, la réduction des émissions de méthane est considérée comme la mesure climatique la plus urgente. Il convient de noter que les émissions de méthane de la production de riz sont également dues en grande partie à l'utilisation d'engrais animaux issus de l'élevage industriel et pourraient être fortement réduites par l'utilisation d'engrais minéraux, comme le montrent les expériences faites en Chine<sup>4</sup>. D'après des études réalisées dans les universités de Stanford et de Berkeley, le moyen le plus rapide de freiner drastiquement la progresssion du réchauffement climatique serait de réduire le cheptel mondial<sup>5</sup>.</span></p> <h3><span style="line-height:100%"><b>Le dernier rapport sur le climat était supposé recommander une alimentation végétale</b></span></h3> <p><span style="line-height:100%">Selon les journaux, le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) était censé recommander aux pays occidentaux de végétaliser leur alimentation conformément à ces connaissances scientifiques. De fait, une alimentation végétale pourrait diminuer « jusqu'à 50 % » les émissions de gaz à effet de serre produites par le régime alimentaire occidental moyen, qui produit de fortes émissions.<sup><span style="font-size: 15px;">6 </span></sup>Cette recommandation n'a malheureusement pas été intégrée dans le résumé final du rapport destiné aux décideurs politiques. Avant la publication du document, les députés internationaux peuvent en effet proposer des amendements, et les représentants politiques de l'Argentine et du Brésil – des pays qui produisent énormément de viande – auraient insisté pour que le terme « alimentation végétale » soit supprimé. Le rapport publié ne recommande plus qu'une « alimentation équilibrée », une notion extrêmement vague. Et pour la énième fois, le texte est loin de refléter l'influence considérable de notre production alimentaire sur le réchauffement climatique. Pourtant, le rapport souligne bien que nos objectifs climatiques resteront inatteignables si les États ne réduisent pas drastiquement leurs émissions dans un avenir immédiat.<sup>7</sup></span></p> <p><span style="line-height:100%">Les preuves scientifiques ne pourraient pas être plus claires. Une réduction de notre consommation de viande et de lait pourrait déjà nous faire gagner un temps précieux et nous permettre de nous adapter aux changements provoqués par le réchauffement climatique. Comme le souligne la chercheuse Meredith Niles, les résultats de cette nouvelle étude montrent clairement « que l'alimentation est un levier essentiel pour atteindre les objectifs climatiques de l'accord de Paris – si nous n'en tenons pas compte, nous n'atteindrons pas nos objectifs climatiques mondiaux ».<sup>8</sup> C'est ce qu'illustrent également les objectifs climatiques de la Suisse : d'ici 2050, les émissions annuelles de CO<sub>2</sub>, qui s'élèvent à environ 4 tonnes par habitant, doivent être réduites de moitié<sup><span style="font-size: 15px;">9</span></sup>. Or, une alimentation omnivore à elle seule génère déjà 1,5 tonne de CO<sub>2</sub> par personne<sup><span style="font-size: 15px;">10</span></sup>.  Par conséquent, si nous ne changeons pas radicalement notre alimentation, ces objectifs climatiques resteront tout bonnement irréalisables. Il est grand temps que la politique place ces connaissances au-dessus des intérêts économiques. D'ici là, nous pouvons nous engager pour le climat à l'échelle individuelle, à chaque repas et à chaque achat. Car même si elle ne nous permettra pas à elle seule d'atteindre les objectifs climatiques, l'alimentation végétalienne reste la mesure individuelle la plus efficace que nous puissions prendre pour préserver le climat.<sup><span style="font-size: 15px;">11</span></sup></span></p> <p> </p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1&nbsp;Poore, J. &amp; Nemecek, T., 2018.&nbsp;<a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aaq0216" rel=" noopener" target="_blank">Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers.</a> Science 360, 987–992.</p> <p>2&nbsp;Ivanovich, C.C., Sun, T., Gordon, D.R. et al., 2023. <a href="https://doi.org/10.1038/s41558-023-01605-8" rel=" noopener" target="_blank">Future warming from global food consumption.</a> Nat. Clim. Chang. 13, 297–302.</p> <p>3&nbsp;Ilissa B. Ocko et al., 2021. <a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/abf9c8#erlabf9c8s4" rel=" noopener" target="_blank">Acting rapidly to deploy readily available methane mitigation measures by sector can immediately slow global warming.</a> Environ. Res. Lett. 16.</p> <p>4 Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), 2006.&nbsp;<a href="https://www.fao.org/3/a0701e/a0701e00.htm" rel=" noopener" target="_blank">Livestock's Long Shadow.&nbsp;</a></p> <p>5 Eisen, M.B. &amp; Brown, P.O., 2022. <a href="https://journals.plos.org/climate/article?id=10.1371/journal.pclm.0000010" rel=" noopener" target="_blank">Rapid global phaseout of animal agriculture has the potential to stabilize greenhouse gas levels for 30 years and offset 68 percent of CO2 emissions this century.</a> Plos Climate.</p> <p>6 Thomas, M.&nbsp;<a href="https://www.distilled.earth/p/how-meat-and-fossil-fuel-producers" rel=" noopener" target="_blank">How Meat and Fossil Fuel Producers Watered Down the Latest IPCC Report.</a> Distilled, 23 mars 2023.&nbsp;</p> <p>7 IPCC, 2023.&nbsp;<a href="https://report.ipcc.ch/ar6syr/pdf/IPCC_AR6_SYR_SPM.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Synthesis Report of the IPCC Sixth Assessment Report (AR 6).</a></p> <p>8 Costley, D.&nbsp;<a href="https://time.com/6260542/food-consumption-risks-paris-climate-target/" rel=" noopener" target="_blank">Current Food Consumption Habits May Add Nearly 1 Degree of Warming by 2100.</a> Time, 6 mars 2023.</p> <p>9 Office fédéral de l'environnement OFEV.&nbsp;<a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/climat/en-bref.html" rel=" noopener" target="_blank">Climat : En bref.</a>&nbsp;</p> <p>10&nbsp;Schlatzer M. &amp; Lindenthal, T. (2020):&nbsp;<a href="https://www.fibl.org/fileadmin/documents/de/news/2020/startclim_endbericht_2012.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Einfluss von unterschiedlichen Ernährungsweisen auf Klimawandel und Flächeninanspruchnahme in Österreich und Übersee (DIETCCLU).</a>&nbsp;Endbericht von StartClim2019.B in StartClim2019: Weitere Beiträge zur Umsetzung der österreichischen Anpassungsstrategie, Auftraggeber: BMLFUW, BMWF, ÖBf, Land Oberösterreich.</p> <p>8 Bailey, T. et al. 2022. <a href="https://static1.squarespace.com/static/5f462d8d0b04df7da032a9bd/t/62252df0cc7bb27d653085a4/1646603770769/The+Power+of+People+-+The+JUMP.pdf" rel=" noopener" target="_blank">The Power of People: Climate Action and the Role of Citizens and Communities. </a>The JUMP, Arup, C40.</p> <p>&nbsp;</p> </div></div> Mon, 03 Apr 2023 08:14:56 +0000 Vivian 3969 at https://www.swissveg.ch Gefährliche Blaualgenexplosion: Tierische Landwirtschaft zerstört Schweizer Seen https://www.swissveg.ch/de/blaualgen-tierische-landwirtschaft <span>Dangereuse prolifération d&#039;algues toxiques : l&#039;élevage détruit les lacs suisses</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>28. février 2023 - 12:05</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lacs de Zoug et d'Aegeri sont recouverts d'un tapis d'algues toxiques rares en cette saison. Ce phénomène est dû à la pollution des lacs par l'élevage intensif pratiqué dans les exploitations agricoles voisines. Les algues bleues dont il est question sont mortelles pour les animaux et toxiques pour les humains.</p> <p>Les autorités zougoises mettent en garde la population depuis plusieurs jours&nbsp;: la prolifération des cyanobactéries, dites algues sanguines de Bourgogne ou algues bleues, rendent la baignade dangereuse dans les lacs de Zoug et d'Aegeri, qui en sont recouverts par endroits. Entrer en contact avec de l'eau contaminée par les algues bleues peut entraîner la mort en quelques minutes, en particulier chez les chiens mais aussi chez d'autres animaux. Les humains, quant à eux, peuvent développer des symptômes dangereux tels que de violentes réactions allergiques, des difficultés respiratoires ou des pertes de conscience. De nombreux cadavres d'oiseaux ont ainsi été retrouvés sur la rive du lac de Zoug.<sup>1</sup> Cette prolifération d'algues s'explique dans une large mesure par l'élevage intensif pratiqué dans les exploitations agricoles riveraines.</p> <h3>Le phosphore produit par les élevages menace la biodiversité</h3> <p>Conjuguée aux températures clémentes, la pollution des lacs par les conséquences de l'élevage intensif pratiqué dans la région est à l'origine de la prolifération d'algues. En effet, une teneur élevée en phosphore dans l'eau des lacs favorise la croissance exponentielle des algues. Or, en Suisse, 80% du phosphore provient du fumier ou du lisier.<sup>2</sup> Le lac de Zoug est le lac de Suisse qui enregistre la concentration de phosphore la plus élevée. Elle dépasse de trois fois la concentration considérée comme saine. Son bassin d'alimentation compte plus de 400 exploitations agricoles, dont certaines ne prennent pas de mesures (suffisantes) pour limiter l'apport en engrais dû à l'épandage de fumier ou de lisier.<sup>3</sup></p> <p>La prolifération d'algues constitue une menace non seulement pour les humains et les animaux terrestres, mais aussi pour tout l'écosystème aquatique. En effet, les algues en décomposition captent l'oxygène présent dans l'eau, ce qui a des conséquences fatales pour les poissons et tous les êtres vivants dans le milieu aquatique, puisque ceux-ci sont privés d'un élément essentiel pour leur survie. De plus, le tapis d'algues fait de l'ombre à la végétation qui pousse sur le fond du lac. Le manque de lumière et d'oxygène cause ainsi la disparition d'espèces de plantes. Des bancs entiers de poissons ont d'ores et déjà été retrouvés morts. La biodiversité est gravement menacée.</p> <h3>Lacs suisses placés sous respirateur artificiel</h3> <p>Dans les profondeurs du lac de Zoug, le manque d'oxygène est déjà patent. Et il n'est pas le seul&nbsp;: 60% des lacs suisses étouffent. Les petits plans d'eau comme le lac de Baldegg ou le lac de Sempach situés dans des régions dominées par l'élevage intensif sont oxygénés artificiellement depuis des années.</p> <p>Pour remédier à la mauvaise santé du lac de Zoug, il devra lui aussi faire l'objet de mesures d'assainissement comme le brassage&nbsp;: les eaux pauvres en oxygène seront mélangées avec les eaux moins profondes plus riches en oxygène afin de rééquilibrer la teneur générale en oxygène. De plus, le parlement zougois a l'intention de limiter l'apport en engrais par les exploitations agricoles.<sup>3</sup> Ces démarches permettront certes de résorber la pollution à court terme, mais pas de résoudre le problème à la racine. Seule la diminution drastique de l'activité liée à l'élevage permettra de réduire l'apport en engrais à long terme. &nbsp;Tant que cela n'aura pas été entrepris, le surplus en substances nutritives telles que le phosphore restera un problème récurrent &nbsp;et une menace tant pour les animaux et les humains que pour l'environnement.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1&nbsp;<a href="https://www.luzernerzeitung.ch/zentralschweiz/zug/algen-tote-voegel-im-zugersee-gefunden-behoerden-warnen-schwimmer-und-hundehalterinnen-ld.2418206" rel=" noopener" target="_blank">Tote Vögel im Zugersee gefunden – Behörden warnen Schwimmer und Hundehalterinnen</a>, Luzerner Zeitung, 19 février 2023.</p> <p>2&nbsp;<a href="https://www.verantwortungsvolle-landwirtschaft.ch/de/verantwortungsvoll-in/hofduenger.html" rel=" noopener" target="_blank">Hofdünger&nbsp;– mehr als Nährstoffe</a>, Verantwortungsvolle Landwirtschaft.</p> <p>3 Walther, G.,&nbsp;<a href="https://www.20min.ch/story/so-wollen-behoerden-den-zugersee-wieder-gesund-machen-605593816693" rel=" noopener" target="_blank">So wollen Behörden Zugersee wieder gesund machen</a>, 20 Minuten, 22 décembre 2022.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> </div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/engrais?language=fr">Engrais animal</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/biodiversite?language=fr">Biodiversité</a></li> <li><a href="https://www.fr.ch/energie-agriculture-et-environnement/eau/lacs-et-cours-deau/qualite-des-lacs/proliferation-dalgues-et-de-cyanobacteries-dans-les-lacs" rel=" noopener" target="_blank">Prolifération d'algues et de cyanobactéries dans les lacs</a></li> <li><a href="https://www.arcinfo.ch/neuchatel-canton/les-eaux-sens-dessus-dessous-35269" rel=" noopener" target="_blank">Les eaux sens dessus dessous</a></li> </ul> </div> Fri, 24 Feb 2023 14:23:29 +0000 Vivian 3955 at https://www.swissveg.ch