Drupal blog posts https://www.swissveg.ch/fr fr Ernährungsinitiative: Die Gegenargumente https://www.swissveg.ch/de/initiative-Ernaehrungssicherheit-gegenargumente <span>Initiative sur l&#039;alimentation : les contre-arguments</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>18. août 2026 - 8:34</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 27 septembre 2026, la population suisse se prononcera sur l’initiative « Pour une alimentation sûre ». Celle-ci n’est soutenue par aucun grand parti et rejetée aussi bien par le Parlement que par le Conseil fédéral. Néanmoins, Swissveg est favorable à cette initiative. Dans cet article, nous passons en revue les arguments les plus fréquemment soulevés à son encontre.</p><p>L’<a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">initiative</a> s’articule autour de trois axes principaux afin de renforcer la sécurité alimentaire :</p><ul><li>Renforcer durablement la production indigène</li><li>Viser un taux d’auto-approvisionnement de 70 % en favorisant les aliments d’origine végétale</li><li>Préserver la fertilité des sols, protéger la biodiversité et garantir une eau potable propre</li></ul><p class="zitat">« En Suisse, on oublie que s’il y a un problème aux frontières, <a href="https://www.youtube.com/live/6iQU-ebAIQY?t=776s" target="_blank">un jour sur deux, on ne mange pas.</a> » Guy Parmelin, Conseiller fédéral</p><p>Les opposants à l’initiative tentent de faire croire aux électeurs que si le texte était adopté, ils ne pourraient plus consommer de produits d’origine animale. L’<a href="https://www.instagram.com/bauernverband_zuerich/" target="_blank">Union des paysans zurichois</a> a déjà publié plus de 50 vidéos sur Instagram afin de véhiculer cette idée. Les opposants à l’initiative se battent avant tout pour préserver leurs privilèges en tant que producteurs de viande et de lait, deux produits qui sont actuellement les principaux bénéficiaires de la politique agricole de la Confédération. En effet, les détracteurs sont surtout des représentants de divers secteurs de l’<a href="https://www.ernaehrungsinitiative-nein.ch/ueber-uns/allianz.html" target="_blank">industrie de la viande</a>, qui ont uni leurs forces afin de pouvoir continuer à profiter des milliards versés par la Confédération. Comme les sommes en jeu sont colossales, tous les moyens sont bons pour y parvenir, quitte à faire passer la vérité sous silence. Voici une analyse des déclarations des lobbyistes de la filière de la viande :</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Cette initiative est un « diktat végane »</h3><p>Les opposants à l’<a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">initiative</a><span class="fussnotenlink">1</span> tentent de la discréditer en la présentant comme une réglementation alimentaire. Ils ont même lancé un « <a href="https://www.initiative-alimentation-non.ch/soutien/jour-du-dernier-cervelas.html" target="_blank">Jour du dernier cervelas</a> » pour semer la panique face aux conséquences présumées de l’initiative. Or, <strong>le texte de l’initiative ne contient aucune interdiction alimentaire.</strong> Même si l’initiative est adoptée, chacun pourra continuer à manger ce qu’il souhaite. Ce qui changerait toutefois, c’est que la Confédération n’investirait plus 6 millions d’argent public dans la publicité pour la viande. Les subventions agricoles ne favoriseraient plus l’élevage de manière aussi unilatérale. La population ne serait plus incitée à consommer de la viande. Cela n’a rien d’un « diktat végane ».</p><p>Selon la Confédération, <a href="https://www.blv.admin.ch/de/menuch-ergebnisse" target="_blank">la consommation de viande en Suisse est environ trois fois supérieure à la quantité recommandée</a>. Il est donc grand temps de passer de la promotion de la viande à celle des aliments d’origine végétale. Une telle réorientation, combinée à la transition agricole, permettrait d’influencer indirectement la demande. Et même si les habitudes alimentaires ne devaient pas changer radicalement à court terme, il serait au moins possible de réduire considérablement les importations d’aliments d’origine végétale.</p><p>Si l’on se réfère au « <a href="https://link.springer.com/article/10.1186/s44263-026-00306-6" target="_blank">Planetary Health Diet</a> », la consommation de viande et de produits laitiers en Suisse est respectivement 8,5 fois et 3,5 fois supérieure aux quantités recommandées. En revanche, la consommation de légumes est environ vingt fois inférieure à ce qui serait bénéfique pour la santé et la planète. De ce point de vue également, il serait souhaitable que la Confédération cesse de subventioner la production d’aliments d’origine animale. Il n’est absolument pas nécessaire que la Confédération finance des publicités pour la viande.</p><p class="zitat">Aujourd’hui, 78 % des 3,6 milliards de subventions agricoles sont allouées à la production de denrées d’origine animale.<span class="fussnotenlink">2</span> </p><h3>« 60 à 70 % des terres agricoles sont des prairies et ne peuvent être utilisées que pour la production de viande et de lait »</h3><p>Ce chiffre provient de l’Union suisse des paysans et a été repris tel quel, sans vérification, par l’Office fédéral de la statistique. Dès lors qu’une vache se trouve sur une parcelle, cette dernière est considérée comme une <a href="/grasland-schweiz">prairie</a>, quelle que soit la qualité du sol. En réalité, de nombreuses surfaces servant actuellement de pâturage sont parfaitement cultivables. Sur les surfaces impropres à la culture, l’initiative permettrait néanmoins aux agriculteurs de continuer à pratiquer une production alimentaire adaptée. Elle n’aurait donc aucun impact sur les prairies. Ce qu’elle souhaite changer, c’est le fait que plus de la moitié des terres arables fertiles sont utilisées pour produire du fourrage. Il s’agit d’un gaspillage colossal, qui oblige la Suisse à importer plus de la moitié des aliments d’origine végétale consommés sur son territoire.<span class="fussnotenlink">3</span></p><p>En 2024, 29,2 millions de tonnes de fourrage ont été distribuées aux animaux d’élevage suisses (des chiffres plus récents ne sont pas encore disponibles). Parmi celles-ci, 22,5 millions de tonnes sont constituées d’herbe, de foin, etc. – c’est-à-dire d’aliments peu riches en énergie. Au total, près de 1,45 million de tonnes d’aliments pour animaux (principalement des concentrés) ont été importées de l’étranger en 2024, et la tendance est à la hausse : en l’espace de 20 ans, les importations ont pratiquement doublé. <strong>Sans ces aliments importés à haute teneur énergétique, la production de viande en Suisse serait réduite de moitié.</strong><span class="fussnotenlink">4</span></p><p>L’argument des prairies ne s’applique qu’à une toute petite partie des produits d’origine animale fabriqués en Suisse (et cette partie n’est pas affectée par l’initiative). Ni les porcs ni les poulets ne se nourrissent d’herbe. Or, ces deux espèces représentent environ les <a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses?language=fr">trois quarts</a> de la consommation de viande en Suisse.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Futtermittelimporte_FR.webp" alt="Importation d'aliments pour animaux en tonnes" /><p class="zitat">60 % des terres arables sont destinées à la culture fourragère plutôt qu’à la culture de denrées alimentaires végétales destinées aux êtres humains.</p><h3>« Pour rester fertile, le sol doit aussi être utilisé de temps en temps comme pâturage »</h3><p>La fertilisation à base de matières fécales (fumier et lisier) est très répandue en Suisse. Cela s'explique principalement par le fait qu'il existe un excédent de matières fécales dans ce pays. Malheureusement, même de nombreux « experts » partent du principe qu'il n'existe que deux options pour la fertilité des sols : la fertilisation à base de matières fécales ou à base d’engrais chimiques. Il existe pourtant une troisième voie, bien meilleure pour les sols : <strong>l’agriculture bio-végétalienne</strong>. Celle-ci travaille en harmonie avec la nature et permet ainsi d’améliorer la fertilité des sols à long terme. Contrairement aux matières fécales, cette méthode n’attire pas les ravageurs. De plus, elle évite l’épandage sur les champs de bactéries <em>E. coli </em>ou de salmonelles, ainsi que de résidus d’antibiotiques issus du traitement des animaux « de rente ». </p><p>Il est faux de prétendre qu’une rotation des cultures avec des prairies artificielles est indispensable, y compris sur les terres arables. Le <a href="https://www.swissveg.ch/fr/V-Label-Vegan-Agriculture" target="_blank">V-Label Vegan Agriculture</a> a été lancé en 2025 afin de promouvoir l’agriculture bio-végétalienne. Le site Internet de <a href="https://www.biocyclic-vegan.org/" target="_blank">Biocyclic Vegan Agriculture</a> fournit de plus amples informations sur ce mode d’agriculture durable, sans matières fécales ni pâturages.</p><h3>« La production végétale est trop vulnérable : une tempête peut tout détruire en un clin d’œil. »</h3><p>Fin août, une tempête accompagnée de grêle s’est abattue sur la Suisse. Elle a causé d’importants dégâts aux cultures agricoles et a été exploitée par les opposants à l’initiative pour présenter la production alimentaire végétale comme précaire. Or, plusieurs faits sont ici occultés :</p><p>Une grande partie des cultures agricoles est destinée à la production fourragère. Celles-ci sont également touchées par les intempéries et tout aussi vulnérables. La production de fruits et légumes nécessite en revanche beaucoup moins de surface. Elle peut donc être plus facilement protégée contre les intempéries (par exemple à l’aide de filets anti-grêle ou de serres). Cela n’est pratiquement pas possible avec les immenses champs destinés à la production fourragère. Les petits champs de légumes peuvent également être irrigués plus facilement. La sécheresse de cette année a donc surtout eu des répercussions négatives sur la production fourragère. En raison de la sécheresse, il a même fallu importer <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/secheresse-en-suisse-du-fourrage-importe-depuis-le-canada-29341562.html" target="_blank">du foin du Canada</a>. De plus, le Conseil fédéral a dû débloquer une partie des <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/reserves-de-fourrage-la-suisse-debloque-16-000-tonnes-29343093.html" target="_blank">réserves obligatoires de fourrage</a>, car le faible débit du Rhin a réduit les importations d’aliments pour animaux et la sécheresse sur le territoire national a encore diminué l’offre de fourrage. À plusieurs égards, les intempéries posent donc davantage de problèmes à l’élevage qu’aux cultures végétales destinées aux humains.</p><h3>« L’agriculture suisse répond à la demande des consommateurs. La Confédération ne doit pas imposer de règles en la matière »</h3><p>Comme les agriculteurs suisses parviennent à peine à vivre de leurs produits, la Confédération détermine, par le biais des subventions, ce qui vaut la peine d’être produit d’un point de vue économique. Le secteur le plus déficitaire est celui de la production de denrées alimentaires d’origine animale. C’est à la production de viande, de lait et de sucre que sont versées les subventions les plus importantes. Il convient ici de noter que l’industrie sucrière produit, à partir des betteraves sucrières, à peu près autant de <a href="https://www.zucker.ch/fr/fourrage" target="_blank">fourrage</a> que de sucre, et qu’elle est donc intimement liée au secteur de l’élevage. <strong>Les agriculteurs suisses ne produisent donc pas ce que le marché exige, mais ce que la Confédération subventionne.</strong> Cela vaut en particulier pour le secteur de l’élevage conventionnel.</p><p>Par ailleurs, la Confédération exerce également une grande influence sur la demande des consommateurs : elle finance chaque année la publicité pour la viande à hauteur d’environ 6 millions de francs. Et grâce aux subventions accordées au secteur de la production, elle permet la vente de viande à des prix de dumping dans les magasins. Si ces deux facteurs venaient à disparaître, la consommation de viande devrait fortement baisser, car les produits végétaux deviendraient alors plus compétitifs et environ la moitié des affiches publicitaires pour la viande disparaîtraient.</p><p>Aujourd’hui, les <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">deux tiers des aliments d’origine végétale doivent être importés</a>. Dans ce domaine, le taux d’autosuffisance pourrait être considérablement accru si les terres arables étaient à nouveau affectées à la production alimentaire.</p><p>Que se passerait-il si la demande en viande diminuait moins (vite) que la production de viande ? Aujourd’hui, la production déficitaire de viande est maintenue artificiellement à flot grâce à l’argent des contribuables. Si ces aides publiques étaient réorientées, au moins en partie, vers les produits végétaux, de nombreux agriculteurs pourraient cultiver davantage d’aliments d’origine végétale et ainsi <a href="https://www.swissveg.ch/fr/terre">produire plus de denrées alimentaires</a> sur leurs terres. Un éventuel déficit de production dans le secteur de la viande pourrait être compensé par des importations temporaires. Les importations passeraient donc des produits végétaux aux produits d’origine animale. Parallèlement, les importations de fourrage diminueraient fortement. Conformément à l’article actuel sur la sécurité alimentaire (<a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/fr#a104a" target="_blank">art. 104a, al. d, de la Constitution fédérale</a>), toutes les importations doivent être durables. En termes de volume, elles devraient toutefois être nettement inférieures aux niveaux actuels.</p><p>Les opposants à l'initiative mettent en garde contre les importations qui ne respectent pas nos normes environnementales. Pourtant, ils rejettent également la partie de l’initiative qui vise à renforcer la biodiversité, la fertilité des sols et la qualité de l’eau potable sur le territoire national.</p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/terre.jpg" alt="Consommation de terres par kg d'aliments" /><h3>« La Confédération n’a pas à nous dicter ce que nous avons le droit de manger »</h3><p>L’initiative ne contient aucune disposition relative à l’alimentation. Elle exige toutefois un rééquilibrage de la politique de subventions de la Confédération, aujourd’hui axée de manière unilatérale sur la consommation de viande et de produits laitiers. Les subventions unilatérales accordées à la publicité pour la viande, d’un montant annuel d’environ 6 millions de francs, seraient supprimées.</p><p>Plusieurs calculs montrent par ailleurs que l’objectif de 70 % d’autosuffisance alimentaire pourrait même être atteint sans que la population n’ait à modifier radicalement ses habitudes alimentaires.⁵ Si l’on cultivait moins de fourrage et davantage d’aliments d’origine végétale sur les terres arables fertiles, les importations d’aliments d’origine végétale diminueraient fortement, sans que les importations de viande n’augmentent de manière aussi marquée. Cela s’explique par le fait qu’une même surface agricole permet de produire beaucoup plus de calories alimentaires lorsque la production est directement destinée à l’alimentation humaine (raccourcissement de la chaîne alimentaire).</p><p>Bien entendu, il serait possible d’augmenter encore considérablement le taux d’autosuffisance alimentaire en réduisant nettement la consommation de produits d’origine animale, mais si toutes les autres mesures nécessaires sont mises en œuvre, cela n’est pas indispensable pour atteindre les 70 % visés.</p><h3>« Cette initiative entraînera une augmentation des importations de viande »</h3><p>Comme indiqué ci-dessus, cette initiative peut être mise en œuvre sans que les habitudes de consommation en Suisse ne changent : en cultivant davantage de denrées alimentaires végétales plutôt que de fourrage sur les terres arables fertiles, on peut réduire considérablement les importations de denrées alimentaires végétales. Actuellement, <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">deux tiers</a> de nos denrées alimentaires végétales (légumes, fruits, céréales, légumineuses...) doivent être importés.</p><p>En théorie, il est vrai que cette initiative entraînerait une légère augmentation des importations de viande si la consommation de viande restait inchangée, car elle ne prévoit pas de restrictions alimentaires pour la population. Toutefois, l’initiative encouragera une réduction volontaire de la consommation actuelle de viande, dans la mesure où la Confédération ne dépensera plus l’argent des contribuables pour la publicité en faveur de la viande. Grâce à cette initiative, ces fonds pourront être réaffectés à la promotion d’aliments végétaux sains.</p><p>De plus, le subventionnement fédéral des aliments d’origine végétale modifierait la <a href="https://www.swissveg.ch/fr/comparatif-alternatives-viande-2026?language=fr">différence de prix</a> entre les aliments d’origine végétale et ceux d’origine animale, au profit des aliments sains d’origine végétale.</p><p>Ces deux mesures (publicité et prix) permettraient de réduire la consommation de viande au profit des aliments d’origine végétale, sans que personne ne soit contraint à quoi que ce soit. À long terme, il est donc tout à fait possible que l’initiative entraîne une baisse des importations de viande par rapport à aujourd’hui.</p><h3>« Oui, il faut augmenter notre taux d’auto-approvisionnement alimentaire, mais pas comme ça »</h3><p>Le moyen de loin le plus efficace pour augmenter notre taux d’autosuffisance consiste à raccourcir la chaîne alimentaire. Aucune autre mesure ne permet d’économiser autant de calories que ce simple changement. En consommant directement des végétaux plutôt que de faire un détour par les animaux, nous pouvons accroître drastiquement le nombre de calories produites sur une même superficie. Rejeter cette mesure essentielle revient à rejeter l’augmentation du taux d’autosuffisance et à maintenir la Suisse dans une situation de dépendance vis-à-vis des importations. Il est étonnant de constater que ce sont précisément les milieux qui s’opposent à toute dépendance vis-à-vis de l’étranger qui, en matière d’alimentation, font tout pour que celle-ci soit maintenue.</p><p>La Confédération a déjà un mandat constitutionnel visant à garantir l’approvisionnement de la population (<a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/fr#art_104" target="_blank">article 104 de la Constitution fédérale</a>). Or, avec un taux d’autosuffisance inférieur à 50 %, elle ne remplit pas ce mandat. Si elle était adoptée, l’initiative permettrait de faire respecter ce mandat en visant un taux d’auto-approvosionnement d’au moins 70 %.</p><p>Les responsables politiques sont tout à fait conscients que la forte dépendance actuelle de la Suisse vis-à-vis des importations constitue un danger en période de crise. Pourtant, au lieu de s’attaquer à la racine du problème, ils recommandent à la population de constituer des <a href="https://www.blick.ch/fr/suisse/stocks-durgence-la-campagne-de-la-confederation-est-un-echec-id20664451.html" target="_blank">réserves d’urgence</a> et rejettent l’initiative pour une alimentation sûre, qui pourrait pourtant apporter une partie de la solution.</p><h3>« Cette initiative prend les agriculteurs pour cible »</h3><p>Aujourd’hui, les agriculteurs suisses qui produisent du lait ou de la viande vivent en grande partie grâce aux subventions de l’État. Ils disposent néanmoins d’un faible revenu et la surproduction continue de faire baisser les prix. Le <a href="/traumatisierte-tierhalter">taux de suicide dans le monde paysan</a> est très élevé. Pour les agriculteurs aussi, il est temps que les choses changent. L’initiative apporte une solution concrète à ce problème. Elle favorise l’agriculture en permettant une transition vers une production plus durable.</p><p>Actuellement, les fabricants d’alternatives végétales à la viande tels que <a href="https://thegreenmountain.ch/" target="_blank">The Green Mountain</a> et <a href="https://eatplanted.com/" target="_blank">Planted</a>, par exemple, doivent importer la totalité de leurs protéines de pois car les terres arables suisses sont consacrées à la production de viande et de lait. L’initiative propose de soutenir les agriculteurs suisses dans leur réorientation en leur offrant des services de recherche, des conseils et des formations. </p><p>Les cheptels de vaches laitières et de porcs sont en baisse depuis des années. Le secteur agricole suisse va donc inévitablement devoir s’adapter. Sans cette initiative, il n’y aura toutefois aucun soutien de la part de la Confédération, qui continuera à se concentrer sur la production de viande et de lait, alors même que le marché évolue dans une autre direction. </p><p>L’initiative représente donc une formidable opportunité pour les acteurs du secteur agricole de s’adapter aux nouvelles conditions du marché.</p><h3>« Il est impossible d’atteindre un taux d’auto-approvisionnement de 70 % en 10 ans seulement »</h3><p>Il est vrai que l’initiative vise un objectif de 70 % d’auto-approvisionnement dans un délai de 10 ans. Cependant, viser un certain objectif dans un délai donné ne signifie pas pour autant qu’il soit obligatoire de l’atteindre d’ici là. L’initiative cherche simplement à tracer une orientation claire avec un objectif certes ambitieux, mais réalisable. Les arguments remettant en cause la viabilité de l’initiative sont donc soit malhonnêtes, soit fondés sur une méconnaissance des faits. </p><p>Selon une <a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank">étude réalisée en 2025 par l’ETH Zurich en collaboration avec le FiBL</a>, il serait même possible d’atteindre un taux d’autosuffisance supérieur à 100 % si les mesures nécessaires étaient mises en œuvre de manière cohérente. Parmi celles-ci figurent notamment la réduction du gaspillage alimentaire et l’utilisation des terres arables pour la production alimentaire plutôt que pour la culture fourragère (stratégie « Feed-no-Food »). Parallèlement, l’impact environnemental de la production alimentaire serait considérablement réduit.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Entwicklung-Selbstversorgungsgrad_2005-2024_FR.webp" width="27.97%" class="align-center" /></div><h3>Conclusion</h3><p>L’initiative mettrait fin à la priorité unilatérale accordée aujourd’hui à la production de viande et de lait, au détriment de l’environnement et de la santé. La Confédération cesserait d’accorder un soutien financier à la publicité pour la viande. Contrairement à aujourd’hui, la production d’aliments d’origine végétale serait davantage encouragée que la production de viande. Les agriculteurs souhaitant passer du secteur déficitaire de l’élevage à la production d’aliments d’origine végétale bénéficieraient d’un soutien de la Confédération dans le cadre de cette initiative. Cependant, ni les agriculteurs ni les consommateurs ne seraient contraints à quoi que ce soit. </p><p>En cette période d’incertitude, il ne suffit pas de constituer des réserves d’urgence, comme le recommande la Confédération. Il faut également agir pour garantir la sécurité alimentaire nationale. C’est ce que propose cette initiative.</p><p>Au Parlement, que ce soit au <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=71146" target="_blank">Conseil national</a> ou au <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=71128" target="_blank">Conseil des États</a>, personne ne s’est prononcé en faveur de l’initiative. Le <a href="https://www.admin.ch/fr/nsb?id=103125" target="_blank">Conseil fédéral</a> aussi rejette l’initiative. Le PS, les Verts et le GLP ont voulu élaborer un <a href="https://www.parlament.ch/de/services/news/Seiten/2025/20251217154127212194158159026_bsd120.aspx" target="_blank">contre-projet</a> mettant l’accent sur la promotion de l’alimentation végétale, mais leur initiative n’a pas abouti. Lorsqu’il s’agit de mettre en place un système agricole davantage orienté sur l’alimentation végétale, il devient impossible de compter sur le soutien des partis politiques. Grâce à cette initiative, la population aurait toutefois le pouvoir de mettre fin à la politique unilatérale de promotion de la viande et de s’engager sur une voie plus durable.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li><a href="https://drive.google.com/file/d/1_22HGwSuOFeAkxY7FCbnXOF3lmhd-3Fn/view" target="_blank">Texte de l'initiative</a></li><li>Prise de position du Conseil fédéral selon laquelle 78 % des subventions agricoles sont destinées à l'élevage : <a href="https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20243793" target="_blank">Interpellation : Réorienter la promotion des ventes vers une production alimentaire durable et adaptée aux conditions locales</a></li><li>Agristat. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">Approvisionnement par groupe d'aliments</a></li><li>Greenpeace Suisse. (2021, 2 février). <a href="https://www.greenpeace.ch/fr/publication/63813/arnaque-fourrage/" target="_blank">L'arnaque du fourrage</a>.</li><li>Saldo. (2026, 26 août). <a href="https://www.saldo.ch/artikel/artikeldetail/schweizer-bauern-setzen-zu-sehr-auf-tierhaltung" target="_blank">Schweizer Bauern setzen zu sehr auf Tierhaltung</a>. / Infosperber. (2026, 26 juillet). <a href="https://www.infosperber.ch/wirtschaft/landwirtschaft/der-konsum-von-fleisch-muesste-stark-reduziert-werden-falsch/" target="_blank">Der Konsum von Fleisch müsste «stark reduziert» werden: falsch!</a></li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/soutien-securite-alimentaire?language=fr">Swissveg soutient la future initiative pour une plus grande sécurité alimentaire</a>, 26.2.2023</li><li><a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank">Vers une augmentation significative du degré d’autosuffisance avec un moindre impact environnemental.</a> Recherche Agronomique Suisse, 16, 212–224. <a href="https://doi.org/10.34776/afs16-212">https://doi.org/10.34776/afs16-212</a></li><li><a href="https://www.vegetarisme.fr/en-quoi-consiste-lagriculture-vegane/" target="_blank">En quoi consiste l'agriculture végane ?</a></li><li><a href="https://www.asso-coexister.ch/reconversion">Reconversion des éleveurs</a> (pour l'instant sans soutien étatique)</li><li>Site web de l'initiative : <a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">Initiative pour une alimentation sûre</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Fri, 14 Aug 2026 05:40:43 +0000 Renato 4230 at https://www.swissveg.ch Ernährungsinitiative: Die Gegenargumente https://www.swissveg.ch/de/initiative-Ernaehrungssicherheit-gegenargumente <span>Initiative sur l&#039;alimentation : les contre-arguments</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>18. août 2026 - 8:34</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 27 septembre 2026, la population suisse se prononcera sur l’initiative « Pour une alimentation sûre ». Celle-ci n’est soutenue par aucun grand parti et rejetée aussi bien par le Parlement que par le Conseil fédéral. Néanmoins, Swissveg est favorable à cette initiative. Dans cet article, nous passons en revue les arguments les plus fréquemment soulevés à son encontre.</p><p>L’<a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">initiative</a> s’articule autour de trois axes principaux afin de renforcer la sécurité alimentaire :</p><ul><li>Renforcer durablement la production indigène</li><li>Viser un taux d’auto-approvisionnement de 70 % en favorisant les aliments d’origine végétale</li><li>Préserver la fertilité des sols, protéger la biodiversité et garantir une eau potable propre</li></ul><p class="zitat">« En Suisse, on oublie que s’il y a un problème aux frontières, <a href="https://www.youtube.com/live/6iQU-ebAIQY?t=776s" target="_blank">un jour sur deux, on ne mange pas.</a> » Guy Parmelin, Conseiller fédéral</p><p>Les opposants à l’initiative tentent de faire croire aux électeurs que si le texte était adopté, ils ne pourraient plus consommer de produits d’origine animale. L’<a href="https://www.instagram.com/bauernverband_zuerich/" target="_blank">Union des paysans zurichois</a> a déjà publié plus de 50 vidéos sur Instagram afin de véhiculer cette idée. Les opposants à l’initiative se battent avant tout pour préserver leurs privilèges en tant que producteurs de viande et de lait, deux produits qui sont actuellement les principaux bénéficiaires de la politique agricole de la Confédération. En effet, les détracteurs sont surtout des représentants de divers secteurs de l’<a href="https://www.ernaehrungsinitiative-nein.ch/ueber-uns/allianz.html" target="_blank">industrie de la viande</a>, qui ont uni leurs forces afin de pouvoir continuer à profiter des milliards versés par la Confédération. Comme les sommes en jeu sont colossales, tous les moyens sont bons pour y parvenir, quitte à faire passer la vérité sous silence. Voici une analyse des déclarations des lobbyistes de la filière de la viande :</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Cette initiative est un « diktat végane »</h3><p>Les opposants à l’<a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">initiative</a><span class="fussnotenlink">1</span> tentent de la discréditer en la présentant comme une réglementation alimentaire. Ils ont même lancé un « <a href="https://www.initiative-alimentation-non.ch/soutien/jour-du-dernier-cervelas.html" target="_blank">Jour du dernier cervelas</a> » pour semer la panique face aux conséquences présumées de l’initiative. Or, <strong>le texte de l’initiative ne contient aucune interdiction alimentaire.</strong> Même si l’initiative est adoptée, chacun pourra continuer à manger ce qu’il souhaite. Ce qui changerait toutefois, c’est que la Confédération n’investirait plus 6 millions d’argent public dans la publicité pour la viande. Les subventions agricoles ne favoriseraient plus l’élevage de manière aussi unilatérale. La population ne serait plus incitée à consommer de la viande. Cela n’a rien d’un « diktat végane ».</p><p>Selon la Confédération, <a href="https://www.blv.admin.ch/de/menuch-ergebnisse" target="_blank">la consommation de viande en Suisse est environ trois fois supérieure à la quantité recommandée</a>. Il est donc grand temps de passer de la promotion de la viande à celle des aliments d’origine végétale. Une telle réorientation, combinée à la transition agricole, permettrait d’influencer indirectement la demande. Et même si les habitudes alimentaires ne devaient pas changer radicalement à court terme, il serait au moins possible de réduire considérablement les importations d’aliments d’origine végétale.</p><p>Si l’on se réfère au « <a href="https://link.springer.com/article/10.1186/s44263-026-00306-6" target="_blank">Planetary Health Diet</a> », la consommation de viande et de produits laitiers en Suisse est respectivement 8,5 fois et 3,5 fois supérieure aux quantités recommandées. En revanche, la consommation de légumes est environ vingt fois inférieure à ce qui serait bénéfique pour la santé et la planète. De ce point de vue également, il serait souhaitable que la Confédération cesse de subventioner la production d’aliments d’origine animale. Il n’est absolument pas nécessaire que la Confédération finance des publicités pour la viande.</p><p class="zitat">Aujourd’hui, 78 % des 3,6 milliards de subventions agricoles sont allouées à la production de denrées d’origine animale.<span class="fussnotenlink">2</span> </p><h3>« 60 à 70 % des terres agricoles sont des prairies et ne peuvent être utilisées que pour la production de viande et de lait »</h3><p>Ce chiffre provient de l’Union suisse des paysans et a été repris tel quel, sans vérification, par l’Office fédéral de la statistique. Dès lors qu’une vache se trouve sur une parcelle, cette dernière est considérée comme une <a href="/grasland-schweiz">prairie</a>, quelle que soit la qualité du sol. En réalité, de nombreuses surfaces servant actuellement de pâturage sont parfaitement cultivables. Sur les surfaces impropres à la culture, l’initiative permettrait néanmoins aux agriculteurs de continuer à pratiquer une production alimentaire adaptée. Elle n’aurait donc aucun impact sur les prairies. Ce qu’elle souhaite changer, c’est le fait que plus de la moitié des terres arables fertiles sont utilisées pour produire du fourrage. Il s’agit d’un gaspillage colossal, qui oblige la Suisse à importer plus de la moitié des aliments d’origine végétale consommés sur son territoire.<span class="fussnotenlink">3</span></p><p>En 2024, 29,2 millions de tonnes de fourrage ont été distribuées aux animaux d’élevage suisses (des chiffres plus récents ne sont pas encore disponibles). Parmi celles-ci, 22,5 millions de tonnes sont constituées d’herbe, de foin, etc. – c’est-à-dire d’aliments peu riches en énergie. Au total, près de 1,45 million de tonnes d’aliments pour animaux (principalement des concentrés) ont été importées de l’étranger en 2024, et la tendance est à la hausse : en l’espace de 20 ans, les importations ont pratiquement doublé. <strong>Sans ces aliments importés à haute teneur énergétique, la production de viande en Suisse serait réduite de moitié.</strong><span class="fussnotenlink">4</span></p><p>L’argument des prairies ne s’applique qu’à une toute petite partie des produits d’origine animale fabriqués en Suisse (et cette partie n’est pas affectée par l’initiative). Ni les porcs ni les poulets ne se nourrissent d’herbe. Or, ces deux espèces représentent environ les <a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses?language=fr">trois quarts</a> de la consommation de viande en Suisse.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Futtermittelimporte_FR.webp" alt="Importation d'aliments pour animaux en tonnes" /><p class="zitat">60 % des terres arables sont destinées à la culture fourragère plutôt qu’à la culture de denrées alimentaires végétales destinées aux êtres humains.</p><h3>« Pour rester fertile, le sol doit aussi être utilisé de temps en temps comme pâturage »</h3><p>La fertilisation à base de matières fécales (fumier et lisier) est très répandue en Suisse. Cela s'explique principalement par le fait qu'il existe un excédent de matières fécales dans ce pays. Malheureusement, même de nombreux « experts » partent du principe qu'il n'existe que deux options pour la fertilité des sols : la fertilisation à base de matières fécales ou à base d’engrais chimiques. Il existe pourtant une troisième voie, bien meilleure pour les sols : <strong>l’agriculture bio-végétalienne</strong>. Celle-ci travaille en harmonie avec la nature et permet ainsi d’améliorer la fertilité des sols à long terme. Contrairement aux matières fécales, cette méthode n’attire pas les ravageurs. De plus, elle évite l’épandage sur les champs de bactéries <em>E. coli </em>ou de salmonelles, ainsi que de résidus d’antibiotiques issus du traitement des animaux « de rente ». </p><p>Il est faux de prétendre qu’une rotation des cultures avec des prairies artificielles est indispensable, y compris sur les terres arables. Le <a href="https://www.swissveg.ch/fr/V-Label-Vegan-Agriculture" target="_blank">V-Label Vegan Agriculture</a> a été lancé en 2025 afin de promouvoir l’agriculture bio-végétalienne. Le site Internet de <a href="https://www.biocyclic-vegan.org/" target="_blank">Biocyclic Vegan Agriculture</a> fournit de plus amples informations sur ce mode d’agriculture durable, sans matières fécales ni pâturages.</p><h3>« La production végétale est trop vulnérable : une tempête peut tout détruire en un clin d’œil. »</h3><p>Fin août, une tempête accompagnée de grêle s’est abattue sur la Suisse. Elle a causé d’importants dégâts aux cultures agricoles et a été exploitée par les opposants à l’initiative pour présenter la production alimentaire végétale comme précaire. Or, plusieurs faits sont ici occultés :</p><p>Une grande partie des cultures agricoles est destinée à la production fourragère. Celles-ci sont également touchées par les intempéries et tout aussi vulnérables. La production de fruits et légumes nécessite en revanche beaucoup moins de surface. Elle peut donc être plus facilement protégée contre les intempéries (par exemple à l’aide de filets anti-grêle ou de serres). Cela n’est pratiquement pas possible avec les immenses champs destinés à la production fourragère. Les petits champs de légumes peuvent également être irrigués plus facilement. La sécheresse de cette année a donc surtout eu des répercussions négatives sur la production fourragère. En raison de la sécheresse, il a même fallu importer <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/secheresse-en-suisse-du-fourrage-importe-depuis-le-canada-29341562.html" target="_blank">du foin du Canada</a>. De plus, le Conseil fédéral a dû débloquer une partie des <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/reserves-de-fourrage-la-suisse-debloque-16-000-tonnes-29343093.html" target="_blank">réserves obligatoires de fourrage</a>, car le faible débit du Rhin a réduit les importations d’aliments pour animaux et la sécheresse sur le territoire national a encore diminué l’offre de fourrage. À plusieurs égards, les intempéries posent donc davantage de problèmes à l’élevage qu’aux cultures végétales destinées aux humains.</p><h3>« L’agriculture suisse répond à la demande des consommateurs. La Confédération ne doit pas imposer de règles en la matière »</h3><p>Comme les agriculteurs suisses parviennent à peine à vivre de leurs produits, la Confédération détermine, par le biais des subventions, ce qui vaut la peine d’être produit d’un point de vue économique. Le secteur le plus déficitaire est celui de la production de denrées alimentaires d’origine animale. C’est à la production de viande, de lait et de sucre que sont versées les subventions les plus importantes. Il convient ici de noter que l’industrie sucrière produit, à partir des betteraves sucrières, à peu près autant de <a href="https://www.zucker.ch/fr/fourrage" target="_blank">fourrage</a> que de sucre, et qu’elle est donc intimement liée au secteur de l’élevage. <strong>Les agriculteurs suisses ne produisent donc pas ce que le marché exige, mais ce que la Confédération subventionne.</strong> Cela vaut en particulier pour le secteur de l’élevage conventionnel.</p><p>Par ailleurs, la Confédération exerce également une grande influence sur la demande des consommateurs : elle finance chaque année la publicité pour la viande à hauteur d’environ 6 millions de francs. Et grâce aux subventions accordées au secteur de la production, elle permet la vente de viande à des prix de dumping dans les magasins. Si ces deux facteurs venaient à disparaître, la consommation de viande devrait fortement baisser, car les produits végétaux deviendraient alors plus compétitifs et environ la moitié des affiches publicitaires pour la viande disparaîtraient.</p><p>Aujourd’hui, les <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">deux tiers des aliments d’origine végétale doivent être importés</a>. Dans ce domaine, le taux d’autosuffisance pourrait être considérablement accru si les terres arables étaient à nouveau affectées à la production alimentaire.</p><p>Que se passerait-il si la demande en viande diminuait moins (vite) que la production de viande ? Aujourd’hui, la production déficitaire de viande est maintenue artificiellement à flot grâce à l’argent des contribuables. Si ces aides publiques étaient réorientées, au moins en partie, vers les produits végétaux, de nombreux agriculteurs pourraient cultiver davantage d’aliments d’origine végétale et ainsi <a href="https://www.swissveg.ch/fr/terre">produire plus de denrées alimentaires</a> sur leurs terres. Un éventuel déficit de production dans le secteur de la viande pourrait être compensé par des importations temporaires. Les importations passeraient donc des produits végétaux aux produits d’origine animale. Parallèlement, les importations de fourrage diminueraient fortement. Conformément à l’article actuel sur la sécurité alimentaire (<a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/fr#a104a" target="_blank">art. 104a, al. d, de la Constitution fédérale</a>), toutes les importations doivent être durables. En termes de volume, elles devraient toutefois être nettement inférieures aux niveaux actuels.</p><p>Les opposants à l'initiative mettent en garde contre les importations qui ne respectent pas nos normes environnementales. Pourtant, ils rejettent également la partie de l’initiative qui vise à renforcer la biodiversité, la fertilité des sols et la qualité de l’eau potable sur le territoire national.</p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/terre.jpg" alt="Consommation de terres par kg d'aliments" /><h3>« La Confédération n’a pas à nous dicter ce que nous avons le droit de manger »</h3><p>L’initiative ne contient aucune disposition relative à l’alimentation. Elle exige toutefois un rééquilibrage de la politique de subventions de la Confédération, aujourd’hui axée de manière unilatérale sur la consommation de viande et de produits laitiers. Les subventions unilatérales accordées à la publicité pour la viande, d’un montant annuel d’environ 6 millions de francs, seraient supprimées.</p><p>Plusieurs calculs montrent par ailleurs que l’objectif de 70 % d’autosuffisance alimentaire pourrait même être atteint sans que la population n’ait à modifier radicalement ses habitudes alimentaires.⁵ Si l’on cultivait moins de fourrage et davantage d’aliments d’origine végétale sur les terres arables fertiles, les importations d’aliments d’origine végétale diminueraient fortement, sans que les importations de viande n’augmentent de manière aussi marquée. Cela s’explique par le fait qu’une même surface agricole permet de produire beaucoup plus de calories alimentaires lorsque la production est directement destinée à l’alimentation humaine (raccourcissement de la chaîne alimentaire).</p><p>Bien entendu, il serait possible d’augmenter encore considérablement le taux d’autosuffisance alimentaire en réduisant nettement la consommation de produits d’origine animale, mais si toutes les autres mesures nécessaires sont mises en œuvre, cela n’est pas indispensable pour atteindre les 70 % visés.</p><h3>« Cette initiative entraînera une augmentation des importations de viande »</h3><p>Comme indiqué ci-dessus, cette initiative peut être mise en œuvre sans que les habitudes de consommation en Suisse ne changent : en cultivant davantage de denrées alimentaires végétales plutôt que de fourrage sur les terres arables fertiles, on peut réduire considérablement les importations de denrées alimentaires végétales. Actuellement, <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">deux tiers</a> de nos denrées alimentaires végétales (légumes, fruits, céréales, légumineuses...) doivent être importés.</p><p>En théorie, il est vrai que cette initiative entraînerait une légère augmentation des importations de viande si la consommation de viande restait inchangée, car elle ne prévoit pas de restrictions alimentaires pour la population. Toutefois, l’initiative encouragera une réduction volontaire de la consommation actuelle de viande, dans la mesure où la Confédération ne dépensera plus l’argent des contribuables pour la publicité en faveur de la viande. Grâce à cette initiative, ces fonds pourront être réaffectés à la promotion d’aliments végétaux sains.</p><p>De plus, le subventionnement fédéral des aliments d’origine végétale modifierait la <a href="https://www.swissveg.ch/fr/comparatif-alternatives-viande-2026?language=fr">différence de prix</a> entre les aliments d’origine végétale et ceux d’origine animale, au profit des aliments sains d’origine végétale.</p><p>Ces deux mesures (publicité et prix) permettraient de réduire la consommation de viande au profit des aliments d’origine végétale, sans que personne ne soit contraint à quoi que ce soit. À long terme, il est donc tout à fait possible que l’initiative entraîne une baisse des importations de viande par rapport à aujourd’hui.</p><h3>« Oui, il faut augmenter notre taux d’auto-approvisionnement alimentaire, mais pas comme ça »</h3><p>Le moyen de loin le plus efficace pour augmenter notre taux d’autosuffisance consiste à raccourcir la chaîne alimentaire. Aucune autre mesure ne permet d’économiser autant de calories que ce simple changement. En consommant directement des végétaux plutôt que de faire un détour par les animaux, nous pouvons accroître drastiquement le nombre de calories produites sur une même superficie. Rejeter cette mesure essentielle revient à rejeter l’augmentation du taux d’autosuffisance et à maintenir la Suisse dans une situation de dépendance vis-à-vis des importations. Il est étonnant de constater que ce sont précisément les milieux qui s’opposent à toute dépendance vis-à-vis de l’étranger qui, en matière d’alimentation, font tout pour que celle-ci soit maintenue.</p><p>La Confédération a déjà un mandat constitutionnel visant à garantir l’approvisionnement de la population (<a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/fr#art_104" target="_blank">article 104 de la Constitution fédérale</a>). Or, avec un taux d’autosuffisance inférieur à 50 %, elle ne remplit pas ce mandat. Si elle était adoptée, l’initiative permettrait de faire respecter ce mandat en visant un taux d’auto-approvosionnement d’au moins 70 %.</p><p>Les responsables politiques sont tout à fait conscients que la forte dépendance actuelle de la Suisse vis-à-vis des importations constitue un danger en période de crise. Pourtant, au lieu de s’attaquer à la racine du problème, ils recommandent à la population de constituer des <a href="https://www.blick.ch/fr/suisse/stocks-durgence-la-campagne-de-la-confederation-est-un-echec-id20664451.html" target="_blank">réserves d’urgence</a> et rejettent l’initiative pour une alimentation sûre, qui pourrait pourtant apporter une partie de la solution.</p><h3>« Cette initiative prend les agriculteurs pour cible »</h3><p>Aujourd’hui, les agriculteurs suisses qui produisent du lait ou de la viande vivent en grande partie grâce aux subventions de l’État. Ils disposent néanmoins d’un faible revenu et la surproduction continue de faire baisser les prix. Le <a href="/traumatisierte-tierhalter">taux de suicide dans le monde paysan</a> est très élevé. Pour les agriculteurs aussi, il est temps que les choses changent. L’initiative apporte une solution concrète à ce problème. Elle favorise l’agriculture en permettant une transition vers une production plus durable.</p><p>Actuellement, les fabricants d’alternatives végétales à la viande tels que <a href="https://thegreenmountain.ch/" target="_blank">The Green Mountain</a> et <a href="https://eatplanted.com/" target="_blank">Planted</a>, par exemple, doivent importer la totalité de leurs protéines de pois car les terres arables suisses sont consacrées à la production de viande et de lait. L’initiative propose de soutenir les agriculteurs suisses dans leur réorientation en leur offrant des services de recherche, des conseils et des formations. </p><p>Les cheptels de vaches laitières et de porcs sont en baisse depuis des années. Le secteur agricole suisse va donc inévitablement devoir s’adapter. Sans cette initiative, il n’y aura toutefois aucun soutien de la part de la Confédération, qui continuera à se concentrer sur la production de viande et de lait, alors même que le marché évolue dans une autre direction. </p><p>L’initiative représente donc une formidable opportunité pour les acteurs du secteur agricole de s’adapter aux nouvelles conditions du marché.</p><h3>« Il est impossible d’atteindre un taux d’auto-approvisionnement de 70 % en 10 ans seulement »</h3><p>Il est vrai que l’initiative vise un objectif de 70 % d’auto-approvisionnement dans un délai de 10 ans. Cependant, viser un certain objectif dans un délai donné ne signifie pas pour autant qu’il soit obligatoire de l’atteindre d’ici là. L’initiative cherche simplement à tracer une orientation claire avec un objectif certes ambitieux, mais réalisable. Les arguments remettant en cause la viabilité de l’initiative sont donc soit malhonnêtes, soit fondés sur une méconnaissance des faits. </p><p>Selon une <a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank">étude réalisée en 2025 par l’ETH Zurich en collaboration avec le FiBL</a>, il serait même possible d’atteindre un taux d’autosuffisance supérieur à 100 % si les mesures nécessaires étaient mises en œuvre de manière cohérente. Parmi celles-ci figurent notamment la réduction du gaspillage alimentaire et l’utilisation des terres arables pour la production alimentaire plutôt que pour la culture fourragère (stratégie « Feed-no-Food »). Parallèlement, l’impact environnemental de la production alimentaire serait considérablement réduit.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Entwicklung-Selbstversorgungsgrad_2005-2024_FR.webp" width="27.97%" class="align-center" /></div><h3>Conclusion</h3><p>L’initiative mettrait fin à la priorité unilatérale accordée aujourd’hui à la production de viande et de lait, au détriment de l’environnement et de la santé. La Confédération cesserait d’accorder un soutien financier à la publicité pour la viande. Contrairement à aujourd’hui, la production d’aliments d’origine végétale serait davantage encouragée que la production de viande. Les agriculteurs souhaitant passer du secteur déficitaire de l’élevage à la production d’aliments d’origine végétale bénéficieraient d’un soutien de la Confédération dans le cadre de cette initiative. Cependant, ni les agriculteurs ni les consommateurs ne seraient contraints à quoi que ce soit. </p><p>En cette période d’incertitude, il ne suffit pas de constituer des réserves d’urgence, comme le recommande la Confédération. Il faut également agir pour garantir la sécurité alimentaire nationale. C’est ce que propose cette initiative.</p><p>Au Parlement, que ce soit au <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=71146" target="_blank">Conseil national</a> ou au <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=71128" target="_blank">Conseil des États</a>, personne ne s’est prononcé en faveur de l’initiative. Le <a href="https://www.admin.ch/fr/nsb?id=103125" target="_blank">Conseil fédéral</a> aussi rejette l’initiative. Le PS, les Verts et le GLP ont voulu élaborer un <a href="https://www.parlament.ch/de/services/news/Seiten/2025/20251217154127212194158159026_bsd120.aspx" target="_blank">contre-projet</a> mettant l’accent sur la promotion de l’alimentation végétale, mais leur initiative n’a pas abouti. Lorsqu’il s’agit de mettre en place un système agricole davantage orienté sur l’alimentation végétale, il devient impossible de compter sur le soutien des partis politiques. Grâce à cette initiative, la population aurait toutefois le pouvoir de mettre fin à la politique unilatérale de promotion de la viande et de s’engager sur une voie plus durable.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li><a href="https://drive.google.com/file/d/1_22HGwSuOFeAkxY7FCbnXOF3lmhd-3Fn/view" target="_blank">Texte de l'initiative</a></li><li>Prise de position du Conseil fédéral selon laquelle 78 % des subventions agricoles sont destinées à l'élevage : <a href="https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20243793" target="_blank">Interpellation : Réorienter la promotion des ventes vers une production alimentaire durable et adaptée aux conditions locales</a></li><li>Agristat. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">Approvisionnement par groupe d'aliments</a></li><li>Greenpeace Suisse. (2021, 2 février). <a href="https://www.greenpeace.ch/fr/publication/63813/arnaque-fourrage/" target="_blank">L'arnaque du fourrage</a>.</li><li>Saldo. (2026, 26 août). <a href="https://www.saldo.ch/artikel/artikeldetail/schweizer-bauern-setzen-zu-sehr-auf-tierhaltung" target="_blank">Schweizer Bauern setzen zu sehr auf Tierhaltung</a>. / Infosperber. (2026, 26 juillet). <a href="https://www.infosperber.ch/wirtschaft/landwirtschaft/der-konsum-von-fleisch-muesste-stark-reduziert-werden-falsch/" target="_blank">Der Konsum von Fleisch müsste «stark reduziert» werden: falsch!</a></li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/soutien-securite-alimentaire?language=fr">Swissveg soutient la future initiative pour une plus grande sécurité alimentaire</a>, 26.2.2023</li><li><a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank">Vers une augmentation significative du degré d’autosuffisance avec un moindre impact environnemental.</a> Recherche Agronomique Suisse, 16, 212–224. <a href="https://doi.org/10.34776/afs16-212">https://doi.org/10.34776/afs16-212</a></li><li><a href="https://www.vegetarisme.fr/en-quoi-consiste-lagriculture-vegane/" target="_blank">En quoi consiste l'agriculture végane ?</a></li><li><a href="https://www.asso-coexister.ch/reconversion">Reconversion des éleveurs</a> (pour l'instant sans soutien étatique)</li><li>Site web de l'initiative : <a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">Initiative pour une alimentation sûre</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Fri, 14 Aug 2026 05:40:43 +0000 Renato 4230 at https://www.swissveg.ch EGMR urteilt: Vegane Ernährung ist ein Menschenrecht https://www.swissveg.ch/de/EGMR-vegan-Menschenrecht <span>Arrêt de la CEDH : l&#039;alimentation végétale est un droit humain</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>22. juillet 2026 - 16:40</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 16&nbsp;juillet, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a reconnu l’alimentation végétale comme un droit humain pour les personnes véganes. Cet arrêt historique aura des conséquences considérables pour les hôpitaux, les prisons et les autres institutions publiques. Qu’est-ce qui a conduit à cette décision et qu’est-ce que cela signifie pour la Suisse&nbsp;?</p><h2>Pas de repas sans produits d’origine animale dans les établissements suisses</h2><p>Tout commence il y a quelques années en Suisse romande. G.K. et A.S., deux adelphes véganes et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisp%C3%A9cisme" target="_blank">antispécistes</a>, militent activement contre l’oppression et l’exploitation des animaux. En novembre 2018, G.K. se retrouve en détention provisoire dans une prison du canton de Genève, où on ne lui propose que des plats contenant de la viande ou d’autres produits d’origine animale. Au cours de l’année qui suit, bien que la prison fasse quelques efforts pour trouver un compromis, G.K. se voit néanmoins refuser à plusieurs reprises son droit à une alimentation strictement végétalienne. Cette situation est d’autant plus choquante que c’est précisément en raison de son engagement contre l’exploitation des animaux que G.K. se trouve dans cette situation. Pour son adelphe, les choses ne se passent guère mieux&nbsp;: A.S. ne bénéficie pas non plus d’une alimentation strictement végétalienne lors de son séjour forcé, de février à avril 2021, dans un établissement psychiatrique du canton de Vaud.</p><h2>Un long parcours&nbsp;: du tribunal cantonal jusqu’à Strasbourg</h2><p>G.K. et A.S. se plaignent à plusieurs reprises, estimant que leur liberté de conscience est bafouée – la liberté de conscience est un droit de l’homme en vertu de l’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme (art.&nbsp;9. CEDH) – mais leurs plaintes ne reçoivent aucune réponse juridiquement contraignante leur permettant d’engager d’autres démarches. Les deux activistes finissent par saisir le Tribunal fédéral, qui rejette leur recours en raison de l’absence de décisions juridiquement contraignantes auxquelles leur recours aurait dû se référer. L’un des arrêts fait également référence à une remarque antérieure d’un tribunal cantonal selon laquelle il aurait été trop difficile de proposer des plats strictement végétaliens, et que les personnes véganes devaient se contenter de plats végétariens. Pourtant, les véganes savent bien que cette affirmation est fausse&nbsp;: il n’est pas beaucoup plus compliqué de cuisiner végétalien que de cuisiner des plats végétariens ou à base de viande.</p><p>Il ne reste donc plus qu’une seule option à G.K. et A.S.&nbsp;: porter l’affaire jusqu’à Strasbourg. C'est là qu’ils obtiennent enfin gain de cause&nbsp;:<strong> ils parviennent à faire reconnaître, pour la première fois, que l’alimentation végétalienne doit être protégée comme un droit humain</strong>, créant ainsi, au passage, un précédent historique pour l’avenir.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Les points importants de l’arrêt</h3><p>Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22display%22:%5B%220%22%5D,%22languageisocode%22:%5B%22ENG%22%5D,%22appno%22:%5B%2255299/20%22,%2231515/22%22%5D,%22documentcollectionid2%22:%5B%22CLIN%22%5D,%22itemid%22:%5B%22002-14630%22%5D%7D" target="_blank">arrêt</a> du jeudi 16&nbsp;juillet 2026, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que G.K. et A.S. avaient subi une atteinte à leur liberté de pensée et de conscience, protégée par l’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme, dans la mesure où, pendant leur détention, ils n’avaient pas bénéficié en permanence d’une alimentation conforme à leurs valeurs éthiques. Leur mode de vie végane relève de l’article&nbsp;9 car il est reconnu comme «&nbsp;une conviction éthique sincère et cohérente&nbsp;». En outre, le fait qu’il ait été de facto impossible à G.K. et A.S. d’intenter une action en justice contre les établissements constitue une violation de l’article 13 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit à un recours effectif), car les réponses de ces derniers ne constituaient pas des décisions juridiquement contraignantes et le Tribunal fédéral n’avait pas reconnu aux requérants un intérêt suffisant à la cause. G.K. et A.S. se sont vu accorder une réparation morale.</p></div><h2>Un arrêt d’une grande importance</h2><p>Il est certain que pour G.K. et A.S., le fait d’avoir enfin obtenu gain de cause devant la plus haute instance judiciaire dans cette affaire revêt une grande importance. Mais ce jugement aura également une portée considérable pour le mouvement végane et antispéciste dans son ensemble. En effet, il est désormais officiellement reconnu que l’alimentation végétalienne, lorsqu’elle repose sur une conviction éthique démontrable, constitue un droit humain. L’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui englobe non seulement la liberté de pensée et de conscience, mais aussi la liberté de religion, n’avait encore jamais été appliqué à un régime alimentaire motivé par des raisons non religieuses. Autrement dit, si les prisons, les hôpitaux et les autres établissements publics adaptaient déjà leurs menus dans les cas liés à la religion (en proposant par exemple des repas halal ou casher), ils n’étaient jusqu’à présent pas tenus de prendre en compte les besoins des personnes véganes.</p><h2>La CEDH reconnaît le véganisme comme relevant de la liberté de conscience</h2><p>Mais tout comme une conviction fondamentale d’ordre religieux guide les actions d’une personne dans différents domaines de la vie et peut, en ce sens, devenir une question de conscience, les motivations qui sous-tendent le véganisme, telles que le rejet du spécisme, le respect de la dignité animale ou la compassion face à la souffrance des animaux, peuvent aussi guider les actions des personnes véganes. En ce sens, dans diverses situations, leurs choix (visant à rejeter toute exploitation animale) relèvent donc eux aussi de la liberté de conscience.</p><h2>L’arrêt rendu à Strasbourg est juridiquement contraignant pour tous les États signataires</h2><p>Le fait que la CEDH ait désormais reconnu le véganisme comme relevant de la liberté de conscience constitue une première étape vers un plus grand respect de la part des institutions et une plus grande tolérance de la part de la population à l'égard des personnes véganes et de leur régime alimentaire. En effet, cet arrêt est juridiquement contraignant pour la Suisse et les 45&nbsp;autres États membres du Conseil de l’Europe qui ont ratifié la Convention européenne des droits de l’homme, et il s’applique avec effet immédiat sans restriction.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Les droits de l’homme prévalent sur la loi suisse</h3><p>En Suisse, la Convention européenne des droits de l’homme prévaut sur les lois fédérales (<a href="http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-II-417%3Ade&amp;lang=fr&amp;type=show_document" target="_blank">ATF 125 II 417</a>,&nbsp;consid.&nbsp;4d) &nbsp;et sur la Constitution fédérale (<a href="http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-I-16%3Ade&amp;lang=fr&amp;type=show_document" target="_blank">ATF 139 I 16</a>,&nbsp;consid.&nbsp;5.1). C’est pourquoi la Confédération et les cantons sont désormais tenus d’adapter leurs lois de manière à ce que, outre les régimes alimentaires motivés par des convictions religieuses, &nbsp;les régimes alimentaires non religieux tels que le végétarisme et le végétalisme soient également protégés juridiquement au titre de la liberté de pensée, de conscience et de religion, et que la discrimination à l’encontre des personnes véganes soit traitée de la même manière que la discrimination fondée sur la croyance et soit punissable de la même façon. Grâce à l’arrêt de la CEDH, cet avenir plus inclusif se rapproche désormais d’un pas.&nbsp;<br></div></p><h2>Et maintenant&nbsp;?</h2><p>Même si, en matière d’alimentation, l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme a jusqu'à présent été principalement appliqué au titre de la liberté de religion, cela ne signifie bien sûr pas que le véganisme soit une «&nbsp;quasi-religion&nbsp;», comme l’écrivent désormais certains médias. Cela signifie néanmoins que le véganisme est bien plus qu’une «&nbsp;simple préférence alimentaire&nbsp;» ou une «&nbsp;mode passagère&nbsp;»&nbsp;: il s’agit d’un engagement légitime, fondé sur des principes éthiques désormais protégés par la Convention des droits de l’homme, en faveur d’une plus grande justice envers les animaux non humains.</p><p>Il reste désormais à voir quelles lois la Confédération et les cantons adopteront pour tenir compte de cette nouvelle situation juridique. Peut-être prendront-ils exemple sur <a href="https://www.vegansociety.com/news/blog/new-prison-food-rules-what-revised-prison-food-policy-means-imprisoned-vegans" target="_blank">l’Angleterre et le Pays de Galles</a>, qui ont déjà reconnu, dès le début de l’année 2026, que la nourriture servie dans les prisons avait des répercussions importantes sur la dignité et le bien-être des personnes détenues, et qui proposent désormais un menu végétalien à l’ensemble de la population carcérale.</p><p>En attendant que la Suisse en arrive là, les véganes victimes de discrimination de la part d’institutions publiques (ou encore sur leur lieu de travail, dans le cadre du service militaire, etc.) en raison de leur régime alimentaire peuvent désormais invoquer l’arrêt de la CEDH et sa force juridique.</p><p>&nbsp;Une avancée réjouissante et porteuse d’avenir&nbsp;!</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ul><li><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22display%22:%5B%220%22%5D,%22languageisocode%22:%5B%22ENG%22%5D,%22appno%22:%5B%2255299/20%22,%2231515/22%22%5D,%22documentcollectionid2%22:%5B%22CLIN%22%5D,%22itemid%22:%5B%22002-14630%22%5D%7D" target="_blank">Arrêt de la CEDH du 16.07.2026</a></li><li>Les deux arrêts rendus par le Tribunal fédéral suisse :<ul><li><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=1B_608%2F2019++&amp;rank=1&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=aza%3A%2F%2F11-06-2020-1B_608-2019" target="_blank">Arrêt du 11 juin 2020</a></li><li><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=%222C_495%2F2021%22&amp;rank=1&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=aza%3A%2F%2F09-02-2022-2C_495-2021" target="_blank">Arrêt du 9 février 2022</a></li></ul></li></ul></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li>Communiqué de presse de Swissveg : <a href="https://newsletter.swissveg.ch/newsletter.php?data=aWQ9NjkwJmxhbmc9Rg" target="_blank">La CEDH reconnaît pour la première fois l’alimentation végétale comme un droit humain</a>, 16.07.2026</li><li>RTS: <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/la-suisse-condamnee-par-la-cedh-pour-avoir-refuse-un-menu-vegetalien-a-deux-militants-29304768.html" target="_blank">La Suisse condamnée par la CEDH pour avoir refusé des repas végétaliens à deux antispécistes</a>, 16.07.2026</li><li>Vegconomist: <a href="https://vegconomist.com/politics-law/echr-recgonizes-ethical-veganism-matter-of-conscience-swiss-prison-diet-case/" target="_blank">ECHR Recognizes Ethical Veganism as a Matter of Conscience in Swiss Prison Diet Case</a></li></ul></div> Fri, 17 Jul 2026 15:52:10 +0000 Nurdin 4217 at https://www.swissveg.ch Über die Postkarte hinaus: Die Schattenseite der Milchindustrie https://www.swissveg.ch/de/schattenseite-milchindustrie <span>Au-delà de la carte postale : la face cachée de l&#039;industrie laitière</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>20. juillet 2026 - 15:09</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lobbies agroalimentaires présentent volontiers le lait comme un aliment sain, naturel et écologique. En Suisse en particulier, l’industrie laitière fait partie intégrante du patrimoine culturel et de l'image touristique du pays. Autrefois, la transformation du lait en fromages permettait aux régions alpines de conserver des denrées périssables pour l’hiver. Mais cette tradition est-elle encore pertinente aujourd’hui&nbsp;?</p><h5>Les produits laitiers, tout sauf naturels</h5><p>L’industrie laitière met volontiers en avant des images de vaches à cornes broutant paisiblement dans les pâturages alpins. Pourtant, derrière cette communication se cache une réalité bien différente. De la reproduction des animaux à la fabrication du fromage, la production laitière moderne repose sur des interventions techniques et des chaînes d’approvisionnement internationales qui n’ont plus grand-chose à voir avec une agriculture «&nbsp;naturelle&nbsp;».</p><p>La reproduction des bovins laitiers ne relève plus depuis longtemps du hasard. Dans les élevages modernes, l’<strong>insémination artificielle</strong> est devenue la norme et permet de diffuser les caractéristiques génétiques des taureaux jugés les plus performants auprès de centaines de milliers de vaches. En Suisse, Swissgenetics illustre parfaitement cette évolution. La coopérative indique avoir vendu, entre 2020 et 2024, plus d’un million de doses de semence Brown Swiss provenant de plus de 300&nbsp;taureaux dans 48&nbsp;pays répartis sur cinq continents.<span class="fussnotenlink">1</span> Les critères de sélection portent principalement sur la production laitière, la morphologie des animaux, la santé de la mamelle, la fertilité ou encore la longévité. Les bovins laitiers sont ainsi le résultat de décennies de sélection génétique intensive visant à maximiser les performances économiques des troupeaux. Cette uniformisation génétique contraste fortement avec l'image de troupeaux vivant au rythme de la nature. Les animaux ne sont plus seulement élevés&nbsp;: ils sont sélectionnés et reproduits selon des objectifs de rendement définis par l'être humain.</p><p>L’image d’un fromage fabriqué exclusivement à partir de ressources locales est elle aussi trompeuse. La fabrication des fromages suisses AOP, comme le Gruyère, l’Emmental, le Vacherin fribourgeois ou la Raclette du Valais, nécessite de la présure, une enzyme extraite du quatrième estomac de jeunes veaux. Or, <strong>dans la quasi-totalité des cas, cette présure est importée. </strong>La Suisse n’en produit pratiquement pas et dépend de fournisseurs étrangers. Une partie de cette présure provient de pays où les méthodes d'élevage des veaux diffèrent de celles autorisées ou pratiquées en Suisse.<span class="fussnotenlink">2</span> Autrement dit, même les fromages les plus emblématiques du patrimoine culinaire helvétique nécessitent une matière première issue d’une chaîne d’approvisionnement mondialisée.</p><p>&nbsp;</p><h5>Les vaches ont-elles vraiment leur place en montagne&nbsp;?</h5><p>Les prairies maigres de montagne constituent un habitat essentiel pour une grande diversité d’espèces végétales et animales. Elles ne sont toutefois pas adaptées au poids des bovins (500 à 800&nbsp;kg), bien supérieur à celui des espèces sauvages qui les fréquentent naturellement, comme les chamois (25 à 60&nbsp;kg) ou les bouquetins (75 à 120&nbsp;kg). En <strong>piétinant </strong>continuellement la fine couche de végétation alpine, les vaches dégradent progressivement ces sols particulièrement fragiles. À cela s’ajoute l’apport excessif de nitrates provenant de leurs déjections, qui modifie profondément la composition des sols. Cette <strong>surcharge en éléments nutritifs </strong>favorise les espèces végétales les plus compétitives au détriment de la flore alpine. Ainsi, depuis 1900, plus de 95&nbsp;% des prairies et pâturages secs de Suisse ont été détruits et leur superficie ainsi que leur qualité continuent de diminuer.<span class="fussnotenlink">3</span> Les pâturages limitent en outre l’expansion naturelle des forêts et des arbustes, qui jouent pourtant un rôle déterminant dans la protection contre les avalanches. Pour préserver ces derniers, des mesures artificielles supplémentaires sont donc nécessaires.</p><p>À cela s’ajoute un autre problème : la sécheresse, aggravée par le réchauffement climatique, touche de plus en plus fréquemment les régions de montagne. En 2003, 2025, 2018, 2022 et 2026, <strong>des hélicoptères de l’armée suisse</strong> ont dû être déployés pour transporter de l’eau jusque dans les alpages afin d’abreuver les animaux. Rien qu’en 2022, les forces aériennes suisses ont cumulé 700 heures de vol pour acheminer 4,3 millions de litres d’eau.<span class="fussnotenlink">4</span> Et ce chiffre impressionnant ne tient pas compte des transports effectués par des sociétés privées de fret par hélicoptère. Cette pénurie d’eau n’a rien de surprenant&nbsp;: une seule vache peut boire jusqu'à 100&nbsp;litres d’eau par jour. Lorsque les sources se tarissent, il faut trouver d’autres moyens d’assurer l’approvisionnement en eau.&nbsp;</p><p>En 2026, la sécheresse dans certaines régions de Suisse était telle que les paysans ont été contraints de puiser dans leurs réserves hivernales de fourrage en plein été. Pour éviter l’achat de fourrage onéreux, ils ont dû <strong>envoyer à l'abattoir les vaches les plus âgées et les moins productives plusieurs mois avant la date prévue</strong>.<span class="fussnotenlink">5</span> Dans un contexte de réchauffement climatique de plus en plus intense, ces problèmes d’approvisionnement en eau et en fourrage risquent de devenir de plus en plus fréquents, ce qui soulève la question de la viabilité de l’élevage de grands troupeaux de bovins dans les alpages.</p><p>&nbsp;</p><h5>Une production structurellement inefficace</h5><h4>Transformer des végétaux en lait&nbsp;: une perte de ressources</h4><p>Le lait est souvent présenté comme un aliment durable, notamment parce que les vaches valorisent l’herbe, une ressource que l’être humain ne peut pas consommer directement. Cet argument ne résiste toutefois qu’en partie à l’analyse. En effet, une vache ne transforme qu’une fraction de l’énergie contenue dans son alimentation en lait&nbsp;: une grande partie est utilisée pour assurer son propre métabolisme, sa croissance, ses déplacements ou simplement maintenir sa température corporelle. Cette conversion entraîne une <strong>perte importante de ressources</strong>.</p><p>La production laitière mobilise ainsi bien davantage de terres agricoles, d’eau et d’énergie que la fabrication d’alternatives végétales. Les animaux ont besoin de pâturages, mais aussi de surfaces cultivées pour produire leur fourrage. 10&nbsp;% de ces aliments sont par ailleurs importés,<span class="fussnotenlink">6</span> notamment sous forme de concentrés, cultivés sur des terres arables qui pourraient servir directement à produire des denrées destinées à l’alimentation humaine. En Suisse, une vache laitière reçoit en moyenne 614 kg d’aliments concentrés par an.<span class="fussnotenlink">7</span> Même l’argument selon lequel les bovins ne consomment que de l’herbe est donc incomplet.&nbsp;</p><p>La consommation d’eau illustre bien cette inefficacité. Les vaches boivent plusieurs dizaines de litres d’eau par jour, auxquels s’ajoutent les besoins en irrigation des cultures fourragères. À quantité équivalente, les alternatives végétales au lait nécessitent nettement moins d’eau et de surfaces agricoles. La production de lait d’amande, pourtant souvent critiquée pour sa consommation d’eau, requiert par exemple environ dix-huit fois moins de terres et plusieurs centaines de litres d’eau de moins par litre produit.<span class="fussnotenlink">8</span></p><h4>Des millions de litres de lait perdus</h4><p>À cette inefficacité biologique s’ajoute un gaspillage direct. Les vaches laitières souffrent fréquemment de mammite, une inflammation de la mamelle généralement traitée par <a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><strong>antibiotiques</strong></a>. Pendant toute la durée du traitement et du délai d’attente imposé par la législation, leur lait ne peut pas être commercialisé afin d’éviter la présence de résidus médicamenteux dans les produits destinés à la consommation.</p><p>En Suisse, cette situation conduit chaque année à la mise au rebut d’environ <strong>80 millions de litres de lait</strong>, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près d’un million et demi de personnes.<span class="fussnotenlink">9</span> Ce lait est généralement distribué aux veaux ou épandu avec les lisiers. Une pratique qui soulève également des inquiétudes en matière de santé publique, car elle peut favoriser la dissémination de bactéries résistantes aux antibiotiques dans l’environnement.</p><h4>Surproduction</h4><p>Le gaspillage ne s'arrête pas là. Depuis plusieurs années, la Suisse produit <strong>davantage de lait que le marché n’est capable d’absorber</strong>. Selon l’Interprofession du lait (IP Lait), les producteurs ont livré en 2025 environ 126 millions de kilos de lait de plus que les besoins du marché.<span class="fussnotenlink">10</span> Cette surproduction exerce une pression à la baisse sur les prix et fragilise les revenus des éleveurs.</p><p>Pour limiter ces excédents, l’IP Lait a introduit en 2026 un système pénalisant les exploitations qui dépassent leur volume de référence. Le lait produit au-delà de ce seuil n’est rémunéré qu’à un prix fortement réduit. Malgré cela, les volumes restent élevés. Le fonctionnement économique du secteur pousse chaque exploitation à produire davantage afin de compenser la baisse des prix, même lorsque cette stratégie aggrave encore les excédents.</p><p>Les conséquences sont visibles jusque dans les entrepôts frigorifiques : au printemps 2026, plus de 7000&nbsp;tonnes de beurre y étaient stockées, soit environ 2000 tonnes de plus que le niveau habituel.<span class="fussnotenlink">11</span> Cette accumulation illustre un paradoxe&nbsp;: une industrie qui continue à produire toujours plus alors même qu’elle peine déjà à écouler ce qu’elle fabrique.</p><p>&nbsp;</p><h5>Conclusion</h5><p>L’image idyllique de l'industrie laitière repose en grande partie sur un récit hérité du passé. Derrière les paysages de carte postale se cachent <strong>une production fortement industrialisée, une consommation importante de ressources et un système économique qui génère des excédents tout en fragilisant les revenus des producteurs.</strong></p><p>L’utilisation des prairies alpines comme pâturages n’apparaît plus comme la solution la plus pertinente. Ces surfaces ne fournissent qu’une faible part de notre alimentation, alors qu’elles constituent des écosystèmes d’une grande richesse écologique. À mesure que le changement climatique accentue les pressions sur les milieux de montagne, il serait judicieux de laisser une partie de ces espaces retrouver leur dynamique naturelle. Une telle évolution est toutefois difficilement envisageable sans une réduction de la production animale. <strong>Une alimentation davantage fondée sur les végétaux permettrait de nourrir la population avec beaucoup moins de terres, d’eau et d’énergie, tout en diminuant la pression exercée sur les régions de montagne.</strong></p><p>Le principal obstacle n’est cependant pas technique, mais économique et politique. Aujourd’hui, environ <a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels?language=fr">82 % des subventions agricoles suisses bénéficient à l’élevage</a><a href="https://www.swissveg.ch/de/subventionspolitik_vs_kostenwahrheit?language=de">.</a> Pour de nombreuses exploitations, réduire leur cheptel ou se réorienter vers des cultures végétales signifie perdre une part importante de leurs soutiens financiers. À cela s’ajoute l’absence de véritable programme public destiné à accompagner les éleveurs qui souhaiteraient abandonner la production animale au profit de cultures végétales. La transition repose donc presque entièrement sur les épaules des agriculteurs, qui devraient assumer seuls les risques financiers d’une telle reconversion.</p><p>Les producteurs se retrouvent ainsi pris entre le marteau et l’enclume. D’un côté, la faiblesse du prix du lait les pousse à produire toujours davantage pour maintenir leurs revenus&nbsp;; de l'autre, les mécanismes de soutien public les incitent à conserver leur cheptel plutôt qu’à faire évoluer leur exploitation. <strong>Une agriculture plus durable ne pourra donc pas reposer uniquement sur la bonne volonté des producteurs ou des consommateurs. Elle nécessitera une réforme en profondeur des politiques agricoles afin que les aides publiques accompagnent réellement la transition, au lieu de perpétuer un modèle qui montre aujourd’hui ses limites sur les plans écologique, économique et social.</strong></p><p>&nbsp;</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Swissgenetics. (2024, 18. Juni). Swissgenetics: leader du programme d’élevage Brown Swiss à l’échelon international. <a href="https://www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international">www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 6 mars). De la présure issue de veaux néo-zélandais dans nos fromages AOP. <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html">www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html</a>&nbsp;</li><li>Office fédéral de l'environnement OFEV. (2025, 12. décembre). Prairies et pâturages secs. <a href="https://www.bafu.admin.ch/fr/pps-f">www.bafu.admin.ch/fr/pps-f</a>&nbsp;</li><li>SRF. (2023, 28 juin). Älpler schlagen Alarm: Z’Alp geht mancherorts das Wasser aus. <a href="https://www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus">www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus</a></li><li>24 Heures. (2026, 19 juillet). La sécheresse donne aux vaches un ticket précoce pour l'abattoir. <a href="https://www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374">www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374</a>&nbsp;</li><li>Swissmilk. (s. d.) En Suisse, les vaches ne manquent pas de fourrage. <a href="https://www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage/">www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage</a>&nbsp;</li><li>Union suisse des paysans. (2021, mai). FOKUS – Das fressen Kuh, Schwein und Co. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf">www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf</a></li><li>Lebensmittellexikon. (o. D.). Virtuelles Wasser in Lebensmitteln. <a href="https://www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php">www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php</a></li><li>Bon À Savoir. (2022, 4 mai). Chaque année, 80 millions de litres de lait à jeter. <a href="https://www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter">www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter</a>&nbsp;</li><li>24 Heures. (2026, 12 février). La Suisse croule sous 126 millions de kilos de lait en trop. <a href="https://www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570">www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 22 mai). La Suisse produit trop de lait et accumule 7000 tonnes de beurre. <a href="https://www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html">www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html</a>&nbsp;</li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/mythes_lait"><span lang="de-CH">À propos du lait</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/montagne"><span lang="de-CH">Régions montagneuses</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses"><span lang="de-CH">Prairies suisses : réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/vague-chaleur-suisse">Vague de chaleur et pénurie d'eau : quel lien avec notre alimentation ?</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><span lang="de-CH">Utilisation d'antibiotiques dans le secteur de l'élevage</span></a><span lang="de-CH">&nbsp;</span></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels">Politique agricole : subventionnements vs coûts réels</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/journee-du-lait-vegetal-2025">Journée mondiale du lait végétal : il est temps de redéfinir le lait</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.playsuisse.ch/fr/show/2416567">Miss Cow</a> : un documentaire sur la sélection génétique des vaches laitières</p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=aoxv3gP9LtA" target="_blank">Reportage de Ragekit et de l'Observatoire du spécisme</a> sur le commerce de semence de taureau</p></li></ul></div> Mon, 20 Jul 2026 10:11:30 +0000 Amandine 4218 at https://www.swissveg.ch Über die Postkarte hinaus: Die Schattenseite der Milchindustrie https://www.swissveg.ch/de/schattenseite-milchindustrie <span>Au-delà de la carte postale : la face cachée de l&#039;industrie laitière</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>20. juillet 2026 - 15:09</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lobbies agroalimentaires présentent volontiers le lait comme un aliment sain, naturel et écologique. En Suisse en particulier, l’industrie laitière fait partie intégrante du patrimoine culturel et de l'image touristique du pays. Autrefois, la transformation du lait en fromages permettait aux régions alpines de conserver des denrées périssables pour l’hiver. Mais cette tradition est-elle encore pertinente aujourd’hui&nbsp;?</p><h5>Les produits laitiers, tout sauf naturels</h5><p>L’industrie laitière met volontiers en avant des images de vaches à cornes broutant paisiblement dans les pâturages alpins. Pourtant, derrière cette communication se cache une réalité bien différente. De la reproduction des animaux à la fabrication du fromage, la production laitière moderne repose sur des interventions techniques et des chaînes d’approvisionnement internationales qui n’ont plus grand-chose à voir avec une agriculture «&nbsp;naturelle&nbsp;».</p><p>La reproduction des bovins laitiers ne relève plus depuis longtemps du hasard. Dans les élevages modernes, l’<strong>insémination artificielle</strong> est devenue la norme et permet de diffuser les caractéristiques génétiques des taureaux jugés les plus performants auprès de centaines de milliers de vaches. En Suisse, Swissgenetics illustre parfaitement cette évolution. La coopérative indique avoir vendu, entre 2020 et 2024, plus d’un million de doses de semence Brown Swiss provenant de plus de 300&nbsp;taureaux dans 48&nbsp;pays répartis sur cinq continents.<span class="fussnotenlink">1</span> Les critères de sélection portent principalement sur la production laitière, la morphologie des animaux, la santé de la mamelle, la fertilité ou encore la longévité. Les bovins laitiers sont ainsi le résultat de décennies de sélection génétique intensive visant à maximiser les performances économiques des troupeaux. Cette uniformisation génétique contraste fortement avec l'image de troupeaux vivant au rythme de la nature. Les animaux ne sont plus seulement élevés&nbsp;: ils sont sélectionnés et reproduits selon des objectifs de rendement définis par l'être humain.</p><p>L’image d’un fromage fabriqué exclusivement à partir de ressources locales est elle aussi trompeuse. La fabrication des fromages suisses AOP, comme le Gruyère, l’Emmental, le Vacherin fribourgeois ou la Raclette du Valais, nécessite de la présure, une enzyme extraite du quatrième estomac de jeunes veaux. Or, <strong>dans la quasi-totalité des cas, cette présure est importée. </strong>La Suisse n’en produit pratiquement pas et dépend de fournisseurs étrangers. Une partie de cette présure provient de pays où les méthodes d'élevage des veaux diffèrent de celles autorisées ou pratiquées en Suisse.<span class="fussnotenlink">2</span> Autrement dit, même les fromages les plus emblématiques du patrimoine culinaire helvétique nécessitent une matière première issue d’une chaîne d’approvisionnement mondialisée.</p><p>&nbsp;</p><h5>Les vaches ont-elles vraiment leur place en montagne&nbsp;?</h5><p>Les prairies maigres de montagne constituent un habitat essentiel pour une grande diversité d’espèces végétales et animales. Elles ne sont toutefois pas adaptées au poids des bovins (500 à 800&nbsp;kg), bien supérieur à celui des espèces sauvages qui les fréquentent naturellement, comme les chamois (25 à 60&nbsp;kg) ou les bouquetins (75 à 120&nbsp;kg). En <strong>piétinant </strong>continuellement la fine couche de végétation alpine, les vaches dégradent progressivement ces sols particulièrement fragiles. À cela s’ajoute l’apport excessif de nitrates provenant de leurs déjections, qui modifie profondément la composition des sols. Cette <strong>surcharge en éléments nutritifs </strong>favorise les espèces végétales les plus compétitives au détriment de la flore alpine. Ainsi, depuis 1900, plus de 95&nbsp;% des prairies et pâturages secs de Suisse ont été détruits et leur superficie ainsi que leur qualité continuent de diminuer.<span class="fussnotenlink">3</span> Les pâturages limitent en outre l’expansion naturelle des forêts et des arbustes, qui jouent pourtant un rôle déterminant dans la protection contre les avalanches. Pour préserver ces derniers, des mesures artificielles supplémentaires sont donc nécessaires.</p><p>À cela s’ajoute un autre problème : la sécheresse, aggravée par le réchauffement climatique, touche de plus en plus fréquemment les régions de montagne. En 2003, 2025, 2018, 2022 et 2026, <strong>des hélicoptères de l’armée suisse</strong> ont dû être déployés pour transporter de l’eau jusque dans les alpages afin d’abreuver les animaux. Rien qu’en 2022, les forces aériennes suisses ont cumulé 700 heures de vol pour acheminer 4,3 millions de litres d’eau.<span class="fussnotenlink">4</span> Et ce chiffre impressionnant ne tient pas compte des transports effectués par des sociétés privées de fret par hélicoptère. Cette pénurie d’eau n’a rien de surprenant&nbsp;: une seule vache peut boire jusqu'à 100&nbsp;litres d’eau par jour. Lorsque les sources se tarissent, il faut trouver d’autres moyens d’assurer l’approvisionnement en eau.&nbsp;</p><p>En 2026, la sécheresse dans certaines régions de Suisse était telle que les paysans ont été contraints de puiser dans leurs réserves hivernales de fourrage en plein été. Pour éviter l’achat de fourrage onéreux, ils ont dû <strong>envoyer à l'abattoir les vaches les plus âgées et les moins productives plusieurs mois avant la date prévue</strong>.<span class="fussnotenlink">5</span> Dans un contexte de réchauffement climatique de plus en plus intense, ces problèmes d’approvisionnement en eau et en fourrage risquent de devenir de plus en plus fréquents, ce qui soulève la question de la viabilité de l’élevage de grands troupeaux de bovins dans les alpages.</p><p>&nbsp;</p><h5>Une production structurellement inefficace</h5><h4>Transformer des végétaux en lait&nbsp;: une perte de ressources</h4><p>Le lait est souvent présenté comme un aliment durable, notamment parce que les vaches valorisent l’herbe, une ressource que l’être humain ne peut pas consommer directement. Cet argument ne résiste toutefois qu’en partie à l’analyse. En effet, une vache ne transforme qu’une fraction de l’énergie contenue dans son alimentation en lait&nbsp;: une grande partie est utilisée pour assurer son propre métabolisme, sa croissance, ses déplacements ou simplement maintenir sa température corporelle. Cette conversion entraîne une <strong>perte importante de ressources</strong>.</p><p>La production laitière mobilise ainsi bien davantage de terres agricoles, d’eau et d’énergie que la fabrication d’alternatives végétales. Les animaux ont besoin de pâturages, mais aussi de surfaces cultivées pour produire leur fourrage. 10&nbsp;% de ces aliments sont par ailleurs importés,<span class="fussnotenlink">6</span> notamment sous forme de concentrés, cultivés sur des terres arables qui pourraient servir directement à produire des denrées destinées à l’alimentation humaine. En Suisse, une vache laitière reçoit en moyenne 614 kg d’aliments concentrés par an.<span class="fussnotenlink">7</span> Même l’argument selon lequel les bovins ne consomment que de l’herbe est donc incomplet.&nbsp;</p><p>La consommation d’eau illustre bien cette inefficacité. Les vaches boivent plusieurs dizaines de litres d’eau par jour, auxquels s’ajoutent les besoins en irrigation des cultures fourragères. À quantité équivalente, les alternatives végétales au lait nécessitent nettement moins d’eau et de surfaces agricoles. La production de lait d’amande, pourtant souvent critiquée pour sa consommation d’eau, requiert par exemple environ dix-huit fois moins de terres et plusieurs centaines de litres d’eau de moins par litre produit.<span class="fussnotenlink">8</span></p><h4>Des millions de litres de lait perdus</h4><p>À cette inefficacité biologique s’ajoute un gaspillage direct. Les vaches laitières souffrent fréquemment de mammite, une inflammation de la mamelle généralement traitée par <a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><strong>antibiotiques</strong></a>. Pendant toute la durée du traitement et du délai d’attente imposé par la législation, leur lait ne peut pas être commercialisé afin d’éviter la présence de résidus médicamenteux dans les produits destinés à la consommation.</p><p>En Suisse, cette situation conduit chaque année à la mise au rebut d’environ <strong>80 millions de litres de lait</strong>, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près d’un million et demi de personnes.<span class="fussnotenlink">9</span> Ce lait est généralement distribué aux veaux ou épandu avec les lisiers. Une pratique qui soulève également des inquiétudes en matière de santé publique, car elle peut favoriser la dissémination de bactéries résistantes aux antibiotiques dans l’environnement.</p><h4>Surproduction</h4><p>Le gaspillage ne s'arrête pas là. Depuis plusieurs années, la Suisse produit <strong>davantage de lait que le marché n’est capable d’absorber</strong>. Selon l’Interprofession du lait (IP Lait), les producteurs ont livré en 2025 environ 126 millions de kilos de lait de plus que les besoins du marché.<span class="fussnotenlink">10</span> Cette surproduction exerce une pression à la baisse sur les prix et fragilise les revenus des éleveurs.</p><p>Pour limiter ces excédents, l’IP Lait a introduit en 2026 un système pénalisant les exploitations qui dépassent leur volume de référence. Le lait produit au-delà de ce seuil n’est rémunéré qu’à un prix fortement réduit. Malgré cela, les volumes restent élevés. Le fonctionnement économique du secteur pousse chaque exploitation à produire davantage afin de compenser la baisse des prix, même lorsque cette stratégie aggrave encore les excédents.</p><p>Les conséquences sont visibles jusque dans les entrepôts frigorifiques : au printemps 2026, plus de 7000&nbsp;tonnes de beurre y étaient stockées, soit environ 2000 tonnes de plus que le niveau habituel.<span class="fussnotenlink">11</span> Cette accumulation illustre un paradoxe&nbsp;: une industrie qui continue à produire toujours plus alors même qu’elle peine déjà à écouler ce qu’elle fabrique.</p><p>&nbsp;</p><h5>Conclusion</h5><p>L’image idyllique de l'industrie laitière repose en grande partie sur un récit hérité du passé. Derrière les paysages de carte postale se cachent <strong>une production fortement industrialisée, une consommation importante de ressources et un système économique qui génère des excédents tout en fragilisant les revenus des producteurs.</strong></p><p>L’utilisation des prairies alpines comme pâturages n’apparaît plus comme la solution la plus pertinente. Ces surfaces ne fournissent qu’une faible part de notre alimentation, alors qu’elles constituent des écosystèmes d’une grande richesse écologique. À mesure que le changement climatique accentue les pressions sur les milieux de montagne, il serait judicieux de laisser une partie de ces espaces retrouver leur dynamique naturelle. Une telle évolution est toutefois difficilement envisageable sans une réduction de la production animale. <strong>Une alimentation davantage fondée sur les végétaux permettrait de nourrir la population avec beaucoup moins de terres, d’eau et d’énergie, tout en diminuant la pression exercée sur les régions de montagne.</strong></p><p>Le principal obstacle n’est cependant pas technique, mais économique et politique. Aujourd’hui, environ <a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels?language=fr">82 % des subventions agricoles suisses bénéficient à l’élevage</a><a href="https://www.swissveg.ch/de/subventionspolitik_vs_kostenwahrheit?language=de">.</a> Pour de nombreuses exploitations, réduire leur cheptel ou se réorienter vers des cultures végétales signifie perdre une part importante de leurs soutiens financiers. À cela s’ajoute l’absence de véritable programme public destiné à accompagner les éleveurs qui souhaiteraient abandonner la production animale au profit de cultures végétales. La transition repose donc presque entièrement sur les épaules des agriculteurs, qui devraient assumer seuls les risques financiers d’une telle reconversion.</p><p>Les producteurs se retrouvent ainsi pris entre le marteau et l’enclume. D’un côté, la faiblesse du prix du lait les pousse à produire toujours davantage pour maintenir leurs revenus&nbsp;; de l'autre, les mécanismes de soutien public les incitent à conserver leur cheptel plutôt qu’à faire évoluer leur exploitation. <strong>Une agriculture plus durable ne pourra donc pas reposer uniquement sur la bonne volonté des producteurs ou des consommateurs. Elle nécessitera une réforme en profondeur des politiques agricoles afin que les aides publiques accompagnent réellement la transition, au lieu de perpétuer un modèle qui montre aujourd’hui ses limites sur les plans écologique, économique et social.</strong></p><p>&nbsp;</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Swissgenetics. (2024, 18. Juni). Swissgenetics: leader du programme d’élevage Brown Swiss à l’échelon international. <a href="https://www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international">www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 6 mars). De la présure issue de veaux néo-zélandais dans nos fromages AOP. <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html">www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html</a>&nbsp;</li><li>Office fédéral de l'environnement OFEV. (2025, 12. décembre). Prairies et pâturages secs. <a href="https://www.bafu.admin.ch/fr/pps-f">www.bafu.admin.ch/fr/pps-f</a>&nbsp;</li><li>SRF. (2023, 28 juin). Älpler schlagen Alarm: Z’Alp geht mancherorts das Wasser aus. <a href="https://www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus">www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus</a></li><li>24 Heures. (2026, 19 juillet). La sécheresse donne aux vaches un ticket précoce pour l'abattoir. <a href="https://www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374">www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374</a>&nbsp;</li><li>Swissmilk. (s. d.) En Suisse, les vaches ne manquent pas de fourrage. <a href="https://www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage/">www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage</a>&nbsp;</li><li>Union suisse des paysans. (2021, mai). FOKUS – Das fressen Kuh, Schwein und Co. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf">www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf</a></li><li>Lebensmittellexikon. (o. D.). Virtuelles Wasser in Lebensmitteln. <a href="https://www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php">www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php</a></li><li>Bon À Savoir. (2022, 4 mai). Chaque année, 80 millions de litres de lait à jeter. <a href="https://www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter">www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter</a>&nbsp;</li><li>24 Heures. (2026, 12 février). La Suisse croule sous 126 millions de kilos de lait en trop. <a href="https://www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570">www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 22 mai). La Suisse produit trop de lait et accumule 7000 tonnes de beurre. <a href="https://www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html">www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html</a>&nbsp;</li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/mythes_lait"><span lang="de-CH">À propos du lait</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/montagne"><span lang="de-CH">Régions montagneuses</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses"><span lang="de-CH">Prairies suisses : réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/vague-chaleur-suisse">Vague de chaleur et pénurie d'eau : quel lien avec notre alimentation ?</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><span lang="de-CH">Utilisation d'antibiotiques dans le secteur de l'élevage</span></a><span lang="de-CH">&nbsp;</span></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels">Politique agricole : subventionnements vs coûts réels</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/journee-du-lait-vegetal-2025">Journée mondiale du lait végétal : il est temps de redéfinir le lait</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.playsuisse.ch/fr/show/2416567">Miss Cow</a> : un documentaire sur la sélection génétique des vaches laitières</p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=aoxv3gP9LtA" target="_blank">Reportage de Ragekit et de l'Observatoire du spécisme</a> sur le commerce de semence de taureau</p></li></ul></div> Mon, 20 Jul 2026 10:11:30 +0000 Amandine 4218 at https://www.swissveg.ch EGMR urteilt: Vegane Ernährung ist ein Menschenrecht https://www.swissveg.ch/de/EGMR-vegan-Menschenrecht <span>Arrêt de la CEDH : l&#039;alimentation végétale est un droit humain</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>22. juillet 2026 - 16:40</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 16&nbsp;juillet, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a reconnu l’alimentation végétale comme un droit humain pour les personnes véganes. Cet arrêt historique aura des conséquences considérables pour les hôpitaux, les prisons et les autres institutions publiques. Qu’est-ce qui a conduit à cette décision et qu’est-ce que cela signifie pour la Suisse&nbsp;?</p><h2>Pas de repas sans produits d’origine animale dans les établissements suisses</h2><p>Tout commence il y a quelques années en Suisse romande. G.K. et A.S., deux adelphes véganes et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisp%C3%A9cisme" target="_blank">antispécistes</a>, militent activement contre l’oppression et l’exploitation des animaux. En novembre 2018, G.K. se retrouve en détention provisoire dans une prison du canton de Genève, où on ne lui propose que des plats contenant de la viande ou d’autres produits d’origine animale. Au cours de l’année qui suit, bien que la prison fasse quelques efforts pour trouver un compromis, G.K. se voit néanmoins refuser à plusieurs reprises son droit à une alimentation strictement végétalienne. Cette situation est d’autant plus choquante que c’est précisément en raison de son engagement contre l’exploitation des animaux que G.K. se trouve dans cette situation. Pour son adelphe, les choses ne se passent guère mieux&nbsp;: A.S. ne bénéficie pas non plus d’une alimentation strictement végétalienne lors de son séjour forcé, de février à avril 2021, dans un établissement psychiatrique du canton de Vaud.</p><h2>Un long parcours&nbsp;: du tribunal cantonal jusqu’à Strasbourg</h2><p>G.K. et A.S. se plaignent à plusieurs reprises, estimant que leur liberté de conscience est bafouée – la liberté de conscience est un droit de l’homme en vertu de l’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme (art.&nbsp;9. CEDH) – mais leurs plaintes ne reçoivent aucune réponse juridiquement contraignante leur permettant d’engager d’autres démarches. Les deux activistes finissent par saisir le Tribunal fédéral, qui rejette leur recours en raison de l’absence de décisions juridiquement contraignantes auxquelles leur recours aurait dû se référer. L’un des arrêts fait également référence à une remarque antérieure d’un tribunal cantonal selon laquelle il aurait été trop difficile de proposer des plats strictement végétaliens, et que les personnes véganes devaient se contenter de plats végétariens. Pourtant, les véganes savent bien que cette affirmation est fausse&nbsp;: il n’est pas beaucoup plus compliqué de cuisiner végétalien que de cuisiner des plats végétariens ou à base de viande.</p><p>Il ne reste donc plus qu’une seule option à G.K. et A.S.&nbsp;: porter l’affaire jusqu’à Strasbourg. C'est là qu’ils obtiennent enfin gain de cause&nbsp;:<strong> ils parviennent à faire reconnaître, pour la première fois, que l’alimentation végétalienne doit être protégée comme un droit humain</strong>, créant ainsi, au passage, un précédent historique pour l’avenir.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Les points importants de l’arrêt</h3><p>Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22display%22:%5B%220%22%5D,%22languageisocode%22:%5B%22ENG%22%5D,%22appno%22:%5B%2255299/20%22,%2231515/22%22%5D,%22documentcollectionid2%22:%5B%22CLIN%22%5D,%22itemid%22:%5B%22002-14630%22%5D%7D" target="_blank">arrêt</a> du jeudi 16&nbsp;juillet 2026, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que G.K. et A.S. avaient subi une atteinte à leur liberté de pensée et de conscience, protégée par l’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme, dans la mesure où, pendant leur détention, ils n’avaient pas bénéficié en permanence d’une alimentation conforme à leurs valeurs éthiques. Leur mode de vie végane relève de l’article&nbsp;9 car il est reconnu comme «&nbsp;une conviction éthique sincère et cohérente&nbsp;». En outre, le fait qu’il ait été de facto impossible à G.K. et A.S. d’intenter une action en justice contre les établissements constitue une violation de l’article 13 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit à un recours effectif), car les réponses de ces derniers ne constituaient pas des décisions juridiquement contraignantes et le Tribunal fédéral n’avait pas reconnu aux requérants un intérêt suffisant à la cause. G.K. et A.S. se sont vu accorder une réparation morale.</p></div><h2>Un arrêt d’une grande importance</h2><p>Il est certain que pour G.K. et A.S., le fait d’avoir enfin obtenu gain de cause devant la plus haute instance judiciaire dans cette affaire revêt une grande importance. Mais ce jugement aura également une portée considérable pour le mouvement végane et antispéciste dans son ensemble. En effet, il est désormais officiellement reconnu que l’alimentation végétalienne, lorsqu’elle repose sur une conviction éthique démontrable, constitue un droit humain. L’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui englobe non seulement la liberté de pensée et de conscience, mais aussi la liberté de religion, n’avait encore jamais été appliqué à un régime alimentaire motivé par des raisons non religieuses. Autrement dit, si les prisons, les hôpitaux et les autres établissements publics adaptaient déjà leurs menus dans les cas liés à la religion (en proposant par exemple des repas halal ou casher), ils n’étaient jusqu’à présent pas tenus de prendre en compte les besoins des personnes véganes.</p><h2>La CEDH reconnaît le véganisme comme relevant de la liberté de conscience</h2><p>Mais tout comme une conviction fondamentale d’ordre religieux guide les actions d’une personne dans différents domaines de la vie et peut, en ce sens, devenir une question de conscience, les motivations qui sous-tendent le véganisme, telles que le rejet du spécisme, le respect de la dignité animale ou la compassion face à la souffrance des animaux, peuvent aussi guider les actions des personnes véganes. En ce sens, dans diverses situations, leurs choix (visant à rejeter toute exploitation animale) relèvent donc eux aussi de la liberté de conscience.</p><h2>L’arrêt rendu à Strasbourg est juridiquement contraignant pour tous les États signataires</h2><p>Le fait que la CEDH ait désormais reconnu le véganisme comme relevant de la liberté de conscience constitue une première étape vers un plus grand respect de la part des institutions et une plus grande tolérance de la part de la population à l'égard des personnes véganes et de leur régime alimentaire. En effet, cet arrêt est juridiquement contraignant pour la Suisse et les 45&nbsp;autres États membres du Conseil de l’Europe qui ont ratifié la Convention européenne des droits de l’homme, et il s’applique avec effet immédiat sans restriction.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Les droits de l’homme prévalent sur la loi suisse</h3><p>En Suisse, la Convention européenne des droits de l’homme prévaut sur les lois fédérales (<a href="http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-II-417%3Ade&amp;lang=fr&amp;type=show_document" target="_blank">ATF 125 II 417</a>,&nbsp;consid.&nbsp;4d) &nbsp;et sur la Constitution fédérale (<a href="http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-I-16%3Ade&amp;lang=fr&amp;type=show_document" target="_blank">ATF 139 I 16</a>,&nbsp;consid.&nbsp;5.1). C’est pourquoi la Confédération et les cantons sont désormais tenus d’adapter leurs lois de manière à ce que, outre les régimes alimentaires motivés par des convictions religieuses, &nbsp;les régimes alimentaires non religieux tels que le végétarisme et le végétalisme soient également protégés juridiquement au titre de la liberté de pensée, de conscience et de religion, et que la discrimination à l’encontre des personnes véganes soit traitée de la même manière que la discrimination fondée sur la croyance et soit punissable de la même façon. Grâce à l’arrêt de la CEDH, cet avenir plus inclusif se rapproche désormais d’un pas.&nbsp;<br></div></p><h2>Et maintenant&nbsp;?</h2><p>Même si, en matière d’alimentation, l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme a jusqu'à présent été principalement appliqué au titre de la liberté de religion, cela ne signifie bien sûr pas que le véganisme soit une «&nbsp;quasi-religion&nbsp;», comme l’écrivent désormais certains médias. Cela signifie néanmoins que le véganisme est bien plus qu’une «&nbsp;simple préférence alimentaire&nbsp;» ou une «&nbsp;mode passagère&nbsp;»&nbsp;: il s’agit d’un engagement légitime, fondé sur des principes éthiques désormais protégés par la Convention des droits de l’homme, en faveur d’une plus grande justice envers les animaux non humains.</p><p>Il reste désormais à voir quelles lois la Confédération et les cantons adopteront pour tenir compte de cette nouvelle situation juridique. Peut-être prendront-ils exemple sur <a href="https://www.vegansociety.com/news/blog/new-prison-food-rules-what-revised-prison-food-policy-means-imprisoned-vegans" target="_blank">l’Angleterre et le Pays de Galles</a>, qui ont déjà reconnu, dès le début de l’année 2026, que la nourriture servie dans les prisons avait des répercussions importantes sur la dignité et le bien-être des personnes détenues, et qui proposent désormais un menu végétalien à l’ensemble de la population carcérale.</p><p>En attendant que la Suisse en arrive là, les véganes victimes de discrimination de la part d’institutions publiques (ou encore sur leur lieu de travail, dans le cadre du service militaire, etc.) en raison de leur régime alimentaire peuvent désormais invoquer l’arrêt de la CEDH et sa force juridique.</p><p>&nbsp;Une avancée réjouissante et porteuse d’avenir&nbsp;!</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ul><li><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22display%22:%5B%220%22%5D,%22languageisocode%22:%5B%22ENG%22%5D,%22appno%22:%5B%2255299/20%22,%2231515/22%22%5D,%22documentcollectionid2%22:%5B%22CLIN%22%5D,%22itemid%22:%5B%22002-14630%22%5D%7D" target="_blank">Arrêt de la CEDH du 16.07.2026</a></li><li>Les deux arrêts rendus par le Tribunal fédéral suisse :<ul><li><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=1B_608%2F2019++&amp;rank=1&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=aza%3A%2F%2F11-06-2020-1B_608-2019" target="_blank">Arrêt du 11 juin 2020</a></li><li><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=%222C_495%2F2021%22&amp;rank=1&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=aza%3A%2F%2F09-02-2022-2C_495-2021" target="_blank">Arrêt du 9 février 2022</a></li></ul></li></ul></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li>Communiqué de presse de Swissveg : <a href="https://newsletter.swissveg.ch/newsletter.php?data=aWQ9NjkwJmxhbmc9Rg" target="_blank">La CEDH reconnaît pour la première fois l’alimentation végétale comme un droit humain</a>, 16.07.2026</li><li>RTS: <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/la-suisse-condamnee-par-la-cedh-pour-avoir-refuse-un-menu-vegetalien-a-deux-militants-29304768.html" target="_blank">La Suisse condamnée par la CEDH pour avoir refusé des repas végétaliens à deux antispécistes</a>, 16.07.2026</li><li>Vegconomist: <a href="https://vegconomist.com/politics-law/echr-recgonizes-ethical-veganism-matter-of-conscience-swiss-prison-diet-case/" target="_blank">ECHR Recognizes Ethical Veganism as a Matter of Conscience in Swiss Prison Diet Case</a></li></ul></div> Fri, 17 Jul 2026 15:52:10 +0000 Nurdin 4217 at https://www.swissveg.ch Swissmilk-Werbung zur WM: Ist Kuhmilch wirklich die beste Wahl für starke Knochen? https://www.swissveg.ch/de/Pflanzenmilch-Swissmilk-Kampagne <span>Publicité de Swissmilk pendant la Coupe du monde : le lait de vache favorise-t-il vraiment la santé osseuse ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 15:03</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">En ce moment, tout le monde ne parle que de sport&nbsp;: c’est la Coupe du monde de football et l’équipe nationale suisse s’est hissée jusqu’aux quarts de finale. Bien entendu, pour réaliser des performances de haut niveau de manière constante, une bonne alimentation est essentielle pour les sportifs d’élite. Mais dans quelle mesure le fait de choisir le meilleur lait y contribue-t-il réellement&nbsp;? Et est-il vrai, comme le suggère une nouvelle campagne de Swissmilk, que le lait de vache est la meilleure option pour nos os&nbsp;?</p><p>L’affiche de Swissmilk, diffusée par phases sur différents supports publicitaires depuis le début de la Coupe du monde, montre trois footballeurs visibles des cuisses aux pieds. Ils portent des shorts rouges, des jambières rouges et des chaussures de football de différentes couleurs. Leurs tibias sont couverts de cicatrices et il y a de la boue sous leurs chaussures. En légende, on peut lire&nbsp;: «&nbsp;Fière partenaire des os suisses&nbsp;» et le logo de Swissmilk. Le message suggéré ici est clair&nbsp;: le lait est bon pour les os&nbsp;! Mais est-ce vraiment le cas&nbsp;? Ou s’agit-il là d’un mythe dépassé&nbsp;?</p><h4>Nutriments importants&nbsp;: les protéines et le calcium</h4><p>Pour trouver le lait le mieux adapté à ses besoins, il est utile de consulter les informations nutritionnelles au dos de l’emballage. On constate alors rapidement que <strong>le lait de vache n’est pas aussi avantageux qu'on pourrait le croire</strong> en termes de macronutriments. Le lait de vache contient notamment nettement plus de matières grasses et de sucres que les laits végétaux. En matière de protéines non plus, le lait de vache n’est pas le leader incontesté&nbsp;: il occupe seulement la deuxième place derrière le lait de soja, comme nous l’avons déjà détaillé dans <a href="/LaitDeVache-LaitVegetal-QueChoisir">cet article</a>. Ainsi, si l’on cherche à réduire son apport calorique tout en augmentant légèrement sa consommation de protéines, le lait de soja est le meilleur choix. Et pour les personnes qui ne se soucient pas particulièrement de maximiser leur apport en protéines, le lait d’avoine ou un autre lait végétal constituent des options tout à fait appropriées.</p><p>Parmi les micronutriments présents dans le lait de vache et le lait végétal, le <strong>calcium</strong> joue un rôle particulièrement important, car il est étroitement lié à la santé osseuse. Il détermine (outre d’autres fonctions importantes) la dureté des os, mais uniquement en association avec les fibres organiques et élastiques du tissu conjonctif dans lesquelles le calcium est stocké. Lorsque, avec l'âge, cette structure osseuse organique se développe moins bien pour des raisons hormonales et constitutionnelles, une ostéoporose peut apparaître&nbsp;; la substance osseuse devient plus poreuse et plus sujette aux fractures. Cela entraîne fréquemment des fractures de la hanche. Mais comment prévenir au mieux ce phénomène&nbsp;?</p><h4>Le lait de vache est-il une bonne source de calcium&nbsp;?</h4><p>«&nbsp;Le lait de vache contient du calcium. Et pour avoir des os en bonne santé, il faut du calcium. Par conséquent, si l'on veut avoir des os solides, il faut absolument boire beaucoup de lait de vache.&nbsp;» – C’est en gros le raisonnement que la campagne de l’organisation de lobbying Swissmilk cherche à véhiculer. Or, cela n’est pas tout à fait vrai&nbsp;; il s’agit plutôt d’un<strong> mythe très répandu et réfuté depuis longtemps</strong>. Examinons cela de plus près.</p><p>Ce qu’il faut savoir&nbsp;: Le lait de vache contient environ 120&nbsp;milligrammes de calcium pour 100&nbsp;millilitres. Dans les laits végétaux, la teneur en calcium varie naturellement, c’est pourquoi ceux-ci sont souvent enrichis afin d’atteindre également les 120 milligrammes. À cet égard, le lait de vache et la plupart des laits végétaux sont donc équivalents. Les besoins quotidiens d’un adulte s’élèvent à environ 1000 mg de calcium par jour et les Suisses boivent en moyenne un verre de lait par jour.</p><p>Si l'on voulait couvrir ses besoins en calcium avec du lait de vache, il faudrait donc en consommer plus de quatre verres (de 200&nbsp;ml chacun) par jour. Cela impliquerait également l’ingestion d'une quantité importante de graisses animales malsaines (30&nbsp;g) et de sucre sous forme de lactose (40&nbsp;g). Ces chiffres peuvent surprendre. En effet, beaucoup ignorent que le lait de vache contient même plus de calories que le Coca-Cola. Mais heureusement, il n’est pas du tout nécessaire de boire autant de lait de vache, car <strong>les aliments d'origine végétale constituent de bien meilleures sources de calcium</strong>&nbsp;:&nbsp;les graines de sésame, par exemple, contiennent pas moins de 783 milligrammes de calcium pour 100&nbsp;grammes, et les noix, les légumineuses et d’autres légumes en fournissent également plus de 200&nbsp;milligrammes. Nous avons dressé une liste des meilleures sources végétales de calcium dans <a href="/calcium">un article à part</a>. Vous trouverez également de plus amples informations sur les nutriments essentiels dans notre brochure <a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/de81a335b3a172483aaa/pages/page/9" target="_blank" title="Végane pour la santé - Calcium">« Végane pour la santé »</a>.</p><p>Il n'est donc pas vrai que le lait de vache soit une source indispensable de calcium. Bien au contraire&nbsp;:&nbsp;<strong>pour couvrir ses besoins quotidiens en calcium, on peut tout à fait se passer du lait de vache</strong> à condition de consommer suffisamment d’aliments d’origine végétale, qui font de toute façon déjà partie d’une alimentation saine et équilibrée.</p><h4>Le calcium renforce-t-il les os&nbsp;?</h4><p>Le fait est que la masse osseuse se constitue principalement au cours des premières années de la vie. &nbsp;C’est donc à cette période qu’un apport suffisant en calcium est particulièrement important. À partir de 30&nbsp;ans environ, la masse osseuse diminue progressivement en raison de changements hormonaux et constitutionnels. &nbsp;On sait par exemple que l’œstrogène a un effet protecteur sur les os, ce qui explique pourquoi les femmes sont particulièrement touchées par l’ostéoporose à partir de la ménopause.</p><p>Mais contrairement à ce que suggèrent les affiches de Swissmilk, &nbsp;consommer davantage de lait de vache à l’âge adulte ne permet pas de renforcer ses os. En effet, cela a été réfuté scientifiquement depuis longtemps : en 2015, la revue scientifique The BMJ a par exemple conclu, à l’issue d’une vaste analyse systématique portant sur plus de 40 études en médecine nutritionnelle, qu’il n’existait <strong>aucun lien entre l’apport en calcium par l’alimentation et le risque de fracture osseuse</strong>. De plus, il n’existe <strong>aucune preuve qu’une augmentation de l’apport en calcium puisse prévenir les fractures</strong>.<span class="fussnotenlink">1</span> Une méta-étude de l’Université de Zurich portant sur plus de 190&nbsp;000&nbsp;participantes est également parvenue à la même conclusion en 2011&nbsp;: quelle que soit la quantité de lait de vache consommée par les participants, aucun lien significatif n’a été établi avec le nombre de fractures de la hanche.<span class="fussnotenlink">2</span><sup> </sup>Enfin, une autre analyse des données nationales relatives à la consommation de produits laitiers et à la fréquence des fractures de la hanche, publiée en 2020, est même parvenue à la conclusion suivante :&nbsp;<strong>c’est dans les pays où la consommation de lait et de calcium est la plus élevée que l’on recense le plus grand nombre de fractures de la hanche</strong><span class="fussnotenlink">3</span> – un résultat qui peut sembler paradoxal, mais qui a été confirmé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).<span class="fussnotenlink">4</span></p><p>En résumé, il n’est pas mauvais de consommer du calcium en quantité suffisante, mais miser sur le lait de vache à cette fin n’est certainement pas la bonne approche&nbsp;!</p><h4>Activité sportive, alimentation saine et vitamine D</h4><p>Pour en revenir au football&nbsp;: outre l’alimentation, le sport et l’activité physique constituent un facteur très important pour la santé osseuse. Selon une équipe de recherche du National Centre for Sport and Exercise Medicine, la solidité osseuse des patientes et des patients atteints d'ostéoporose peut être optimisée grâce à un entraînement ciblé de musculation et de mise en charge, ainsi qu'à des exercices visant à améliorer la posture.<span class="fussnotenlink">5</span> Il va de soi que cette même approche pourrait également s’avérer efficace à titre préventif. En d’autres termes&nbsp;:&nbsp;<strong>les os soumis régulièrement à des sollicitations préservent leur solidité</strong>.&nbsp;C’est le seul point que l’affiche de Swissmilk restitue avec justesse&nbsp;: le sport (comme le football) renforce les os (suisses). &nbsp;Le lait de vache, par contre, n’a rien à voir là-dedans.</p><p>D’ailleurs, <strong>un grand nombre d’athlètes de haut niveau ont délibérément adopté une alimentation à base de plantes</strong>. Qui ne connaît pas, par exemple, la star du football Lionel Messi&nbsp;? En 2014, il est passé à un régime «&nbsp;plant forward&nbsp;», c’est-à-dire qu’il a réduit au minimum sa consommation d’aliments d’origine animale afin d’améliorer ses marqueurs inflammatoires et de raccourcir son temps de récupération après l’entraînement. On peut également citer la légende de la Formule&nbsp;1, Lewis Hamilton, qui est végane depuis 2017. Ou encore les joueurs de tennis professionnels Novak Đoković (n°&nbsp;1 mondial) et Venus Williams (championne olympique), ainsi que «&nbsp;l’homme le plus fort d’Allemagne&nbsp;», Patrik Baboumian, qui suivent eux aussi un régime à base de plantes, voire végétalien.</p><p><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr">Et la liste est encore longue&nbsp;! (Une</span><a href="/celebrite"><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr"> liste complète des célébrités véganes</span></a><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr"> est disponible sur notre site.) Dans tous les cas, une chose est sûre&nbsp;:&nbsp;<strong>une alimentation majoritairement ou exclusivement végétale permet tout à fait d’avoir des os en bonne santé et de mener une vie active et sportive</strong>.&nbsp;Le lait de vache n’est ni indispensable, ni même utile à cet effet.</span></p><p>Pour finir, il convient de mentionner qu’il existe un autre micronutriment très important pour la santé osseuse&nbsp;: la vitamine D. Celle-ci favorise l’absorption du calcium et la minéralisation des os. Malheureusement, en Suisse, plus d’un tiers des adultes et 40 à 50&nbsp;% des enfants présentent une carence en vitamine D.<span class="fussnotenlink">6</span> C’est pourquoi il est utile de faire évaluer son taux de vitamine D et d’envisager une supplémentation, quel que soit son régime alimentaire</p><h4>Conclusion</h4><p>Avec son affiche, Swissmilk réduit des questions complexes à un seul produit. Le sujet du lait (végétal), du calcium et de la santé osseuse est toutefois plus complexe qu’il n'y paraît. Et le lait de vache ne contribue justement pas à des os plus sains – du moins, aucune preuve ne vient étayer une telle affirmation.</p><p>Bien sûr, les campagnes publicitaires ont le droit de simplifier les choses. Mais elles ne devraient pas pour autant véhiculer des promesses en matière de santé qui ne sont pas corroborées par des preuves scientifiques. Alors, carton jaune pour Swissmilk&nbsp;!</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p><strong>Sources</strong></p><p>1: Bolland et al (2015): «Calcium intake and risk of fracture: systematic review» In: The BMJ;351:h4580. <a href="https://doi.org/10.1136/bmj.h4580" target="_blank">doi.org/10.1136/bmj.h4580</a></p><p>2: Bischoff-Ferrari et al: «Milk intake and risk of hip fracture in men and women: A meta-analysis of prospective cohort studies» In: Journal of &nbsp;Bone and Mineral Research, 14. Oktober 2010. <a href="https://doi.org/10.1002/jbmr.279" target="_blank">doi.org/10.1002/jbmr.279</a></p><p>3: Willett &amp; Ludwig (2020): «Milk and Health» In: The New England Journal of Medicine 2020;382:644-54. <a href="https://doi.org/10.1056/NEJMra1903547" target="_blank">doi.org/10.1056/NEJMra1903547.</a> Les auteurs soulignent que d'autres facteurs, tels que le statut en vitamine D et l'origine ethnique, pourraient jouer un rôle dans l'explication de cette corrélation, mais ils insistent sur le fait qu'une faible consommation de produits laitiers semble compatible avec un faible taux de fractures de la hanche.</p><p>4: «<span style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(0, 0, 0);display:inline !important;float:none;font-family:Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;font-size:11px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;orphans:2;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">The paradox (that hip fracture rates are higher in developed countries where calcium intake is higher than in developing countries where calcium intake is lower) clearly calls for an explanation. To date, the accumulated data indicate that the adverse effect of protein, in particular animal (but not vegetable) protein, might outweigh the positive effect of calcium intake on calcium balance.»</span> <a href="https://web.archive.org/web/20200709214343/https://www.who.int/nutrition/topics/5_population_nutrient/en/index25.html" target="_blank">(web.archive.org/web/20200709214343/https://www.who.int/nutrition/topics/5_population_nutrient/en/index25.html</a>)</p><p>5: Brooke-Wavell et al (2022): «Strong, steady and straight: UK consensus statement on physical activity and exercise for osteoporosis» In: British Journal of Sports Medicine 2022;56:837-846, <a href="https://doi.org/10.1136/bjsports-2021-104634" target="_blank">doi.org/10.1136/bjsports-2021-104634</a></p><p>6: <a href="https://www.edi.admin.ch/dam/fr/sd-web/7ahCvsFYUPsh/stellungnahme-eek-studie-bolland-fr.pdf">edi.admin.ch/dam/fr/sd-web/7ahCvsFYUPsh/stellungnahme-eek-studie-bolland-fr.pdf</a>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/lait">À propos du lait</a></li><li><a href="/LaitDeVache-LaitVegetal-QueChoisir">Lait de vache ou boissons végétales : que choisir ?</a></li><li><a href="/calcium">En savoir plus sur le calcium</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/lait_mensonges">Les mensonges à propos du lait</a></li><li><a href="/celebrite">Célébrités véganes</a></li><li><a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/de81a335b3a172483aaa/pages/page/1" target="_blank" title="Brochure : Végane pour la santé">Brochure : Végane pour la santé</a></li></ul></div> Wed, 15 Jul 2026 12:53:34 +0000 Nurdin 4212 at https://www.swissveg.ch Swissmilk-Werbung zur WM: Ist Kuhmilch wirklich die beste Wahl für starke Knochen? https://www.swissveg.ch/de/Pflanzenmilch-Swissmilk-Kampagne <span>Publicité de Swissmilk pendant la Coupe du monde : le lait de vache favorise-t-il vraiment la santé osseuse ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 15:03</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">En ce moment, tout le monde ne parle que de sport&nbsp;: c’est la Coupe du monde de football et l’équipe nationale suisse s’est hissée jusqu’aux quarts de finale. Bien entendu, pour réaliser des performances de haut niveau de manière constante, une bonne alimentation est essentielle pour les sportifs d’élite. Mais dans quelle mesure le fait de choisir le meilleur lait y contribue-t-il réellement&nbsp;? Et est-il vrai, comme le suggère une nouvelle campagne de Swissmilk, que le lait de vache est la meilleure option pour nos os&nbsp;?</p><p>L’affiche de Swissmilk, diffusée par phases sur différents supports publicitaires depuis le début de la Coupe du monde, montre trois footballeurs visibles des cuisses aux pieds. Ils portent des shorts rouges, des jambières rouges et des chaussures de football de différentes couleurs. Leurs tibias sont couverts de cicatrices et il y a de la boue sous leurs chaussures. En légende, on peut lire&nbsp;: «&nbsp;Fière partenaire des os suisses&nbsp;» et le logo de Swissmilk. Le message suggéré ici est clair&nbsp;: le lait est bon pour les os&nbsp;! Mais est-ce vraiment le cas&nbsp;? Ou s’agit-il là d’un mythe dépassé&nbsp;?</p><h4>Nutriments importants&nbsp;: les protéines et le calcium</h4><p>Pour trouver le lait le mieux adapté à ses besoins, il est utile de consulter les informations nutritionnelles au dos de l’emballage. On constate alors rapidement que <strong>le lait de vache n’est pas aussi avantageux qu'on pourrait le croire</strong> en termes de macronutriments. Le lait de vache contient notamment nettement plus de matières grasses et de sucres que les laits végétaux. En matière de protéines non plus, le lait de vache n’est pas le leader incontesté&nbsp;: il occupe seulement la deuxième place derrière le lait de soja, comme nous l’avons déjà détaillé dans <a href="/LaitDeVache-LaitVegetal-QueChoisir">cet article</a>. Ainsi, si l’on cherche à réduire son apport calorique tout en augmentant légèrement sa consommation de protéines, le lait de soja est le meilleur choix. Et pour les personnes qui ne se soucient pas particulièrement de maximiser leur apport en protéines, le lait d’avoine ou un autre lait végétal constituent des options tout à fait appropriées.</p><p>Parmi les micronutriments présents dans le lait de vache et le lait végétal, le <strong>calcium</strong> joue un rôle particulièrement important, car il est étroitement lié à la santé osseuse. Il détermine (outre d’autres fonctions importantes) la dureté des os, mais uniquement en association avec les fibres organiques et élastiques du tissu conjonctif dans lesquelles le calcium est stocké. Lorsque, avec l'âge, cette structure osseuse organique se développe moins bien pour des raisons hormonales et constitutionnelles, une ostéoporose peut apparaître&nbsp;; la substance osseuse devient plus poreuse et plus sujette aux fractures. Cela entraîne fréquemment des fractures de la hanche. Mais comment prévenir au mieux ce phénomène&nbsp;?</p><h4>Le lait de vache est-il une bonne source de calcium&nbsp;?</h4><p>«&nbsp;Le lait de vache contient du calcium. Et pour avoir des os en bonne santé, il faut du calcium. Par conséquent, si l'on veut avoir des os solides, il faut absolument boire beaucoup de lait de vache.&nbsp;» – C’est en gros le raisonnement que la campagne de l’organisation de lobbying Swissmilk cherche à véhiculer. Or, cela n’est pas tout à fait vrai&nbsp;; il s’agit plutôt d’un<strong> mythe très répandu et réfuté depuis longtemps</strong>. Examinons cela de plus près.</p><p>Ce qu’il faut savoir&nbsp;: Le lait de vache contient environ 120&nbsp;milligrammes de calcium pour 100&nbsp;millilitres. Dans les laits végétaux, la teneur en calcium varie naturellement, c’est pourquoi ceux-ci sont souvent enrichis afin d’atteindre également les 120 milligrammes. À cet égard, le lait de vache et la plupart des laits végétaux sont donc équivalents. Les besoins quotidiens d’un adulte s’élèvent à environ 1000 mg de calcium par jour et les Suisses boivent en moyenne un verre de lait par jour.</p><p>Si l'on voulait couvrir ses besoins en calcium avec du lait de vache, il faudrait donc en consommer plus de quatre verres (de 200&nbsp;ml chacun) par jour. Cela impliquerait également l’ingestion d'une quantité importante de graisses animales malsaines (30&nbsp;g) et de sucre sous forme de lactose (40&nbsp;g). Ces chiffres peuvent surprendre. En effet, beaucoup ignorent que le lait de vache contient même plus de calories que le Coca-Cola. Mais heureusement, il n’est pas du tout nécessaire de boire autant de lait de vache, car <strong>les aliments d'origine végétale constituent de bien meilleures sources de calcium</strong>&nbsp;:&nbsp;les graines de sésame, par exemple, contiennent pas moins de 783 milligrammes de calcium pour 100&nbsp;grammes, et les noix, les légumineuses et d’autres légumes en fournissent également plus de 200&nbsp;milligrammes. Nous avons dressé une liste des meilleures sources végétales de calcium dans <a href="/calcium">un article à part</a>. Vous trouverez également de plus amples informations sur les nutriments essentiels dans notre brochure <a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/de81a335b3a172483aaa/pages/page/9" target="_blank" title="Végane pour la santé - Calcium">« Végane pour la santé »</a>.</p><p>Il n'est donc pas vrai que le lait de vache soit une source indispensable de calcium. Bien au contraire&nbsp;:&nbsp;<strong>pour couvrir ses besoins quotidiens en calcium, on peut tout à fait se passer du lait de vache</strong> à condition de consommer suffisamment d’aliments d’origine végétale, qui font de toute façon déjà partie d’une alimentation saine et équilibrée.</p><h4>Le calcium renforce-t-il les os&nbsp;?</h4><p>Le fait est que la masse osseuse se constitue principalement au cours des premières années de la vie. &nbsp;C’est donc à cette période qu’un apport suffisant en calcium est particulièrement important. À partir de 30&nbsp;ans environ, la masse osseuse diminue progressivement en raison de changements hormonaux et constitutionnels. &nbsp;On sait par exemple que l’œstrogène a un effet protecteur sur les os, ce qui explique pourquoi les femmes sont particulièrement touchées par l’ostéoporose à partir de la ménopause.</p><p>Mais contrairement à ce que suggèrent les affiches de Swissmilk, &nbsp;consommer davantage de lait de vache à l’âge adulte ne permet pas de renforcer ses os. En effet, cela a été réfuté scientifiquement depuis longtemps : en 2015, la revue scientifique The BMJ a par exemple conclu, à l’issue d’une vaste analyse systématique portant sur plus de 40 études en médecine nutritionnelle, qu’il n’existait <strong>aucun lien entre l’apport en calcium par l’alimentation et le risque de fracture osseuse</strong>. De plus, il n’existe <strong>aucune preuve qu’une augmentation de l’apport en calcium puisse prévenir les fractures</strong>.<span class="fussnotenlink">1</span> Une méta-étude de l’Université de Zurich portant sur plus de 190&nbsp;000&nbsp;participantes est également parvenue à la même conclusion en 2011&nbsp;: quelle que soit la quantité de lait de vache consommée par les participants, aucun lien significatif n’a été établi avec le nombre de fractures de la hanche.<span class="fussnotenlink">2</span><sup> </sup>Enfin, une autre analyse des données nationales relatives à la consommation de produits laitiers et à la fréquence des fractures de la hanche, publiée en 2020, est même parvenue à la conclusion suivante :&nbsp;<strong>c’est dans les pays où la consommation de lait et de calcium est la plus élevée que l’on recense le plus grand nombre de fractures de la hanche</strong><span class="fussnotenlink">3</span> – un résultat qui peut sembler paradoxal, mais qui a été confirmé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).<span class="fussnotenlink">4</span></p><p>En résumé, il n’est pas mauvais de consommer du calcium en quantité suffisante, mais miser sur le lait de vache à cette fin n’est certainement pas la bonne approche&nbsp;!</p><h4>Activité sportive, alimentation saine et vitamine D</h4><p>Pour en revenir au football&nbsp;: outre l’alimentation, le sport et l’activité physique constituent un facteur très important pour la santé osseuse. Selon une équipe de recherche du National Centre for Sport and Exercise Medicine, la solidité osseuse des patientes et des patients atteints d'ostéoporose peut être optimisée grâce à un entraînement ciblé de musculation et de mise en charge, ainsi qu'à des exercices visant à améliorer la posture.<span class="fussnotenlink">5</span> Il va de soi que cette même approche pourrait également s’avérer efficace à titre préventif. En d’autres termes&nbsp;:&nbsp;<strong>les os soumis régulièrement à des sollicitations préservent leur solidité</strong>.&nbsp;C’est le seul point que l’affiche de Swissmilk restitue avec justesse&nbsp;: le sport (comme le football) renforce les os (suisses). &nbsp;Le lait de vache, par contre, n’a rien à voir là-dedans.</p><p>D’ailleurs, <strong>un grand nombre d’athlètes de haut niveau ont délibérément adopté une alimentation à base de plantes</strong>. Qui ne connaît pas, par exemple, la star du football Lionel Messi&nbsp;? En 2014, il est passé à un régime «&nbsp;plant forward&nbsp;», c’est-à-dire qu’il a réduit au minimum sa consommation d’aliments d’origine animale afin d’améliorer ses marqueurs inflammatoires et de raccourcir son temps de récupération après l’entraînement. On peut également citer la légende de la Formule&nbsp;1, Lewis Hamilton, qui est végane depuis 2017. Ou encore les joueurs de tennis professionnels Novak Đoković (n°&nbsp;1 mondial) et Venus Williams (championne olympique), ainsi que «&nbsp;l’homme le plus fort d’Allemagne&nbsp;», Patrik Baboumian, qui suivent eux aussi un régime à base de plantes, voire végétalien.</p><p><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr">Et la liste est encore longue&nbsp;! (Une</span><a href="/celebrite"><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr"> liste complète des célébrités véganes</span></a><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr"> est disponible sur notre site.) Dans tous les cas, une chose est sûre&nbsp;:&nbsp;<strong>une alimentation majoritairement ou exclusivement végétale permet tout à fait d’avoir des os en bonne santé et de mener une vie active et sportive</strong>.&nbsp;Le lait de vache n’est ni indispensable, ni même utile à cet effet.</span></p><p>Pour finir, il convient de mentionner qu’il existe un autre micronutriment très important pour la santé osseuse&nbsp;: la vitamine D. Celle-ci favorise l’absorption du calcium et la minéralisation des os. Malheureusement, en Suisse, plus d’un tiers des adultes et 40 à 50&nbsp;% des enfants présentent une carence en vitamine D.<span class="fussnotenlink">6</span> C’est pourquoi il est utile de faire évaluer son taux de vitamine D et d’envisager une supplémentation, quel que soit son régime alimentaire</p><h4>Conclusion</h4><p>Avec son affiche, Swissmilk réduit des questions complexes à un seul produit. Le sujet du lait (végétal), du calcium et de la santé osseuse est toutefois plus complexe qu’il n'y paraît. Et le lait de vache ne contribue justement pas à des os plus sains – du moins, aucune preuve ne vient étayer une telle affirmation.</p><p>Bien sûr, les campagnes publicitaires ont le droit de simplifier les choses. Mais elles ne devraient pas pour autant véhiculer des promesses en matière de santé qui ne sont pas corroborées par des preuves scientifiques. Alors, carton jaune pour Swissmilk&nbsp;!</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p><strong>Sources</strong></p><p>1: Bolland et al (2015): «Calcium intake and risk of fracture: systematic review» In: The BMJ;351:h4580. <a href="https://doi.org/10.1136/bmj.h4580" target="_blank">doi.org/10.1136/bmj.h4580</a></p><p>2: Bischoff-Ferrari et al: «Milk intake and risk of hip fracture in men and women: A meta-analysis of prospective cohort studies» In: Journal of &nbsp;Bone and Mineral Research, 14. Oktober 2010. <a href="https://doi.org/10.1002/jbmr.279" target="_blank">doi.org/10.1002/jbmr.279</a></p><p>3: Willett &amp; Ludwig (2020): «Milk and Health» In: The New England Journal of Medicine 2020;382:644-54. <a href="https://doi.org/10.1056/NEJMra1903547" target="_blank">doi.org/10.1056/NEJMra1903547.</a> Les auteurs soulignent que d'autres facteurs, tels que le statut en vitamine D et l'origine ethnique, pourraient jouer un rôle dans l'explication de cette corrélation, mais ils insistent sur le fait qu'une faible consommation de produits laitiers semble compatible avec un faible taux de fractures de la hanche.</p><p>4: «<span style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(0, 0, 0);display:inline !important;float:none;font-family:Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;font-size:11px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;orphans:2;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">The paradox (that hip fracture rates are higher in developed countries where calcium intake is higher than in developing countries where calcium intake is lower) clearly calls for an explanation. To date, the accumulated data indicate that the adverse effect of protein, in particular animal (but not vegetable) protein, might outweigh the positive effect of calcium intake on calcium balance.»</span> <a href="https://web.archive.org/web/20200709214343/https://www.who.int/nutrition/topics/5_population_nutrient/en/index25.html" target="_blank">(web.archive.org/web/20200709214343/https://www.who.int/nutrition/topics/5_population_nutrient/en/index25.html</a>)</p><p>5: Brooke-Wavell et al (2022): «Strong, steady and straight: UK consensus statement on physical activity and exercise for osteoporosis» In: British Journal of Sports Medicine 2022;56:837-846, <a href="https://doi.org/10.1136/bjsports-2021-104634" target="_blank">doi.org/10.1136/bjsports-2021-104634</a></p><p>6: <a href="https://www.edi.admin.ch/dam/fr/sd-web/7ahCvsFYUPsh/stellungnahme-eek-studie-bolland-fr.pdf">edi.admin.ch/dam/fr/sd-web/7ahCvsFYUPsh/stellungnahme-eek-studie-bolland-fr.pdf</a>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/lait">À propos du lait</a></li><li><a href="/LaitDeVache-LaitVegetal-QueChoisir">Lait de vache ou boissons végétales : que choisir ?</a></li><li><a href="/calcium">En savoir plus sur le calcium</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/lait_mensonges">Les mensonges à propos du lait</a></li><li><a href="/celebrite">Célébrités véganes</a></li><li><a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/de81a335b3a172483aaa/pages/page/1" target="_blank" title="Brochure : Végane pour la santé">Brochure : Végane pour la santé</a></li></ul></div> Wed, 15 Jul 2026 12:53:34 +0000 Nurdin 4212 at https://www.swissveg.ch Die beliebteste Deklaration für vegane Produkte https://www.swissveg.ch/de/umfrage_deklaration_26 <span>La déclaration la plus appréciée pour les produits végétaliens</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 9:53</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Comment les produits végétaliens doivent-ils être étiquetés pour se vendre au mieux&nbsp;? Pour le savoir, Swissveg a commandé un sondage représentatif à YouGov.</p><p>Les résultats sont clairs&nbsp;: tous les groupes de clientèle interrogés (personnes végétaliennes, végétariennes et flexitariennes) souhaitent voir figurer le <a href="https://www.swissveg.ch/fr/v-label-general?language=de">V-Label</a> officiel sur l’emballage des produits. Tous les autres types d’étiquetage (ou l’absence totale de mention « végétalien / végane ») sont nettement moins appréciés.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>Ce n’est que chez les personnes qui consomment de la viande que la réponse « je ne sais pas » a été la plus fréquente, car celles-ci ne se sentent pas concernées par la mention «&nbsp;végétalien&nbsp;/ végane&nbsp;» ou n’y accordent pas d’importance.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Produkte-kaufen_FR.webp"><p>&nbsp;</p><h2>«&nbsp;Plant-based&nbsp;» plutôt que «&nbsp;végane&nbsp;»?</h2><p>La question de savoir s’il vaut mieux indiquer «&nbsp;plant-based / à base de plantes&nbsp;» plutôt que «&nbsp;végane / végétalien&nbsp;» sur un produit fait régulièrement l’objet de débats. Outre le fait que ces termes ne sont pas synonymes, l’enquête montre clairement que, si le terme «&nbsp;plant-based&nbsp;» est certes mieux perçu par les personnes flexitariennes et non végétariennes que le mot «&nbsp;végane&nbsp;», la présence d’un label végane reste l’option la plus attrayante pour notre public cible. Même l’absence de toute indication est préférable à la mention «&nbsp;plant-based&nbsp;».</p><p>Il apparaît en outre clairement qu’une simple mention «&nbsp;végane / végétalien&nbsp;» est perçue très différemment d’un vrai label de qualité. Même si le terme « végane » est également inclus dans le V-Label, ce dernier bénéficie de loin de la plus grande acceptation auprès des consommatrices et des consommateurs.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Zielgruppe_FR.webp" alt="Deklarationsvorlieben in der Zielgruppe"><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>Cette enquête représentative a été menée par YouGov sur mandat de Swissveg entre le 15 et le 24&nbsp;juin&nbsp;2026. 1020 personnes âgées de 15 à 79&nbsp;ans et domiciliées en Suisse ont été interrogées.&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/sondage-label-2026">Enquête V-Label 2026 : le V-Label reste le label le plus connu pour les produits végétaliens et végétariens</a></li><li><a href="/sondage-label-2024">Enquête V-Label 2024 : le V-Label renforce sa position de leader</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/v-label-tendance?language=de">En 2023, le V-Label fait partie des marques les plus dynamiques et les plus tendance de Suisse</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Mon, 13 Jul 2026 05:27:13 +0000 Renato 4214 at https://www.swissveg.ch Umfrage 2026 zeigt: Das V-Label baut seinen Vorsprung als bekanntestes vegan Label aus. https://www.swissveg.ch/de/label-umfrage_2026 <span>Enquête 2026 : le V-Label reste le label le plus connu pour les produits végétariens et végétaliens</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 9:36</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Dans l’enquête réalisée en 2024, le V-Label s’était déjà largement imposé comme le label le plus connu pour la déclaration des produits végétaliens. Le nouveau sondage de juin 2026 montre que le V-Label a continué à renforcer sa position de leader dans ce domaine.</p><h2>Plus de deux tiers de la population connaît le V-Label</h2><p>69 % de la population générale suisse connaît le V-Label, ce qui représente une hausse de près de 1,5 % par rapport à 2024. Parmi les personnes végétariennes et véganes, le taux de notoriété du V-Label est supérieur à 90 %. Il atteint en outre 76 % chez les personnes flexitariennes.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Bekanntheit-2_FR.webp" alt="Évolution de la notoriété du V-Label de 2024 à 2026" /><p>À titre de comparaison, le taux de notoriété du label végane de la Vegan Society (en forme de fleur) a continué à baisser, passant de 26 % à seulement 19 %. Presque 80 % de la population suisse ne connaît pas ce label.</p><p>Dans une perspective à long terme, la notoriété du V-Label ne cesse de croître : dans notre premier sondage, réalisé en 2017, seuls 47 % de la population générale connaissait ce label. Aujourd’hui (2026), ce chiffre s’élève à 69 %.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Bekanntheit-1_FR.jpg" alt="La notoriété du V-Label n'a fait que progresser entre 2017 et 2026." class="align-center" /><h2>Perception du V-Label</h2><p>En plus d’être connu, le V-Label jouit également d’une bonne réputation. Plus de 91 % des personnes interrogées ont une opinion positive ou neutre du V-Label. Seuls 5 % en ont une opinion négative. En revanche, près de 60 % voient le label d’un œil positif.</p><p>La confiance accordée au V-Label a également continué de progresser, passant de 81 % à 83 %.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Label%20_Umfrage-2026_Vertrauen_FR.webp" alt="La confiance accordée au V-Label" /><h2>Dans quels segments de la population le V-Label est-il le plus connu ?</h2><p>Outre les personnes véganes, végétariennes et flexitariennes, d’autres catégories de la population connaissent très bien le V-Label.  <br />Chez les personnes en formation, son taux de notoriété atteint presque 90 %. Il est aussi très populaire chez les jeunes : 87 % des 15 à 29 ans le connaissent.  <br />Le V-Label jouit également d’une grande confiance auprès des personnes à revenus élevés et de celles ayant un niveau d’études supérieur.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>Cette enquête représentative a été menée par YouGov sur mandat de Swissveg entre le 15 et le 24&nbsp;juin&nbsp;2026. 1020 personnes âgées de 15 à 79&nbsp;ans et domiciliées en Suisse ont été interrogées.&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/sondage-declaration-2026">Enquête 2026 : la déclaration la plus appréciée pour les produits végétaliens</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/v-label-tendance">En 2023, le V-Label fait partie des marques les plus dynamiques et les plus tendance de Suisse</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/sondage-label-2024">Enquête V-Label 2024 : le V-Label renforce sa position de leader</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Mon, 13 Jul 2026 07:11:37 +0000 Renato 4213 at https://www.swissveg.ch