Amandine's blog https://www.swissveg.ch/fr fr Agrarpolitik 2030+ Teil 1: Chancen und Risiken https://www.swissveg.ch/de/agrarpolitik-2030-Teil-1 <span>Politique agricole 2030+, partie 1 : risques et opportunités</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. octobre 2026 - 15:19</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="text-align-justify western einleitung" style="font-weight:normal;">Dans la série d'articles « Politique agricole 2030+ », Swissveg examine les opportunités et les risques liés à la prochaine réforme agricole pour les animaux, les humains et l'environnement, suit le processus de consultation sur le paquet législatif au cours du 4<span class="fussnotenlink">e</span> trimestre 2026 et prend position sur les résultats concrets qui en découlent.</p><div data-ui-role="accordion"><h3 class="text-align-justify western einleitung" style="font-weight:normal;">L'essentiel en bref :</h3><ul><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">La « Politique agricole 2030+ » s'appuie sur toute une série de documents stratégiques importants dans les domaines de l'agriculture, du climat, de l'alimentation et de la santé.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">La « Stratégie suisse de nutrition 2025-2032 », en particulier, contient de nombreuses bonnes idées qui seraient également bénéfiques pour les animaux dans l'agriculture suisse.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Il existe certains liens de fond avec l'initiative « Pour une alimentation sûre », notamment la volonté d'augmenter le taux d'autosuffisance de la Suisse et de rendre l'agriculture suisse plus durable.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">La consultation sur ce paquet législatif a débuté le 3 septembre 2026. Divers groupes aux intérêts parfois très divergents participent à ce processus de participation politique. C'est pourquoi il en résultera très certainement un projet de loi fortement édulcoré et peu utile pour les animaux dans l'agriculture suisse.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><u>Perspectives :</u> dans la deuxième partie de cette série d'articles, nous porterons un regard plus détaillé sur la consultation. Que contient le projet et quelles sont ses lacunes ? Quelle est la position de Swissveg et d’autres organisations de défense des animaux à ce sujet ? Et existerait-il une meilleure vision pour l'avenir de notre agriculture que celle visée par cette réforme ?</p></li></ul></div><p class="text-align-justify western"> </p><p class="text-align-justify western"><strong><u>Remarque :</u> Cet article est assez long et détaillé. Vous trouverez un résumé des principaux points abordés dans la </strong><a href="#conclusion"><strong><u>conclusion</u></strong></a><strong>.</strong></p><p class="text-align-justify western"> </p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-10/V-Mais_0.JPG" data-entity-uuid="0bb7c182-150a-4150-b667-5e2586f7695f" data-entity-type="file" alt="" width="1920" height="797" /><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;">Maïs fourrager ou maïs destiné à l'alimentation humaine ? Ce qui pousse dans les champs suisses a des conséquences considérables. Source de l'image : Swissveg, 2006.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Avant toute chose, il vaut sans doute la peine de dresser un bilan lucide de la situation actuelle de l'agriculture suisse, principalement axée sur l'élevage, et des conséquences que celle-ci entraîne pour les êtres humains, les animaux et l'environnement. Voici donc quelques chiffres et faits :</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3 class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">L'agriculture suisse – chiffres et faits</h3><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-10/G%C3%BClle-Bauer.jpg" data-entity-uuid="2c8f83c7-313c-4e7e-8946-4a587ed32ae1" data-entity-type="file" alt="" width="1475" height="581" class="align-center" /><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;">L'excédent de matières fécales est l'un des problèmes auxquels est confrontée l'agriculture suisse. Source de l'image : Swissveg, 2004.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><ul><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">En 2025, <a href="https://www.swissveg.ch/fr/chiffresabattage">plus de 86 millions d'animaux  « de rente »</a> ont été abattus en Suisse. Cela représente <strong>plus de 230 000 animaux par jour</strong>, pour la plupart élevés, engraissés et tués dans des conditions indignes. Du point de vue du véganisme, cette souffrance animale inutile constitue une véritable catastrophe morale, car il existe aujourd'hui pour chaque produit d'origine animale des alternatives végétales saines, savoureuses et abordables. Une transition nette vers une agriculture davantage axée sur le végétal devrait donc constituer la priorité absolue d'un programme de réforme.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le fait de prolonger la chaîne alimentaire par l'intermédiaire des animaux – c'est-à-dire de cultiver des aliments destinés aux animaux avant de consommer ces derniers, plutôt que de cultiver directement des végétaux pour l'alimentation humaine – entraîne un gaspillage de terres, d'eau et d'autres ressources, et génère une quantité énorme d'<strong>émissions inutiles</strong>. En effet, le passage à un régime alimentaire plus respectueux de l'environnement, impliquant notamment une réduction significative des produits d'origine animale, permettrait d'éviter environ les trois quarts des émissions liées à l'alimentation – ce chiffre nous vient directement de l'Office fédéral de l’agriculture.<a href="#1_unten"><strong><sup>1</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="1_oben"></a></p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">L'utilisation de pesticides et la pratique de la monoculture ont de <strong>graves conséquences pour les abeilles sauvages et les autres insectes pollinisateurs</strong>, dont les populations <a href="/disparition_insectes"><strong>diminuent massivement</strong></a><strong> </strong>depuis des décennies. L'agriculture végétale étant plus efficiente que l'agriculture basée sur l'élevage, elle nécessite <a href="/terre"><strong>nettement moins de terres</strong></a> et est donc mieux adaptée à la préservation de la biodiversité.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Comme les animaux « de rente » sont souvent élevés en très grand nombre dans des espaces très restreints (par exemple les poules pondeuses, les poulets de chair, les cochons), en cas d'épidémie, de nombreux animaux doivent être traités simultanément aux antibiotiques. Cela augmente le risque que des <a href="/burgers-qui-rendent-malade"><strong>microbes résistants</strong></a> se propagent parmi les animaux et finissent par se transmettre aux humains.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Comme l'élevage produit des <strong>quantités considérables de matières fécales</strong> (« lisier ») utilisées pour fertiliser les prairies et les terres arables, les taux d'ammoniac et de phosphore dans les sols et les nappes phréatiques augmentent. Dans les sols, cela entraîne une acidification préoccupante. Et dans les lacs suisses en particulier, les excès de phosphore ont des conséquences néfastes – <a href="/algues-toxiques-elevage-intensif"><strong>certains doivent même être oxygénés artificiellement depuis des années</strong></a>.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>La Suisse importe plus de la moitié de ses denrées alimentaires </strong>et dépend donc de développements politiques et économiques sur lesquels elle n'a aucune influence. Une agriculture à base de plantes réduirait cette dépendance en augmentant le <a href="/initiative-alimentation-contre-arguments"><strong>taux d'autosuffisance</strong> </a>du pays.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Les paiements directs (subventions) de la Confédération visent principalement à soutenir une agriculture basée sur l'élevage.</strong> Ainsi, <a href="/subventionspolitik"><strong>environ 2,24 milliards de francs sont alloués chaque année à la production de viande, de lait, d'œufs et d'autres produits d'origine animale</strong></a>, tandis que la production végétale ne touche que 0,56 milliard de francs. En d'autres termes : environ 80 % des subventions sont destinées à une agriculture inefficace, non écologique et source de souffrance animale, tandis que seulement 20 % environ soutiennent une production alimentaire plus efficace et plus respectueuse de l'environnement et des animaux. Il est évident que ce régime de subventions n'a rien de durable et qu'il manque donc son objectif.</p></li></ul><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p></div><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">En résumé, l'agriculture suisse est un système qui provoque d'immenses souffrances et entraîe chaque jour la mort de milliers d'animaux « de rente ». Un système responsable d'une grande partie de nos émissions de CO2, de pertes massives de biodiversité, de la propagation de germes dangereux résistants aux antibiotiques, de la pollution des lacs et d'une forte dépendance vis-à-vis des importations étrangères. Et un système qui, par son régime de subventions idéologique, empêche les agricultrices et agriculteurs de remplir correctement leur mission première, à savoir approvisionner la population suisse en denrées alimentaires saines et durables. <strong>La nécessité d'une réforme est donc cruciale.</strong></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Cependant, toute réforme législative doit respecter le cadre fixé par la Constitution fédérale. Il est donc utile d'y jeter un bref coup d'œil afin de mieux comprendre l'orientation de la « Politique agricole 2030+ » :</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3 class="western">Agriculture et sécurité alimentaire : que prévoit la Constitution fédérale ?</h3><ul><li><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;">Conformément à l'</span><a href="https://www.swissrights.ch/gesetze/Artikel-104-BV-2024-FR.php" target="_blank"><span style="font-weight:normal;"><strong>article 104 de la Constitution fédérale</strong></span></a><span style="font-weight:normal;">, la Confédération doit notamment garantir la <strong>sécurité de l'approvisionnement</strong> (art. 104, al. 1a Cst.), veiller à ce que la <strong>production agricole réponde la fois aux exigences du développement durable et celles du marché</strong> (al. 1) et, si nécessaire, fournir des<strong> aides complémentaires</strong> (al. 2).</span></p></li><li><p class="text-align-justify western">Deux outils de soutien essentiels utilisés par la Confédération sont les paiements directs et les incitations économiques : les <strong>paiements directs</strong> sont subordonnés à la <strong>preuve de prestations écologiques </strong>de la part des exploitations agricoles (al. 3a) et les <strong>incitations économiques</strong> visent à promouvoir en particulier des <strong>modes de production en accord avec la nature et respectueux de l'environnement et des animaux </strong>(al. 3b).</p></li><li><p class="text-align-justify western">La Confédération intervient également en matière de protection de l'environnement dans le domaine agricole. Elle <strong>protège l'environnement </strong>contre l'utilisation excessive d'<strong>engrais</strong>, de produits chimiques et d'autres matières auxiliaires (al. 3d).</p></li></ul><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">On remarque tout d’abord qu'il n’est pas précisé ici ce que l'on entend par une production « répondant aux exigences du développement durable ». Cette formulation fait-elle référence à une <strong>durabilité purement économique</strong>, c'est-à-dire à une gestion des intrants et des extrants du système de production visant à garantir qu’il y ait toujours suffisamment de denrées alimentaires disponibles sur le marché à long terme ? Ou bien s'agit-il également d'une <a href="https://durabilite.hepl.ch/wp-content/uploads/hep_factsheetdurabilite4.pdf" target="_blank"><strong>conception plus large de durabilité forte</strong></a><span style="text-decoration:none;">, selon laquelle la préservation à long terme du capital naturel (avec ou sans autorisation de substitution par d'autres formes de capital) est également garantie ? Cette question reste ici ouverte à l'interprétation.</span></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">L'exigence selon laquelle l'octroi de paiements directs est subordonné à la présentation de preuves de prestations écologiques et le fait que l'octroi d'incitations économiques soit lié à des modes de production particulièrement en accord avec la nature et respectueux de l'environnement et des animaux, semblent à première vue être des mesures positives et progressistes. Cependant, comme la Constitution fédérale fait passer catégoriquement les intérêts économiques avant le bien-être animal, la marge de manœuvre au niveau législatif demeure limitée. En effet, ce qui est considéré comme « particulièrement respectueux des animaux » s’appuie généralement, dans la pratique, simplement sur les méthodes existantes et non sur les besoins et les intérêts des animaux. <a href="/welfare-washing"><strong>La notion de « bien-être animal » n'est souvent employée qu'à des fins de « welfare washing »</strong></a>.</p><p class="text-align-justify western"> </p><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;">En ce qui concerne la <strong>sécurité de l'approvisionnement</strong>, la Constitution fédérale comporte en outre l'</span><a href="https://www.swissrights.ch/gesetze/Artikel-104a-bv-2022-FR.php" target="_blank"><span style="font-weight:normal;"><strong>article 104a</strong></span></a><span style="font-weight:normal;">. Celui-ci stipule que la Confédération doit garantir l’approvisionnement de la population en denrées alimentaires en créant les conditions nécessaires pour :</span></p><ul><li><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;">une <strong>production de denrées alimentaires adaptée aux conditions locales et utilisant les ressources de manière efficiente</strong> (art. 104a, al. b Cst.) ;</span></p></li><li><p class="text-align-justify western">des relations commerciales transfrontalières qui contribuent au <strong>développement durable </strong>de l'agriculture et du secteur agroalimentaire (al. d) ;</p></li><li><p class="text-align-justify western">une utilisation des denrées alimentaires qui <strong>préserve les ressources</strong> (al. e).</p></li></ul><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">En raccourcissant la chaîne alimentaire, l'agriculture végétale est automatiquement plus efficiente, dépend moins des importations et préserve nettement mieux nos ressources que le statu quo. Ainsi, il ne serait plus nécessaire d'importer des aliments concentrés pour les animaux d'engraissement, <a href="/consommation_eau"><strong>la consommation d'eau diminuerait considérablement</strong></a> et il serait possible de produire <a href="/terre"><strong>plus de calories destinées à la consommation humaine sur une superficie moindre</strong></a>.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Si l'on voulait réellement remplir les exigences des articles 104 et 104a de la Constitution fédérale, la meilleure solution serait de passer d'une agriculture axée sur l'élevage à une agriculture orientée sur les cultures végétales. Cela impliquerait notamment de mettre fin aux subventions accordées à la production et à la promotion de la viande, des œufs et des produits laitiers, de subventionner beaucoup plus fortement l'agriculture végétale et de prévoir des campagnes d’information et des mesures éducatives adéquates.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-07/Header_Swissmilk_Kampagne_FR_wide_0.jpg" alt="Affiche de Swissmilk" /><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;">Chaque année, Swissmilk reçoit elle aussi des millions de francs de la Confédération à des fins de promotion des ventes. Cette image montre ce que nous pensons de sa <a href="/campagne-swissmilk-lait">campagne pour la Coupe du monde</a>.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p></div><p> </p><h2 class="western">Quelles sont les conditions préalables à la mise en œuvre de la politique agricole 2030+ ?</h2><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Toutes les lois et tous les règlements relatifs à l'agriculture doivent respecter les principes constitutionnels susmentionnés, même s'il existe bien sûr une grande marge de manœuvre à cet égard. C'est pourquoi il nous appartient désormais d'examiner de plus près comment la Confédération entend précisément transformer l'agriculture. Elle a en effet publié toute une série de documents et de notes stratégiques pertinents, auxquels la « Politique agricole 2030+ » doit s'aligner sur le fond. Les plus importants d'entre eux sont présentés ci-après, dans l'ordre :</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><br /><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"></p><h3 class="text-align-justify western"><span style="text-decoration:none;"><strong>Juin 2022 :</strong> Rapport « Orientation future de la politique agricole »</span></h3><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;">Le 22 juin 2022, le Conseil fédéral a publié son rapport </span><span style="text-decoration:none;">« </span><a href="https://www.newsd.admin.ch/newsd/message/attachments/72188.pdf" target="_blank"><span style="font-weight:normal;"><strong>Orientation future de la politique agricole</strong></span></a><span style="text-decoration:none;"> »</span><span style="font-weight:normal;">. Celui-ci indique que moins de 40 % des terres arables suisses sont utilisées pour l'alimentation humaine directe et que les importations d'aliments pour animaux ont presque doublé au cours des 20 dernières années (p. 5). Le système alimentaire suisse peut être considéré comme « inefficace », car « seul un sixième des protéines produites se retrouve dans l'assiette du consommateur. » (p. 48). Par ailleurs, « l'alimentation de la population suisse est déséquilibrée et responsable d’une empreinte écologique importante » (p. 5).</span><a href="#2_unten"><span style="font-weight:normal;"><strong><sup>2</sup></strong></span></a><a class="ck-anchor" id="2_oben"></a><span style="font-weight:normal;"><strong> Par conséquent, le rapport préconise également des mesures concrètes visant à orienter davantage l'agriculture vers une production végétale et à renforcer la sécurité alimentaire</strong></span><strong>.</strong><a href="#3_unten"><strong><sup>3</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="3_oben"></a><span style="font-weight:normal;"> Le rapport souligne en outre qu'il est  « nécessaire que les échelons en aval et la consommation évoluent parallèlement à l’agriculture afin que le système alimentaire connaisse une amélioration sensible de sa durabilité et empêche un déplacement des répercussions sur l’environnement à l’étranger ». (p. 25). Il préconise également des améliorations en matière de bien-être animal, « notamment dans les domaines de la stabulation, des soins et des sorties régulières en plein air », ainsi qu'en matière de santé animale (p. 64). Bien que le rapport contienne une section intitulée « Transformation, vente et commerce » (p. 57), il n'aborde pas les dysfonctionnements liés à l'abattage des animaux, mais demande simplement que l'affouragement au moyen de sous-produits d'abattage soit autorisé (p. 82). Dans l'ensemble, ce rapport donne toutefois une impression assez progressiste et formule des revendications importantes dont la mise en œuvre cohérente permettrait de réduire considérablement, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, la souffrance animale massive dans le secteur agricole.</span></p><div id="sdfootnote1"><p class="sdfootnote"> </p></div><h3 class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Septembre 2023 :</strong> « Stratégie Climat pour l'agriculture et l'alimentation 2050 »</h3><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le 5 septembre 2023, l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OFSAV) et l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) ont publié conjointement la <a href="https://www.blw.admin.ch/de/klimastrategie-landwirtschaft-und-ernaehrung-2050" target="_blank"><strong>« Stratégie Climat pour l'agriculture et l'alimentation 2050 »</strong></a>. La stratégie climatique exige que des changements importants soient mis en œuvre dans l'agriculture, l'industrie agroalimentaire, le commerce de détail et la restauration, conformément aux objectifs climatiques fixés, afin d'atténuer les effets sur le changement climatique et de mieux préparer la Suisse à ses conséquences. Elle préconise donc une « alimentation riche en végétaux et contenant moins de viande », grâce à laquelle « il serait théoriquement possible de réduire de trois quarts » les émissions liées à l'alimentation. De même, « les émissions de la production agricole indigène pourraient être théoriquement diminuées d'un bon tiers voire de moitié par rapport à 1990, avec un degré d’autosuffisance plus élevé » (Partie 1, p. 14). <strong>Pour y parvenir, la Stratégie Climat mise sur une approche « feed not food » cohérente </strong>: « Les terres arables serviront en premier lieu à la production durable de denrées d’origine végétale saines réservées à l'alimentation humaine, tandis que les surfaces herbagères en dehors des terres assolées et les pertes inévitables issues de la fabrication de denrées alimentaires seront utilisées pour nourrir les animaux de rente », ce qui permettra de « réduire la compétition entre alimentation animale et alimentation humaine » (Partie 2, p. 5).<a href="#4_unten"><strong><sup>4</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="4_oben"></a> <strong>La stratégie propose également de « faire un usage plus ciblé des paiements directs et des suppléments du marché »</strong> (Partie 2, p. 5). En effet, « une adaptation des contributions et des suppléments actuels peut favoriser l'évolution de l'agriculture vers une production accrue de denrées alimentaires servant directement à l'alimentation humaine » (Partie 2, p. 42).<a href="#5_unten"><strong><sup>5</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="5_oben"></a> Dans le cadre de la promotion de variétés résistantes (au changement climatique), il convient notamment de prendre en compte leur aptitude à « servir d'alternative aux produits d'origine animale » (Partie 2, p. 39). Ces mesures, ainsi que d'autres, doivent être mises en œuvre dans le cadre de la Politique agricole 2030+ (Partie 2, p. 42).</p><div id="sdfootnote2"><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/CH_Emissionen_FR.png" data-entity-uuid="64c449b6-e16a-4afc-bb1c-a6ae31fbab63" data-entity-type="file" alt="" width="1329" height="504" class="align-center" /><p class="text-align-center sdfootnote">La quasi-totalité des émissions de l'agriculture suisse provient de l'élevage. Source du graphique (traduit en français par nos soins) : <a href="https://www.greenpeace.ch/static/planet4-switzerland-stateless/2026/03/ee3ae5b2-foodvision_zhaw_final.pdf#page=24" target="_blank">Vision PLANT50 (ZHAW/Greenpeace)</a>, p. 24</p></div><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><h3 class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Avril 2025 :</strong> « Stratégie suisse de nutrition 2025-2032 » et « Plan d'action 2025-2028 »</h3><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/Schweizer_Ernaehrungsstrategie_FR.png" data-entity-uuid="b7512bc2-ba1a-4e27-adcf-12951d1cb5b5" data-entity-type="file" alt="" width="994" height="557" class="align-center" /><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;">Les Suisses consomment trop d'aliments d'origine animale et pas assez d'aliments d'origine végétale. Source de l'image : <a href="https://www.blv.admin.ch/dam/fr/sd-web/bjyWlVLt1D-D/FR%20ERNST%202025-2032%2C%20aktualisiert%202026.pdf" target="_blank">Stratégie suisse de nutrition 2025-2032,</a> p. 6</p><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le 16 avril 2025, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OFSAV) et le Département fédéral de l'intérieur (DFI) ont publié conjointement la <a href="https://www.blv.admin.ch/fr/strategie-suisse-de-nutrition" target="_blank"><strong>« Stratégie suisse de nutrition 2025-2032 »</strong></a> assortie d'un « Plan d'action 2025-2028 ».</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le système alimentaire suisse étant étroitement lié à d'autres domaines stratégiques importants, la stratégie suisse de nutrition 2025-2032 « [tient] compte des divers aspects d'une alimentation équilibrée et durable » (p. 5).</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/Schweizer_Ernaehrungsstrategie_Aspekte_FR.png" data-entity-uuid="cf7bac33-dea9-460c-b22e-7a564e25d89f" data-entity-type="file" alt="" width="59.43%" height="1861" class="align-center" /><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;">La stratégie alimentaire suisse est étroitement liée à d'autres domaines stratégiques importants. Source de l'image : <a href="https://www.blv.admin.ch/dam/fr/sd-web/bjyWlVLt1D-D/FR%20ERNST%202025-2032%2C%20aktualisiert%202026.pdf">Stratégie suisse de nutrition 2025-2032</a>, p. 5</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><ul><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><span style="background:transparent;"><strong>Stratégie MNT :</strong> La </span><a href="https://www.bag.admin.ch/fr/strategie-nationale-prevention-des-maladies-non-transmissibles" target="_blank"><span style="background:transparent;"><strong>Stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles</strong></span></a><span style="background:transparent;"> vise à prévenir l'augmentation des maladies non transmissibles (MNT) et cite le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires, les affectations chroniques des voies respiratoires et les troubles musculo-squelettiques comme principaux exemples (p. 4). Il est évident que l'alimentation joue un rôle majeur dans les MNT et il existe </span><a href="https://www.swissveg.ch/fr/govegan"><span style="background:transparent;">de nombreuses preuves</span></a><span style="background:transparent;"> indiquant que l'alimentation végétalienne réduit considérablement le risque de développer des MNT.</span></p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Politique agricole (2030+ et précédentes) :</strong> Il va de soi que les stratégies politiques dans les domaines de l'alimentation (consommation) et de l'agriculture (production) doivent être envisagées comme un tout. La prochaine version de la politique agricole (PA 2030+) a été mise en consultation le 3 septembre 2026. Le déroulement précis du processus de consultation est expliqué ci-dessous. Le résultat de ce processus fera l'objet du deuxième article de cette série.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><span style="background:transparent;"><strong>Stratégie Climat pour l'agriculture et l'alimentation 2050 :</strong> voir ci-dessus.</span></p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Approche « One Health » :</strong> L'idée derrière <a href="https://www.blv.admin.ch/fr/one-health-fr" target="_blank"><strong>One Health</strong></a> est d'adopter une vision holistique de la santé. Comme l'indique la Confédération sur son site web : « L'approche One Health (Une seule santé) décrit le lien entre la santé des êtres humains, des animaux, des plantes et de l’environnement et comment différents secteurs et disciplines ainsi que la population peuvent contribuer à une protection durable. » Le terme « santé » est ici principalement utilisé dans son sens médical, c'est-à-dire qu'il se réfère (outre les maladies des plantes cultivées) avant tout à la question des germes résistants aux antibiotiques et des zoonoses (maladies transmissibles de l'animal à l'homme, susceptibles à leur tour de déclencher des pandémies). Tout le monde sait aujourd'hui que<strong> </strong><a href="/burgers-qui-rendent-malade"><strong>la prolifération extrême des germes résistants aux antibiotiques est une conséquence directe de l'élevage intensif</strong></a>. De même, le fait que <a href="/pandemies"><strong>la plupart des pandémies résultent d'un contact trop étroit entre l'animal et l'être humain</strong></a> et sont étroitement liées à l'élevage intensif n'a rien de nouveau. L'approche One Health serait donc tout à fait cohérente avec une réorientation de l'agriculture vers la production d'aliments d'origine végétale.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><span style="background:transparent;"><strong>Plan d'action contre le gaspillage alimentaire :</strong> Celui-ci a été </span><a href="https://www.bafu.admin.ch/dam/fr/sd-web/2vVtDYhy5B9N/aktionsplan_gegen_die_lebensmittelverschwendung.pdf"><span style="background:transparent;">publié par le Conseil fédéral</span></a><span style="background:transparent;"> le 25 septembre 2018. D'après ce rapport, « environ un tiers des parties comestibles des aliments est perdu ou gaspillé entre le champ et l'assiette » (p. 5). Comme l'agriculture végétale implique un raccourcissement de la chaîne alimentaire, le gaspillage alimentaire y serait moins important. En effet, le gaspillage de produits d’origine animale va de pair avec le gaspillage des plantes qui ont servi à nourrir les animaux. L'alimentation végétale contribue donc également à atteindre cet objectif. (Le rapport ne mentionne toutefois rien à ce sujet.)</span></p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><span style="background:transparent;"><strong>Santé2030</strong>, ou </span><a href="https://www.bag.admin.ch/fr/politique-de-la-sante-strategie-du-conseil-federal-20202030" target="_blank"><span style="background:transparent;"><strong>Stratégie du Conseil fédéral en matière de politique de la santé 2020–2030</strong></span></a><span style="background:transparent;"> : L'environnement a été reconnu comme un facteur externe important influençant la santé. Étant donné qu'une transition d'une agriculture basée sur l'élevage vers une agriculture plus végétale aurait des répercussions extrêmement positives sur l'environnement, les effets positifs directs s'accompagneraient donc également d'effets indirects bénéfiques sur la santé de la population suisse, par le biais de l'environnement.</span></p></li></ul><div id="sdfootnote1"><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/Schweizer_Ernaehrungsstrategie_Ziele_FR.png" data-entity-uuid="3bc13eac-3c32-4d30-8609-0fe80535aeea" data-entity-type="file" alt="" width="66.94%" height="850" class="align-center" /><p class="text-align-center sdfootnote">L'objectif de cette stratégie alimentaire est, dans l'ensemble, assez novateur. Source de l'image : <a href="https://www.blv.admin.ch/dam/fr/sd-web/bjyWlVLt1D-D/FR%20ERNST%202025-2032%2C%20aktualisiert%202026.pdf" target="_blank">Stratégie suisse de nutrition 2025-2032</a>, p. 10</p><p class="text-align-center sdfootnote"> </p></div><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Passons maintenant à l'examen du contenu de la stratégie de nutriton : </strong>celle-ci exige que les recommandations nutritionnelles soient crédibles, compréhensibles et basées sur des constats scientifiques. Elles doivent en outre « promouvoir la santé, être durables, tenir compte des habitudes culturelles et être applicables » (p. 4). On notera que l'alimentation végétale répond à tous ces critères (sauf celui de la conformité aux habitudes culturelles).</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Par ailleurs, le document critique la situation alimentaire actuelle en Suisse, soulignant que la population consomme <strong>trop de graisses animales et de viande</strong> et <strong>trop peu d'huiles végétales de qualité, de fruits et de légumes</strong> (p. 6),<a href="#6_unten"><strong><sup>6</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="6_oben"></a>  raison pour laquelle la stratégie vise explicitement à « augmenter la part de l'alimentation végétale » (objectif 3, p. 10). Swissveg s'engage depuis déjà 30 ans à faire évoluer nos habitudes alimentaires dans ce sens. Les personnes qui souhaitent réduire leur consommation de produits d'origine animale savent qu'elles peuvent opter pour les produits<strong> </strong><a href="https://www.swissveg.ch/fr/sondage-label-2026"><strong>certifiés « vegan » par notre V-Label</strong></a>, qui ne contiennent que des ingrédients d'origine végétale. Il convient également de relever que cet objectif fixé par la Confédération constitue une excellente raison de réduire les subventions accordées à la viande, au lait et aux œufs, et de soutenir davantage les producteurs de fruits et de légumes.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Malgré ces objectifs plutôt réjouissants, force est de constater que l'on parle souvent de l'environnement, mais rarement des animaux. Le terme « environnement » semble désigner uniquement les éléments inanimés de la nature (climat, qualité de l'eau, etc.), passant ainsi sous silence la souffrance des animaux – et en particulier celle des animaux « de rente ».</p><p> </p><p> </p><h3 class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Décembre 2025 :</strong> Étude « Vers une augmentation significative du degré d’autosuffisance avec un moindre impact environnemental »</h3><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le 9 décembre 2025, l'Institut de recherche en agriculture biologique FiBL et l'ETH Zurich ont publié une <a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank"><strong>recherche révolutionnaire</strong></a><strong> </strong>intitulée<strong> « Vers une augmentation significative du degré d’autosuffisance avec un moindre impact environnemental »</strong>. En voici une brève synthèse :</p><ul><li><p class="text-align-justify western">L'étude estime que le taux d'autosuffisance net (TAS) de la Suisse, qui s'élève actuellement à un peu moins de 50 %, pourrait être porté à un niveau compris entre « un peu moins de 70 % et plus de 100 % » grâce à des optimisations à court et moyen terme.</p></li><li><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;">Selon l'étude, les principaux leviers à cet effet « résident, d’une part, dans la réduction du gaspillage alimentaire et, d’autre part, dans l’utilisation des terres arables pour l’alimentation humaine plutôt que pour l’alimentation animale ». L’étude fait donc appel à la <strong>stratégie « feed no food »</strong> et estime que celle-ci irait de pair avec « une diminution de la production animale et une augmentation de la production végétale » (notre traduction).</span></p></li><li><p class="text-align-justify western">Il en résulterait ainsi un mode de production qui, par rapport à la situation actuelle, serait « nettement plus conforme aux recommandations nutritionnelles officielles et à la stratégie climatique de la Confédération » (notre traduction).</p></li><li><p class="text-align-justify western">La mise en œuvre d'un grand nombre de ces mesures n'entraînerait même pas de coûts d'investissement importants ni de pertes financières pour les entreprises.</p></li><li><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">L'étude souligne également le caractère inéquitable des subventions, qui va à l'encontre des objectifs de la stratégie alimentaire et climatique.</p></li><li><p class="text-align-justify western">Si ces mesures étaient mises en œuvre, « il serait possible d'amorcer une transition vers un système alimentaire nettement plus sûr en termes d'approvisionnement, plus efficace et plus durable » (notre traduction).</p></li></ul><p class="text-align-justify western">Il serait hautement souhaitable que le projet soumis à consultation, de même que le paquet législatif relatif à la PA 2030+ qui sera finalement adopté, tiennent compte de ces conclusions.</p><p class="text-align-center sdfootnote" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify sdfootnote" style="font-weight:normal;"> </p><h3 class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Janvier 2026 :</strong> Consultation relative au « train d'ordonnances agricoles 2026 »</h3><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le 28 janvier 2026, le Conseil fédéral a lancé la<strong> procédure de consultation relative au « train d'ordonnances agricoles 2026 »</strong>, qui entrera en vigueur à partir du 1<span class="fussnotenlink">er</span> janvier 2027. Celui-ci anticipe d'ores et déjà certains changements qui seront ensuite mis en œuvre au niveau législatif dans le cadre de la Politique agricole 2030+. <a href="https://umweltallianz.ch/wp-content/uploads/2026/04/2026-05-6-UWA-Musterstellungnahme-Landwirtschaft-Verordnungspaket-2026-2026-04-17.pdf" target="_blank"><strong>L'Alliance-Environnement a émis un avis critique à ce sujet.</strong></a></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><h3 class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>Février 2026 :</strong> Débat du Conseil fédéral sur la future « Politique agricole 2030+ »</h3><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/AP2030_Grafik_FR.png" data-entity-uuid="9b9fbd4c-dcb9-4959-9b34-c6aba9121bd8" data-entity-type="file" alt="" width="1566" height="727" class="align-center" /><p class="text-align-center western" style="font-weight:normal;">L'évolution progressive de la politique agricole suisse. Source de l'image : <a href="https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/GXxtpr8CKCuA/AP30%2B%20Folien%20Hintergrundgespr%C3%A4ch.pdf" target="_blank">Diapositives « Politique agricole 2030+ »</a>, OFAG, p. 4</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le 18 février 2026, le Conseil fédéral a eu une discussion sur la future « Politique agricole 2030+ ». Dans le <a href="https://www.admin.ch/fr/newnsb/6lmKbSWzDwQZM9AeZnB7S" target="_blank"><strong>communiqué de presse</strong></a><strong> </strong>qui s'y rapporte, il présente les quatre objectifs suivants pour la PA 2030+ :</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>(1) Étendre la liberté d’action et réduire les formalités administratives</strong></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le premier objectif revêt une grande importance pour les animaux, car désormais, les paiements directs dans les domaines de l'écologie et du bien-être animal ne seront plus subordonnés au respect de certaines consignes, mais dépendront de l'obtention de résultats concrets. La manière dont les agriculteurs et agricultrices parviendront à ces résultats leur est laissée à leur appréciation – leur marge de manœuvre s'en trouve donc élargie. Il est difficile de dire si cela se traduira finalement par une amélioration ou une détérioration des conditions de vie (et de mort) des animaux. Jusqu'à présent, les simplifications administratives ont toutefois généralement eu des conséquences négatives pour les animaux. Et souvent, elles s'accompagnent également d'une diminution des contrôles (en matière de bien-être animal). Les organisations de protection des animaux y voient donc un grand danger.<a href="#7_unten"><strong><sup>7</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="7_oben"></a></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>(2) Contribuer au bon fonctionnement des marchés</strong></p><p class="text-align-justify western">Le deuxième objectif consiste à mettre en œuvre « la hausse du soutien au prix du lait voulue par le Parlement ». Le marché du lait ne fonctionne plus depuis longtemps sans aide publique. Parler ici d'un « bon fonctionnement des marchés » relève clairement de la poudre aux yeux. Selon les règles d'un marché libre, tous les produits d'origine animale devraient aujourd'hui être importés. Les produits locaux seraient tellement plus chers que les denrées importées (et que les alternatives végétales) que presque plus personne ne les achèterait.</p><p class="text-align-justify western"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>(3) Améliorer les bases de la production et l’utilisation efficiente des ressources</strong></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le troisième objectif prévoit, en matière de sécurité alimentaire (entre autres), des mesures visant à « favoriser les insectes utiles [...] et encourager plus activement les cultures directement destinées à l'alimentation humaine ».<a href="#8_unten"><strong><sup>8</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="8_oben"></a> La volonté de mieux protéger les insectes est bien sûr louable. Et encourager davantage la culture végétale constitue déjà une partie de la solution. Ce qui fait toutefois défaut, c'est la réduction (ou mieux encore : l'abandon) du soutien aux modes d'agriculture basés sur l'élevage. Cette exigence figurait encore dans le rapport « Orientation future de la politique agricole » de 2022<span style="background:transparent;"> (mentionné précédemment).</span></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><strong>(4) Favoriser le développement durable des filières de l'agroalimentaire</strong></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le quatrième objectif prévoit la conclusion d'accords volontaires avec le commerce de détail. Cela signifie que les quatre plus grands détaillants (Migros, Coop, Aldi et Lidl) doivent être réunis autour d'une table et s'engager ensemble à respecter certains objectifs de développement durable. Cela pourrait par exemple inclure des objectifs concernant l’étendue des gammes de produits respectueux du bien-être animal ou les protéines végétales ; ces objectifs auraient donc une incidence directe sur les animaux dans l'agriculture suisse. Si l'on parvenait à rallier les quatre entreprises à cette cause, cela constituerait un moyen réaliste d'opérer un véritable changement. En revanche, si tous les détaillants n'étaient pas disposés à signer, le projet risquerait d'échouer. Les parties non signataires se trouveraient alors en effet avantagées par rapport aux parties signataires, situation que ces dernières n'accepteraient certainement pas. Quoi qu'il en soit, comme elle l'indique dans un autre document, la Confédération doit « pouvoir édicter des réglementations subsidiaires […] si les mesures ne sont pas assez efficaces » (<a href="https://web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/j4dTCC49sYwg/Medienrohstoff%20AP30%2B%20Aussprache%20Bundesrat_fr.pdf" target="_blank"><strong>Dossier de presse PA2030+</strong></a>, p. 4).</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;">Le renforcement des règles d'étiquetage applicables aux produits importés fait également partie intégrante du quatrième objectif. La législation alimentaire doit ainsi « une base légale permettant d’inverser la charge de la preuve. Les importateurs devraient alors Ítre en mesure de prouver que les produits qui n'ont pas fait l'objet d'une déclaration n'ont pas été produits avec des méthodes de production interdites en Suisse. » (ibid.). Cette approche semble a priori judicieuse et cohérente. <a href="https://www.swissveg.ch/fr/loi_stricte_vs_application_lacunaire"><strong>Son impact réel sur les animaux</strong></a> dépend toutefois fortement des méthodes de production autorisées en Suisse. De plus, il se pourrait que cette réglementation soit principalement utilisée à des fins de protection des frontières, c'est-à-dire pour protéger l'industrie de la viande suisse.</p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><h3 class="western"><strong>Perspectives :</strong> Quelles sont les prochaines étapes ?</h3><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;text-decoration:none;"><strong>Voici les prochaines étapes à suivre dans le cadre de cette procédure :</strong></p><ul><li><p class="text-align-justify western"><strong>Juillet – septembre 2026 : signature des conventions d'objectifs entre la Confédération et le secteur du commerce de détail. </strong>Les conventions d'objectifs volontaires entre la Confédération et le secteur du commerce de détail recèlent un fort potentiel. En Suisse, les quatre plus grands détaillants (Migros, Coop, Aldi et Lidl) dominent le marché alimentaire. Il s'agit de les réunir autour d'une même table afin qu’ils s'engagent ensemble à respecter certains objectifs de développement durable, parmi lesquels peuvent figurer des objectifs concernant l'étendue des gammes de produits respectueux du bien-être animal ou des protéines végétales.</p></li><li><p class="text-align-justify western"><strong>3 septembre 2026 : projet de consultation sur la Politique agricole 2030+. </strong>Le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR) présente un projet destiné à la consultation sur la Politique agricole 2030+.</p></li><li><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;"><strong>27 septembre 2026 : vote sur l'initiative « Pour une alimentation sûre »</strong>. L’initiative visait à réformer les articles 104 et 104a de la Constitution fédérale. Elle prévoyait notamment que la Confédération s'efforce d'atteindre un taux d'autosuffisance alimentaire d'au moins 70 %. L'initiative abordait ainsi de nombreux thèmes également traités dans la Politique agricole 2030+, même si la Confédération poursuit ici des objectifs un peu moins ambitieux. </span><a href="https://www.swissveg.ch/fr/soutien-securite-alimentaire"><span style="font-weight:normal;"><strong>Swissveg a soutenu cette initiative</strong></span></a><span style="font-weight:normal;"> et a réfuté en détail les </span><a href="https://www.swissveg.ch/fr/initiative-alimentation-contre-arguments"><span style="font-weight:normal;"><strong>arguments des opposants</strong></span></a><span style="font-weight:normal;">. Malheureusement, l'initiative a été </span><a href="https://www.admin.ch/fr/initiative-alimentation" target="_blank"><span style="font-weight:normal;">rejetée</span></a><span style="font-weight:normal;"> par la population suisse.</span></p></li><li><p class="text-align-justify western"><strong>3 septembre – 8 décembre 2026 : processus de consultation sur le paquet législatif « Politique agricole 2030+ »</strong>, auquel participeront diverses institutions et parties prenantes. Pour savoir comment se déroulera ce processus de consultation, rendez-vous dans le chapitre suivant de cette série d'articles. Swissveg suivra ce processus de près. </p></li><li><p class="text-align-justify western"><span style="text-decoration:none;"><strong>VAvant fin 2027 : présentation d'un message du Conseil fédéral concernant les modifications législatives dans le cadre de la PA 2030+</strong>. Le Conseil fédéral soumettra alors au Parlement son projet de loi relatif à la PA 2030+</span>.<a href="#9_unten"><strong><sup>9</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="9_oben"></a></p></li><li><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;"><strong>2028 : Débats parlementaires sur la PA 2030 : dès le début de la prochaine période législative (2028-2031)</strong>, le Parlement examinera le projet de loi.</span><a href="#10_unten"><span style="font-weight:normal;"><strong><sup>10</sup></strong></span></a><a class="ck-anchor" id="10_oben"></a><span style="font-weight:normal;"> Il pourra alors soit adopter la loi telle quelle, soit y apporter des modifications avant de l'adopter, soit renvoyer l'ensemble du projet au Conseil fédéral. Si la loi est adoptée par le Parlement, le délai de cent jours pour le dépôt d’un référendum commencera à courir. Si un référendum est lancé et qu'il aboutit, la loi fera l'objet d'un référendum. Si le référendum échoue, la loi entrera en vigueur telle qu'elle a été adoptée par le Parlement.</span></p></li><li><p class="text-align-justify western"><strong>2029 : Le Parlement adopte les ordonnances relatives à la loi.</strong><a href="#11_unten"><strong><sup>11</sup></strong></a><a class="ck-anchor" id="11_oben"></a></p></li><li><p class="text-align-justify western"><span style="text-decoration:none;"><strong>2030 : La Politique agricole 2030+ entre en vigueur.</strong></span><a href="#12_unten"><span style="text-decoration:none;"><strong><sup>12</sup></strong></span></a><a class="ck-anchor" id="12_oben"></a></p></li></ul><div id="sdfootnote1"><p class="sdfootnote"> </p></div><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"><span style="font-weight:normal;"><sup></div></sup></span></p><p class="text-align-justify western" style="font-weight:normal;"> </p><h2 class="western">La consultation : un processus aux multiples facettes</h2><p class="text-align-justify western">Pour se faire une idée globale des opportunités et des risques que recèle la « Politique agricole 2030+ », il faut également examiner les processus politiques qui ont conduit à son élaboration. Nous nous intéresserons donc ici à la consultation, qui vient tout juste de débuter au moment de la publication de cet article. Le deuxième article de cette série permettra ensuite de se pencher sur les résultats de cette consultation.</p><p class="western"> </p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3 class="western">Comment se déroule la procédure de consultation ?</h3><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/AP2030_Zeitplan_FR.png" data-entity-uuid="dda6adb2-2921-4f61-ac7d-dc52a0eb7025" data-entity-type="file" alt="" width="1166" height="461" class="align-center" /><p class="text-align-center western">Il faudra encore du temps avant la mise en place de la nouvelle politique agricole. Source de l'image : <a href="https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/GXxtpr8CKCuA/AP30%2B%20Folien%20Hintergrundgespr%C3%A4ch.pdf" target="_blank">Diapositives « Politique agricole 2030+ »</a>, OFAG, p. 22</p><p class="western"> </p><p class="text-align-justify western"><span style="font-weight:normal;">Le 3 septembre dernier, le Département fédéral de l'économie, de la formation et de la recherche (DEFR), dont relève notamment l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG), a publié un projet de consultation. La procédure de consultation proprement dite est désormais ouverte jusqu'au 8 décembre 2026. Dans le cadre d’une série de consultations (voir ci-dessous), divers groupes d’intérêt et représentants politiques sont invités à examiner le projet et à donner leur avis. Le projet de loi est donc élaboré de manière participative :</span><a href="#13_unten"><span style="font-weight:normal;"><strong><sup>13</sup></strong></span></a><a class="ck-anchor" id="13_oben"></a></p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/AP2030_Vernehmlassungsprozess_FR.png" data-entity-uuid="672b00d5-0c1c-4977-8cf6-03f7a06be327" data-entity-type="file" alt="" width="1559" height="648" class="align-center" /><p class="text-align-center western">Le projet de loi est élaboré de manière participative. Source de l'image : <a href="https://web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/JjecUxAi3NtN/AP30%2B%20Folien%20Aussprache%20Bundesrat_f.pdf" target="_blank">Diapositives « Politique agricole 2030+ »</a>, OFAG, p. 6</p><p class="text-align-justify western"> </p><p class="western">Le Groupe d'accompagnement PA30+ joue ici un rôle central, car il rassemble divers « acteurs de la chaîne alimentaire et représentants des milieux intéressés par la politique agricole ». Il est intéressant de jeter un œil à la liste des organisations participantes :</p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/AP2030_Begleitgruppe_FR.png" data-entity-uuid="c8c3f6e2-3100-44f2-b671-6a72009b2df8" data-entity-type="file" alt="" width="1606" height="770" class="align-center" /><p class="text-align-center western">Diverses organisations font partie du Groupe d'accompagnement PA30+. Source de l'image : <a href="https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/ST9Tj2hmOs9i/AP30%2B%20Zuk%C3%BCnftige%20Politik%20f%C3%BCr%20eine%20nachhaltige%20Land-%20und%20Ern%C3%A4hrungswirtschaft%20(Folienset).pdf#page=12" target="_blank">Diapositives « PA30+ : future politique en faveur d’une agriculture et d’un secteur agroalimentaire durables</a>, OFAG, p. 12</p><p class="text-align-justify western"> </p><p class="western">Comme on peut facilement le constater à la lecture de cette liste, de nombreuses organisations de lobbying défendant le système actuel sont présentes à la table des négociations. Proviande représente le secteur de la viande, Economiesuisse est un groupe de réflexion économique néolibéral et l'Union suisse des paysans n’est pas non plus réputée pour ses positions progressistes en matière de droits des animaux. D'autre part, l'Union maraîchère suisse (UMS) ainsi que Fruit-Union Suisse sont absentes.</p><p class="western">Et laquelle de ces organisations, peut-on se demander, défend réellement les intérêts des animaux ? C'est sans doute l'Alliance-Environnement qui est la plus à même de le faire, puisqu'elle regroupe les six organisations environnementales suivantes : <a href="https://umweltallianz.ch/fr/tout-sur-nous/" target="_blank"><strong>BirdLife, Greenpeace, Pro Natura, Fondation Énergie, ATA (Association transports et environnement) et WWF (World Wide Fund for Nature)</strong></a>. Dans le cadre de la procédure de consultation, l'Alliance-Environnement est représentée par Marcel Liner, responsable de la politique agricole chez Pro Natura. <a href="https://umweltallianz.ch/wp-content/uploads/2026/04/2026-05-6-UWA-Musterstellungnahme-Landwirtschaft-Verordnungspaket-2026-2026-04-17.pdf" target="_blank"><strong>Elle a par ailleurs déjà participé à la procédure de consultation relative au train d'ordonnances agricoles 2026</strong></a>, qui anticipe de nombreuses mesures envisagées au niveau législatif dans le cadre de la politique agricole 2026.</p><p class="western">Pendant la durée de la consultation, les membres du groupe d'accompagnement se prononceront sur le projet soumis à consultation. Swissveg publiera également sa propre prise de position, cette possibilité étant en principe ouverte à toutes les organisations. Pour la Confédération, ce processus fournit des éléments importants en vue d'éventuelles modifications du paquet législatif.</p><div id="sdfootnote1"><p class="sdfootnote"> </p></div><h3 class="western">Quels résultats attendons-nous de la procédure de consultation ?</h3><p class="western">Dans le cadre de la refonte de sa politique agricole, la Confédération s'est fixé les objectifs suivants, qui ont été abordés en détail plus haut :</p><ul><li><p class="western">Augmentation du taux d'autosuffisance</p></li><li><p class="western">Articulation avec six autres documents stratégiques de la Confédération</p></li><li><p class="western">Allègement des contraintes pour les exploitations agricoles</p></li><li><p class="western">Transfert d’une plus grande part de responsabilité aux distributeurs agricoles et aux détaillants</p></li><li><p class="western">Paiements directs : passage d’une approche normative à une approche axée sur les résultats</p></li><li><p class="western">Commerce de détail : accords volontaires sur des objectifs de durabilité, pouvant être complétés ultérieurement par des réglementations subsidiaires</p></li></ul><p class="western">L'augmentation du taux d'autosuffisance est peut-être le moyen le plus prometteur de réduire les souffrances massives infligées aux animaux dans l'agriculture suisse. En effet, une mise en œuvre cohérente de la stratégie « feed no food », accompagnée d’un renforcement des subventions accordées à la culture végétale et d’une réduction, voire d’une suppression, des subventions accordées à la viande, au lait, aux œufs et à la publicité pour la viande, permettrait à de nombreuses exploitations agricoles de changer de cap et de cultiver à l'avenir des denrées sans cruauté destinées à l'alimentation humaine.</p><p class="western"><strong>Les accords volontaires entre la Confédération et le commerce de détail constituent une autre opportunité. </strong>Si les quatre plus grands détaillants (Migros, Coop, Lidl, Aldi) parvenaient à s'entendre sur des objectifs conduisant à une réduction significative des gammes de produits d'origine animale et à un élargissement de celles d'origine végétale, cela constituerait un succès remarquable. Ils pourraient par exemple s’engager à appliquer une majoration forfaitaire ou relative aux prix des produits les moins durables – ce qui concernera principalement les produits d’origine animale –, entraînant ainsi une réorientation de la demande en faveur des produits d’origine végétale. <strong>Une autre option consisterait à renoncer conjointement aux promotions et autres réductions de prix limitées dans le temps sur les produits d'origine animale.</strong> Les détaillants trouveront certainement d'autres bonnes idées s'ils ont à cœur d'améliorer la situation en matière de durabilité et de bien-être animal en Suisse.</p><p class="western">Il y a donc un espoir que la Politique agricole 2030+ conduise à des améliorations dans l'élevage. Cependant, le caractère réaliste de cet espoir est remis en question par le fait que, parmi les acteurs participant à l'élaboration participative de cette politique, figurent diverses organisations de lobbying importantes et influentes qui défendent le statu quo. De plus, il manque au sein du groupe d’accompagnement des organisations importantes qui défendent une agriculture suisse axée sur les cultures végétales (Union maraîchère suisse, Fruit-Union Suisse). Étant donné que la Confédération et le Parlement ont intérêt à ce que la Politique agricole 2030+ soit finalement adoptée avec succès et ne soit pas rejetée par référendum, on peut supposer que le projet de loi, qui sera présenté avant fin 2027, sera fortement édulcoré par rapport à la vision exposée dans les documents stratégiques antérieurs (Stratégie Climat 2050, Stratégie suisse de nutrition 2025-2032).</p><p class="western"> </p></div><h2><br /><a class="ck-anchor" id="conclusion"></a>Conclusion</h2><p class="western">En résumé, la Confédération a accompli un important travail préparatoire et s'est prononcée en faveur de divers changements dans l'agriculture suisse dans le cadre de plusieurs documents stratégiques. Les principaux objectifs de la Confédération sont les suivants :</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3 class="western">Principaux objectifs de la Confédération</h3><p class="western">1. Rapport « Orientation future de la politique agricole » (22 juin 2022)</p><ul><li><p class="western">Appelle à une <strong>agriculture davantage axée sur les végétaux</strong></p></li><li><p class="western">Souhaite <strong>mieux garantir la sécurité alimentaire</strong></p></li><li><p class="western">Exige des <strong>améliorations en matière de bien-être animal</strong></p></li><li><p class="western">Et vise une approche globale, c'est-à-dire que les réformes dans les domaines de la production, de la transformation, du commerce et de la consommation doivent être abordées de manière conjointe</p></li></ul><p class="western"><span style="background:transparent;">2. « Stratégie Climat pour l'agriculture et l'alimentation 2050 » (5 septembre 2023)</span></p><ul><li><p class="western">Entrevoit la possibilité de réduire de trois quarts les émissions liées à l'alimentation et d'un tiers celles liées à l'agriculture, tout en augmentant le taux d'autosuffisance</p></li><li><p class="western">Appelle à cet effet à la mise en œuvre d'une stratégie « feed no food » cohérente :<strong> les terres agricoles doivent produire de la nourriture pour les humains, et non pour le bétail</strong></p></li><li><p class="western">Les paiements directs doivent être utilisés de manière plus ciblée afin d'atteindre ces objectifs</p></li></ul><p class="western">3. « Stratégie suisse de nutrition 2025-2032 » (16 avril 2025)</p><ul><li><p class="western">Ce document est lié à six autres documents stratégiques importants publiés par la Confédération – car ce que nous mangeons et buvons a des conséquences considérables sur le climat, l'environnement et la santé</p></li><li><p class="western">Les assiettes suisses devraient contenir <strong>nettement moins de produits d'origine animale et davantage de produits végétaux de haute qualité</strong></p></li><li><p class="western">La pyramide alimentaire a été adaptée en conséquence</p></li></ul><p class="western">4. Débat du Conseil fédéral sur la Politique agricole 2030+ (18 février 2026)</p><ul><li><p class="western">Désormais, le calcul des paiements directs ne doit plus se fonder sur des directives opérationneles, mais sur l'atteinte de certains objectifs (les conséquences que cela aura pour les animaux dans le secteur agricole ne sont pas claires)</p></li><li><p class="western">Il est prévu d'<strong>accroître les aides à la culture végétale</strong> (y compris les bandes fleuries pour les insectes pollinisateurs) – cependant, la nécessité de réduire les aides accordées aux produits d'origine animale n'est pas abordée</p></li><li><p class="western">Le commerce de détail et la Confédération doivent conclure des <strong>conventions d'objectifs volontaires </strong>qui pourraient, par exemple, déboucher sur un élargissement commun des gammes de produits d'origine végétale</p></li></ul><p class="western">Il est intéressant de noter que, dans son communiqué de presse sur la politique agricole 2030+, le Conseil fédéral formule des exigences moins claires que celles qui figuraient dans le rapport de 2022 et dans la stratégie climatique.</p></div><p class="western"> </p><p class="western">Du 3 septembre 2026 au 8 décembre 2026, le paquet législatif « Politique agricole 2030+ » fera l'objet d'une consultation.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3 class="western">À propos de la procédure de consultation</h3><p class="western">Au cours de la consultation, les organisations et les groupes d'intérêt les plus divers peuvent faire valoir leurs idées. Mais cela pose le problème suivant :</p><ul><li><p class="western">Il est dans l'intérêt du législateur que <strong>ce paquet législatif soit mis en œuvre avec succès et sans référendum</strong>. C'est pourquoi il doit prendre en compte tous les groupes d'intérêt concernés.</p></li><li><p class="western"><strong>Les lobbies de la viande et des produits laitiers sont des acteurs extrêmement influents </strong>et l'élevage jouit toujours d'une très bonne réputation en Suisse.</p></li><li><p class="western">On peut donc s'attendre à ce que<strong> le résultat soit encore nettement édulcoré</strong> et que ce paquet législatif n'apporte pas d'amélioration notable pour les animaux dans le secteur agricole.</p></li></ul><p class="western">Pourtant, les mesures à prendre sont nombreuses. En effet, l'élevage est l'un des principaux facteurs du changement climatique, une cause majeure de l'augmentation des maladies non transmissibles et des germes résistants aux antibiotiques, et l'une des principales sources de souffrances inutiles.</p><p class="western"> </p></div><p class="western"> </p><p class="western"> </p><p class="western"><a href="swissveg.ch/beitrittsformular" target="_blank"><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/2026-10/Mitglied_werden_FR.png" data-entity-uuid="e8780796-cdee-4f3b-bf16-33fdfcc539fa" data-entity-type="file" alt="" width="14.22%" height="295" class="align-right" /></a></p><p class="western">Que cette réforme agricole change réellement la donne pour les animaux ou non, <strong>Swissveg poursuivra son engagement en faveur des animaux, de l’environnement et de la santé </strong>et participera donc également au processus de consultation.  Tout cela demande du temps et de l’argent ; c’est pourquoi, si vous appréciez notre travail et que vous souhaitez que nous continuions à traiter ces sujets complexes au nom de la communauté végane et de toutes les personnes sensibles à la cause animale, <a href="/affiliation"><strong><u>pensez à rejoindre notre association</u></strong></a>. En tant que membre de Swissveg, vous soutenez notre engagement et bénéficiez en outre de plusieurs avantages intéressants. Merci beaucoup ! :)</p><p class="text-align-justify western">Pour ne manquer aucune actualité de Swissveg, suivez-nous sur :</p><ul><li><p class="text-align-justify western"><a href="https://www.facebook.com/swissvegromandie/" target="_blank">Facebook</a></p></li><li><p class="text-align-justify western"><a href="https://www.instagram.com/swissveg_romandie/" target="_blank">Instagram</a></p></li></ul><p class="text-align-justify western"> </p><p class="text-align-justify western"> </p><p class="text-align-center western">Source de la photo de couverture : champ de soja à Winterthour, Swissveg, 2012</p><p class="text-align-center western"> </p><p class="text-align-center western"> </p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p><a class="ck-anchor" id="1_unten"></a>1: &nbsp; Cf. Office fédéral de l'agriculture (2023)&nbsp;: Stratégie Climat pour l’agriculture et&nbsp;&nbsp;<br>l’alimentation 2050, partie 1, p. 14&nbsp;: «&nbsp;Un grand nombre d’études arrivent à la conclusion qu’une alimentation riche en végétaux et contenant moins de viande est bénéfique tant pour la santé que pour l’environnement. Selon les informations scientifiques disponibles aujourd’hui, il serait théoriquement possible de réduire de trois quarts les émissions de GES de l’alimentation par personne à l’horizon 2050 en adoptant un régime alimentaire approprié et en réduisant au strict minimum les pertes de denrées alimentaires. Et les émissions de la production agricole indigène pourraient être théoriquement diminuées d’un bon tiers voire de moitié par rapport à 1990, avec un degré d’autosuffisance plus élevé.&nbsp;» <a href="https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/-bBGw0kfxxh3/KSLE_2050_Teil_1_F.pdf" target="_blank">(www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/-bBGw0kfxxh3/KSLE_2050_Teil_1_F.pdf</a>, p.&nbsp;14.)&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;<a href="#1_oben">↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="2_unten"></a>2: &nbsp; Plus de précisions à la p.&nbsp;47&nbsp;: «&nbsp;La population suisse se nourrit de manière non équilibrée, consommant trop de sucre, de sel, d’alcool, de graisses animales et de viande, et pas assez de produits laitiers, de légumineuses, de fruits et de légumes. La consommation de produits à base de viande par habitant est trois fois supérieure aux recommandations, tandis que seulement deux portions de produits laitiers sont consommées au lieu des trois préconisées.&nbsp;» L'affirmation selon laquelle les produits laitiers d'origine animale sont indispensables à une vie saine ne correspond plus aux données scientifiques actuelles. Voici un article consacré aux idées reçues sur le lait, très répandues en Suisse&nbsp;: <a href="/lait_mensonges">www.swissveg.ch/fr/lait_mensonges</a>. &nbsp; &nbsp;&nbsp;<a href="#2_oben">↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="3_unten"></a>3: &nbsp; Le rapport cite (p.&nbsp;22) une étude selon laquelle le taux d'autosuffisance pourrait être porté à 70&nbsp;% en réduisant considérablement la production des les aliments d'origine animale (à l'exception du lait – le lobby laitier a sans doute joué un rôle dans ce choix) et du sucre (les betteraves sucrières ont une double utilité, puisqu'elles servent également de fourrage), tout en augmentant considérablement la production d'aliments d'origine végétale (fruits +120&nbsp;%, légumes +190&nbsp;%, légumineuses et fruits à coque +300&nbsp;%).&nbsp;&nbsp;<br>Cf. von Ow, Waldvogel &amp; Nemecek&nbsp;: «&nbsp;Environmental optimization of the Swiss population’s diet using domestic production resources&nbsp;», Journal of Cleaner Production, 1er&nbsp;mars 2020, doi: 10.1016/j.jclepro.2019.119241, <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652619341113?via%3Dihub" target="_blank">https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0959652619341113?via%3Dihub</a><a href="#3_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="4_unten"></a>4: &nbsp; Cf. &nbsp;2, p. 42&nbsp;: «&nbsp;Il y a concurrence alimentaire lorsque les animaux reçoivent des aliments qui seraient également propres à l’alimentation humaine. [...] Il y a concurrence pour l'utilisation des surfaces lorsque les aliments pour animaux sont produits sur des terres où l'on pourrait également cultiver des denrées alimentaires.&nbsp;» Voir aussi la formulation concrète du sous-objectif Portefeuilles de production&nbsp;: «&nbsp;Si elle est dédiée aux denrées alimentaires au lieu des aliments pour animaux, la production intérieure peut contribuer dans une plus large mesure à la satisfaction des besoins alimentaires de la population de la Suisse et donc à la sécurité alimentaire. En outre, la production végétale est plus respectueuse du climat que la production animale, puisqu'elle émet généralement moins de gaz à effet de serre (GES).&nbsp;» (Partie&nbsp;2, p.&nbsp;36).&nbsp;&nbsp;<br><a href="#4_oben">&nbsp; &nbsp; &nbsp;↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="5_unten"></a>5: &nbsp; Cf. sous-objectif Modèles de consommation&nbsp;: «&nbsp;En règle générale, la production de denrées alimentaires végétales charge moins l'environnement que la production de produits animaux. C'est pourquoi il convient de renforcer à l'avenir les moyens destinés à la promotion des ventes de produits végétaux et d'adapter ceux concernant les produits animaux. Il convient en outre d'appliquer des conditions plus strictes aux messages publicitaires subventionnés par l'État.&nbsp;» (Partie&nbsp;2, p.&nbsp;21) On notera ici l'utilisation du verbe «&nbsp;adapter&nbsp;» (et non pas «&nbsp;réduire&nbsp;») concernant la promotion des ventes de produits animaux.<a href="#5_oben"> &nbsp; &nbsp;↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="6_unten"></a>6: &nbsp; La part des personnes souffrant de surpoids, d'obésité et de diabète a considérablement augmenté (Stratégie suisse de nutrition, p. 7). <a href="/surpoids">L'alimentation végétalienne peut avoir un effet positif dans ce domaine, notamment en raison de son apport plus élevé en fibres alimentaires (fibres végétales).</a><a href="#6_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="7_unten"></a>7: &nbsp; Jusqu’à présent, ce sont surtout les contributions aux systèmes de production (PSB) et les contributions à la biodiversité (BDB) qui entrent en ligne de compte pour les paiements directs axés sur les résultats (EDZ). En outre, dans le cadre du programme de paiements directs, il est prévu de simplifier la mise en œuvre des systèmes de stabulation particulièrement respectueux des animaux (SST). Cf. « Dossier de presse AP30+ », <a href="https://web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/j4dTCC49sYwg/Medienrohstoff%20AP30%2B%20Aussprache%20Bundesrat_fr.pdf">www.web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/j4dTCC49sYwg/Medienrohstoff%20AP30%2B%20Aussprache%20Bundesrat_fr.pdf</a>, p. 1.<a href="#7_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="8_unten"></a>8: &nbsp; En ce qui concerne les insectes, la Confédération mise avant tout sur la création de bandes supplémentaires destinées aux auxiliaires et servant de refuges, ainsi que sur l'abandon des faucheuses-conditionneuses. La promotion des cultures végétales doit s'effectuer au moyen de contributions à la culture individuelles pour certaines variétés « adaptées à la culture dans les conditions climatiques suisses et pour lesquelles il existe une demande ». Cf. « Dossier de presse AP30+ », p. 3.<a href="#8_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="9_unten"></a>9: &nbsp;&nbsp;<a href="https://web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/JjecUxAi3NtN/AP30%2B%20Folien%20Aussprache%20Bundesrat_f.pdf">www.web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/JjecUxAi3NtN/AP30%2B%20Folien%20Aussprache%20Bundesrat_f.pdf</a>, p. 20.<a href="#9_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ Revenir au texte ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="10_unten"></a>10: &nbsp; Ibid.<a href="#10_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ </a><a href="#9_oben">Revenir au texte</a><a href="#10_oben"> ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="11_unten"></a>11: &nbsp; Ibid.<a href="#11_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ </a><a href="#9_oben">Revenir au texte</a><a href="#11_oben"> ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="12_unten"></a>12: &nbsp; Ibid.<a href="#12_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ </a><a href="#9_oben">Revenir au texte</a><a href="#12_oben"> ↑</a></p><p><a class="ck-anchor" id="13_unten"></a>13: &nbsp;<a href="https://web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/JjecUxAi3NtN/AP30%2B%20Folien%20Aussprache%20Bundesrat_f.pdf">www.web.archive.org/web/20260721094805/https://www.blw.admin.ch/dam/fr/sd-web/JjecUxAi3NtN/AP30%2B%20Folien%20Aussprache%20Bundesrat_f.pdf</a><a href="https://web.archive.org/web/20260402065148/https://www.blw.admin.ch/dam/de/sd-web/JjecUxAi3NtN/AP30%2B%20Folien%20Aussprache%20Bundesrat_d.pdf,">,</a> p. 6.<a href="#13_oben"> &nbsp; &nbsp; ↑ Revenir au texte ↑</a></p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/terre">Utilisation des terres agricoles</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/algues-toxiques-elevage-intensif">Dangereuse prolifération d'algues toxiques&nbsp;: l'élevage détruit les lacs suisses</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/politique_subventions">Subventions dans le secteur agricole</a></li><li><a href="https://www.greenpeace.ch/fr/communique-de-presse/130392/le-systeme-alimentaire-de-demain-davantage-de-vegetaux-et-de-diversite/" target="_blank">Le système alimentaire de demain&nbsp;: davantage de végétaux et de diversité (Greenpeace)</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/loi_stricte_vs_application_lacunaire">Loi stricte sur la protection des animaux vs application lacunaire</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/welfare-washing">Welfare washing&nbsp;: la Suisse est-elle vraiment un exemple en matière de «&nbsp;bien-être animal&nbsp;»&nbsp;?</a></li></ul></div> Thu, 15 Oct 2026 22:00:00 +0000 Nurdin 4233 at https://www.swissveg.ch Herbstsession 2026 https://www.swissveg.ch/de/herbstsession-2026 <span>Session d&#039;automne 2026</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>14. septembre 2026 - 8:00</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">La session parlementaire d'automne a eu lieu du 14 septembre au 2 octobre 2026. Dans cet article, vous trouverez un aperçu des objets importants en lien avec nos activités.</p><h2><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Logos/Stopfleberinitiative.webp" alt="Logo der Stopfleber-Initiative" width="14.51%" class="align-right" /><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20240089" target="_blank">24.089 Objet du Conseil fédéral </a>: « Oui à l'interdiction d'importer du foie gras (initiative foie gras) ». Initiative populaire   <br /><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20250404" target="_blank">25.404 Initiative parlementaire </a>: Contre-projet indirect à l'initiative foie gras</h2><p>Le Conseil des États a examiné le 15 septembre l'initiative sur le foie gras et le contre-projet indirect qui s'y rapporte. La conciliation avec le Conseil national a eu lieu le 22 septembre.</p><p><em>Les deux Conseils rejettent l'initiative. Ils se prononcent toutefois en faveur du contre-projet indirect. Celui-ci s'appuie sur l'obligation de déclaration existante et instaure un suivi des importations commerciales. Si ces importations ne diminuent pas d'ici cinq ans, le Conseil fédéral pourra prendre des mesures. Aucune mesure ne sera donc prise contre l'importation de produits à base de foie gras avant au moins cinq ans.</em></p><p> </p><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20250059" target="_blank">25.059 Objet du Conseil fédéral </a>: « Oui à l'interdiction d'importer des produits en fourrure provenant d’animaux ayant subi de mauvais traitements (initiative fourrure) ». Initiative populaire et contre-projet indirect (modification de la loi fédérale sur la protection des animaux)</h2><p>Le 15 septembre, le Conseil des États a également examiné l’initiative visant à interdire l’importation de produits en fourrure issus de méthodes cruelles envers les animaux.</p><p><em>15 septembre 2026 : Les deux Conseils se sont mis d'accord sur un contre-projet. Il ne reste plus qu'à en préciser les détails. Ils ne débattront de l'initiative elle-même que lorsque le contre-projet sera finalisé. Les deux Conseils ont convenu que l'obligation de déclaration n'avait pas fonctionné. C'est pourquoi cette question doit désormais être réglementée différemment.</em></p><p><em>2 octobre 2026 : Lors du vote final, le Parlement a définitivement adopté le contre-projet indirect à l'initiative sur la fourrure. À l'avenir, les fourrures et les produits en fourrure issus de conditions d'élevage considérées comme cruelles au regard de la législation suisse sur la protection des animaux ne pourront donc plus être importés en Suisse ni y être commercialisés.</em></p><p> </p><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20260046" target="_blank">26.046 Objet du Conseil fédéral </a>: Loi sur les épizooties. Modification</h2><p>À l'ordre du jour du Conseil des États le 15 septembre : le Conseil fédéral souhaite pouvoir <a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/fga/2026/1700/fr" target="_blank">autoriser à titre temporaire des vaccins non homologués en cas d'épizooties</a>.</p><p><em>15 septembre 2026 : Le Conseil des États a approuvé la proposition du Conseil fédéral : à l'avenir, les animaux d'élevage pourront également être traités avec des vaccins qui n'ont pas encore fait l'objet de contrôles approfondis ni été autorisés, si le Conseil fédéral le juge nécessaire. C'est désormais au tour du Conseil national de se prononcer sur cette question.</em></p><p> </p><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20260033" target="_blank"><img src="https://thumb.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9a/Flag_of_Mercosur.svg/500px-Flag_of_Mercosur.svg.png" alt="Mercosur Logo" width="22.93%" class="align-right" />26.033 Objet du Conseil fédéral </a>: Accord de libre-échange entre les États de l’AELE et le Mercosur. Approbation</h2><p>L'accord de libre-échange avec les pays sud-américains du Mercosur permettrait d'importer en Suisse, en franchise de droits de douane, de la viande en provenance d'Argentine, du Brésil et des autres États membres. Ce projet pose de sérieux problèmes du point de vue du bien-être animal.</p><p><em>14 septembre 2026 : Après son rejet par le Conseil national, l'accord a été approuvé par le Conseil des États. Afin d'amortir la perte de revenus subie par l'agriculture suisse, le Conseil des États a proposé d'octroyer à ce secteur 517 millions de francs supplémentaires sur six ans. Le dossier est donc renvoyé au Conseil national.</em></p><p> </p><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20263596" target="_blank">26.3596 Interpellation</a> : Garantir le bien-être des animaux et la sécurité du droit en cas de séquestre prolongé</h2><p>La loi sur la protection des animaux étant appliquée au niveau cantonal, il n'existe pas de réglementation uniforme concernant le sort des animaux saisis. Souvent, il manque même des structures d'accueil pour les grands animaux. Il est difficile pour les autorités d'assurer des conditions de vie adaptées aux animaux lorsque les procédures s'éternisent.</p><p><em>L'interpellation n'a finalement pas pu être examinée au cours de cette session.</em></p><p> </p><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20263901" target="_blank">26.3901 Interpellation</a> : Entre mesures d'économie et transformation du système agro-alimentaire. Comment atteindre les objectifs d'Agroscope pour 2050 ?</h2><p>Chez Agroscope, 58 postes à temps plein doivent être supprimés et divers axes de recherche vont être réduits ou abandonnés. Les domaines de recherche d’Agroscope (par exemple, la sélection et la culture de plantes cultivées adaptées à nos zones climatiques) jouent un rôle essentiel dans la transition agricole. Des économies trop importantes dans ce domaine pourraient retarder la réorientation vers une agriculture davantge orientée sur le végétal.</p><p><em>1<span class="fussnotenlink">er</span> octobre 2026 : Cette interpellation a fait l'objet d'un </em><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=83043" target="_blank"><em>débat au Conseil des États</em></a><em>.</em></p><p> </p><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20244611" target="_blank">24.4611 Motion</a> : Allègement des exigences et des contrôles pour l'agriculture d'alpage</h2><p>Au Conseil national, probablement le 14 septembre : cette motion vise à ce que les exploitations d'alpage ne soient contrôlées que tous les cinq ans. Nous estimons que cela pose problème.</p><div style="color:inherit;"><p><em>21 septembre 2026 : La motion a été retirée.</em></p><p> </p></div><h2><a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20244672" target="_blank">24.4672 Motion</a> : Stop à la reproduction excessive des chats errants !</h2><p>La stérilisation des chats doit être rendue obligatoire. Exception : les chats de ferme ne seront concernés qu'après leur première portée.</p><div style="color:inherit;"><p><em>21 septembre 2026 : Le Conseil national a </em><a href="https://www.parlament.ch/poly/Abstimmung/52/out/vote_52_33008.pdf" target="_blank"><em><strong>rejeté</strong></em></a> <em>cette motion.</em></p></div><p> </p><p><strong>Plus d'informations</strong></p><ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/sessions?language=fr">Sessions</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/session-ete-2026">Session d'été 2026</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/session-printemps-2026">Session de printemps 2026</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/session-hiver-2025">Session d'hiver 2025</a></li><li>Actualités sur la session en cours : <a href="https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/sessionen/aktuelle-session" target="_blank">parlament.ch</a></li></ul><p> </p></div> Mon, 14 Sep 2026 06:00:00 +0000 Renato 4232 at https://www.swissveg.ch Ernährungsinitiative: Die Gegenargumente https://www.swissveg.ch/de/initiative-Ernaehrungssicherheit-gegenargumente <span>Initiative sur l&#039;alimentation : les contre-arguments</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>18. août 2026 - 8:34</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 27 septembre 2026, la population suisse se prononcera sur l’initiative « Pour une alimentation sûre ». Celle-ci n’est soutenue par aucun grand parti et rejetée aussi bien par le Parlement que par le Conseil fédéral. Néanmoins, Swissveg est favorable à cette initiative. Dans cet article, nous passons en revue les arguments les plus fréquemment soulevés à son encontre.</p><p>L’<a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">initiative</a> s’articule autour de trois axes principaux afin de renforcer la sécurité alimentaire :</p><ul><li>Renforcer durablement la production indigène</li><li>Viser un taux d’auto-approvisionnement de 70 % en favorisant les aliments d’origine végétale</li><li>Préserver la fertilité des sols, protéger la biodiversité et garantir une eau potable propre</li></ul><p class="zitat">« En Suisse, on oublie que s’il y a un problème aux frontières, <a href="https://www.youtube.com/live/6iQU-ebAIQY?t=776s" target="_blank">un jour sur deux, on ne mange pas.</a> » Guy Parmelin, Conseiller fédéral</p><p>Les opposants à l’initiative tentent de faire croire aux électeurs que si le texte était adopté, ils ne pourraient plus consommer de produits d’origine animale. L’<a href="https://www.instagram.com/bauernverband_zuerich/" target="_blank">Union des paysans zurichois</a> a déjà publié plus de 50 vidéos sur Instagram afin de véhiculer cette idée. Les opposants à l’initiative se battent avant tout pour préserver leurs privilèges en tant que producteurs de viande et de lait, deux produits qui sont actuellement les principaux bénéficiaires de la politique agricole de la Confédération. En effet, les détracteurs sont surtout des représentants de divers secteurs de l’<a href="https://www.ernaehrungsinitiative-nein.ch/ueber-uns/allianz.html" target="_blank">industrie de la viande</a>, qui ont uni leurs forces afin de pouvoir continuer à profiter des milliards versés par la Confédération. Comme les sommes en jeu sont colossales, tous les moyens sont bons pour y parvenir, quitte à faire passer la vérité sous silence. Voici une analyse des déclarations des lobbyistes de la filière de la viande :</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Cette initiative est un « diktat végane »</h3><p>Les opposants à l’<a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">initiative</a><span class="fussnotenlink">1</span> tentent de la discréditer en la présentant comme une réglementation alimentaire. Ils ont même lancé un « <a href="https://www.initiative-alimentation-non.ch/soutien/jour-du-dernier-cervelas.html" target="_blank">Jour du dernier cervelas</a> » pour semer la panique face aux conséquences présumées de l’initiative. Or, <strong>le texte de l’initiative ne contient aucune interdiction alimentaire.</strong> Même si l’initiative est adoptée, chacun pourra continuer à manger ce qu’il souhaite. Ce qui changerait toutefois, c’est que la Confédération n’investirait plus 6 millions d’argent public dans la publicité pour la viande. Les subventions agricoles ne favoriseraient plus l’élevage de manière aussi unilatérale. La population ne serait plus incitée à consommer de la viande. Cela n’a rien d’un « diktat végane ».</p><p>Selon la Confédération, <a href="https://www.blv.admin.ch/de/menuch-ergebnisse" target="_blank">la consommation de viande en Suisse est environ trois fois supérieure à la quantité recommandée</a>. Il est donc grand temps de passer de la promotion de la viande à celle des aliments d’origine végétale. Une telle réorientation, combinée à la transition agricole, permettrait d’influencer indirectement la demande. Et même si les habitudes alimentaires ne devaient pas changer radicalement à court terme, il serait au moins possible de réduire considérablement les importations d’aliments d’origine végétale.</p><p>Si l’on se réfère au « <a href="https://link.springer.com/article/10.1186/s44263-026-00306-6" target="_blank">Planetary Health Diet</a> », la consommation de viande et de produits laitiers en Suisse est respectivement 8,5 fois et 3,5 fois supérieure aux quantités recommandées. En revanche, la consommation de légumes est environ vingt fois inférieure à ce qui serait bénéfique pour la santé et la planète. De ce point de vue également, il serait souhaitable que la Confédération cesse de subventioner la production d’aliments d’origine animale. Il n’est absolument pas nécessaire que la Confédération finance des publicités pour la viande.</p><p class="zitat">Aujourd’hui, 78 % des 3,6 milliards de subventions agricoles sont allouées à la production de denrées d’origine animale.<span class="fussnotenlink">2</span> </p><h3>« 60 à 70 % des terres agricoles sont des prairies et ne peuvent être utilisées que pour la production de viande et de lait »</h3><p>Ce chiffre provient de l’Union suisse des paysans et a été repris tel quel, sans vérification, par l’Office fédéral de la statistique. Dès lors qu’une vache se trouve sur une parcelle, cette dernière est considérée comme une <a href="/grasland-schweiz">prairie</a>, quelle que soit la qualité du sol. En réalité, de nombreuses surfaces servant actuellement de pâturage sont parfaitement cultivables. Sur les surfaces impropres à la culture, l’initiative permettrait néanmoins aux agriculteurs de continuer à pratiquer une production alimentaire adaptée. Elle n’aurait donc aucun impact sur les prairies. Ce qu’elle souhaite changer, c’est le fait que plus de la moitié des terres arables fertiles sont utilisées pour produire du fourrage. Il s’agit d’un gaspillage colossal, qui oblige la Suisse à importer plus de la moitié des aliments d’origine végétale consommés sur son territoire.<span class="fussnotenlink">3</span></p><p>En 2024, 29,2 millions de tonnes de fourrage ont été distribuées aux animaux d’élevage suisses (des chiffres plus récents ne sont pas encore disponibles). Parmi celles-ci, 22,5 millions de tonnes sont constituées d’herbe, de foin, etc. – c’est-à-dire d’aliments peu riches en énergie. Au total, près de 1,45 million de tonnes d’aliments pour animaux (principalement des concentrés) ont été importées de l’étranger en 2024, et la tendance est à la hausse : en l’espace de 20 ans, les importations ont pratiquement doublé. <strong>Sans ces aliments importés à haute teneur énergétique, la production de viande en Suisse serait réduite de moitié.</strong><span class="fussnotenlink">4</span></p><p>L’argument des prairies ne s’applique qu’à une toute petite partie des produits d’origine animale fabriqués en Suisse (et cette partie n’est pas affectée par l’initiative). Ni les porcs ni les poulets ne se nourrissent d’herbe. Or, ces deux espèces représentent environ les <a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses?language=fr">trois quarts</a> de la consommation de viande en Suisse.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Futtermittelimporte_FR.webp" alt="Importation d'aliments pour animaux en tonnes" /><p class="zitat">60 % des terres arables sont destinées à la culture fourragère plutôt qu’à la culture de denrées alimentaires végétales destinées aux êtres humains.</p><h3>« Pour rester fertile, le sol doit aussi être utilisé de temps en temps comme pâturage »</h3><p>La fertilisation à base de matières fécales (fumier et lisier) est très répandue en Suisse. Cela s'explique principalement par le fait qu'il existe un excédent de matières fécales dans ce pays. Malheureusement, même de nombreux « experts » partent du principe qu'il n'existe que deux options pour la fertilité des sols : la fertilisation à base de matières fécales ou à base d’engrais chimiques. Il existe pourtant une troisième voie, bien meilleure pour les sols : <strong>l’agriculture bio-végétalienne</strong>. Celle-ci travaille en harmonie avec la nature et permet ainsi d’améliorer la fertilité des sols à long terme. Contrairement aux matières fécales, cette méthode n’attire pas les ravageurs. De plus, elle évite l’épandage sur les champs de bactéries <em>E. coli </em>ou de salmonelles, ainsi que de résidus d’antibiotiques issus du traitement des animaux « de rente ». </p><p>Il est faux de prétendre qu’une rotation des cultures avec des prairies artificielles est indispensable, y compris sur les terres arables. Le <a href="https://www.swissveg.ch/fr/V-Label-Vegan-Agriculture" target="_blank">V-Label Vegan Agriculture</a> a été lancé en 2025 afin de promouvoir l’agriculture bio-végétalienne. Le site Internet de <a href="https://www.biocyclic-vegan.org/" target="_blank">Biocyclic Vegan Agriculture</a> fournit de plus amples informations sur ce mode d’agriculture durable, sans matières fécales ni pâturages.</p><h3>« La production végétale est trop vulnérable : une tempête peut tout détruire en un clin d’œil. »</h3><p>Fin août, une tempête accompagnée de grêle s’est abattue sur la Suisse. Elle a causé d’importants dégâts aux cultures agricoles et a été exploitée par les opposants à l’initiative pour présenter la production alimentaire végétale comme précaire. Or, plusieurs faits sont ici occultés :</p><p>Une grande partie des cultures agricoles est destinée à la production fourragère. Celles-ci sont également touchées par les intempéries et tout aussi vulnérables. La production de fruits et légumes nécessite en revanche beaucoup moins de surface. Elle peut donc être plus facilement protégée contre les intempéries (par exemple à l’aide de filets anti-grêle ou de serres). Cela n’est pratiquement pas possible avec les immenses champs destinés à la production fourragère. Les petits champs de légumes peuvent également être irrigués plus facilement. La sécheresse de cette année a donc surtout eu des répercussions négatives sur la production fourragère. En raison de la sécheresse, il a même fallu importer <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/secheresse-en-suisse-du-fourrage-importe-depuis-le-canada-29341562.html" target="_blank">du foin du Canada</a>. De plus, le Conseil fédéral a dû débloquer une partie des <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/reserves-de-fourrage-la-suisse-debloque-16-000-tonnes-29343093.html" target="_blank">réserves obligatoires de fourrage</a>, car le faible débit du Rhin a réduit les importations d’aliments pour animaux et la sécheresse sur le territoire national a encore diminué l’offre de fourrage. À plusieurs égards, les intempéries posent donc davantage de problèmes à l’élevage qu’aux cultures végétales destinées aux humains.</p><h3>« L’agriculture suisse répond à la demande des consommateurs. La Confédération ne doit pas imposer de règles en la matière »</h3><p>Comme les agriculteurs suisses parviennent à peine à vivre de leurs produits, la Confédération détermine, par le biais des subventions, ce qui vaut la peine d’être produit d’un point de vue économique. Le secteur le plus déficitaire est celui de la production de denrées alimentaires d’origine animale. C’est à la production de viande, de lait et de sucre que sont versées les subventions les plus importantes. Il convient ici de noter que l’industrie sucrière produit, à partir des betteraves sucrières, à peu près autant de <a href="https://www.zucker.ch/fr/fourrage" target="_blank">fourrage</a> que de sucre, et qu’elle est donc intimement liée au secteur de l’élevage. <strong>Les agriculteurs suisses ne produisent donc pas ce que le marché exige, mais ce que la Confédération subventionne.</strong> Cela vaut en particulier pour le secteur de l’élevage conventionnel.</p><p>Par ailleurs, la Confédération exerce également une grande influence sur la demande des consommateurs : elle finance chaque année la publicité pour la viande à hauteur d’environ 6 millions de francs. Et grâce aux subventions accordées au secteur de la production, elle permet la vente de viande à des prix de dumping dans les magasins. Si ces deux facteurs venaient à disparaître, la consommation de viande devrait fortement baisser, car les produits végétaux deviendraient alors plus compétitifs et environ la moitié des affiches publicitaires pour la viande disparaîtraient.</p><p>Aujourd’hui, les <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">deux tiers des aliments d’origine végétale doivent être importés</a>. Dans ce domaine, le taux d’autosuffisance pourrait être considérablement accru si les terres arables étaient à nouveau affectées à la production alimentaire.</p><p>Que se passerait-il si la demande en viande diminuait moins (vite) que la production de viande ? Aujourd’hui, la production déficitaire de viande est maintenue artificiellement à flot grâce à l’argent des contribuables. Si ces aides publiques étaient réorientées, au moins en partie, vers les produits végétaux, de nombreux agriculteurs pourraient cultiver davantage d’aliments d’origine végétale et ainsi <a href="https://www.swissveg.ch/fr/terre">produire plus de denrées alimentaires</a> sur leurs terres. Un éventuel déficit de production dans le secteur de la viande pourrait être compensé par des importations temporaires. Les importations passeraient donc des produits végétaux aux produits d’origine animale. Parallèlement, les importations de fourrage diminueraient fortement. Conformément à l’article actuel sur la sécurité alimentaire (<a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/fr#a104a" target="_blank">art. 104a, al. d, de la Constitution fédérale</a>), toutes les importations doivent être durables. En termes de volume, elles devraient toutefois être nettement inférieures aux niveaux actuels.</p><p>Les opposants à l'initiative mettent en garde contre les importations qui ne respectent pas nos normes environnementales. Pourtant, ils rejettent également la partie de l’initiative qui vise à renforcer la biodiversité, la fertilité des sols et la qualité de l’eau potable sur le territoire national.</p><img src="https://www.swissveg.ch/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/terre.jpg" alt="Consommation de terres par kg d'aliments" /><h3>« La Confédération n’a pas à nous dicter ce que nous avons le droit de manger »</h3><p>L’initiative ne contient aucune disposition relative à l’alimentation. Elle exige toutefois un rééquilibrage de la politique de subventions de la Confédération, aujourd’hui axée de manière unilatérale sur la consommation de viande et de produits laitiers. Les subventions unilatérales accordées à la publicité pour la viande, d’un montant annuel d’environ 6 millions de francs, seraient supprimées.</p><p>Plusieurs calculs montrent par ailleurs que l’objectif de 70 % d’autosuffisance alimentaire pourrait même être atteint sans que la population n’ait à modifier radicalement ses habitudes alimentaires.⁵ Si l’on cultivait moins de fourrage et davantage d’aliments d’origine végétale sur les terres arables fertiles, les importations d’aliments d’origine végétale diminueraient fortement, sans que les importations de viande n’augmentent de manière aussi marquée. Cela s’explique par le fait qu’une même surface agricole permet de produire beaucoup plus de calories alimentaires lorsque la production est directement destinée à l’alimentation humaine (raccourcissement de la chaîne alimentaire).</p><p>Bien entendu, il serait possible d’augmenter encore considérablement le taux d’autosuffisance alimentaire en réduisant nettement la consommation de produits d’origine animale, mais si toutes les autres mesures nécessaires sont mises en œuvre, cela n’est pas indispensable pour atteindre les 70 % visés.</p><h3>« Cette initiative entraînera une augmentation des importations de viande »</h3><p>Comme indiqué ci-dessus, cette initiative peut être mise en œuvre sans que les habitudes de consommation en Suisse ne changent : en cultivant davantage de denrées alimentaires végétales plutôt que de fourrage sur les terres arables fertiles, on peut réduire considérablement les importations de denrées alimentaires végétales. Actuellement, <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">deux tiers</a> de nos denrées alimentaires végétales (légumes, fruits, céréales, légumineuses...) doivent être importés.</p><p>En théorie, il est vrai que cette initiative entraînerait une légère augmentation des importations de viande si la consommation de viande restait inchangée, car elle ne prévoit pas de restrictions alimentaires pour la population. Toutefois, l’initiative encouragera une réduction volontaire de la consommation actuelle de viande, dans la mesure où la Confédération ne dépensera plus l’argent des contribuables pour la publicité en faveur de la viande. Grâce à cette initiative, ces fonds pourront être réaffectés à la promotion d’aliments végétaux sains.</p><p>De plus, le subventionnement fédéral des aliments d’origine végétale modifierait la <a href="https://www.swissveg.ch/fr/comparatif-alternatives-viande-2026?language=fr">différence de prix</a> entre les aliments d’origine végétale et ceux d’origine animale, au profit des aliments sains d’origine végétale.</p><p>Ces deux mesures (publicité et prix) permettraient de réduire la consommation de viande au profit des aliments d’origine végétale, sans que personne ne soit contraint à quoi que ce soit. À long terme, il est donc tout à fait possible que l’initiative entraîne une baisse des importations de viande par rapport à aujourd’hui.</p><h3>« Cette initiative est antisociale : elle fera grimper le prix de la viande »</h3><p>Aujourd’hui, la viande est vendue à des prix de dumping. Cela est possible car une grande partie de son prix est financée par nos impôts, via des subventions. Cependant, comme la production de viande est très coûteuse (il faut d’abord cultiver ou importer des aliments pour nourrir les animaux, puis abattre ces derniers et vendre une partie de leur viande), la viande représente néanmoins <a href="https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/situation-economique-sociale-population/revenus-consommation-et-fortune/budget-des-menages/depenses-des-menages.assetdetail.32667077.html" target="_blank">la plus grosse dépense parmi tous les groupes d’aliments d'un ménage</a>.</p><p>La promotion unilatérale de la viande (ainsi que du lait et du sucre) qui prévaut actuellement conduit les personnes les plus modestes, en particulier, à consommer davantage de ces produits. Cela se reflète également dans les statistiques : les maladies liées à l’alimentation (y compris l’obésité) sont plus répandues parmi les classes sociales les plus vulnérables. Aujourd’hui, par exemple, on trouve des <a href="https://www.migros.ch/fr/product/230500171000" target="_blank">cervelats</a> à un prix plus avantageux que du <a href="https://www.migros.ch/fr/product/275780501000" target="_blank">brocoli bio</a>, un produit sain qui ne bénéficie pratiquement d’aucune subvention. C’est là la conséquence de notre politique actuelle. Il est vrai que le prix de la viande risque d’augmenter légèrement si l’initiative est adoptée, car la part de fonds publics qui lui est consacrée diminuerait. En contrepartie, les produits dont la consommation est insuffisante en Suisse d’un point de vue sanitaire (par exemple les légumineuses) deviendraient plus abordables. Ainsi, les personnes à faibles revenus pourraient à l’avenir accéder plus facilement à une alimentation saine et ainsi économiser en partie les coûts supplémentaires liés aux maladies. Et si la publicité s’orientait davantage vers les aliments d’origine végétale, les achats de viande pourraient diminuer, ce qui permettrait d’exploiter pleinement ce potentiel d’économies. Actuellement, selon la Confédération, la population suisse consomme <a href="https://www.blv.admin.ch/fr/menuch-resultats" target="_blank">trois fois plus de viande</a> que ce qui serait recommandé pour la santé. Une réorientation de la publicité vers des produits végétaux plus sains aurait ainsi également un aspect social positif.</p><p>Bien sûr, cette initiative ne signifie pas qu’il faille passer de la viande au brocoli (même si cela serait bon pour la santé). Elle concerne par exemple aussi la culture des légumineuses, à partir desquelles on peut produire des alternatives à la viande. À l’heure actuelle, en raison d’une politique unilatérale, ces produits sont souvent encore <a href="https://www.swissveg.ch/fr/comparatif-alternatives-viande-2026?language=de">plus chers que la viande</a>, alors que leur production est nettement moins coûteuse. L’initiative permettrait d’amorcer une évolution qui rendrait les alternatives végétales à la fois plus qualitatives et moins onéreuses. Tout le monde en profiterait, en particulier les personnes qui, aujourd’hui, ont tendance à adopter une alimentation peu saine pour des raisons financières.</p><h3>« Oui, il faut augmenter notre taux d’auto-approvisionnement alimentaire, mais pas comme ça »</h3><p>Le moyen de loin le plus efficace pour augmenter notre taux d’autosuffisance consiste à raccourcir la chaîne alimentaire. Aucune autre mesure ne permet d’économiser autant de calories que ce simple changement. En consommant directement des végétaux plutôt que de faire un détour par les animaux, nous pouvons accroître drastiquement le nombre de calories produites sur une même superficie. Rejeter cette mesure essentielle revient à rejeter l’augmentation du taux d’autosuffisance et à maintenir la Suisse dans une situation de dépendance vis-à-vis des importations. Il est étonnant de constater que ce sont précisément les milieux qui s’opposent à toute dépendance vis-à-vis de l’étranger qui, en matière d’alimentation, font tout pour que celle-ci soit maintenue.</p><p>La Confédération a déjà un mandat constitutionnel visant à garantir l’approvisionnement de la population (<a href="https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/1999/404/fr#art_104" target="_blank">article 104 de la Constitution fédérale</a>). Or, avec un taux d’autosuffisance inférieur à 50 %, elle ne remplit pas ce mandat. Si elle était adoptée, l’initiative permettrait de faire respecter ce mandat en visant un taux d’auto-approvosionnement d’au moins 70 %.</p><p>Les responsables politiques sont tout à fait conscients que la forte dépendance actuelle de la Suisse vis-à-vis des importations constitue un danger en période de crise. Pourtant, au lieu de s’attaquer à la racine du problème, ils recommandent à la population de constituer des <a href="https://www.blick.ch/fr/suisse/stocks-durgence-la-campagne-de-la-confederation-est-un-echec-id20664451.html" target="_blank">réserves d’urgence</a> et rejettent l’initiative pour une alimentation sûre, qui pourrait pourtant apporter une partie de la solution.</p><h3>« Cette initiative prend les agriculteurs pour cible »</h3><p>Aujourd’hui, les agriculteurs suisses qui produisent du lait ou de la viande vivent en grande partie grâce aux subventions de l’État. Ils disposent néanmoins d’un faible revenu et la surproduction continue de faire baisser les prix. Le <a href="/traumatisierte-tierhalter">taux de suicide dans le monde paysan</a> est très élevé. Pour les agriculteurs aussi, il est temps que les choses changent. L’initiative apporte une solution concrète à ce problème. Elle favorise l’agriculture en permettant une transition vers une production plus durable.</p><p>Actuellement, les fabricants d’alternatives végétales à la viande tels que <a href="https://thegreenmountain.ch/" target="_blank">The Green Mountain</a> et <a href="https://eatplanted.com/" target="_blank">Planted</a>, par exemple, doivent importer la totalité de leurs protéines de pois car les terres arables suisses sont consacrées à la production de viande et de lait. L’initiative propose de soutenir les agriculteurs suisses dans leur réorientation en leur offrant des services de recherche, des conseils et des formations. </p><p>Les cheptels de vaches laitières et de porcs sont en baisse depuis des années. Le secteur agricole suisse va donc inévitablement devoir s’adapter. Sans cette initiative, il n’y aura toutefois aucun soutien de la part de la Confédération, qui continuera à se concentrer sur la production de viande et de lait, alors même que le marché évolue dans une autre direction. </p><p>L’initiative représente donc une formidable opportunité pour les acteurs du secteur agricole de s’adapter aux nouvelles conditions du marché.</p><h3>« Il est impossible d’atteindre un taux d’auto-approvisionnement de 70 % en 10 ans seulement »</h3><p>Il est vrai que l’initiative vise un objectif de 70 % d’auto-approvisionnement dans un délai de 10 ans. Cependant, viser un certain objectif dans un délai donné ne signifie pas pour autant qu’il soit obligatoire de l’atteindre d’ici là. L’initiative cherche simplement à tracer une orientation claire avec un objectif certes ambitieux, mais réalisable. Les arguments remettant en cause la viabilité de l’initiative sont donc soit malhonnêtes, soit fondés sur une méconnaissance des faits. </p><p>Selon une <a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank">étude réalisée en 2025 par l’ETH Zurich en collaboration avec le FiBL</a>, il serait même possible d’atteindre un taux d’autosuffisance supérieur à 100 % si les mesures nécessaires étaient mises en œuvre de manière cohérente. Parmi celles-ci figurent notamment la réduction du gaspillage alimentaire et l’utilisation des terres arables pour la production alimentaire plutôt que pour la culture fourragère (stratégie « Feed-no-Food »). Parallèlement, l’impact environnemental de la production alimentaire serait considérablement réduit.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Entwicklung-Selbstversorgungsgrad_2005-2024_FR.webp" alt="Évolution du taux d'autosuffisance" width="27.97%" class="align-center" /></div><h3>Conclusion</h3><p>L’initiative mettrait fin à la priorité unilatérale accordée aujourd’hui à la production de viande et de lait, au détriment de l’environnement et de la santé. La Confédération cesserait d’accorder un soutien financier à la publicité pour la viande. Contrairement à aujourd’hui, la production d’aliments d’origine végétale serait davantage encouragée que la production de viande. Les agriculteurs souhaitant passer du secteur déficitaire de l’élevage à la production d’aliments d’origine végétale bénéficieraient d’un soutien de la Confédération dans le cadre de cette initiative. Cependant, ni les agriculteurs ni les consommateurs ne seraient contraints à quoi que ce soit. </p><p>En cette période d’incertitude, il ne suffit pas de constituer des réserves d’urgence, comme le recommande la Confédération. Il faut également agir pour garantir la sécurité alimentaire nationale. C’est ce que propose cette initiative.</p><p>Au Parlement, que ce soit au <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=71146" target="_blank">Conseil national</a> ou au <a href="https://www.parlament.ch/fr/ratsbetrieb/amtliches-bulletin/amtliches-bulletin-die-verhandlungen?SubjectId=71128" target="_blank">Conseil des États</a>, personne ne s’est prononcé en faveur de l’initiative. Le <a href="https://www.admin.ch/fr/nsb?id=103125" target="_blank">Conseil fédéral</a> aussi rejette l’initiative. Le PS, les Verts et le GLP ont voulu élaborer un <a href="https://www.parlament.ch/de/services/news/Seiten/2025/20251217154127212194158159026_bsd120.aspx" target="_blank">contre-projet</a> mettant l’accent sur la promotion de l’alimentation végétale, mais leur initiative n’a pas abouti. Lorsqu’il s’agit de mettre en place un système agricole davantage orienté sur l’alimentation végétale, il devient impossible de compter sur le soutien des partis politiques. Grâce à cette initiative, la population aurait toutefois le pouvoir de mettre fin à la politique unilatérale de promotion de la viande et de s’engager sur une voie plus durable.</p><p> </p><h3>Addendum : résultat de la votation</h3><p><a href="https://www.admin.ch/fr/initiative-alimentation" target="_blank">L’initiative a malheureusement été rejetée</a>. Le dimanche 27 septembre 2026, le peuple suisse s’est prononcé en défaveur de l’initiative « Pour une alimentation sûre », qui a recueilli 27,5 % de votes pour et 72,5 % de votes contre. Le taux de participation s’est élevé à 47 %.</p><div style="color:inherit;"><p>La crainte que la Confédération ne s’immisce dans les habitudes alimentaires de la population s’est avérée trop forte. Cela s’explique notamment par le fait que le Conseil fédéral avait affirmé dans la brochure de vote que l’acceptation de l'initiative entraînerait des « interventions massives de l’État dans la consommation ». Le comité d’initiative avait déposé un <a href="https://mailchi.mp/initiative-sichere-ernaehrung/medienmitteilung-juli-2026-aufsichtsbeschwerde" target="_blank">recours auprès de l’autorité de surveillance</a> contre cette fausse affirmation.</p><div style="color:inherit;"><p>Le résultat de cette votation montre également qu’un lobby plus puissant en faveur de l’alimentation végétale est indispensable. Si vous souhaitez que Swissveg dispose de moyens plus importants pour la prochaine initiative, vous pouvez nous soutenir en devenant <a href="https://www.swissveg.ch/affiliation">membre</a>.</p></div></div></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li><a href="https://drive.google.com/file/d/1_22HGwSuOFeAkxY7FCbnXOF3lmhd-3Fn/view" target="_blank">Texte de l'initiative</a></li><li>Prise de position du Conseil fédéral selon laquelle 78 % des subventions agricoles sont destinées à l'élevage : <a href="https://www.parlament.ch/de/ratsbetrieb/suche-curia-vista/geschaeft?AffairId=20243793" target="_blank">Interpellation : Réorienter la promotion des ventes vers une production alimentaire durable et adaptée aux conditions locales</a></li><li>Agristat. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fr/service/agristat/graphiques#prettyPhoto[gal18204]-7" target="_blank">Approvisionnement par groupe d'aliments</a></li><li>Greenpeace Suisse. (2021, 2 février). <a href="https://www.greenpeace.ch/fr/publication/63813/arnaque-fourrage/" target="_blank">L'arnaque du fourrage</a>.</li><li>Saldo. (2026, 26 août). <a href="https://www.saldo.ch/artikel/artikeldetail/schweizer-bauern-setzen-zu-sehr-auf-tierhaltung" target="_blank">Schweizer Bauern setzen zu sehr auf Tierhaltung</a>. / Infosperber. (2026, 26 juillet). <a href="https://www.infosperber.ch/wirtschaft/landwirtschaft/der-konsum-von-fleisch-muesste-stark-reduziert-werden-falsch/" target="_blank">Der Konsum von Fleisch müsste «stark reduziert» werden: falsch!</a></li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/soutien-securite-alimentaire?language=fr">Swissveg soutient la future initiative pour une plus grande sécurité alimentaire</a>, 26.2.2023</li><li><a href="https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2025/12/vers-une-augmentation-significative-du-degre-dautosuffisance-avec-un-moindre-impact-environnemental/" target="_blank">Vers une augmentation significative du degré d’autosuffisance avec un moindre impact environnemental.</a> Recherche Agronomique Suisse, 16, 212–224. <a href="https://doi.org/10.34776/afs16-212">https://doi.org/10.34776/afs16-212</a></li><li><a href="https://www.vegetarisme.fr/en-quoi-consiste-lagriculture-vegane/" target="_blank">En quoi consiste l'agriculture végane ?</a></li><li><a href="https://www.asso-coexister.ch/reconversion">Reconversion des éleveurs</a> (pour l'instant sans soutien étatique)</li><li>Site web de l'initiative : <a href="https://www.initiative-pour-une-alimentation-sure.ch/" target="_blank">Initiative pour une alimentation sûre</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Fri, 14 Aug 2026 05:40:43 +0000 Renato 4230 at https://www.swissveg.ch EGMR urteilt: Vegane Ernährung ist ein Menschenrecht https://www.swissveg.ch/de/EGMR-vegan-Menschenrecht <span>Arrêt de la CEDH : l&#039;alimentation végétale est un droit humain</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>22. juillet 2026 - 16:40</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Le 16&nbsp;juillet, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a reconnu l’alimentation végétale comme un droit humain pour les personnes véganes. Cet arrêt historique aura des conséquences considérables pour les hôpitaux, les prisons et les autres institutions publiques. Qu’est-ce qui a conduit à cette décision et qu’est-ce que cela signifie pour la Suisse&nbsp;?</p><h2>Pas de repas sans produits d’origine animale dans les établissements suisses</h2><p>Tout commence il y a quelques années en Suisse romande. G.K. et A.S., deux adelphes véganes et <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisp%C3%A9cisme" target="_blank">antispécistes</a>, militent activement contre l’oppression et l’exploitation des animaux. En novembre 2018, G.K. se retrouve en détention provisoire dans une prison du canton de Genève, où on ne lui propose que des plats contenant de la viande ou d’autres produits d’origine animale. Au cours de l’année qui suit, bien que la prison fasse quelques efforts pour trouver un compromis, G.K. se voit néanmoins refuser à plusieurs reprises son droit à une alimentation strictement végétalienne. Cette situation est d’autant plus choquante que c’est précisément en raison de son engagement contre l’exploitation des animaux que G.K. se trouve dans cette situation. Pour son adelphe, les choses ne se passent guère mieux&nbsp;: A.S. ne bénéficie pas non plus d’une alimentation strictement végétalienne lors de son séjour forcé, de février à avril 2021, dans un établissement psychiatrique du canton de Vaud.</p><h2>Un long parcours&nbsp;: du tribunal cantonal jusqu’à Strasbourg</h2><p>G.K. et A.S. se plaignent à plusieurs reprises, estimant que leur liberté de conscience est bafouée – la liberté de conscience est un droit de l’homme en vertu de l’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme (art.&nbsp;9. CEDH) – mais leurs plaintes ne reçoivent aucune réponse juridiquement contraignante leur permettant d’engager d’autres démarches. Les deux activistes finissent par saisir le Tribunal fédéral, qui rejette leur recours en raison de l’absence de décisions juridiquement contraignantes auxquelles leur recours aurait dû se référer. L’un des arrêts fait également référence à une remarque antérieure d’un tribunal cantonal selon laquelle il aurait été trop difficile de proposer des plats strictement végétaliens, et que les personnes véganes devaient se contenter de plats végétariens. Pourtant, les véganes savent bien que cette affirmation est fausse&nbsp;: il n’est pas beaucoup plus compliqué de cuisiner végétalien que de cuisiner des plats végétariens ou à base de viande.</p><p>Il ne reste donc plus qu’une seule option à G.K. et A.S.&nbsp;: porter l’affaire jusqu’à Strasbourg. C'est là qu’ils obtiennent enfin gain de cause&nbsp;:<strong> ils parviennent à faire reconnaître, pour la première fois, que l’alimentation végétalienne doit être protégée comme un droit humain</strong>, créant ainsi, au passage, un précédent historique pour l’avenir.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Les points importants de l’arrêt</h3><p>Dans son <a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22display%22:%5B%220%22%5D,%22languageisocode%22:%5B%22ENG%22%5D,%22appno%22:%5B%2255299/20%22,%2231515/22%22%5D,%22documentcollectionid2%22:%5B%22CLIN%22%5D,%22itemid%22:%5B%22002-14630%22%5D%7D" target="_blank">arrêt</a> du jeudi 16&nbsp;juillet 2026, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que G.K. et A.S. avaient subi une atteinte à leur liberté de pensée et de conscience, protégée par l’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme, dans la mesure où, pendant leur détention, ils n’avaient pas bénéficié en permanence d’une alimentation conforme à leurs valeurs éthiques. Leur mode de vie végane relève de l’article&nbsp;9 car il est reconnu comme «&nbsp;une conviction éthique sincère et cohérente&nbsp;». En outre, le fait qu’il ait été de facto impossible à G.K. et A.S. d’intenter une action en justice contre les établissements constitue une violation de l’article 13 de la Convention européenne des droits de l’homme (droit à un recours effectif), car les réponses de ces derniers ne constituaient pas des décisions juridiquement contraignantes et le Tribunal fédéral n’avait pas reconnu aux requérants un intérêt suffisant à la cause. G.K. et A.S. se sont vu accorder une réparation morale.</p></div><h2>Un arrêt d’une grande importance</h2><p>Il est certain que pour G.K. et A.S., le fait d’avoir enfin obtenu gain de cause devant la plus haute instance judiciaire dans cette affaire revêt une grande importance. Mais ce jugement aura également une portée considérable pour le mouvement végane et antispéciste dans son ensemble. En effet, il est désormais officiellement reconnu que l’alimentation végétalienne, lorsqu’elle repose sur une conviction éthique démontrable, constitue un droit humain. L’article&nbsp;9 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui englobe non seulement la liberté de pensée et de conscience, mais aussi la liberté de religion, n’avait encore jamais été appliqué à un régime alimentaire motivé par des raisons non religieuses. Autrement dit, si les prisons, les hôpitaux et les autres établissements publics adaptaient déjà leurs menus dans les cas liés à la religion (en proposant par exemple des repas halal ou casher), ils n’étaient jusqu’à présent pas tenus de prendre en compte les besoins des personnes véganes.</p><h2>La CEDH reconnaît le véganisme comme relevant de la liberté de conscience</h2><p>Mais tout comme une conviction fondamentale d’ordre religieux guide les actions d’une personne dans différents domaines de la vie et peut, en ce sens, devenir une question de conscience, les motivations qui sous-tendent le véganisme, telles que le rejet du spécisme, le respect de la dignité animale ou la compassion face à la souffrance des animaux, peuvent aussi guider les actions des personnes véganes. En ce sens, dans diverses situations, leurs choix (visant à rejeter toute exploitation animale) relèvent donc eux aussi de la liberté de conscience.</p><h2>L’arrêt rendu à Strasbourg est juridiquement contraignant pour tous les États signataires</h2><p>Le fait que la CEDH ait désormais reconnu le véganisme comme relevant de la liberté de conscience constitue une première étape vers un plus grand respect de la part des institutions et une plus grande tolérance de la part de la population à l'égard des personnes véganes et de leur régime alimentaire. En effet, cet arrêt est juridiquement contraignant pour la Suisse et les 45&nbsp;autres États membres du Conseil de l’Europe qui ont ratifié la Convention européenne des droits de l’homme, et il s’applique avec effet immédiat sans restriction.</p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Les droits de l’homme prévalent sur la loi suisse</h3><p>En Suisse, la Convention européenne des droits de l’homme prévaut sur les lois fédérales (<a href="http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?highlight_docid=atf%3A%2F%2F125-II-417%3Ade&amp;lang=fr&amp;type=show_document" target="_blank">ATF 125 II 417</a>,&nbsp;consid.&nbsp;4d) &nbsp;et sur la Constitution fédérale (<a href="http://relevancy.bger.ch/php/clir/http/index.php?highlight_docid=atf%3A%2F%2F139-I-16%3Ade&amp;lang=fr&amp;type=show_document" target="_blank">ATF 139 I 16</a>,&nbsp;consid.&nbsp;5.1). C’est pourquoi la Confédération et les cantons sont désormais tenus d’adapter leurs lois de manière à ce que, outre les régimes alimentaires motivés par des convictions religieuses, &nbsp;les régimes alimentaires non religieux tels que le végétarisme et le végétalisme soient également protégés juridiquement au titre de la liberté de pensée, de conscience et de religion, et que la discrimination à l’encontre des personnes véganes soit traitée de la même manière que la discrimination fondée sur la croyance et soit punissable de la même façon. Grâce à l’arrêt de la CEDH, cet avenir plus inclusif se rapproche désormais d’un pas.&nbsp;<br></div></p><h2>Et maintenant&nbsp;?</h2><p>Même si, en matière d’alimentation, l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme a jusqu'à présent été principalement appliqué au titre de la liberté de religion, cela ne signifie bien sûr pas que le véganisme soit une «&nbsp;quasi-religion&nbsp;», comme l’écrivent désormais certains médias. Cela signifie néanmoins que le véganisme est bien plus qu’une «&nbsp;simple préférence alimentaire&nbsp;» ou une «&nbsp;mode passagère&nbsp;»&nbsp;: il s’agit d’un engagement légitime, fondé sur des principes éthiques désormais protégés par la Convention des droits de l’homme, en faveur d’une plus grande justice envers les animaux non humains.</p><p>Il reste désormais à voir quelles lois la Confédération et les cantons adopteront pour tenir compte de cette nouvelle situation juridique. Peut-être prendront-ils exemple sur <a href="https://www.vegansociety.com/news/blog/new-prison-food-rules-what-revised-prison-food-policy-means-imprisoned-vegans" target="_blank">l’Angleterre et le Pays de Galles</a>, qui ont déjà reconnu, dès le début de l’année 2026, que la nourriture servie dans les prisons avait des répercussions importantes sur la dignité et le bien-être des personnes détenues, et qui proposent désormais un menu végétalien à l’ensemble de la population carcérale.</p><p>En attendant que la Suisse en arrive là, les véganes victimes de discrimination de la part d’institutions publiques (ou encore sur leur lieu de travail, dans le cadre du service militaire, etc.) en raison de leur régime alimentaire peuvent désormais invoquer l’arrêt de la CEDH et sa force juridique.</p><p>&nbsp;Une avancée réjouissante et porteuse d’avenir&nbsp;!</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ul><li><a href="https://hudoc.echr.coe.int/eng#%7B%22display%22:%5B%220%22%5D,%22languageisocode%22:%5B%22ENG%22%5D,%22appno%22:%5B%2255299/20%22,%2231515/22%22%5D,%22documentcollectionid2%22:%5B%22CLIN%22%5D,%22itemid%22:%5B%22002-14630%22%5D%7D" target="_blank">Arrêt de la CEDH du 16.07.2026</a></li><li>Les deux arrêts rendus par le Tribunal fédéral suisse :<ul><li><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=1B_608%2F2019++&amp;rank=1&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=aza%3A%2F%2F11-06-2020-1B_608-2019" target="_blank">Arrêt du 11 juin 2020</a></li><li><a href="https://www.bger.ch/ext/eurospider/live/fr/php/aza/http/index.php?lang=fr&amp;type=highlight_simple_query&amp;page=1&amp;from_date=&amp;to_date=&amp;sort=relevance&amp;insertion_date=&amp;top_subcollection_aza=all&amp;query_words=%222C_495%2F2021%22&amp;rank=1&amp;azaclir=aza&amp;highlight_docid=aza%3A%2F%2F09-02-2022-2C_495-2021" target="_blank">Arrêt du 9 février 2022</a></li></ul></li></ul></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li>Communiqué de presse de Swissveg : <a href="https://newsletter.swissveg.ch/newsletter.php?data=aWQ9NjkwJmxhbmc9Rg" target="_blank">La CEDH reconnaît pour la première fois l’alimentation végétale comme un droit humain</a>, 16.07.2026</li><li>RTS: <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/la-suisse-condamnee-par-la-cedh-pour-avoir-refuse-un-menu-vegetalien-a-deux-militants-29304768.html" target="_blank">La Suisse condamnée par la CEDH pour avoir refusé des repas végétaliens à deux antispécistes</a>, 16.07.2026</li><li>Vegconomist: <a href="https://vegconomist.com/politics-law/echr-recgonizes-ethical-veganism-matter-of-conscience-swiss-prison-diet-case/" target="_blank">ECHR Recognizes Ethical Veganism as a Matter of Conscience in Swiss Prison Diet Case</a></li></ul></div> Fri, 17 Jul 2026 15:52:10 +0000 Nurdin 4217 at https://www.swissveg.ch Über die Postkarte hinaus: Die Schattenseite der Milchindustrie https://www.swissveg.ch/de/schattenseite-milchindustrie <span>Au-delà de la carte postale : la face cachée de l&#039;industrie laitière</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>20. juillet 2026 - 15:09</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lobbies agroalimentaires présentent volontiers le lait comme un aliment sain, naturel et écologique. En Suisse en particulier, l’industrie laitière fait partie intégrante du patrimoine culturel et de l'image touristique du pays. Autrefois, la transformation du lait en fromages permettait aux régions alpines de conserver des denrées périssables pour l’hiver. Mais cette tradition est-elle encore pertinente aujourd’hui&nbsp;?</p><h5>Les produits laitiers, tout sauf naturels</h5><p>L’industrie laitière met volontiers en avant des images de vaches à cornes broutant paisiblement dans les pâturages alpins. Pourtant, derrière cette communication se cache une réalité bien différente. De la reproduction des animaux à la fabrication du fromage, la production laitière moderne repose sur des interventions techniques et des chaînes d’approvisionnement internationales qui n’ont plus grand-chose à voir avec une agriculture «&nbsp;naturelle&nbsp;».</p><p>La reproduction des bovins laitiers ne relève plus depuis longtemps du hasard. Dans les élevages modernes, l’<strong>insémination artificielle</strong> est devenue la norme et permet de diffuser les caractéristiques génétiques des taureaux jugés les plus performants auprès de centaines de milliers de vaches. En Suisse, Swissgenetics illustre parfaitement cette évolution. La coopérative indique avoir vendu, entre 2020 et 2024, plus d’un million de doses de semence Brown Swiss provenant de plus de 300&nbsp;taureaux dans 48&nbsp;pays répartis sur cinq continents.<span class="fussnotenlink">1</span> Les critères de sélection portent principalement sur la production laitière, la morphologie des animaux, la santé de la mamelle, la fertilité ou encore la longévité. Les bovins laitiers sont ainsi le résultat de décennies de sélection génétique intensive visant à maximiser les performances économiques des troupeaux. Cette uniformisation génétique contraste fortement avec l'image de troupeaux vivant au rythme de la nature. Les animaux ne sont plus seulement élevés&nbsp;: ils sont sélectionnés et reproduits selon des objectifs de rendement définis par l'être humain.</p><p>L’image d’un fromage fabriqué exclusivement à partir de ressources locales est elle aussi trompeuse. La fabrication des fromages suisses AOP, comme le Gruyère, l’Emmental, le Vacherin fribourgeois ou la Raclette du Valais, nécessite de la présure, une enzyme extraite du quatrième estomac de jeunes veaux. Or, <strong>dans la quasi-totalité des cas, cette présure est importée. </strong>La Suisse n’en produit pratiquement pas et dépend de fournisseurs étrangers. Une partie de cette présure provient de pays où les méthodes d'élevage des veaux diffèrent de celles autorisées ou pratiquées en Suisse.<span class="fussnotenlink">2</span> Autrement dit, même les fromages les plus emblématiques du patrimoine culinaire helvétique nécessitent une matière première issue d’une chaîne d’approvisionnement mondialisée.</p><p>&nbsp;</p><h5>Les vaches ont-elles vraiment leur place en montagne&nbsp;?</h5><p>Les prairies maigres de montagne constituent un habitat essentiel pour une grande diversité d’espèces végétales et animales. Elles ne sont toutefois pas adaptées au poids des bovins (500 à 800&nbsp;kg), bien supérieur à celui des espèces sauvages qui les fréquentent naturellement, comme les chamois (25 à 60&nbsp;kg) ou les bouquetins (75 à 120&nbsp;kg). En <strong>piétinant </strong>continuellement la fine couche de végétation alpine, les vaches dégradent progressivement ces sols particulièrement fragiles. À cela s’ajoute l’apport excessif de nitrates provenant de leurs déjections, qui modifie profondément la composition des sols. Cette <strong>surcharge en éléments nutritifs </strong>favorise les espèces végétales les plus compétitives au détriment de la flore alpine. Ainsi, depuis 1900, plus de 95&nbsp;% des prairies et pâturages secs de Suisse ont été détruits et leur superficie ainsi que leur qualité continuent de diminuer.<span class="fussnotenlink">3</span> Les pâturages limitent en outre l’expansion naturelle des forêts et des arbustes, qui jouent pourtant un rôle déterminant dans la protection contre les avalanches. Pour préserver ces derniers, des mesures artificielles supplémentaires sont donc nécessaires.</p><p>À cela s’ajoute un autre problème : la sécheresse, aggravée par le réchauffement climatique, touche de plus en plus fréquemment les régions de montagne. En 2003, 2025, 2018, 2022 et 2026, <strong>des hélicoptères de l’armée suisse</strong> ont dû être déployés pour transporter de l’eau jusque dans les alpages afin d’abreuver les animaux. Rien qu’en 2022, les forces aériennes suisses ont cumulé 700 heures de vol pour acheminer 4,3 millions de litres d’eau.<span class="fussnotenlink">4</span> Et ce chiffre impressionnant ne tient pas compte des transports effectués par des sociétés privées de fret par hélicoptère. Cette pénurie d’eau n’a rien de surprenant&nbsp;: une seule vache peut boire jusqu'à 100&nbsp;litres d’eau par jour. Lorsque les sources se tarissent, il faut trouver d’autres moyens d’assurer l’approvisionnement en eau.&nbsp;</p><p>En 2026, la sécheresse dans certaines régions de Suisse était telle que les paysans ont été contraints de puiser dans leurs réserves hivernales de fourrage en plein été. Pour éviter l’achat de fourrage onéreux, ils ont dû <strong>envoyer à l'abattoir les vaches les plus âgées et les moins productives plusieurs mois avant la date prévue</strong>.<span class="fussnotenlink">5</span> Dans un contexte de réchauffement climatique de plus en plus intense, ces problèmes d’approvisionnement en eau et en fourrage risquent de devenir de plus en plus fréquents, ce qui soulève la question de la viabilité de l’élevage de grands troupeaux de bovins dans les alpages.</p><p>&nbsp;</p><h5>Une production structurellement inefficace</h5><h4>Transformer des végétaux en lait&nbsp;: une perte de ressources</h4><p>Le lait est souvent présenté comme un aliment durable, notamment parce que les vaches valorisent l’herbe, une ressource que l’être humain ne peut pas consommer directement. Cet argument ne résiste toutefois qu’en partie à l’analyse. En effet, une vache ne transforme qu’une fraction de l’énergie contenue dans son alimentation en lait&nbsp;: une grande partie est utilisée pour assurer son propre métabolisme, sa croissance, ses déplacements ou simplement maintenir sa température corporelle. Cette conversion entraîne une <strong>perte importante de ressources</strong>.</p><p>La production laitière mobilise ainsi bien davantage de terres agricoles, d’eau et d’énergie que la fabrication d’alternatives végétales. Les animaux ont besoin de pâturages, mais aussi de surfaces cultivées pour produire leur fourrage. 10&nbsp;% de ces aliments sont par ailleurs importés,<span class="fussnotenlink">6</span> notamment sous forme de concentrés, cultivés sur des terres arables qui pourraient servir directement à produire des denrées destinées à l’alimentation humaine. En Suisse, une vache laitière reçoit en moyenne 614 kg d’aliments concentrés par an.<span class="fussnotenlink">7</span> Même l’argument selon lequel les bovins ne consomment que de l’herbe est donc incomplet.&nbsp;</p><p>La consommation d’eau illustre bien cette inefficacité. Les vaches boivent plusieurs dizaines de litres d’eau par jour, auxquels s’ajoutent les besoins en irrigation des cultures fourragères. À quantité équivalente, les alternatives végétales au lait nécessitent nettement moins d’eau et de surfaces agricoles. La production de lait d’amande, pourtant souvent critiquée pour sa consommation d’eau, requiert par exemple environ dix-huit fois moins de terres et plusieurs centaines de litres d’eau de moins par litre produit.<span class="fussnotenlink">8</span></p><h4>Des millions de litres de lait perdus</h4><p>À cette inefficacité biologique s’ajoute un gaspillage direct. Les vaches laitières souffrent fréquemment de mammite, une inflammation de la mamelle généralement traitée par <a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><strong>antibiotiques</strong></a>. Pendant toute la durée du traitement et du délai d’attente imposé par la législation, leur lait ne peut pas être commercialisé afin d’éviter la présence de résidus médicamenteux dans les produits destinés à la consommation.</p><p>En Suisse, cette situation conduit chaque année à la mise au rebut d’environ <strong>80 millions de litres de lait</strong>, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près d’un million et demi de personnes.<span class="fussnotenlink">9</span> Ce lait est généralement distribué aux veaux ou épandu avec les lisiers. Une pratique qui soulève également des inquiétudes en matière de santé publique, car elle peut favoriser la dissémination de bactéries résistantes aux antibiotiques dans l’environnement.</p><h4>Surproduction</h4><p>Le gaspillage ne s'arrête pas là. Depuis plusieurs années, la Suisse produit <strong>davantage de lait que le marché n’est capable d’absorber</strong>. Selon l’Interprofession du lait (IP Lait), les producteurs ont livré en 2025 environ 126 millions de kilos de lait de plus que les besoins du marché.<span class="fussnotenlink">10</span> Cette surproduction exerce une pression à la baisse sur les prix et fragilise les revenus des éleveurs.</p><p>Pour limiter ces excédents, l’IP Lait a introduit en 2026 un système pénalisant les exploitations qui dépassent leur volume de référence. Le lait produit au-delà de ce seuil n’est rémunéré qu’à un prix fortement réduit. Malgré cela, les volumes restent élevés. Le fonctionnement économique du secteur pousse chaque exploitation à produire davantage afin de compenser la baisse des prix, même lorsque cette stratégie aggrave encore les excédents.</p><p>Les conséquences sont visibles jusque dans les entrepôts frigorifiques : au printemps 2026, plus de 7000&nbsp;tonnes de beurre y étaient stockées, soit environ 2000 tonnes de plus que le niveau habituel.<span class="fussnotenlink">11</span> Cette accumulation illustre un paradoxe&nbsp;: une industrie qui continue à produire toujours plus alors même qu’elle peine déjà à écouler ce qu’elle fabrique.</p><p>&nbsp;</p><h5>Conclusion</h5><p>L’image idyllique de l'industrie laitière repose en grande partie sur un récit hérité du passé. Derrière les paysages de carte postale se cachent <strong>une production fortement industrialisée, une consommation importante de ressources et un système économique qui génère des excédents tout en fragilisant les revenus des producteurs.</strong></p><p>L’utilisation des prairies alpines comme pâturages n’apparaît plus comme la solution la plus pertinente. Ces surfaces ne fournissent qu’une faible part de notre alimentation, alors qu’elles constituent des écosystèmes d’une grande richesse écologique. À mesure que le changement climatique accentue les pressions sur les milieux de montagne, il serait judicieux de laisser une partie de ces espaces retrouver leur dynamique naturelle. Une telle évolution est toutefois difficilement envisageable sans une réduction de la production animale. <strong>Une alimentation davantage fondée sur les végétaux permettrait de nourrir la population avec beaucoup moins de terres, d’eau et d’énergie, tout en diminuant la pression exercée sur les régions de montagne.</strong></p><p>Le principal obstacle n’est cependant pas technique, mais économique et politique. Aujourd’hui, environ <a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels?language=fr">82 % des subventions agricoles suisses bénéficient à l’élevage</a><a href="https://www.swissveg.ch/de/subventionspolitik_vs_kostenwahrheit?language=de">.</a> Pour de nombreuses exploitations, réduire leur cheptel ou se réorienter vers des cultures végétales signifie perdre une part importante de leurs soutiens financiers. À cela s’ajoute l’absence de véritable programme public destiné à accompagner les éleveurs qui souhaiteraient abandonner la production animale au profit de cultures végétales. La transition repose donc presque entièrement sur les épaules des agriculteurs, qui devraient assumer seuls les risques financiers d’une telle reconversion.</p><p>Les producteurs se retrouvent ainsi pris entre le marteau et l’enclume. D’un côté, la faiblesse du prix du lait les pousse à produire toujours davantage pour maintenir leurs revenus&nbsp;; de l'autre, les mécanismes de soutien public les incitent à conserver leur cheptel plutôt qu’à faire évoluer leur exploitation. <strong>Une agriculture plus durable ne pourra donc pas reposer uniquement sur la bonne volonté des producteurs ou des consommateurs. Elle nécessitera une réforme en profondeur des politiques agricoles afin que les aides publiques accompagnent réellement la transition, au lieu de perpétuer un modèle qui montre aujourd’hui ses limites sur les plans écologique, économique et social.</strong></p><p>&nbsp;</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Swissgenetics. (2024, 18. Juni). Swissgenetics: leader du programme d’élevage Brown Swiss à l’échelon international. <a href="https://www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international">www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 6 mars). De la présure issue de veaux néo-zélandais dans nos fromages AOP. <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html">www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html</a>&nbsp;</li><li>Office fédéral de l'environnement OFEV. (2025, 12. décembre). Prairies et pâturages secs. <a href="https://www.bafu.admin.ch/fr/pps-f">www.bafu.admin.ch/fr/pps-f</a>&nbsp;</li><li>SRF. (2023, 28 juin). Älpler schlagen Alarm: Z’Alp geht mancherorts das Wasser aus. <a href="https://www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus">www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus</a></li><li>24 Heures. (2026, 19 juillet). La sécheresse donne aux vaches un ticket précoce pour l'abattoir. <a href="https://www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374">www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374</a>&nbsp;</li><li>Swissmilk. (s. d.) En Suisse, les vaches ne manquent pas de fourrage. <a href="https://www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage/">www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage</a>&nbsp;</li><li>Union suisse des paysans. (2021, mai). FOKUS – Das fressen Kuh, Schwein und Co. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf">www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf</a></li><li>Lebensmittellexikon. (o. D.). Virtuelles Wasser in Lebensmitteln. <a href="https://www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php">www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php</a></li><li>Bon À Savoir. (2022, 4 mai). Chaque année, 80 millions de litres de lait à jeter. <a href="https://www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter">www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter</a>&nbsp;</li><li>24 Heures. (2026, 12 février). La Suisse croule sous 126 millions de kilos de lait en trop. <a href="https://www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570">www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 22 mai). La Suisse produit trop de lait et accumule 7000 tonnes de beurre. <a href="https://www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html">www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html</a>&nbsp;</li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/mythes_lait"><span lang="de-CH">À propos du lait</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/montagne"><span lang="de-CH">Régions montagneuses</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses"><span lang="de-CH">Prairies suisses : réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/vague-chaleur-suisse">Vague de chaleur et pénurie d'eau : quel lien avec notre alimentation ?</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><span lang="de-CH">Utilisation d'antibiotiques dans le secteur de l'élevage</span></a><span lang="de-CH">&nbsp;</span></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels">Politique agricole : subventionnements vs coûts réels</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/journee-du-lait-vegetal-2025">Journée mondiale du lait végétal : il est temps de redéfinir le lait</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.playsuisse.ch/fr/show/2416567">Miss Cow</a> : un documentaire sur la sélection génétique des vaches laitières</p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=aoxv3gP9LtA" target="_blank">Reportage de Ragekit et de l'Observatoire du spécisme</a> sur le commerce de semence de taureau</p></li></ul></div> Mon, 20 Jul 2026 10:11:30 +0000 Amandine 4218 at https://www.swissveg.ch Über die Postkarte hinaus: Die Schattenseite der Milchindustrie https://www.swissveg.ch/de/schattenseite-milchindustrie <span>Au-delà de la carte postale : la face cachée de l&#039;industrie laitière</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>20. juillet 2026 - 15:09</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lobbies agroalimentaires présentent volontiers le lait comme un aliment sain, naturel et écologique. En Suisse en particulier, l’industrie laitière fait partie intégrante du patrimoine culturel et de l'image touristique du pays. Autrefois, la transformation du lait en fromages permettait aux régions alpines de conserver des denrées périssables pour l’hiver. Mais cette tradition est-elle encore pertinente aujourd’hui&nbsp;?</p><h5>Les produits laitiers, tout sauf naturels</h5><p>L’industrie laitière met volontiers en avant des images de vaches à cornes broutant paisiblement dans les pâturages alpins. Pourtant, derrière cette communication se cache une réalité bien différente. De la reproduction des animaux à la fabrication du fromage, la production laitière moderne repose sur des interventions techniques et des chaînes d’approvisionnement internationales qui n’ont plus grand-chose à voir avec une agriculture «&nbsp;naturelle&nbsp;».</p><p>La reproduction des bovins laitiers ne relève plus depuis longtemps du hasard. Dans les élevages modernes, l’<strong>insémination artificielle</strong> est devenue la norme et permet de diffuser les caractéristiques génétiques des taureaux jugés les plus performants auprès de centaines de milliers de vaches. En Suisse, Swissgenetics illustre parfaitement cette évolution. La coopérative indique avoir vendu, entre 2020 et 2024, plus d’un million de doses de semence Brown Swiss provenant de plus de 300&nbsp;taureaux dans 48&nbsp;pays répartis sur cinq continents.<span class="fussnotenlink">1</span> Les critères de sélection portent principalement sur la production laitière, la morphologie des animaux, la santé de la mamelle, la fertilité ou encore la longévité. Les bovins laitiers sont ainsi le résultat de décennies de sélection génétique intensive visant à maximiser les performances économiques des troupeaux. Cette uniformisation génétique contraste fortement avec l'image de troupeaux vivant au rythme de la nature. Les animaux ne sont plus seulement élevés&nbsp;: ils sont sélectionnés et reproduits selon des objectifs de rendement définis par l'être humain.</p><p>L’image d’un fromage fabriqué exclusivement à partir de ressources locales est elle aussi trompeuse. La fabrication des fromages suisses AOP, comme le Gruyère, l’Emmental, le Vacherin fribourgeois ou la Raclette du Valais, nécessite de la présure, une enzyme extraite du quatrième estomac de jeunes veaux. Or, <strong>dans la quasi-totalité des cas, cette présure est importée. </strong>La Suisse n’en produit pratiquement pas et dépend de fournisseurs étrangers. Une partie de cette présure provient de pays où les méthodes d'élevage des veaux diffèrent de celles autorisées ou pratiquées en Suisse.<span class="fussnotenlink">2</span> Autrement dit, même les fromages les plus emblématiques du patrimoine culinaire helvétique nécessitent une matière première issue d’une chaîne d’approvisionnement mondialisée.</p><p>&nbsp;</p><h5>Les vaches ont-elles vraiment leur place en montagne&nbsp;?</h5><p>Les prairies maigres de montagne constituent un habitat essentiel pour une grande diversité d’espèces végétales et animales. Elles ne sont toutefois pas adaptées au poids des bovins (500 à 800&nbsp;kg), bien supérieur à celui des espèces sauvages qui les fréquentent naturellement, comme les chamois (25 à 60&nbsp;kg) ou les bouquetins (75 à 120&nbsp;kg). En <strong>piétinant </strong>continuellement la fine couche de végétation alpine, les vaches dégradent progressivement ces sols particulièrement fragiles. À cela s’ajoute l’apport excessif de nitrates provenant de leurs déjections, qui modifie profondément la composition des sols. Cette <strong>surcharge en éléments nutritifs </strong>favorise les espèces végétales les plus compétitives au détriment de la flore alpine. Ainsi, depuis 1900, plus de 95&nbsp;% des prairies et pâturages secs de Suisse ont été détruits et leur superficie ainsi que leur qualité continuent de diminuer.<span class="fussnotenlink">3</span> Les pâturages limitent en outre l’expansion naturelle des forêts et des arbustes, qui jouent pourtant un rôle déterminant dans la protection contre les avalanches. Pour préserver ces derniers, des mesures artificielles supplémentaires sont donc nécessaires.</p><p>À cela s’ajoute un autre problème : la sécheresse, aggravée par le réchauffement climatique, touche de plus en plus fréquemment les régions de montagne. En 2003, 2025, 2018, 2022 et 2026, <strong>des hélicoptères de l’armée suisse</strong> ont dû être déployés pour transporter de l’eau jusque dans les alpages afin d’abreuver les animaux. Rien qu’en 2022, les forces aériennes suisses ont cumulé 700 heures de vol pour acheminer 4,3 millions de litres d’eau.<span class="fussnotenlink">4</span> Et ce chiffre impressionnant ne tient pas compte des transports effectués par des sociétés privées de fret par hélicoptère. Cette pénurie d’eau n’a rien de surprenant&nbsp;: une seule vache peut boire jusqu'à 100&nbsp;litres d’eau par jour. Lorsque les sources se tarissent, il faut trouver d’autres moyens d’assurer l’approvisionnement en eau.&nbsp;</p><p>En 2026, la sécheresse dans certaines régions de Suisse était telle que les paysans ont été contraints de puiser dans leurs réserves hivernales de fourrage en plein été. Pour éviter l’achat de fourrage onéreux, ils ont dû <strong>envoyer à l'abattoir les vaches les plus âgées et les moins productives plusieurs mois avant la date prévue</strong>.<span class="fussnotenlink">5</span> Dans un contexte de réchauffement climatique de plus en plus intense, ces problèmes d’approvisionnement en eau et en fourrage risquent de devenir de plus en plus fréquents, ce qui soulève la question de la viabilité de l’élevage de grands troupeaux de bovins dans les alpages.</p><p>&nbsp;</p><h5>Une production structurellement inefficace</h5><h4>Transformer des végétaux en lait&nbsp;: une perte de ressources</h4><p>Le lait est souvent présenté comme un aliment durable, notamment parce que les vaches valorisent l’herbe, une ressource que l’être humain ne peut pas consommer directement. Cet argument ne résiste toutefois qu’en partie à l’analyse. En effet, une vache ne transforme qu’une fraction de l’énergie contenue dans son alimentation en lait&nbsp;: une grande partie est utilisée pour assurer son propre métabolisme, sa croissance, ses déplacements ou simplement maintenir sa température corporelle. Cette conversion entraîne une <strong>perte importante de ressources</strong>.</p><p>La production laitière mobilise ainsi bien davantage de terres agricoles, d’eau et d’énergie que la fabrication d’alternatives végétales. Les animaux ont besoin de pâturages, mais aussi de surfaces cultivées pour produire leur fourrage. 10&nbsp;% de ces aliments sont par ailleurs importés,<span class="fussnotenlink">6</span> notamment sous forme de concentrés, cultivés sur des terres arables qui pourraient servir directement à produire des denrées destinées à l’alimentation humaine. En Suisse, une vache laitière reçoit en moyenne 614 kg d’aliments concentrés par an.<span class="fussnotenlink">7</span> Même l’argument selon lequel les bovins ne consomment que de l’herbe est donc incomplet.&nbsp;</p><p>La consommation d’eau illustre bien cette inefficacité. Les vaches boivent plusieurs dizaines de litres d’eau par jour, auxquels s’ajoutent les besoins en irrigation des cultures fourragères. À quantité équivalente, les alternatives végétales au lait nécessitent nettement moins d’eau et de surfaces agricoles. La production de lait d’amande, pourtant souvent critiquée pour sa consommation d’eau, requiert par exemple environ dix-huit fois moins de terres et plusieurs centaines de litres d’eau de moins par litre produit.<span class="fussnotenlink">8</span></p><h4>Des millions de litres de lait perdus</h4><p>À cette inefficacité biologique s’ajoute un gaspillage direct. Les vaches laitières souffrent fréquemment de mammite, une inflammation de la mamelle généralement traitée par <a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><strong>antibiotiques</strong></a>. Pendant toute la durée du traitement et du délai d’attente imposé par la législation, leur lait ne peut pas être commercialisé afin d’éviter la présence de résidus médicamenteux dans les produits destinés à la consommation.</p><p>En Suisse, cette situation conduit chaque année à la mise au rebut d’environ <strong>80 millions de litres de lait</strong>, soit l’équivalent de la consommation annuelle de près d’un million et demi de personnes.<span class="fussnotenlink">9</span> Ce lait est généralement distribué aux veaux ou épandu avec les lisiers. Une pratique qui soulève également des inquiétudes en matière de santé publique, car elle peut favoriser la dissémination de bactéries résistantes aux antibiotiques dans l’environnement.</p><h4>Surproduction</h4><p>Le gaspillage ne s'arrête pas là. Depuis plusieurs années, la Suisse produit <strong>davantage de lait que le marché n’est capable d’absorber</strong>. Selon l’Interprofession du lait (IP Lait), les producteurs ont livré en 2025 environ 126 millions de kilos de lait de plus que les besoins du marché.<span class="fussnotenlink">10</span> Cette surproduction exerce une pression à la baisse sur les prix et fragilise les revenus des éleveurs.</p><p>Pour limiter ces excédents, l’IP Lait a introduit en 2026 un système pénalisant les exploitations qui dépassent leur volume de référence. Le lait produit au-delà de ce seuil n’est rémunéré qu’à un prix fortement réduit. Malgré cela, les volumes restent élevés. Le fonctionnement économique du secteur pousse chaque exploitation à produire davantage afin de compenser la baisse des prix, même lorsque cette stratégie aggrave encore les excédents.</p><p>Les conséquences sont visibles jusque dans les entrepôts frigorifiques : au printemps 2026, plus de 7000&nbsp;tonnes de beurre y étaient stockées, soit environ 2000 tonnes de plus que le niveau habituel.<span class="fussnotenlink">11</span> Cette accumulation illustre un paradoxe&nbsp;: une industrie qui continue à produire toujours plus alors même qu’elle peine déjà à écouler ce qu’elle fabrique.</p><p>&nbsp;</p><h5>Conclusion</h5><p>L’image idyllique de l'industrie laitière repose en grande partie sur un récit hérité du passé. Derrière les paysages de carte postale se cachent <strong>une production fortement industrialisée, une consommation importante de ressources et un système économique qui génère des excédents tout en fragilisant les revenus des producteurs.</strong></p><p>L’utilisation des prairies alpines comme pâturages n’apparaît plus comme la solution la plus pertinente. Ces surfaces ne fournissent qu’une faible part de notre alimentation, alors qu’elles constituent des écosystèmes d’une grande richesse écologique. À mesure que le changement climatique accentue les pressions sur les milieux de montagne, il serait judicieux de laisser une partie de ces espaces retrouver leur dynamique naturelle. Une telle évolution est toutefois difficilement envisageable sans une réduction de la production animale. <strong>Une alimentation davantage fondée sur les végétaux permettrait de nourrir la population avec beaucoup moins de terres, d’eau et d’énergie, tout en diminuant la pression exercée sur les régions de montagne.</strong></p><p>Le principal obstacle n’est cependant pas technique, mais économique et politique. Aujourd’hui, environ <a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels?language=fr">82 % des subventions agricoles suisses bénéficient à l’élevage</a><a href="https://www.swissveg.ch/de/subventionspolitik_vs_kostenwahrheit?language=de">.</a> Pour de nombreuses exploitations, réduire leur cheptel ou se réorienter vers des cultures végétales signifie perdre une part importante de leurs soutiens financiers. À cela s’ajoute l’absence de véritable programme public destiné à accompagner les éleveurs qui souhaiteraient abandonner la production animale au profit de cultures végétales. La transition repose donc presque entièrement sur les épaules des agriculteurs, qui devraient assumer seuls les risques financiers d’une telle reconversion.</p><p>Les producteurs se retrouvent ainsi pris entre le marteau et l’enclume. D’un côté, la faiblesse du prix du lait les pousse à produire toujours davantage pour maintenir leurs revenus&nbsp;; de l'autre, les mécanismes de soutien public les incitent à conserver leur cheptel plutôt qu’à faire évoluer leur exploitation. <strong>Une agriculture plus durable ne pourra donc pas reposer uniquement sur la bonne volonté des producteurs ou des consommateurs. Elle nécessitera une réforme en profondeur des politiques agricoles afin que les aides publiques accompagnent réellement la transition, au lieu de perpétuer un modèle qui montre aujourd’hui ses limites sur les plans écologique, économique et social.</strong></p><p>&nbsp;</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Swissgenetics. (2024, 18. Juni). Swissgenetics: leader du programme d’élevage Brown Swiss à l’échelon international. <a href="https://www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international">www.swissgenetics.com/fr/swissgenetics-leader-du-programme-delevage-brown-swiss-a-lechelon-international</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 6 mars). De la présure issue de veaux néo-zélandais dans nos fromages AOP. <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html">www.rts.ch/info/suisse/2026/article/les-fromages-aop-suisses-fabriques-avec-de-la-presure-neo-zelandaise-29169042.html</a>&nbsp;</li><li>Office fédéral de l'environnement OFEV. (2025, 12. décembre). Prairies et pâturages secs. <a href="https://www.bafu.admin.ch/fr/pps-f">www.bafu.admin.ch/fr/pps-f</a>&nbsp;</li><li>SRF. (2023, 28 juin). Älpler schlagen Alarm: Z’Alp geht mancherorts das Wasser aus. <a href="https://www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus">www.srf.ch/news/schweiz/trockenheit-in-den-bergen-aelpler-schlagen-alarm-z-alp-geht-mancherorts-das-wasser-aus</a></li><li>24 Heures. (2026, 19 juillet). La sécheresse donne aux vaches un ticket précoce pour l'abattoir. <a href="https://www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374">www.24heures.ch/secheresse-les-eleveurs-suisses-envoient-leurs-vaches-a-labattoir-335634125374</a>&nbsp;</li><li>Swissmilk. (s. d.) En Suisse, les vaches ne manquent pas de fourrage. <a href="https://www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage/">www.swissmilk.ch/fr/durabilite/bien-etre-animal/en-suisse-les-vaches-ne-manquent-pas-de-fourrage</a>&nbsp;</li><li>Union suisse des paysans. (2021, mai). FOKUS – Das fressen Kuh, Schwein und Co. <a href="https://www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf">www.sbv-usp.ch/fileadmin/sbvuspch/04_Medien/Publikationen/FOKUS05_Futtermittel_def_DE_web.pdf</a></li><li>Lebensmittellexikon. (o. D.). Virtuelles Wasser in Lebensmitteln. <a href="https://www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php">www.lebensmittellexikon.de/v0001020.php</a></li><li>Bon À Savoir. (2022, 4 mai). Chaque année, 80 millions de litres de lait à jeter. <a href="https://www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter">www.bonasavoir.ch/article/article-detail/chaque-annee-80-millions-de-litres-de-lait-a-jeter</a>&nbsp;</li><li>24 Heures. (2026, 12 février). La Suisse croule sous 126 millions de kilos de lait en trop. <a href="https://www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570">www.24heures.ch/lait-la-suisse-croule-sous-126-millions-de-kilos-dexcedent-541600122570</a>&nbsp;</li><li>RTS. (2026, 22 mai). La Suisse produit trop de lait et accumule 7000 tonnes de beurre. <a href="https://www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html">www.rts.ch/info/economie/2026/article/la-suisse-accumule-7000-tonnes-de-beurre-suite-a-une-surproduction-de-lait-29250467.html</a>&nbsp;</li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/mythes_lait"><span lang="de-CH">À propos du lait</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/montagne"><span lang="de-CH">Régions montagneuses</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/prairies-suisses"><span lang="de-CH">Prairies suisses : réduire le cheptel pour une plus grande autonomie alimentaire</span></a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/vague-chaleur-suisse">Vague de chaleur et pénurie d'eau : quel lien avec notre alimentation ?</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/antibiotique"><span lang="de-CH">Utilisation d'antibiotiques dans le secteur de l'élevage</span></a><span lang="de-CH">&nbsp;</span></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/subventionnement_vs_couts_reels">Politique agricole : subventionnements vs coûts réels</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.swissveg.ch/fr/journee-du-lait-vegetal-2025">Journée mondiale du lait végétal : il est temps de redéfinir le lait</a></p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.playsuisse.ch/fr/show/2416567">Miss Cow</a> : un documentaire sur la sélection génétique des vaches laitières</p></li><li><p style="line-height:100%;margin-bottom:0cm;"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=aoxv3gP9LtA" target="_blank">Reportage de Ragekit et de l'Observatoire du spécisme</a> sur le commerce de semence de taureau</p></li></ul></div> Mon, 20 Jul 2026 10:11:30 +0000 Amandine 4218 at https://www.swissveg.ch Swissmilk-Werbung zur WM: Ist Kuhmilch wirklich die beste Wahl für starke Knochen? https://www.swissveg.ch/de/Pflanzenmilch-Swissmilk-Kampagne <span>Publicité de Swissmilk pendant la Coupe du monde : le lait de vache favorise-t-il vraiment la santé osseuse ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 15:03</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">En ce moment, tout le monde ne parle que de sport&nbsp;: c’est la Coupe du monde de football et l’équipe nationale suisse s’est hissée jusqu’aux quarts de finale. Bien entendu, pour réaliser des performances de haut niveau de manière constante, une bonne alimentation est essentielle pour les sportifs d’élite. Mais dans quelle mesure le fait de choisir le meilleur lait y contribue-t-il réellement&nbsp;? Et est-il vrai, comme le suggère une nouvelle campagne de Swissmilk, que le lait de vache est la meilleure option pour nos os&nbsp;?</p><p>L’affiche de Swissmilk, diffusée par phases sur différents supports publicitaires depuis le début de la Coupe du monde, montre trois footballeurs visibles des cuisses aux pieds. Ils portent des shorts rouges, des jambières rouges et des chaussures de football de différentes couleurs. Leurs tibias sont couverts de cicatrices et il y a de la boue sous leurs chaussures. En légende, on peut lire&nbsp;: «&nbsp;Fière partenaire des os suisses&nbsp;» et le logo de Swissmilk. Le message suggéré ici est clair&nbsp;: le lait est bon pour les os&nbsp;! Mais est-ce vraiment le cas&nbsp;? Ou s’agit-il là d’un mythe dépassé&nbsp;?</p><h4>Nutriments importants&nbsp;: les protéines et le calcium</h4><p>Pour trouver le lait le mieux adapté à ses besoins, il est utile de consulter les informations nutritionnelles au dos de l’emballage. On constate alors rapidement que <strong>le lait de vache n’est pas aussi avantageux qu'on pourrait le croire</strong> en termes de macronutriments. Le lait de vache contient notamment nettement plus de matières grasses et de sucres que les laits végétaux. En matière de protéines non plus, le lait de vache n’est pas le leader incontesté&nbsp;: il occupe seulement la deuxième place derrière le lait de soja, comme nous l’avons déjà détaillé dans <a href="/LaitDeVache-LaitVegetal-QueChoisir">cet article</a>. Ainsi, si l’on cherche à réduire son apport calorique tout en augmentant légèrement sa consommation de protéines, le lait de soja est le meilleur choix. Et pour les personnes qui ne se soucient pas particulièrement de maximiser leur apport en protéines, le lait d’avoine ou un autre lait végétal constituent des options tout à fait appropriées.</p><p>Parmi les micronutriments présents dans le lait de vache et le lait végétal, le <strong>calcium</strong> joue un rôle particulièrement important, car il est étroitement lié à la santé osseuse. Il détermine (outre d’autres fonctions importantes) la dureté des os, mais uniquement en association avec les fibres organiques et élastiques du tissu conjonctif dans lesquelles le calcium est stocké. Lorsque, avec l'âge, cette structure osseuse organique se développe moins bien pour des raisons hormonales et constitutionnelles, une ostéoporose peut apparaître&nbsp;; la substance osseuse devient plus poreuse et plus sujette aux fractures. Cela entraîne fréquemment des fractures de la hanche. Mais comment prévenir au mieux ce phénomène&nbsp;?</p><h4>Le lait de vache est-il une bonne source de calcium&nbsp;?</h4><p>«&nbsp;Le lait de vache contient du calcium. Et pour avoir des os en bonne santé, il faut du calcium. Par conséquent, si l'on veut avoir des os solides, il faut absolument boire beaucoup de lait de vache.&nbsp;» – C’est en gros le raisonnement que la campagne de l’organisation de lobbying Swissmilk cherche à véhiculer. Or, cela n’est pas tout à fait vrai&nbsp;; il s’agit plutôt d’un<strong> mythe très répandu et réfuté depuis longtemps</strong>. Examinons cela de plus près.</p><p>Ce qu’il faut savoir&nbsp;: Le lait de vache contient environ 120&nbsp;milligrammes de calcium pour 100&nbsp;millilitres. Dans les laits végétaux, la teneur en calcium varie naturellement, c’est pourquoi ceux-ci sont souvent enrichis afin d’atteindre également les 120 milligrammes. À cet égard, le lait de vache et la plupart des laits végétaux sont donc équivalents. Les besoins quotidiens d’un adulte s’élèvent à environ 1000 mg de calcium par jour et les Suisses boivent en moyenne un verre de lait par jour.</p><p>Si l'on voulait couvrir ses besoins en calcium avec du lait de vache, il faudrait donc en consommer plus de quatre verres (de 200&nbsp;ml chacun) par jour. Cela impliquerait également l’ingestion d'une quantité importante de graisses animales malsaines (30&nbsp;g) et de sucre sous forme de lactose (40&nbsp;g). Ces chiffres peuvent surprendre. En effet, beaucoup ignorent que le lait de vache contient même plus de calories que le Coca-Cola. Mais heureusement, il n’est pas du tout nécessaire de boire autant de lait de vache, car <strong>les aliments d'origine végétale constituent de bien meilleures sources de calcium</strong>&nbsp;:&nbsp;les graines de sésame, par exemple, contiennent pas moins de 783 milligrammes de calcium pour 100&nbsp;grammes, et les noix, les légumineuses et d’autres légumes en fournissent également plus de 200&nbsp;milligrammes. Nous avons dressé une liste des meilleures sources végétales de calcium dans <a href="/calcium">un article à part</a>. Vous trouverez également de plus amples informations sur les nutriments essentiels dans notre brochure <a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/de81a335b3a172483aaa/pages/page/9" target="_blank" title="Végane pour la santé - Calcium">« Végane pour la santé »</a>.</p><p>Il n'est donc pas vrai que le lait de vache soit une source indispensable de calcium. Bien au contraire&nbsp;:&nbsp;<strong>pour couvrir ses besoins quotidiens en calcium, on peut tout à fait se passer du lait de vache</strong> à condition de consommer suffisamment d’aliments d’origine végétale, qui font de toute façon déjà partie d’une alimentation saine et équilibrée.</p><h4>Le calcium renforce-t-il les os&nbsp;?</h4><p>Le fait est que la masse osseuse se constitue principalement au cours des premières années de la vie. &nbsp;C’est donc à cette période qu’un apport suffisant en calcium est particulièrement important. À partir de 30&nbsp;ans environ, la masse osseuse diminue progressivement en raison de changements hormonaux et constitutionnels. &nbsp;On sait par exemple que l’œstrogène a un effet protecteur sur les os, ce qui explique pourquoi les femmes sont particulièrement touchées par l’ostéoporose à partir de la ménopause.</p><p>Mais contrairement à ce que suggèrent les affiches de Swissmilk, &nbsp;consommer davantage de lait de vache à l’âge adulte ne permet pas de renforcer ses os. En effet, cela a été réfuté scientifiquement depuis longtemps : en 2015, la revue scientifique The BMJ a par exemple conclu, à l’issue d’une vaste analyse systématique portant sur plus de 40 études en médecine nutritionnelle, qu’il n’existait <strong>aucun lien entre l’apport en calcium par l’alimentation et le risque de fracture osseuse</strong>. De plus, il n’existe <strong>aucune preuve qu’une augmentation de l’apport en calcium puisse prévenir les fractures</strong>.<span class="fussnotenlink">1</span> Une méta-étude de l’Université de Zurich portant sur plus de 190&nbsp;000&nbsp;participantes est également parvenue à la même conclusion en 2011&nbsp;: quelle que soit la quantité de lait de vache consommée par les participants, aucun lien significatif n’a été établi avec le nombre de fractures de la hanche.<span class="fussnotenlink">2</span><sup> </sup>Enfin, une autre analyse des données nationales relatives à la consommation de produits laitiers et à la fréquence des fractures de la hanche, publiée en 2020, est même parvenue à la conclusion suivante :&nbsp;<strong>c’est dans les pays où la consommation de lait et de calcium est la plus élevée que l’on recense le plus grand nombre de fractures de la hanche</strong><span class="fussnotenlink">3</span> – un résultat qui peut sembler paradoxal, mais qui a été confirmé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).<span class="fussnotenlink">4</span></p><p>En résumé, il n’est pas mauvais de consommer du calcium en quantité suffisante, mais miser sur le lait de vache à cette fin n’est certainement pas la bonne approche&nbsp;!</p><h4>Activité sportive, alimentation saine et vitamine D</h4><p>Pour en revenir au football&nbsp;: outre l’alimentation, le sport et l’activité physique constituent un facteur très important pour la santé osseuse. Selon une équipe de recherche du National Centre for Sport and Exercise Medicine, la solidité osseuse des patientes et des patients atteints d'ostéoporose peut être optimisée grâce à un entraînement ciblé de musculation et de mise en charge, ainsi qu'à des exercices visant à améliorer la posture.<span class="fussnotenlink">5</span> Il va de soi que cette même approche pourrait également s’avérer efficace à titre préventif. En d’autres termes&nbsp;:&nbsp;<strong>les os soumis régulièrement à des sollicitations préservent leur solidité</strong>.&nbsp;C’est le seul point que l’affiche de Swissmilk restitue avec justesse&nbsp;: le sport (comme le football) renforce les os (suisses). &nbsp;Le lait de vache, par contre, n’a rien à voir là-dedans.</p><p>D’ailleurs, <strong>un grand nombre d’athlètes de haut niveau ont délibérément adopté une alimentation à base de plantes</strong>. Qui ne connaît pas, par exemple, la star du football Lionel Messi&nbsp;? En 2014, il est passé à un régime «&nbsp;plant forward&nbsp;», c’est-à-dire qu’il a réduit au minimum sa consommation d’aliments d’origine animale afin d’améliorer ses marqueurs inflammatoires et de raccourcir son temps de récupération après l’entraînement. On peut également citer la légende de la Formule&nbsp;1, Lewis Hamilton, qui est végane depuis 2017. Ou encore les joueurs de tennis professionnels Novak Đoković (n°&nbsp;1 mondial) et Venus Williams (championne olympique), ainsi que «&nbsp;l’homme le plus fort d’Allemagne&nbsp;», Patrik Baboumian, qui suivent eux aussi un régime à base de plantes, voire végétalien.</p><p><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr">Et la liste est encore longue&nbsp;! (Une</span><a href="/celebrite"><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr"> liste complète des célébrités véganes</span></a><span class="mw-page-title-main" lang="de" dir="ltr"> est disponible sur notre site.) Dans tous les cas, une chose est sûre&nbsp;:&nbsp;<strong>une alimentation majoritairement ou exclusivement végétale permet tout à fait d’avoir des os en bonne santé et de mener une vie active et sportive</strong>.&nbsp;Le lait de vache n’est ni indispensable, ni même utile à cet effet.</span></p><p>Pour finir, il convient de mentionner qu’il existe un autre micronutriment très important pour la santé osseuse&nbsp;: la vitamine D. Celle-ci favorise l’absorption du calcium et la minéralisation des os. Malheureusement, en Suisse, plus d’un tiers des adultes et 40 à 50&nbsp;% des enfants présentent une carence en vitamine D.<span class="fussnotenlink">6</span> C’est pourquoi il est utile de faire évaluer son taux de vitamine D et d’envisager une supplémentation, quel que soit son régime alimentaire</p><h4>Conclusion</h4><p>Avec son affiche, Swissmilk réduit des questions complexes à un seul produit. Le sujet du lait (végétal), du calcium et de la santé osseuse est toutefois plus complexe qu’il n'y paraît. Et le lait de vache ne contribue justement pas à des os plus sains – du moins, aucune preuve ne vient étayer une telle affirmation.</p><p>Bien sûr, les campagnes publicitaires ont le droit de simplifier les choses. Mais elles ne devraient pas pour autant véhiculer des promesses en matière de santé qui ne sont pas corroborées par des preuves scientifiques. Alors, carton jaune pour Swissmilk&nbsp;!</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p><strong>Sources</strong></p><p>1: Bolland et al (2015): «Calcium intake and risk of fracture: systematic review» In: The BMJ;351:h4580. <a href="https://doi.org/10.1136/bmj.h4580" target="_blank">doi.org/10.1136/bmj.h4580</a></p><p>2: Bischoff-Ferrari et al: «Milk intake and risk of hip fracture in men and women: A meta-analysis of prospective cohort studies» In: Journal of &nbsp;Bone and Mineral Research, 14. Oktober 2010. <a href="https://doi.org/10.1002/jbmr.279" target="_blank">doi.org/10.1002/jbmr.279</a></p><p>3: Willett &amp; Ludwig (2020): «Milk and Health» In: The New England Journal of Medicine 2020;382:644-54. <a href="https://doi.org/10.1056/NEJMra1903547" target="_blank">doi.org/10.1056/NEJMra1903547.</a> Les auteurs soulignent que d'autres facteurs, tels que le statut en vitamine D et l'origine ethnique, pourraient jouer un rôle dans l'explication de cette corrélation, mais ils insistent sur le fait qu'une faible consommation de produits laitiers semble compatible avec un faible taux de fractures de la hanche.</p><p>4: «<span style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);color:rgb(0, 0, 0);display:inline !important;float:none;font-family:Verdana, Arial, Helvetica, sans-serif;font-size:11px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;orphans:2;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;">The paradox (that hip fracture rates are higher in developed countries where calcium intake is higher than in developing countries where calcium intake is lower) clearly calls for an explanation. To date, the accumulated data indicate that the adverse effect of protein, in particular animal (but not vegetable) protein, might outweigh the positive effect of calcium intake on calcium balance.»</span> <a href="https://web.archive.org/web/20200709214343/https://www.who.int/nutrition/topics/5_population_nutrient/en/index25.html" target="_blank">(web.archive.org/web/20200709214343/https://www.who.int/nutrition/topics/5_population_nutrient/en/index25.html</a>)</p><p>5: Brooke-Wavell et al (2022): «Strong, steady and straight: UK consensus statement on physical activity and exercise for osteoporosis» In: British Journal of Sports Medicine 2022;56:837-846, <a href="https://doi.org/10.1136/bjsports-2021-104634" target="_blank">doi.org/10.1136/bjsports-2021-104634</a></p><p>6: <a href="https://www.edi.admin.ch/dam/fr/sd-web/7ahCvsFYUPsh/stellungnahme-eek-studie-bolland-fr.pdf">edi.admin.ch/dam/fr/sd-web/7ahCvsFYUPsh/stellungnahme-eek-studie-bolland-fr.pdf</a>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/lait">À propos du lait</a></li><li><a href="/LaitDeVache-LaitVegetal-QueChoisir">Lait de vache ou boissons végétales : que choisir ?</a></li><li><a href="/calcium">En savoir plus sur le calcium</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/lait_mensonges">Les mensonges à propos du lait</a></li><li><a href="/celebrite">Célébrités véganes</a></li><li><a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/de81a335b3a172483aaa/pages/page/1" target="_blank" title="Brochure : Végane pour la santé">Brochure : Végane pour la santé</a></li></ul></div> Wed, 15 Jul 2026 12:53:34 +0000 Nurdin 4212 at https://www.swissveg.ch Die beliebteste Deklaration für vegane Produkte https://www.swissveg.ch/de/umfrage_deklaration_26 <span>La déclaration la plus appréciée pour les produits végétaliens</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 9:53</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Comment les produits végétaliens doivent-ils être étiquetés pour se vendre au mieux&nbsp;? Pour le savoir, Swissveg a commandé un sondage représentatif à YouGov.</p><p>Les résultats sont clairs&nbsp;: tous les groupes de clientèle interrogés (personnes végétaliennes, végétariennes et flexitariennes) souhaitent voir figurer le <a href="https://www.swissveg.ch/fr/v-label-general?language=de">V-Label</a> officiel sur l’emballage des produits. Tous les autres types d’étiquetage (ou l’absence totale de mention « végétalien / végane ») sont nettement moins appréciés.&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>Ce n’est que chez les personnes qui consomment de la viande que la réponse « je ne sais pas » a été la plus fréquente, car celles-ci ne se sentent pas concernées par la mention «&nbsp;végétalien&nbsp;/ végane&nbsp;» ou n’y accordent pas d’importance.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Produkte-kaufen_FR.webp"><p>&nbsp;</p><h2>«&nbsp;Plant-based&nbsp;» plutôt que «&nbsp;végane&nbsp;»?</h2><p>La question de savoir s’il vaut mieux indiquer «&nbsp;plant-based / à base de plantes&nbsp;» plutôt que «&nbsp;végane / végétalien&nbsp;» sur un produit fait régulièrement l’objet de débats. Outre le fait que ces termes ne sont pas synonymes, l’enquête montre clairement que, si le terme «&nbsp;plant-based&nbsp;» est certes mieux perçu par les personnes flexitariennes et non végétariennes que le mot «&nbsp;végane&nbsp;», la présence d’un label végane reste l’option la plus attrayante pour notre public cible. Même l’absence de toute indication est préférable à la mention «&nbsp;plant-based&nbsp;».</p><p>Il apparaît en outre clairement qu’une simple mention «&nbsp;végane / végétalien&nbsp;» est perçue très différemment d’un vrai label de qualité. Même si le terme « végane » est également inclus dans le V-Label, ce dernier bénéficie de loin de la plus grande acceptation auprès des consommatrices et des consommateurs.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Zielgruppe_FR.webp" alt="Deklarationsvorlieben in der Zielgruppe"><p>&nbsp;</p><p>&nbsp;</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>Cette enquête représentative a été menée par YouGov sur mandat de Swissveg entre le 15 et le 24&nbsp;juin&nbsp;2026. 1020 personnes âgées de 15 à 79&nbsp;ans et domiciliées en Suisse ont été interrogées.&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/sondage-label-2026">Enquête V-Label 2026 : le V-Label reste le label le plus connu pour les produits végétaliens et végétariens</a></li><li><a href="/sondage-label-2024">Enquête V-Label 2024 : le V-Label renforce sa position de leader</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/v-label-tendance?language=de">En 2023, le V-Label fait partie des marques les plus dynamiques et les plus tendance de Suisse</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Mon, 13 Jul 2026 05:27:13 +0000 Renato 4214 at https://www.swissveg.ch Umfrage 2026 zeigt: Das V-Label baut seinen Vorsprung als bekanntestes vegan Label aus https://www.swissveg.ch/de/label-umfrage_2026 <span>Enquête 2026 : le V-Label reste le label le plus connu pour les produits végétariens et végétaliens</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>13. juillet 2026 - 9:36</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Dans l’enquête réalisée en 2024, le V-Label s’était déjà largement imposé comme le label le plus connu pour la déclaration des produits végétaliens. Le nouveau sondage de juin 2026 montre que le V-Label a continué à renforcer sa position de leader dans ce domaine.</p><h2>Plus de deux tiers de la population connaît le V-Label</h2><p>69 % de la population générale suisse connaît le V-Label, ce qui représente une hausse de près de 1,5 % par rapport à 2024. Parmi les personnes végétariennes et véganes, le taux de notoriété du V-Label est supérieur à 90 %. Il atteint en outre 76 % chez les personnes flexitariennes.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Bekanntheit-2_FR.webp" alt="Évolution de la notoriété du V-Label de 2024 à 2026" /><p>À titre de comparaison, le taux de notoriété du label végane de la Vegan Society (en forme de fleur) a continué à baisser, passant de 26 % à seulement 19 %. Presque 80 % de la population suisse ne connaît pas ce label.</p><p>Dans une perspective à long terme, la notoriété du V-Label ne cesse de croître : dans notre premier sondage, réalisé en 2017, seuls 47 % de la population générale connaissait ce label. Aujourd’hui (2026), ce chiffre s’élève à 69 %.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/V-Label%20_Umfrage-2026_Bekanntheit-1_FR.jpg" alt="La notoriété du V-Label n'a fait que progresser entre 2017 et 2026." class="align-center" /><h2>Perception du V-Label</h2><p>En plus d’être connu, le V-Label jouit également d’une bonne réputation. Plus de 91 % des personnes interrogées ont une opinion positive ou neutre du V-Label. Seuls 5 % en ont une opinion négative. En revanche, près de 60 % voient le label d’un œil positif.</p><p>La confiance accordée au V-Label a également continué de progresser, passant de 81 % à 83 %.</p><img src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Diagramme/Label%20_Umfrage-2026_Vertrauen_FR.webp" alt="La confiance accordée au V-Label" /><h2>Dans quels segments de la population le V-Label est-il le plus connu ?</h2><p>Outre les personnes véganes, végétariennes et flexitariennes, d’autres catégories de la population connaissent très bien le V-Label.  <br />Chez les personnes en formation, son taux de notoriété atteint presque 90 %. Il est aussi très populaire chez les jeunes : 87 % des 15 à 29 ans le connaissent.  <br />Le V-Label jouit également d’une grande confiance auprès des personnes à revenus élevés et de celles ayant un niveau d’études supérieur.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>Cette enquête représentative a été menée par YouGov sur mandat de Swissveg entre le 15 et le 24&nbsp;juin&nbsp;2026. 1020 personnes âgées de 15 à 79&nbsp;ans et domiciliées en Suisse ont été interrogées.&nbsp;</p></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="/sondage-declaration-2026">Enquête 2026 : la déclaration la plus appréciée pour les produits végétaliens</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/v-label-tendance">En 2023, le V-Label fait partie des marques les plus dynamiques et les plus tendance de Suisse</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/sondage-label-2024">Enquête V-Label 2024 : le V-Label renforce sa position de leader</a><br>&nbsp;</li></ul></div> Mon, 13 Jul 2026 07:11:37 +0000 Renato 4213 at https://www.swissveg.ch Welfare Washing: Ist die Schweiz wirklich ein Vorbild in Sachen «Tierschutz»? https://www.swissveg.ch/de/welfare-washing <span>Welfare washing : la Suisse est-elle vraiment un exemple en matière de « bien-être animal » ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>30. juin 2026 - 15:19</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Le monde dans lequel nous vivons est profondément <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Sp%C3%A9cisme" target="_blank">spéciste</a>. Parce que notre système alimentaire repose en grande partie sur l’exploitation des autres animaux, la plupart des gens sont incapables d’imaginer un monde sans élevage. Dès lors, l’antispécisme est souvent perçu comme une position radicale, remettant en question un ordre social et économique largement considéré comme allant de soi.</p><p>Dans un tel contexte, les défenseurs des droits des animaux ne peuvent pas toujours se limiter à une <strong>approche strictement abolitionniste</strong>, qui a pour vocation la cessation pure et simple de toute forme d’exploitation animale. Même si l’objectif final est effectivement de mettre un terme à l’oppression exercée par les humains sur les autres êtres sentients, et donc d’abolir l’élevage et toutes les pratiques cruelles envers les animaux, nous devons tenir compte des conditions sociales, culturelles et politiques dans lesquelles s’inscrit notre action. C’est pourquoi le recours à<strong> certaines stratégies dites welfaristes </strong>peut également se justifier. Celles-ci consistent non pas à transformer radicalement le système dans son ensemble, mais à obtenir des améliorations concrètes des conditions de vie des animaux qui en subissent déjà les conséquences. Sans renoncer à l’horizon abolitionniste, de telles mesures peuvent permettre de réduire dès à présent une partie de la souffrance animale tout en sensibilisant le public à la condition des animaux et en préparant le terrain à des changements plus profonds.</p><p>Dans une société qui accorde peu ou pas de considération aux animaux dits « de rente » et les réduit le plus souvent au statut de ressources productives ou de biens de consommation, le simple fait de reconnaître leurs intérêts et de lutter pour une amélioration de leurs conditions de vie constitue déjà une remise en cause significative de l’ordre établi. <strong>Chaque mesure permettant de réduire les souffrances qu’ils endurent représente dès lors un progrès tangible et mérite d’être saluée.</strong></p><p>Cependant, il serait dangereux de confondre toute amélioration apparente avec une avancée réelle vers davantage de justice pour les animaux. <strong>Si les réformes welfaristes peuvent parfois contribuer à réduire effectivement la souffrance animale, elles peuvent aussi être instrumentalisées pour légitimer et pérenniser des pratiques fondamentalement problématiques.</strong> Il est donc essentiel de garder à l’esprit nos objectifs à long terme (abolitionnistes) et de distinguer les mesures qui améliorent réellement le sort des animaux de celles qui relèvent du <em>welfare washing</em>.</p><h3>Qu’est-ce que le welfare washing ?</h3><p>À l’instar du greenwashing, qui désigne les stratégies de communication permettant à une entreprise ou à une organisation de se donner une image écologiquement responsable malgré l’impact négatif de ses activités sur l’environnement, <strong>le welfare washing consiste à se présenter comme soucieux du bien-être animal tout en dissimulant, minimisant ou embellissant la réalité des pratiques d’exploitation animale</strong>.<span class="fussnotenlink">1</span> Cette stratégie peut prendre de nombreuses formes : emballages de produits, campagnes publicitaires, sites internet, rapports de durabilité ou autres supports de communication. Elle repose souvent sur l’emploi de termes vagues ou valorisants (« naturel », « élevage en plein air », « bien-être animal »), sur la mise en avant de labels dont la portée réelle est parfois limitée, ainsi que sur des représentations idéalisées montrant des animaux heureux évoluant dans de vastes espaces ouverts.</p><p>Les exemples de welfare washing ne manquent pas. On peut penser à un emballage de fromage représentant une vache et son veau broutant paisiblement côte à côte dans un pré, alors que, dans l’élevage laitier, les veaux sont généralement séparés de leur mère peu après la naissance.<span class="fussnotenlink">2</span> De même, certaines mentions telles que « élevage en plein air » peuvent amener les consommateurs à imaginer des animaux passant l’essentiel de leur vie à l’extérieur, alors que les conditions réelles d’élevage sont souvent bien éloignées de cette représentation.<span class="fussnotenlink">3</span></p><p> </p><figure role="group" class="align-center"><img alt="" data-entity-type="file" data-entity-uuid="d359c86d-fc55-4de9-bce8-2e3d162c831d" height="1414" src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/Beispiele_Welfare_Washing_FR.jpg" width="67.33%" /><figcaption>Quelques exemples de welfare washing dans la publicité.</figcaption></figure><h3>Objectifs et conséquences<span class="fussnotenlink">4</span></h3><p>Au-delà des techniques de communication qu’il mobilise, le welfare washing remplit plusieurs fonctions essentielles. D’abord, il détourne l’attention des aspects les plus problématiques de l’exploitation animale en concentrant le débat sur les mesures censées améliorer les conditions d’élevage. <strong>La question n’est alors plus de savoir si l’utilisation des animaux est moralement justifiable, mais uniquement comment la rendre plus acceptable.</strong> Le débat se déplace ainsi du terrain de l’éthique vers celui de la gestion et de l’optimisation des pratiques existantes.</p><p>Par ailleurs, en présentant les producteurs, les filières et les autorités de contrôle comme pleinement engagés dans la protection des animaux, les discours de welfare washing tendent à dépolitiser la question animale. Puisque les acteurs du secteur sont supposément conscients du problème et déjà à l’œuvre pour y répondre, toute intervention ou vigilance citoyenne semble superflue. Le public est ainsi invité à faire confiance aux mécanismes existants plutôt qu'à remettre en question le système lui-même. <strong>La responsabilité morale est transférée aux institutions et à l’industrie, tandis que les citoyens sont confortés dans l’idée qu’il n'est pas nécessaire de s’inquiéter davantage du sort des animaux.</strong></p><p>Le welfare washing participe également à la construction d’un récit déculpabilisant. En insistant sur les progrès accomplis et sur les standards élevés prétendument en vigueur, <strong>il permet aux consommateurs de continuer à acheter et à consommer des produits d’origine animale avec le sentiment d’avoir déjà répondu aux principales préoccupations éthiques.</strong> Les souffrances et les privations inhérentes au système d’élevage passent alors au second plan derrière l’image d’une industrie soucieuse du bien-être animal.</p><p>Enfin, en diffusant des représentations partielles ou idéalisées de la réalité, <strong>le welfare washing contribue à entretenir l’ignorance du public quant aux conditions de vie réelles des animaux exploités. </strong>Plus l’image véhiculée est positive, moins les citoyens sont incités à s’informer, à enquêter ou à remettre en question les pratiques qui se cachent derrière les produits qu’ils consomment. C’est ainsi que l’on en arrive à entendre, voire à tenir pour évidentes, des affirmations telles que : « Il n’y a pas d’élevage intensif en Suisse », « Le bien-être animal est une priorité dans l’agriculture suisse » ou encore « Les vaches suisses sont des vaches heureuses ». Ces formules, largement relayées dans l’espace public, contribuent à forger une image particulièrement positive de l’élevage, qui contraste parfois fortement avec la réalité vécue par les animaux concernés. </p><p> </p><figure role="group"><img alt="Publicité de Swissmilk" src="/sites/swissveg.ch/files/2026-07/Beispiel_Swissmilk_Welfare_Washing_FR.jpg" /><figcaption>Publicité de Swissmilk. Voir aussi <a href="http://swissmilk.ch/hiver" target="_blank">www.swissmilk.ch/hiver</a></figcaption></figure><h3>Le welfare washing dans la législation suisse</h3><p>On entend souvent dire que la législation suisse sur la protection des animaux est l’une des plus strictes au monde. Il existe en effet une loi fédérale sur la protection des animaux (LPA) qui « vise à protéger la dignité et le bien-être animal ». Cette loi est concrétisée par l’ordonnance sur la protection des animaux (OPAn), qui fixe des exigences minimales en matière d’élevage. Cependant, cette législation ne fait pas du bien-être animal une exigence absolue, mais une considération à concilier avec l’usage qui est fait des animaux :</p><p class="zitat">« Toute personne qui s’occupe d’animaux doit […] veiller à leur bien-être dans la mesure où le but de leur utilisation le permet. »   (LPA, art. 4)</p><p>Cette formulation montre que <strong>le bien-être animal n’est pas protégé de manière inconditionnelle</strong> : il demeure subordonné aux objectifs poursuivis par leur utilisation, notamment lorsqu’ils sont liés à la production et à la rentabilité.</p><p>Il en va de même de la notion de « dignité de l’animal » : depuis 1992, les animaux sont légalement reconnus non pas comme des objets, mais comme des êtres sensibles dont la valeur intrinsèque doit être respectée (Cnst., art. 120, al. 2). Ce principe n’est toutefois pas absolu :</p><p class="zitat">« Il y a atteinte à la dignité de l’animal lorsque la contrainte qui lui est imposée ne peut être justifiée par des intérêts prépondérants. » (LPA, art. 3, let. a)</p><p>Comme le bien-être animal, la dignité des animaux est ainsi soumise à une<strong> mise en balance des intérêts</strong>. Dans la pratique, les impératifs économiques liés à l’exploitation des animaux l’emportent souvent sur le respect de leur valeur intrinsèque.</p><p>Loin d’être aussi exemplaire qu’il n'y paraît, le dispositif suisse de protection des animaux s'apparente en réalité à du welfare washing : il donne l'illusion que l’agriculture suisse répond à des normes particulièrement exigeantes et que les animaux élevés dans notre pays bénéficient d’un haut niveau de protection, alors que leur bien-être et leur dignité demeurent subordonnés aux impératifs de production et de rentabilité. En outre, les dispositions existantes ne sont ni rigoureusement appliquées ni systématiquement contrôlées. Vous trouverez davantage d’informations à ce sujet dans notre campagne <a href="https://www.swissveg.ch/fr/contradictions-politique-suisse?language=fr">« La politique suisse et ses contradictions »</a>, notamment dans les sections <a href="https://www.swissveg.ch/fr/contradictions-politique-suisse?language=fr#widerspruch-2">« Dignité des animaux vs rentabilité »</a> et <a href="https://www.swissveg.ch/fr/loi_stricte_vs_application_lacunaire?language=fr">« Loi stricte sur la protection des animaux vs application lacunaire »</a>. </p><div data-ui-role="accordion" data-ui-collapsed="true"><h3>Programme « Sorties régulières en plein air » (SRPA)</h3><p>Parmi les autres exemples de welfare washing du dispositif législatif suisse, on peut citer le programme « Sorties régulières en plein air » (SRPA). Alors que ce programme est censé encourager l'accès des animaux à des espaces extérieurs, les Chambres fédérales ont accepté un assouplissement de ses critères permettant de qualifier certaines aires d'exercice intérieures de « sorties en plein air ».<span class="fussnotenlink">5</span> Cette évolution illustre la manière dont <strong>des dispositifs présentés comme favorables au bien-être animal peuvent progressivement être vidés de leur substance tout en conservant leur appellation et leur fonction de communication.</strong></p><h3>Obligation d’étiquetage</h3><p>Un autre exemple de welfare washing est l'introduction au 1er juillet 2027 d’une obligation d’étiquetage pour certains produits d’origine animale issus d’animaux ayant subi des interventions douloureuses sans anesthésie.<span class="fussnotenlink">6</span> Cette mesure ne met pourtant pas fin à ces pratiques ; elle se limite à informer les consommatrices et les consommateurs de leur existence, tout en autorisant leur poursuite. En d’autres termes, <strong>elle encadre et normalise des pratiques pourtant reconnues comme sources de souffrance animale au lieu de les interdire.</strong> Par ailleurs, cette approche réduit la question du bien-être animal à la seule absence d’anesthésie lors de certaines interventions. Elle occulte le fait que de nombreuses autres pratiques inhérentes à l’élevage et à l'abattage peuvent également engendrer du stress, de la peur et de la souffrance, y compris lorsque les prescriptions légales sont respectées. D’un point de vue éthique, cette mesure ne constitue donc pas une avancée significative pour les animaux. <strong>Elle donne l’impression que le problème est pris en charge tout en évitant de remettre en question le système qui rend ces pratiques possibles.</strong> Pour mettre fin à la souffrance animale, ce ne sont pas de nouvelles mentions sur les emballages qui sont nécessaires, mais une transformation profonde de notre système alimentaire vers des modèles qui n’impliquent plus l'exploitation des animaux.    </p></div><h3>Conclusion</h3><p>Bien que le terme welfare washing soit encore peu connu, il s’agit d’un phénomène bien plus répandu qu’il n’y paraît, tant dans les discours publics que dans les dispositifs institutionnels et réglementaires.<strong> Cette pratique participe activement à la légitimation d’un système fondé sur l’exploitation des animaux. En transformant des pratiques problématiques en progrès apparents, elle neutralise la critique et repousse la remise en question fondamentale de ce système. </strong>Dans ce contexte, il est impératif de ne pas confondre communication et changement réel, et de reconnaître que tant que l’exploitation animale persiste, les améliorations annoncées restent structurellement limitées. Il apparaît dès lors essentiel pour les associations animalistes de mettre en lumière ces mécanismes de dissimulation afin de favoriser une prise de conscience plus large et d’encourager un regard critique sur les représentations du bien-être animal – tout en continuant à soutenir des initiatives réalistes qui permettent de réduire, ne serait-ce qu’un peu, les souffrances considérables endurées par les animaux.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Kristian Bjørkdahl und Karen Lykke Syse. (2021, 19 janvier). <a href="https://www.researchgate.net/publication/348807837_Welfare_Washing_Disseminating_Disinformation_in_Meat_Marketing">Welfare Washing: Disseminating Disinformation in Meat Marketing</a>, p. 3.</li><li>Swissveg. (2024). <a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/cd11011eacab2edfb131/pages/page/15">Végane pour les animaux</a>, p. 29.</li><li>Swissveg. (s. d.). <a href="https://www.swissveg.ch/fr/oeufs?language=fr">Qui vole un œuf...</a></li><li>Observatoire du spécisme. (2026, 26 avril). <a href="https://observatoireduspecisme.ch/nos-dossiers/welfare-washing/welfare-washing-intro/">«Bien-être animal»: le welfare washing au service de l’industrie spéciste</a>.</li><li>25.3231 Motion : Adapter les prescriptions du programme SRPA dans l'intérêt de l'environnement et du bien-être des animaux. Voir <a href="https://www.swissveg.ch/fr/session-printemps-2026">session de printemps 2026</a> et <a href="https://www.swissveg.ch/fr/session-ete-2026">session d'été 2026</a>.</li><li>Viande de bœuf provenant d’animaux castrés ou écornés sans anesthésie, viande de porc issue d’animaux castrés ou ayant subi une coupe de la queue ou un cisaillement des dents sans anesthésie, œufs et viande de volaille provenant d’animaux dont le bec a été coupé sans anesthésie, lait de vache issu d’animaux écornés sans anesthésie, cuisses de grenouilles sectionnées sans anesthésie, foie gras et viande de canards et d’oies gavés.&nbsp;<br>Département fédéral de l'intérieur, Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. (2026, 22 juin). <a href="https://www.admin.ch/de/newnsb/ila6cbXvURvqAmTVtuXVr">Déclaration des aliments d’origine animale: mise en consultation de l’ordonnance sur les listes de pays</a>.</li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul><li><a href="https://bc.pressmatrix.com/fr/profiles/b6b0b8c11377/editions/cd11011eacab2edfb131/pages/page/7">Protection ou droits des animaux&nbsp;? (chapitre de notre brochure «&nbsp;Végane pour les animaux&nbsp;»)</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/contradictions-politique-suisse?language=fr#widerspruch-2">La politique suisse et ses contradictions&nbsp;: dignité des animaux vs rentabilité</a></li><li><a href="https://www.swissveg.ch/fr/loi_stricte_vs_application_lacunaire?language=fr">La politique suisse et ses contradictions&nbsp;: loi stricte sur la protection des animaux vs application lacunaire</a></li></ul></div> Fri, 26 Jun 2026 07:20:16 +0000 Amandine 4211 at https://www.swissveg.ch