Katherina's blog https://www.swissveg.ch/fr?language=fr fr Perlmutt: Invasiv, unromantisch, qualvoll https://www.swissveg.ch/de/perlmutt?language=fr <span>La nacre : Synonyme de souffrance</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2540" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Katherina</span></span> <span>16. septembre 2025 - 11:16</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Tout le monde, ou presque, a conscience du fait que d‘innombrables êtres vivants souffrent au nom de la mode dans l‘industrie de la fourrure, du cuir, de la laine, de la soie ou du duvet. Ce que l‘on sait moins, c‘est qu‘il en va de même en joaillerie avec la nacre.</p><p>La nacre est définie comme la substance irisée qui tapisse intérieurement la coquille de certains mollusques. Sa structure unique en son genre est composée de plusieurs couches minérales qui lui donnent sa brillance. Les « vraies perles » se forment lorsqu‘un corps étranger pénètre dans un mollusque et que celui-ci, pour s‘en protéger, l‘isole en l‘entourant d‘une couche de nacre.</p><p>De par le monde, il existe plus de 10 000 espèces de mollusques dont un nombre minime a la capacité de produire de la nacre et, partant, des perles. Seul un nombre très restreint de mollusques disposant de cette caractéristique remplit le cahier des charges de l‘industrie de la mode. En effet, la qualité des perles se mesure à l‘aune d‘un catalogue de critères, parmi lesquels la taille, la forme et la symétrie, la qualité de la surface, la brillance (le lustre), la couleur, la provenance et le type, sauvage ou de culture. Tous ces critères entrent en ligne de compte au moment de l‘évaluation. Au final, c‘est une combinaison de tous ces facteurs qui déterminera la valeur financière d‘une perle. Mais qu’en estil de l‘éthique ?</p><h3>Les mollusques font partie du règne animal</h3><p>Les mollusques sont des animaux invertébrés, dont font partie également les escargots et les pieuvres. La plupart du temps sédentaires, ils vivent aussi bien en eaux douces que salées. Ils jouent un rôle essentiel dans l‘écologie de leur habitat naturel, puisqu‘ils extraient les polluants tels que les substances chimiques de l‘eau par filtrage. Pour s‘épanouir, ces êtres sensibles ont besoin d‘oxygène, d‘une température appropriée et d‘une eau propre. L‘acidification des mers due aux émissions de gaz à effet de serre n‘est pas sans conséquences, en particulier sur l‘écosystème complexe de leurs habitants. Tous les animaux vivant dans la mer et produisant une coquille (p. ex. l‘étoile de mer, le corail, l‘oursin et le crabe) sont confrontés au même problème : le dioxyde de carbone absorbé par la mer se transforme en acide carbonique au contact de l‘eau, ce qui abaisse le pH de l‘eau et en augmente l‘acidité. Cette acidité peut ensuite attaquer la carapace calcaire protectrice des mollusques. Ceux-ci ne sont ainsi plus en mesure de rendre leurs bons offices de catalyseurs de substances nocives et de nourriture pour d‘autres êtres vivants.¹</p><h3>Comment la nacre se forme-t-elle ?</h3><p>Les perles sont constituées de nacre, qui se forme au coeur du mollusque en réaction à l‘introduction d‘un corps étranger ou d‘un parasite. Il est scientifiquement établi aujourd‘hui que les perles ne se forment pas à partir d‘un grain de sable. S‘il en était ainsi, les huîtres se sentiraient en permanence menacées par les énormes quantités de sable les entourant dans leur milieu naturel et la récolte de perles sauvages serait bien plus conséquente. Malgré tout, la science n‘a pas encore pu apporter la démonstration ultime des conditions exactes requises pour la formation de perles. Il a en revanche été prouvé que les huîtres disposent, sous leur coquille, d‘un manteau protecteur qui se déploie autour du mollusque et présente les caractéristiques requises pour fabriquer de la nacre. L‘intrusion d‘un corps étranger à l‘intérieur de l‘huître, déclenche une réaction au sein du tissu mou. Les perles sont donc le résultat d‘une sorte de mécanisme de défense de l‘huître, déclenché pour protéger et stabiliser son intégrité. Après l‘intrusion, le mollusque commence à fabriquer une substance appelée nacre dans le but d‘entourer et d‘isoler l‘« intrus ». La nacre est composée principalement de carbonate de calcium et de liaisons organiques protéiniques qui relient les cristaux de carbonate de calcium entre eux. La nacre contient également une petite part d‘eau, qui lui confère son élasticité. La nacre est donc déposée couche après couche autour de l‘intrus jusqu‘à former une perle.</p><p class="zitat">LA SCIENCE N’A PAS ENCORE PU APPORTER LA DÉMONSTRATION ULTIME DES CONDITIONS EXACTES<br>REQUISES POUR LA FORMATION DE PERLES.</p><p>L‘effet irisé et les reflets produits par la structure unique de la nacre est due à la façon dont les différentes couches de cristaux de carbonate de calcium sont organisées. C‘est l‘origine de la brillance et des reflets de couleur caractéristiques de la nacre. Fait étonnant : incroyablement dure, la nacre ne cède que sous des pressions élevées. Sa résistance est comparable à celle du marbre ou de l‘aluminium.</p><p class="zitat">LA PERLE LA PLUS ANCIENNE À CE JOUR A ÉTÉ DÉCOUVERTE LORS DE FOUILLES SUR L‘ÎLE DE MARAWAH, AU LARGE D‘ABU DHABI, ET DATÉE DE 5 800 À 5 600 AVANT JÉSUS-CHRIST. ELLE CONSTITUE LA PREUVE QUE LES PERLES SONT COMMERCIALISÉES DEPUIS LE NÉOLITHIQUE</p><h3>Les perles de culture</h3><p>Les perles de culture, sont la plupart du temps plus petites que les perles sauvages et présentent davantage d‘imperfections. Dans la nature, il peut s‘écouler deux décennies ou plus pour qu‘une huître produise de « vraies perles ». Quand les humains interviennent dans ce processus avec des structures comme de l‘aquaculture, on parle de perles de culture. L‘introduction artificielle d‘un corps étranger combinée au maintien des conditions de vie parfaites permet de ramener le temps de fabrication à deux à six ans. En règle générale, les huîtres sont exploitées sur plusieurs cycles de production successifs, donnant souvent lieu à la culture simultanée de plusieurs perles par huître. À l‘heure actuelle, 99 % des perles mises sur le marché sont de culture.</p><p class="zitat">LES PERLES INVENDABLES SONT RÉDUITES EN POUDRE ET UTILISÉES NOTAMMENT DANS L’INDUSTRIE<br>COSMÉTIQUE.</p><p>Pour la culture en mer, les producteurs recourent à l‘huître perlière du genre Pinctada. Pour réduire les coûts de production dans un contexte industriel, les producteurs ne respectent pas les conditions de vie naturelles des mollusques. Il n‘est pas rare non plus que les employés, pressés par le temps, procèdent à l‘extraction des perles de manière violente en coupant ou en cassant la coquille et violent l‘intégrité corporelle des mollusques à la recherche des trésors qu‘ils ont fabriqués. Habituellement, les huîtres meurent au moment de la récolte. Elles ne survivent à cette intervention que si elle est pratiquée avec le plus grand soin. L‘espérance de vie des huîtres varie d‘une espèce à l‘autre. À l‘état sauvage, les huîtres perlières, par exemple du genre Pinctada, peuvent atteindre une vingtaine d‘années lorsque toutes les conditions sont réunies.&nbsp;</p><p>Par ailleurs, la culture n‘est pas une garantie de qualité pour les perles : moins d‘une huître greffée sur trois fabrique réellement une perle et seule une perle sur dix finira par être vendue sur le marché. Les perles invendables en tant que telles sont éliminées directement sur le lieu de culture, réduites en poudre et vendues sous cette forme, notamment à l‘industrie cosmétique. Il est recommandé d‘éviter tous les produits dont la liste des ingrédients indique : poudre de perle, pearl powder, perles micronisées ou pearl extract, et qui ne portent pas de label végane (p. ex. le V-Label). Les huîtres étant tuées tant pour la consommation que pour leur coquille, les articles de bijouterie en nacre ne sont ni véganes ni végétariens.</p><h3>Alternatives véganes</h3><p>Les personnes véganes qui apprécient la beauté de la nacre peuvent se tourner vers les perles d‘imitation qui ressemblent beaucoup aux perles naturelles dont la production, bien plus simple et bon marché, ne cause aucun dommage aux animaux. Les perles d‘imitation de meilleure facture sont en verre ou en résine recouvertes d‘une couche de nacre synthétique ou minérale. Les perles de résine durent plus longtemps que les perles synthétiques, par exemple, et sont pour certaines difficiles à distinguer de la nacre naturelle.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 <a href="http://www.ardalpha.de/wissen/umwelt/klima/klimawandel/ozeane-weltmeere-erwaermung-co2-klimawandel-100.html">www.ardalpha.de/wissen/umwelt/klima/klimawandel/ozeane-weltmeere-erwaer…</a></p></div></div> Tue, 16 Sep 2025 09:15:49 +0000 Katherina 4163 at https://www.swissveg.ch Perlmutt: Invasiv, unromantisch, qualvoll https://www.swissveg.ch/de/perlmutt?language=fr <span>La nacre : Synonyme de souffrance</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2540" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Katherina</span></span> <span>16. septembre 2025 - 11:16</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Tout le monde, ou presque, a conscience du fait que d‘innombrables êtres vivants souffrent au nom de la mode dans l‘industrie de la fourrure, du cuir, de la laine, de la soie ou du duvet. Ce que l‘on sait moins, c‘est qu‘il en va de même en joaillerie avec la nacre.</p><p>La nacre est définie comme la substance irisée qui tapisse intérieurement la coquille de certains mollusques. Sa structure unique en son genre est composée de plusieurs couches minérales qui lui donnent sa brillance. Les « vraies perles » se forment lorsqu‘un corps étranger pénètre dans un mollusque et que celui-ci, pour s‘en protéger, l‘isole en l‘entourant d‘une couche de nacre.</p><p>De par le monde, il existe plus de 10 000 espèces de mollusques dont un nombre minime a la capacité de produire de la nacre et, partant, des perles. Seul un nombre très restreint de mollusques disposant de cette caractéristique remplit le cahier des charges de l‘industrie de la mode. En effet, la qualité des perles se mesure à l‘aune d‘un catalogue de critères, parmi lesquels la taille, la forme et la symétrie, la qualité de la surface, la brillance (le lustre), la couleur, la provenance et le type, sauvage ou de culture. Tous ces critères entrent en ligne de compte au moment de l‘évaluation. Au final, c‘est une combinaison de tous ces facteurs qui déterminera la valeur financière d‘une perle. Mais qu’en estil de l‘éthique ?</p><h3>Les mollusques font partie du règne animal</h3><p>Les mollusques sont des animaux invertébrés, dont font partie également les escargots et les pieuvres. La plupart du temps sédentaires, ils vivent aussi bien en eaux douces que salées. Ils jouent un rôle essentiel dans l‘écologie de leur habitat naturel, puisqu‘ils extraient les polluants tels que les substances chimiques de l‘eau par filtrage. Pour s‘épanouir, ces êtres sensibles ont besoin d‘oxygène, d‘une température appropriée et d‘une eau propre. L‘acidification des mers due aux émissions de gaz à effet de serre n‘est pas sans conséquences, en particulier sur l‘écosystème complexe de leurs habitants. Tous les animaux vivant dans la mer et produisant une coquille (p. ex. l‘étoile de mer, le corail, l‘oursin et le crabe) sont confrontés au même problème : le dioxyde de carbone absorbé par la mer se transforme en acide carbonique au contact de l‘eau, ce qui abaisse le pH de l‘eau et en augmente l‘acidité. Cette acidité peut ensuite attaquer la carapace calcaire protectrice des mollusques. Ceux-ci ne sont ainsi plus en mesure de rendre leurs bons offices de catalyseurs de substances nocives et de nourriture pour d‘autres êtres vivants.¹</p><h3>Comment la nacre se forme-t-elle ?</h3><p>Les perles sont constituées de nacre, qui se forme au coeur du mollusque en réaction à l‘introduction d‘un corps étranger ou d‘un parasite. Il est scientifiquement établi aujourd‘hui que les perles ne se forment pas à partir d‘un grain de sable. S‘il en était ainsi, les huîtres se sentiraient en permanence menacées par les énormes quantités de sable les entourant dans leur milieu naturel et la récolte de perles sauvages serait bien plus conséquente. Malgré tout, la science n‘a pas encore pu apporter la démonstration ultime des conditions exactes requises pour la formation de perles. Il a en revanche été prouvé que les huîtres disposent, sous leur coquille, d‘un manteau protecteur qui se déploie autour du mollusque et présente les caractéristiques requises pour fabriquer de la nacre. L‘intrusion d‘un corps étranger à l‘intérieur de l‘huître, déclenche une réaction au sein du tissu mou. Les perles sont donc le résultat d‘une sorte de mécanisme de défense de l‘huître, déclenché pour protéger et stabiliser son intégrité. Après l‘intrusion, le mollusque commence à fabriquer une substance appelée nacre dans le but d‘entourer et d‘isoler l‘« intrus ». La nacre est composée principalement de carbonate de calcium et de liaisons organiques protéiniques qui relient les cristaux de carbonate de calcium entre eux. La nacre contient également une petite part d‘eau, qui lui confère son élasticité. La nacre est donc déposée couche après couche autour de l‘intrus jusqu‘à former une perle.</p><p class="zitat">LA SCIENCE N’A PAS ENCORE PU APPORTER LA DÉMONSTRATION ULTIME DES CONDITIONS EXACTES<br>REQUISES POUR LA FORMATION DE PERLES.</p><p>L‘effet irisé et les reflets produits par la structure unique de la nacre est due à la façon dont les différentes couches de cristaux de carbonate de calcium sont organisées. C‘est l‘origine de la brillance et des reflets de couleur caractéristiques de la nacre. Fait étonnant : incroyablement dure, la nacre ne cède que sous des pressions élevées. Sa résistance est comparable à celle du marbre ou de l‘aluminium.</p><p class="zitat">LA PERLE LA PLUS ANCIENNE À CE JOUR A ÉTÉ DÉCOUVERTE LORS DE FOUILLES SUR L‘ÎLE DE MARAWAH, AU LARGE D‘ABU DHABI, ET DATÉE DE 5 800 À 5 600 AVANT JÉSUS-CHRIST. ELLE CONSTITUE LA PREUVE QUE LES PERLES SONT COMMERCIALISÉES DEPUIS LE NÉOLITHIQUE</p><h3>Les perles de culture</h3><p>Les perles de culture, sont la plupart du temps plus petites que les perles sauvages et présentent davantage d‘imperfections. Dans la nature, il peut s‘écouler deux décennies ou plus pour qu‘une huître produise de « vraies perles ». Quand les humains interviennent dans ce processus avec des structures comme de l‘aquaculture, on parle de perles de culture. L‘introduction artificielle d‘un corps étranger combinée au maintien des conditions de vie parfaites permet de ramener le temps de fabrication à deux à six ans. En règle générale, les huîtres sont exploitées sur plusieurs cycles de production successifs, donnant souvent lieu à la culture simultanée de plusieurs perles par huître. À l‘heure actuelle, 99 % des perles mises sur le marché sont de culture.</p><p class="zitat">LES PERLES INVENDABLES SONT RÉDUITES EN POUDRE ET UTILISÉES NOTAMMENT DANS L’INDUSTRIE<br>COSMÉTIQUE.</p><p>Pour la culture en mer, les producteurs recourent à l‘huître perlière du genre Pinctada. Pour réduire les coûts de production dans un contexte industriel, les producteurs ne respectent pas les conditions de vie naturelles des mollusques. Il n‘est pas rare non plus que les employés, pressés par le temps, procèdent à l‘extraction des perles de manière violente en coupant ou en cassant la coquille et violent l‘intégrité corporelle des mollusques à la recherche des trésors qu‘ils ont fabriqués. Habituellement, les huîtres meurent au moment de la récolte. Elles ne survivent à cette intervention que si elle est pratiquée avec le plus grand soin. L‘espérance de vie des huîtres varie d‘une espèce à l‘autre. À l‘état sauvage, les huîtres perlières, par exemple du genre Pinctada, peuvent atteindre une vingtaine d‘années lorsque toutes les conditions sont réunies.&nbsp;</p><p>Par ailleurs, la culture n‘est pas une garantie de qualité pour les perles : moins d‘une huître greffée sur trois fabrique réellement une perle et seule une perle sur dix finira par être vendue sur le marché. Les perles invendables en tant que telles sont éliminées directement sur le lieu de culture, réduites en poudre et vendues sous cette forme, notamment à l‘industrie cosmétique. Il est recommandé d‘éviter tous les produits dont la liste des ingrédients indique : poudre de perle, pearl powder, perles micronisées ou pearl extract, et qui ne portent pas de label végane (p. ex. le V-Label). Les huîtres étant tuées tant pour la consommation que pour leur coquille, les articles de bijouterie en nacre ne sont ni véganes ni végétariens.</p><h3>Alternatives véganes</h3><p>Les personnes véganes qui apprécient la beauté de la nacre peuvent se tourner vers les perles d‘imitation qui ressemblent beaucoup aux perles naturelles dont la production, bien plus simple et bon marché, ne cause aucun dommage aux animaux. Les perles d‘imitation de meilleure facture sont en verre ou en résine recouvertes d‘une couche de nacre synthétique ou minérale. Les perles de résine durent plus longtemps que les perles synthétiques, par exemple, et sont pour certaines difficiles à distinguer de la nacre naturelle.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 <a href="http://www.ardalpha.de/wissen/umwelt/klima/klimawandel/ozeane-weltmeere-erwaermung-co2-klimawandel-100.html">www.ardalpha.de/wissen/umwelt/klima/klimawandel/ozeane-weltmeere-erwaer…</a></p></div></div> Tue, 16 Sep 2025 09:15:49 +0000 Katherina 4163 at https://www.swissveg.ch Mythos tierfreundliche Bio-Milch https://www.swissveg.ch/de/mythos-tierfreundliche-bio-milch?language=fr <span>Le mythe du lait bio respectueux des animaux</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2540" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Katherina</span></span> <span>19. mai 2025 - 8:34</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Une nouvelle étude de l’Université de Bâle montre que les Suissesses et les Suisses sont prêts à payer plus cher pour des produits laitiers fabriqués dans le respect des animaux. D’après les résultats de ce sondage en ligne, mené auprès de 1 000 personnes, la population accorde plus d’importance à la protection des animaux qu’à la durabilité.<span class="fussnotenlink">1</span> Partant de ce constat, on peut se demander dans quelle mesure les exploitations bio permettent d’offrir de meilleures conditions de vie aux animaux.</p><h2 class="einleitung">Consommation de produits laitiers bio en Suisse&nbsp;</h2><p>Ces dernières années, la part de bio dans la production laitière suisse totale a augmenté de manière continue, passant de 6,21&nbsp;% en 2013 à 8,22&nbsp;% en 2023.<span class="fussnotenlink">2</span> Au cours des cinq dernières années, on a toutefois pu observer un déplacement des parts de chiffre d’affaires, les catégories «&nbsp;lait de consommation&nbsp;» et «&nbsp;yaourt&nbsp;» ayant notamment enregistré un recul des ventes. Cette baisse du chiffre d’affaires, positive d’un point de vue végane, se manifeste également dans le secteur des produits laitiers conventionnels et s’explique peut-être par le choix varié d’alternatives végétales. Alors que la consommation de lait a diminué, celle de fromage bio a toutefois légèrement augmenté. De manière générale, les produits laitiers bio sont restés populaires en 2023 (les chiffres pour 2024 ne sont pas encore disponibles), malgré une situation économique tendue.</p><h2>Production laitière bio</h2><p>La production de lait chez les vaches est directement liée à la naissance d’un veau. En effet, comme tous les mammifères (y compris les humains), les vaches ne produisent du lait maternel que pour nourrir leur petit. Pour garantir une production laitière constante et élevée, les vaches doivent mettre bas environ une fois par an. La gestation des vaches dure environ neuf mois (280&nbsp;jours). Après le vêlage, elles entrent dans la phase dite de lactation, au cours de laquelle elles produisent du lait. Les vaches laitières sont alors traites de manière industrielle pendant environ 10&nbsp;mois. Pour que la production de lait reste constante, les vaches sont inséminées ou saillies artificiellement pendant la période de lactation (en général après deux ou trois mois). Elles donnent ensuite naissance à un autre veau, et la phase de lactation suivante peut elle aussi être mise à profit.</p><p>Selon le cahier des charges de Bio Suisse, une vache laitière doit disposer d’au moins 6 m² d’espace dans son étable – ce qui, animal mesurant jusqu’à 2,0&nbsp;m de long, reste limité, mais représente tout de même plus du double de l’espace disponible dans l’élevage conventionnel en stabulation entravée (2,0 à 2,2&nbsp;m²) ou en stabulation libre (2,8&nbsp;m²). La taille du territoire des bovins sauvages (comme les bantengs, les gaurs ou les aurochs) peut atteindre 20 à 100&nbsp;km², voire plus selon l’espèce, le lieu et la disponibilité des ressources. Ces animaux vivent généralement en troupeaux de 10 à 30 individus. À l’inverse des poules, le nombre de vaches laitières bio par unité d’élevage ne fait l’objet d’aucune limite maximale spécifique. Le nombre de vaches laitières bio dépend de la surface réglementaire à disposition en fonction de la taille de l’exploitation et de ses moyens financiers. Il n’existe pas de données précises sur le nombre moyen de vaches laitières dans les fermes bio. Avec une moyenne de 56&nbsp;vaches par exploitation, c’est le canton de Genève qui regroupe les plus grandes exploitations laitières.<span class="fussnotenlink">3</span> Par rapport à ses congénères sauvages, la vache laitière est détenue dans des conditions éloignées de son mode de vie originel, qui ne répondent donc pas aux besoins de son espèce. Et ce, non seulement dans l’élevage conventionnel, mais aussi dans l’élevage bio.&nbsp;</p><h2>Pâturage&nbsp;</h2><p>Alors que dans les fermes conventionnelles, les vaches laitières peuvent théoriquement être gardées à l’étable toute l’année, le pâturage est obligatoire dans les exploitations bio. Malgré cela, 20&nbsp;% des vaches bio présentent des signes de paralysie et environ un tiers est touché par des inflammations de la mamelle (mammites) – des chiffres similaires à ceux des exploitations conventionnelles.<span class="fussnotenlink">4</span></p><p>Selon le cahier des charges de Bio Suisse, les vaches laitières doivent être autorisées à pâturer au moins quatre heures par jour, au moins 26&nbsp;jours par mois, selon la saison et la météo. En d’autres termes, les animaux n’ont pas accès au pâturage en cas de conditions météorologiques extrêmes (fortes pluies, froid, neige ou chaleur). Les sols boueux ou gelés peuvent également justifier des exceptions. Pendant les mois d’hiver, lorsque la végétation entre en dormance et que les conditions météorologiques rendent le pâturage impraticable, il est permis de garder les animaux exclusivement à l’étable ou dans des enclos. Les sorties en plein air doivent être documentées dans un journal de pâturage. Bio Suisse autorise également la stabulation entravée sous certaines conditions. En 2008, un article du journal Beobachter a révélé qu’un agriculteur bio des environs de Porrentruy détenait ses 55 vaches laitières essentiellement à l’étable.<span class="fussnotenlink">5</span> Ce cas continue aujourd’hui encore à alimenter les critiques sur le contrôle et l’application des normes bio, car l’infraction est passée inaperçue pendant longtemps et a soulevé des doutes sur l’efficacité des mécanismes de surveillance.</p><p class="zitat">PENDANT L’HIVER, IL EST PERMIS DE GARDER LES VACHES ENFERMÉES À L’ÉTABLE OU DANS DES ENCLOS.</p><h2>Le lait bio, un produit naturel&nbsp;?</h2><p>En général, le lait de vache bio est considéré comme un produit composite, ce qui ne permet pas de remonter jusqu’aux vaches individuelles dont il provient. Dans la production laitière industrielle (qui inclut également la production bio), le lait de très nombreuses vaches est rassemblé dans d’énormes cuves de collecte. Un camion de collecte de lait peut transporter entre 10&nbsp;000 et 25&nbsp;000&nbsp;litres de lait. La production moyenne de lait des vaches élevées en bio est légèrement inférieure à celle des vaches élevées de manière conventionnelle. Avec une performance approximative de 22&nbsp;litres par jour et par vache, un litre de lait bio peut donc, selon la chaîne d’approvisionnement, contenir du lait provenant de 450 à plusieurs milliers de vaches&nbsp;! Le lait de vache contient un cocktail d’hormones, notamment des hormones de lactation et de gestation (car la plupart des vaches sont déjà gestantes au moment de la traite), ce qui est susceptible d’avoir une influence sur le corps humain. Les recherches à ce sujet ne font pas encore l’objet de conclusions définitives.</p><h2>Veaux surnuméraires dans les exploitations bio</h2><p>En 2023, le cheptel suisse de vaches laitières bio comptait environ 63&nbsp;000&nbsp;têtes.<span class="fussnotenlink">6</span> Comme mentionné précédemment, un vêlage par an est nécessaire pour obtenir une production laitière maximale. Autrement dit, un veau par vache laitière bio et par an, soit 63&nbsp;000&nbsp;bébés vaches. Pour simplifier, on suppose dans le cadre de ce texte que la répartition des sexes est équilibrée et que le même nombre de veaux mâles et femelles, à savoir 31&nbsp;500, ont vu le jour en 2023 dans les exploitations bio. Alors qu’un quart des femelles sont destinées à rejoindre la prochaine génération de vaches laitières bio, on considère généralement que les 55 125 veaux restants [23 625 (¾ des femelles) + 31 500 (mâles)] serviront à la production de viande indigène. Mais est-ce vrai&nbsp;?</p><h2>«&nbsp;Je ne mange pas de bébés animaux.&nbsp;»</h2><p>La consommation de viande de veau (bio) n’est pas très populaire en Suisse et les quantités de veaux abattus en bio sont en constante diminution.<span class="fussnotenlink">7</span> Il n’existe malheureusement pas de chiffres concernant la consommation de viande de veau bio. De manière générale, la consommation de viande dans notre pays est très sélective. Alors que la consommation de parties du corps comme les cuisses ou la poitrine de poulet fait presque l’objet d’un consensus social, la consommation d’abats, par exemple, est souvent considérée comme dégoûtante. Il en va de même pour le gigot d’agneau ou le cochon de lait&nbsp;: même les personnes non végétariennes trouvent de plus en plus immoral de manger de la viande de bébés animaux et refusent donc de le faire, ce qui se traduit également par une faible consommation de viande de veau.&nbsp;</p><p>Les veaux bio ne représentent qu’environ 1,1&nbsp;% des 190&nbsp;367&nbsp;veaux abattus en Suisse en 2023.<span class="fussnotenlink">8</span> La viande de veau occupe la première place dans la statistique sur l’évolution des parts suisses de l’offre totale, publiée dans le rapport annuel 2023 («&nbsp;Le marché de la viande&nbsp;») de Proviande. Compte tenu de la petite taille et du poids relativement faible de ces animaux, le rendement en viande par tête de bétail est plutôt faible. Malgré cela, le taux d’auto-approvisionnement en viande de veau était d’environ 97,6&nbsp;% la même année, ce qui signifie que la majeure partie de la viande de veau consommée était issue de la production indigène.<span class="fussnotenlink">9</span> Selon le «&nbsp;Miroir statistique du marché de la viande bio&nbsp;» de Bioactualités, seuls 2107 veaux élevés en bio ont été abattus en 2023 (sans compter la vente directe).<span class="fussnotenlink">10</span> Ce chiffre se base sur les données de Bio Suisse et englobe tous les abattages recensés dans le commerce. Mais attendez un peu... Revenons aux 55&nbsp;125&nbsp;veaux surnuméraires dans les exploitations bio : où sont passés les 53018 animaux restants&nbsp;?</p><h2>Le problème des veaux&nbsp;: une triste réalité</h2><p>Une partie des veaux surnuméraires des fermes bio sont vendus à des exploitations conventionnelles. Pourquoi&nbsp;? Comme le montrent les chiffres, la demande de viande de veau bio n’est pas assez importante et cette viande peine donc à se vendre. De ce fait, certains animaux finissent par être engraissés (ou non) et abattus dans des exploitations conventionnelles, ce qui signifie qu’ils perdent leur certification bio. Dans de nombreux cas, notamment pour les races de vaches laitières à faible rendement en viande (p.&nbsp;ex. Holstein-Friesian), les veaux mâles n’ont qu’une très faible valeur économique. Par conséquent, ils sont soit abattus plus tôt que la moyenne, soit vendus directement à l’étranger. Un coup d’oeil sur le taux d’auto-approvisionnement de nos voisins révèle que la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche parviennent également à couvrir leurs besoins en viande de veau en grande partie grâce à leur production indigène. Cela laisse donc supposer que les nombreux veaux excédentaires suisses doivent parcourir de longues distances pour arriver à un endroit où ils pourront être «&nbsp;utilisés&nbsp;». Il est probable qu’ils soient transportés vers des pays qui connaissent soit une pénurie de viande (de veau), soit même une pénurie de denrées alimentaires en général.<span class="fussnotenlink">11</span> Que les animaux soient transportés à travers l’Europe ou, dans un deuxième temps, outremer jusqu’en Afrique&nbsp;: dès qu’un veau quitte la Suisse, les directives bio suisses cessent de s’appliquer et les prétendues «&nbsp;meilleures conditions de vie&nbsp;» dont l’animal bénéficiait jusqu’alors prennent définitivement fin.</p><p class="zitat">DÈS QU’UN VEAU BIO QUITTE LA SUISSE, LES DIRECTIVES BIO SUISSES CESSENT DE S’APPLIQUER ET LES «&nbsp;MEILLEURES CONDITIONS DE VIE&nbsp;» DONT IL BÉNÉFICIAIT PRENNENT FIN.</p><h2>Conclusion</h2><p>Quiconque pense contribuer au bien-être des animaux en consommant du lait (ou des produits laitiers) bio doit bien admettre, en y regardant de plus près, que ce n’est pas le cas. Le lait bio est lui aussi un produit de masse industrialisé, dont la production repose sur des animaux traités davantage comme des machines que comme des êtres sensibles. La consommation de lait bio génère chaque année plusieurs milliers de veaux surnuméraires qui, d’un point de vue économique, ne présentent aucun intérêt sur le marché alimentaire suisse en raison de leur statut bio. L’idée selon laquelle la majeure partie des veaux surnuméraires issus de l’industrie laitière finissent dans la production de viande indigène relève du mythe. Il est impossible pour le client final de savoir ce qu’il advient vraiment de tous ces veaux surnuméraires. Il est cependant très probable que les animaux soient transportés au-delà des frontières nationales pour mourir dans de terribles souffrances, soit en cours de route, soit dans le pays d’arrivée – et le fait que leurs mères et leurs congénères bénéficient de plus d’espace, de sorties en plein air ou d’une meilleure qualité de fourrage dans l’industrie laitière bio n’y change rien.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Fischer, O. (2025, 29. Januar). Für das Wohl der Kühe klingeln die Kassen. Universität Basel. <a href="https://www.unibas.ch/de/Aktuell/News/Uni-Research/Wohl-der-Kuehe-klingeln-die-Kassen.html" target="_blank">https://www.unibas.ch/de/Aktuell/News/Uni-Research/Wohl-der-Kuehe-klingeln-die-Kassen.html</a></li><li>Milchproduktion. (o.&nbsp;D.). Agrarbericht 2024. <a href="http://www.agrarbericht.ch/fr/production/production-animale/production-laitiere">www.agrarbericht.ch/fr/production/production-animale/production-laitiere</a></li><li>Statista. (2025a). Milchkühe pro Betrieb in der Schweiz nach Kanton 2023. <a href="https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/" target="_blank">https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/</a></li><li>Bio-Milch von Bio-Kuh, oder: Was die Werbung nicht alles verbirgt. (2023, 6. Juli). Tier Im Fokus (TIF). <a href="https://tierimfokus.ch/nutztierhaltung/bio-milch/" target="_blank">https://tierimfokus.ch/nutztierhaltung/bio-milch/</a></li><li>Bei der Knospe ist was faul. (2008, 29. März). Beobachter. <a href="https://www.beobachter.ch/gesellschaft/bio-label-bei-der-knospe-ist-was-faul">https://www.beobachter.ch/gesellschaft/bio-label-bei-der-knospe-ist-was-faul</a></li><li>BfS, TSM, Nielsen.</li><li>Proviande. (2020). Der Fleischmarkt im Überblick. <a href="http://www.proviande.ch/sites/proviande/files/2020-05/DerFleischmarktimÜberblick-AktuelleAusgabe.pdf">www.proviande.ch/sites/proviande/files/2020-05/DerFleischmarktimÜberbli…</a></li><li>Statista. (2025b). Milchkühe pro Betrieb in der Schweiz nach Kanton 2023. <a href="https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/" target="_blank">https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/</a></li><li>Statista. (2025c). Pro-Kopf-Konsum von Rind- und Kalbfleisch in der Schweiz bis 2024. <a href="https://de.statista.com/statistik/daten/studie/289150/umfrage/pro-kopf-konsum-von-rind-und-kalbfleisch-in-der-schweiz/" target="_blank">https://de.statista.com/statistik/daten/studie/289150/umfrage/pro-kopf-konsum-von-rind-und-kalbfleisch-in-der-schweiz/</a></li><li>Müller, L. &amp; Schweizer, K. (2023). MARKTSPIEGEL BIO-FLEISCH 2023. <a href="https://www.bioaktuell.ch/fileadmin/documents/ba/Markt/Fleisch/24_05_31_Marktspiegel_2023_Fleisch_DE.pdf" target="_blank">https://www.bioaktuell.ch/fileadmin/documents/ba/Markt/Fleisch/24_05_31_Marktspiegel_2023_Fleisch_DE.pdf</a></li><li>Internationale Gesellschaft für Nutztierhaltung. (2019). Kälberaufzucht – Aspekte verschiedener Nutzungsformen. <a href="http://www.ign-nutztierhaltung.ch/sites/default/files/PDF/IGN_FOKUS_19_Kaelberaufzucht.pdf">www.ign-nutztierhaltung.ch/sites/default/files/PDF/IGN_FOKUS_19_Kaelber…</a></li></ol></div></div> Mon, 19 May 2025 08:27:30 +0000 Katherina 4138 at https://www.swissveg.ch Mythos tierfreundliche Bio-Milch https://www.swissveg.ch/de/mythos-tierfreundliche-bio-milch?language=fr <span>Le mythe du lait bio respectueux des animaux</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2540" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Katherina</span></span> <span>19. mai 2025 - 8:34</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Une nouvelle étude de l’Université de Bâle montre que les Suissesses et les Suisses sont prêts à payer plus cher pour des produits laitiers fabriqués dans le respect des animaux. D’après les résultats de ce sondage en ligne, mené auprès de 1 000 personnes, la population accorde plus d’importance à la protection des animaux qu’à la durabilité.<span class="fussnotenlink">1</span> Partant de ce constat, on peut se demander dans quelle mesure les exploitations bio permettent d’offrir de meilleures conditions de vie aux animaux.</p><h2 class="einleitung">Consommation de produits laitiers bio en Suisse&nbsp;</h2><p>Ces dernières années, la part de bio dans la production laitière suisse totale a augmenté de manière continue, passant de 6,21&nbsp;% en 2013 à 8,22&nbsp;% en 2023.<span class="fussnotenlink">2</span> Au cours des cinq dernières années, on a toutefois pu observer un déplacement des parts de chiffre d’affaires, les catégories «&nbsp;lait de consommation&nbsp;» et «&nbsp;yaourt&nbsp;» ayant notamment enregistré un recul des ventes. Cette baisse du chiffre d’affaires, positive d’un point de vue végane, se manifeste également dans le secteur des produits laitiers conventionnels et s’explique peut-être par le choix varié d’alternatives végétales. Alors que la consommation de lait a diminué, celle de fromage bio a toutefois légèrement augmenté. De manière générale, les produits laitiers bio sont restés populaires en 2023 (les chiffres pour 2024 ne sont pas encore disponibles), malgré une situation économique tendue.</p><h2>Production laitière bio</h2><p>La production de lait chez les vaches est directement liée à la naissance d’un veau. En effet, comme tous les mammifères (y compris les humains), les vaches ne produisent du lait maternel que pour nourrir leur petit. Pour garantir une production laitière constante et élevée, les vaches doivent mettre bas environ une fois par an. La gestation des vaches dure environ neuf mois (280&nbsp;jours). Après le vêlage, elles entrent dans la phase dite de lactation, au cours de laquelle elles produisent du lait. Les vaches laitières sont alors traites de manière industrielle pendant environ 10&nbsp;mois. Pour que la production de lait reste constante, les vaches sont inséminées ou saillies artificiellement pendant la période de lactation (en général après deux ou trois mois). Elles donnent ensuite naissance à un autre veau, et la phase de lactation suivante peut elle aussi être mise à profit.</p><p>Selon le cahier des charges de Bio Suisse, une vache laitière doit disposer d’au moins 6 m² d’espace dans son étable – ce qui, animal mesurant jusqu’à 2,0&nbsp;m de long, reste limité, mais représente tout de même plus du double de l’espace disponible dans l’élevage conventionnel en stabulation entravée (2,0 à 2,2&nbsp;m²) ou en stabulation libre (2,8&nbsp;m²). La taille du territoire des bovins sauvages (comme les bantengs, les gaurs ou les aurochs) peut atteindre 20 à 100&nbsp;km², voire plus selon l’espèce, le lieu et la disponibilité des ressources. Ces animaux vivent généralement en troupeaux de 10 à 30 individus. À l’inverse des poules, le nombre de vaches laitières bio par unité d’élevage ne fait l’objet d’aucune limite maximale spécifique. Le nombre de vaches laitières bio dépend de la surface réglementaire à disposition en fonction de la taille de l’exploitation et de ses moyens financiers. Il n’existe pas de données précises sur le nombre moyen de vaches laitières dans les fermes bio. Avec une moyenne de 56&nbsp;vaches par exploitation, c’est le canton de Genève qui regroupe les plus grandes exploitations laitières.<span class="fussnotenlink">3</span> Par rapport à ses congénères sauvages, la vache laitière est détenue dans des conditions éloignées de son mode de vie originel, qui ne répondent donc pas aux besoins de son espèce. Et ce, non seulement dans l’élevage conventionnel, mais aussi dans l’élevage bio.&nbsp;</p><h2>Pâturage&nbsp;</h2><p>Alors que dans les fermes conventionnelles, les vaches laitières peuvent théoriquement être gardées à l’étable toute l’année, le pâturage est obligatoire dans les exploitations bio. Malgré cela, 20&nbsp;% des vaches bio présentent des signes de paralysie et environ un tiers est touché par des inflammations de la mamelle (mammites) – des chiffres similaires à ceux des exploitations conventionnelles.<span class="fussnotenlink">4</span></p><p>Selon le cahier des charges de Bio Suisse, les vaches laitières doivent être autorisées à pâturer au moins quatre heures par jour, au moins 26&nbsp;jours par mois, selon la saison et la météo. En d’autres termes, les animaux n’ont pas accès au pâturage en cas de conditions météorologiques extrêmes (fortes pluies, froid, neige ou chaleur). Les sols boueux ou gelés peuvent également justifier des exceptions. Pendant les mois d’hiver, lorsque la végétation entre en dormance et que les conditions météorologiques rendent le pâturage impraticable, il est permis de garder les animaux exclusivement à l’étable ou dans des enclos. Les sorties en plein air doivent être documentées dans un journal de pâturage. Bio Suisse autorise également la stabulation entravée sous certaines conditions. En 2008, un article du journal Beobachter a révélé qu’un agriculteur bio des environs de Porrentruy détenait ses 55 vaches laitières essentiellement à l’étable.<span class="fussnotenlink">5</span> Ce cas continue aujourd’hui encore à alimenter les critiques sur le contrôle et l’application des normes bio, car l’infraction est passée inaperçue pendant longtemps et a soulevé des doutes sur l’efficacité des mécanismes de surveillance.</p><p class="zitat">PENDANT L’HIVER, IL EST PERMIS DE GARDER LES VACHES ENFERMÉES À L’ÉTABLE OU DANS DES ENCLOS.</p><h2>Le lait bio, un produit naturel&nbsp;?</h2><p>En général, le lait de vache bio est considéré comme un produit composite, ce qui ne permet pas de remonter jusqu’aux vaches individuelles dont il provient. Dans la production laitière industrielle (qui inclut également la production bio), le lait de très nombreuses vaches est rassemblé dans d’énormes cuves de collecte. Un camion de collecte de lait peut transporter entre 10&nbsp;000 et 25&nbsp;000&nbsp;litres de lait. La production moyenne de lait des vaches élevées en bio est légèrement inférieure à celle des vaches élevées de manière conventionnelle. Avec une performance approximative de 22&nbsp;litres par jour et par vache, un litre de lait bio peut donc, selon la chaîne d’approvisionnement, contenir du lait provenant de 450 à plusieurs milliers de vaches&nbsp;! Le lait de vache contient un cocktail d’hormones, notamment des hormones de lactation et de gestation (car la plupart des vaches sont déjà gestantes au moment de la traite), ce qui est susceptible d’avoir une influence sur le corps humain. Les recherches à ce sujet ne font pas encore l’objet de conclusions définitives.</p><h2>Veaux surnuméraires dans les exploitations bio</h2><p>En 2023, le cheptel suisse de vaches laitières bio comptait environ 63&nbsp;000&nbsp;têtes.<span class="fussnotenlink">6</span> Comme mentionné précédemment, un vêlage par an est nécessaire pour obtenir une production laitière maximale. Autrement dit, un veau par vache laitière bio et par an, soit 63&nbsp;000&nbsp;bébés vaches. Pour simplifier, on suppose dans le cadre de ce texte que la répartition des sexes est équilibrée et que le même nombre de veaux mâles et femelles, à savoir 31&nbsp;500, ont vu le jour en 2023 dans les exploitations bio. Alors qu’un quart des femelles sont destinées à rejoindre la prochaine génération de vaches laitières bio, on considère généralement que les 55 125 veaux restants [23 625 (¾ des femelles) + 31 500 (mâles)] serviront à la production de viande indigène. Mais est-ce vrai&nbsp;?</p><h2>«&nbsp;Je ne mange pas de bébés animaux.&nbsp;»</h2><p>La consommation de viande de veau (bio) n’est pas très populaire en Suisse et les quantités de veaux abattus en bio sont en constante diminution.<span class="fussnotenlink">7</span> Il n’existe malheureusement pas de chiffres concernant la consommation de viande de veau bio. De manière générale, la consommation de viande dans notre pays est très sélective. Alors que la consommation de parties du corps comme les cuisses ou la poitrine de poulet fait presque l’objet d’un consensus social, la consommation d’abats, par exemple, est souvent considérée comme dégoûtante. Il en va de même pour le gigot d’agneau ou le cochon de lait&nbsp;: même les personnes non végétariennes trouvent de plus en plus immoral de manger de la viande de bébés animaux et refusent donc de le faire, ce qui se traduit également par une faible consommation de viande de veau.&nbsp;</p><p>Les veaux bio ne représentent qu’environ 1,1&nbsp;% des 190&nbsp;367&nbsp;veaux abattus en Suisse en 2023.<span class="fussnotenlink">8</span> La viande de veau occupe la première place dans la statistique sur l’évolution des parts suisses de l’offre totale, publiée dans le rapport annuel 2023 («&nbsp;Le marché de la viande&nbsp;») de Proviande. Compte tenu de la petite taille et du poids relativement faible de ces animaux, le rendement en viande par tête de bétail est plutôt faible. Malgré cela, le taux d’auto-approvisionnement en viande de veau était d’environ 97,6&nbsp;% la même année, ce qui signifie que la majeure partie de la viande de veau consommée était issue de la production indigène.<span class="fussnotenlink">9</span> Selon le «&nbsp;Miroir statistique du marché de la viande bio&nbsp;» de Bioactualités, seuls 2107 veaux élevés en bio ont été abattus en 2023 (sans compter la vente directe).<span class="fussnotenlink">10</span> Ce chiffre se base sur les données de Bio Suisse et englobe tous les abattages recensés dans le commerce. Mais attendez un peu... Revenons aux 55&nbsp;125&nbsp;veaux surnuméraires dans les exploitations bio : où sont passés les 53018 animaux restants&nbsp;?</p><h2>Le problème des veaux&nbsp;: une triste réalité</h2><p>Une partie des veaux surnuméraires des fermes bio sont vendus à des exploitations conventionnelles. Pourquoi&nbsp;? Comme le montrent les chiffres, la demande de viande de veau bio n’est pas assez importante et cette viande peine donc à se vendre. De ce fait, certains animaux finissent par être engraissés (ou non) et abattus dans des exploitations conventionnelles, ce qui signifie qu’ils perdent leur certification bio. Dans de nombreux cas, notamment pour les races de vaches laitières à faible rendement en viande (p.&nbsp;ex. Holstein-Friesian), les veaux mâles n’ont qu’une très faible valeur économique. Par conséquent, ils sont soit abattus plus tôt que la moyenne, soit vendus directement à l’étranger. Un coup d’oeil sur le taux d’auto-approvisionnement de nos voisins révèle que la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Autriche parviennent également à couvrir leurs besoins en viande de veau en grande partie grâce à leur production indigène. Cela laisse donc supposer que les nombreux veaux excédentaires suisses doivent parcourir de longues distances pour arriver à un endroit où ils pourront être «&nbsp;utilisés&nbsp;». Il est probable qu’ils soient transportés vers des pays qui connaissent soit une pénurie de viande (de veau), soit même une pénurie de denrées alimentaires en général.<span class="fussnotenlink">11</span> Que les animaux soient transportés à travers l’Europe ou, dans un deuxième temps, outremer jusqu’en Afrique&nbsp;: dès qu’un veau quitte la Suisse, les directives bio suisses cessent de s’appliquer et les prétendues «&nbsp;meilleures conditions de vie&nbsp;» dont l’animal bénéficiait jusqu’alors prennent définitivement fin.</p><p class="zitat">DÈS QU’UN VEAU BIO QUITTE LA SUISSE, LES DIRECTIVES BIO SUISSES CESSENT DE S’APPLIQUER ET LES «&nbsp;MEILLEURES CONDITIONS DE VIE&nbsp;» DONT IL BÉNÉFICIAIT PRENNENT FIN.</p><h2>Conclusion</h2><p>Quiconque pense contribuer au bien-être des animaux en consommant du lait (ou des produits laitiers) bio doit bien admettre, en y regardant de plus près, que ce n’est pas le cas. Le lait bio est lui aussi un produit de masse industrialisé, dont la production repose sur des animaux traités davantage comme des machines que comme des êtres sensibles. La consommation de lait bio génère chaque année plusieurs milliers de veaux surnuméraires qui, d’un point de vue économique, ne présentent aucun intérêt sur le marché alimentaire suisse en raison de leur statut bio. L’idée selon laquelle la majeure partie des veaux surnuméraires issus de l’industrie laitière finissent dans la production de viande indigène relève du mythe. Il est impossible pour le client final de savoir ce qu’il advient vraiment de tous ces veaux surnuméraires. Il est cependant très probable que les animaux soient transportés au-delà des frontières nationales pour mourir dans de terribles souffrances, soit en cours de route, soit dans le pays d’arrivée – et le fait que leurs mères et leurs congénères bénéficient de plus d’espace, de sorties en plein air ou d’une meilleure qualité de fourrage dans l’industrie laitière bio n’y change rien.</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Fischer, O. (2025, 29. Januar). Für das Wohl der Kühe klingeln die Kassen. Universität Basel. <a href="https://www.unibas.ch/de/Aktuell/News/Uni-Research/Wohl-der-Kuehe-klingeln-die-Kassen.html" target="_blank">https://www.unibas.ch/de/Aktuell/News/Uni-Research/Wohl-der-Kuehe-klingeln-die-Kassen.html</a></li><li>Milchproduktion. (o.&nbsp;D.). Agrarbericht 2024. <a href="http://www.agrarbericht.ch/fr/production/production-animale/production-laitiere">www.agrarbericht.ch/fr/production/production-animale/production-laitiere</a></li><li>Statista. (2025a). Milchkühe pro Betrieb in der Schweiz nach Kanton 2023. <a href="https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/" target="_blank">https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/</a></li><li>Bio-Milch von Bio-Kuh, oder: Was die Werbung nicht alles verbirgt. (2023, 6. Juli). Tier Im Fokus (TIF). <a href="https://tierimfokus.ch/nutztierhaltung/bio-milch/" target="_blank">https://tierimfokus.ch/nutztierhaltung/bio-milch/</a></li><li>Bei der Knospe ist was faul. (2008, 29. März). Beobachter. <a href="https://www.beobachter.ch/gesellschaft/bio-label-bei-der-knospe-ist-was-faul">https://www.beobachter.ch/gesellschaft/bio-label-bei-der-knospe-ist-was-faul</a></li><li>BfS, TSM, Nielsen.</li><li>Proviande. (2020). Der Fleischmarkt im Überblick. <a href="http://www.proviande.ch/sites/proviande/files/2020-05/DerFleischmarktimÜberblick-AktuelleAusgabe.pdf">www.proviande.ch/sites/proviande/files/2020-05/DerFleischmarktimÜberbli…</a></li><li>Statista. (2025b). Milchkühe pro Betrieb in der Schweiz nach Kanton 2023. <a href="https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/" target="_blank">https://de.statista.com/statistik/daten/studie/1411491/umfrage/milchkuehe-pro-betrieb-in-der-schweiz-nachkanton-2023/</a></li><li>Statista. (2025c). Pro-Kopf-Konsum von Rind- und Kalbfleisch in der Schweiz bis 2024. <a href="https://de.statista.com/statistik/daten/studie/289150/umfrage/pro-kopf-konsum-von-rind-und-kalbfleisch-in-der-schweiz/" target="_blank">https://de.statista.com/statistik/daten/studie/289150/umfrage/pro-kopf-konsum-von-rind-und-kalbfleisch-in-der-schweiz/</a></li><li>Müller, L. &amp; Schweizer, K. (2023). MARKTSPIEGEL BIO-FLEISCH 2023. <a href="https://www.bioaktuell.ch/fileadmin/documents/ba/Markt/Fleisch/24_05_31_Marktspiegel_2023_Fleisch_DE.pdf" target="_blank">https://www.bioaktuell.ch/fileadmin/documents/ba/Markt/Fleisch/24_05_31_Marktspiegel_2023_Fleisch_DE.pdf</a></li><li>Internationale Gesellschaft für Nutztierhaltung. (2019). Kälberaufzucht – Aspekte verschiedener Nutzungsformen. <a href="http://www.ign-nutztierhaltung.ch/sites/default/files/PDF/IGN_FOKUS_19_Kaelberaufzucht.pdf">www.ign-nutztierhaltung.ch/sites/default/files/PDF/IGN_FOKUS_19_Kaelber…</a></li></ol></div></div> Mon, 19 May 2025 08:27:30 +0000 Katherina 4138 at https://www.swissveg.ch Warum Bio-Fleisch nicht besser ist https://www.swissveg.ch/de/bio-fleisch-nicht-besser?language=fr <span>La viande bio n’est pas une solution</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>22. novembre 2024 - 10:48</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">En Suisse, les personnes qui ont une alimentation omnivore ont tendance à proclamer qu’elles mangent peu de viande (ou moins qu’avant) – et, le cas échéant, qu’elles privilégient les «&nbsp;bons morceaux&nbsp;». Autrement dit, une viande de qualité biologique, si possible achetée chez le «&nbsp;boucher du coin&nbsp;».</p><p>En 2023, en termes de prix, la viande et les saucisses représentaient 21&nbsp;% du panier d’achat suisse moyen, arrivant ainsi en première place – tandis que les légumes, pommes de terre et champignons (12&nbsp;%) devaient se contenter de la quatrième place, et les fruits (10&nbsp;%) de la cinquième.<span class="fussnotenlink">1</span> Partant de ce constat, on ne peut prétendre que la population suisse mange «&nbsp;peu de viande&nbsp;». Mais qu’en est-il du type de viande consommé&nbsp;? S’agit-il en majorité de «&nbsp;bonne&nbsp;» viande bio&nbsp;? Et, le cas échéant, pour qui la viande bio représente-t-elle réellement une meilleure option&nbsp;?</p><h2>La viande bio en chiffres</h2><p>En Suisse, la viande de volaille est de loin la plus populaire. En 2023, 60&nbsp;180&nbsp;tonnes (bio compris) ont été mises en vente dans le commerce de détail (sans compter les saucisses qui contiennent également de la viande de volaille). En comparaison directe, 27&nbsp;381&nbsp;tonnes de viande de boeuf et 25&nbsp;315&nbsp;tonnes de viande de porc (bio compris) ont été mises dans les rayons la même année, soit moins de la moitié en termes de volume. Comme chacun sait, l’offre détermine la demande. Par conséquent, une part considérable de la viande mise en vente devrait être de qualité biologique, puisqu’un bon nombre de personnes déclarent y prêter une attention particulière. Or, ce n’est pas le cas&nbsp;: sur les 60&nbsp;180&nbsp;tonnes de viande de volaille vendues dans le commerce de détail en 2023, seules 1505 tonnes étaient d’origine biologique, ce qui correspond à une pauvre part de 2,5&nbsp;%. Certes, la part de viande de volaille bio a presque doublé en dix ans (2014&nbsp;: 750&nbsp;tonnes), mais la consommation de viande de volaille a connu une telle envolée sur la même période que la progression de Bio poulet &amp; Co entre 2014 et 2023 ne se chiffre qu’à 1&nbsp;%.&nbsp;</p><p>Cette tendance se reflète également dans la gamme de produits proposés dans les supermarchés : dans la boutique en ligne de Coop, par exemple, seulement 8 (9,3&nbsp;%) des 86&nbsp;produits de volaille proposés sont de qualité bio.<span class="fussnotenlink">2</span> Chez Migros, sur 202&nbsp;produits, seuls 15 produits bio (7,4&nbsp;%) sont disponibles.<span class="fussnotenlink">3</span> Un facteur qui favorise les produits conventionnels par rapport aux produits bio est le prix plus élevé de ces derniers. En juillet 2024, si l’on comparait tous les groupes de produits dans le domaine de la viande, l’équivalent biologique était toujours entre 41 et 65&nbsp;% plus cher. Ainsi, même si la viande était effectivement considérée comme un produit de luxe et donc rarement consommée, la viande bio représente encore une étape supplémentaire. Bien sûr, le prix plus élevé est justifié&nbsp;: fourrage de qualité, pas d’administration prophylactique d’antibiotiques, groupes plus petits, plus d’espace et de sorties... mais ces conditions permettent-elles réellement d’offrir une meilleure vie aux animaux&nbsp;?</p><h2>Conditions d’élevage en comparaison</h2><p>En Suisse, les élevages conventionnels peuvent détenir jusqu’à 27&nbsp;000&nbsp;poulets selon le jour d’engraissement. La densité d’occupation autorisée pour les groupes de plus de 80&nbsp;animaux est de 30&nbsp;kilogrammes de poids vif par m². Pour un poids d’engraissement final d’un peu plus de deux kilo, cela correspond à environ 15&nbsp;animaux par m². Chaque animal a donc droit à 660&nbsp;cm², soit un espace à peine plus grand qu’une page A4. Au bout de 35&nbsp;jours, les poulets élevés de manière conventionnelle ont atteint leur poids d’abattage. Chez Bio Suisse, la durée minimale d’engraissement est de 63&nbsp;jours. A priori, les poulets élevés en bio vivent donc nettement plus longtemps. Toutefois, si l’on considère que leur espérance de vie à l’état sauvage peut atteindre dix ans, 28&nbsp;jours de vie supplémentaires ne représentent pas grand-chose. De même, l’effectif maximal de 2000&nbsp;animaux par unité de poulailler (ou 4000 sur l’ensemble de l’exploitation) autorisé dans le cadre de l’élevage bio n’a rien de comparable aux groupes naturels de 5 à 20&nbsp;poules et d’un coq. La densité d’élevage autorisée dans les exploitations bio est de 20&nbsp;kilos de poids vif par mètre carré ou de 25&nbsp;kilos lorsque l’aire à climat extérieure est comptabilisée. Cela correspond respectivement à 10 et 13&nbsp;animaux par m². Dans le premier cas, avec une surface de 1000&nbsp;cm² par animal, les poules bio disposent de 340&nbsp;cm² supplémentaires, soit environ la moitié d’une feuille A4. Dans le second cas, avec 769&nbsp;cm² par animal, la surface supplémentaire par rapport à l’élevage conventionnel n’est plus que de 109&nbsp;cm², ce qui correspond à peu près à la taille d’un smartphone. Les poules bio ont certes droit à des sorties en plein air, mais celles-ci peuvent être refusées en fonction des conditions météorologiques, par exemple en cas de températures trop élevées ou trop basses, de vent ou de pluie.&nbsp;</p><p>Il en va de même pour d’autres espèces animales, comme le cochon&nbsp;: la durée de vie des porcs peut atteindre 21&nbsp;ans, mais lorsque ces animaux sont engraissés, ils sont abattus au bout de cinq mois seulement. Selon la législation suisse sur la détention des animaux, un porc pesant entre 50 et 110&nbsp;kilos doit disposer d’une surface de 0,7&nbsp;m². Bio Suisse accorde aux porcs d’engraissement pesant jusqu’à 110&nbsp;kilos une surface minimale de stabulation de 1,3&nbsp;m² par animal. Cette différence de 0,6&nbsp;mètre carré équivaut à peu près à la taille d’une serviette de bain et, dans les deux cas, la surface mise à disposition est loin d’être conforme aux besoins de l’espèce. Aucune de ces formes d’élevage ne répond, par exemple, au besoin des cochons de séparer leur lieu de déjection de leur lieu de couchage. De plus, le manque d’espace entraîne un risque accru de maladie et de graves troubles du comportement chez les animaux, deux facteurs qui ont un impact négatif avéré sur le bien-être des animaux. Comme les cochons engraissés prennent du poids de manière rapide et extrême, leur appareil locomoteur est sursollicité et il n’est pas rare que des difficultés cardio-vasculaires surviennent. La densité de population élevée et le manque de distractions conduisent à des cas de cannibalisme chez toutes les espèces animales, comme la morsure de la queue chez les cochons ou le picage des plumes chez les poules.</p><p>Les animaux détenus dans des exploitations bio sont mieux nourris, car selon les directives de Bio Suisse, les aliments pour animaux ne doivent pas contenir de traces d’organismes génétiquement modifiés ou de produits dérivés d’organismes génétiquement modifiés proportionnellement supérieurs aux limites légales.<span class="fussnotenlink">4</span> À première vue, cette règle semble plutôt bonne, mais elle bénéficie surtout aux humains. En effet, la présence d’OGM dans leur alimentation n’a aucune importance pour les animaux pendant leur courte vie. De même, le fait d’interdire l’usage prophylactique de médicaments, d’antibiotiques ou d’hormones n’a aucune incidence directe sur le bien-être des animaux ; c’est une mesure prise uniquement au profit de la clientèle.</p><h2>À l’abattoir, tous les animaux sont égaux</h2><p>Les directives pour les animaux «&nbsp;de rente&nbsp;» élevés en bio deviennent caduques dès que ceux-ci quittent l’exploitation bio et sont chargés pour être transportés à l’abattoir. À partir de ce moment-là, les conditions qui font la réputation du label bio en matière de bien-être animal, telles que les espaces plus vastes, l’accès à l’extérieur ou la qualité du sol, ne sont plus valables. Lors de transports pouvant durer jusqu’à huit heures dans toutes sortes de conditions météorologiques (chaleur, froid), les animaux n’ont généralement pas accès à de la nourriture ou à de l’eau potable.&nbsp;</p><p>Dans l’élevage bio comme dans le conventionnel, la valeur des animaux s’apparente davantage à celle d’une marchandise qu’à celle d’un être vivant doué de sensibilité, même lors du chargement et du déchargement – l’objectif étant d’entreposer un maximum de « marchandises » en un minimum de temps. Les animaux qui sortent littéralement des rangs, qui refusent d’obtempérer ou qui manifestent des réactions de panique sont rendus dociles par la force, par exemple à coups de poing ou de pied. À l’intérieur des camions, on ne trouve plus que des êtres apeurés et extrêmement stressés, pour qui les «&nbsp;meilleures conditions d’élevage&nbsp;» du passé n’ont plus aucune signification. Il en va de même pour l’abattage lui-même. Après un transport traumatisant, les animaux sont à nouveau conduits dans un environnement inconnu – l’abattoir – où ils sont, dans le meilleur des cas mais pas toujours, étourdis avant leur mise à mort. En juillet 2020, l’ancien boucher Philipp Hörmann a déclaré dans un article du journal allemand ZEIT que les animaux des élevages bio sont plus difficiles à abattre que ceux des élevages conventionnels.<span class="fussnotenlink">5</span> Il explique&nbsp;:&nbsp;</p><p class="zitat">«&nbsp;Les animaux élevés en bio sont généralement plus forts, plus musclés. Ils luttent contre l’étourdissement.&nbsp;»</p><p>La souffrance des animaux bio à l’abattoir est donc encore plus intense – si tant est qu’elle puisse l’être. Il en résulte un taux élevé d’abattages sans étourdissement, qui se traduisent par une mort atroce. Derrière la grande illusion des animaux bio heureux se cache une mise à mort violente et complètement occultée.</p><h2>La «&nbsp;bonne viande&nbsp;» du restaurant</h2><p>Si les plats à base de viande ne sont pas explicitement déclarés comme bio sur la carte du menu, il y a fort à parier que ce ne soit pas de la «&nbsp;bonne viande bio&nbsp;». Le prix d’un filet de boeuf au restaurant ne permet pas de tirer de conclusions sur les conditions d’élevage ni sur le processus d’abattage de l’animal, et ne constitue donc pas un indicateur de qualité fiable. En effet, le prix d’un plat peut être influencé par de nombreux facteurs, tels que l’emplacement du restaurant, la marque, la notoriété du chef, etc. De même, les prix élevés peuvent être justifiés par l’exclusivité et la présentation des plats, sans que cela n’indique quoi que ce soit sur la dimension éthique de la production de viande. La vérité est que même les morceaux de viande les plus chers proviennent d’animaux élevés et abattus dans des conditions cruelles.&nbsp;</p><p>Mais l’argument du «&nbsp;bon morceau de viande&nbsp;» au restaurant a des conséquences encore plus subtiles&nbsp;: le fait que la viande et la charcuterie soient majoritairement consommées à l’extérieur renforce l’impression d’une demande accrue, ce qui peut d’une part freiner l’offre en alternatives végétales et, d’autre part, faire obstacle à un changement général de mentalité dans la société.&nbsp;</p><p>En outre, les personnes qui commandent de la viande au restaurant n’obtiennent en principe aucune information sur les conditions d’élevage. D’où vient donc l’idée que la viande est meilleure au restaurant qu’au supermarché d’à côté&nbsp;? Il est clair qu’il n’existe pas d’exigences de qualité particulières pour la viande dans la restauration ou le commerce de détail. Il n’y a pas de différence entre un produit acheté en magasin sur la base de son emballage ou un produit commandé au restaurant en fonction du menu. Finalement, la seule distinction réside dans la préparation&nbsp;: une cuisinière ou un cuisinier qualifié dispose d’un savoir-faire éprouvé qui peut améliorer la consistance et le goût des ingrédients. C’est sans doute la seule raison qui explique que la viande soit meilleure au restaurant.</p><h2>Conclusion</h2><p>En fin de compte, les labels bio apposés sur la viande, la charcuterie et les autres produits carnés ne sont pas là pour servir les intérêts des animaux. L’objectif n’est pas d’informer en détail sur les conditions d’élevage, mais plutôt d’apaiser la conscience des consommatrices et des consommateurs. Alors que les avantages de l’agriculture biologique pour l’environnement sont nombreux (pas d’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais chimiques de synthèse, ni d’organismes génétiquement modifiés, etc.), ils restent négligeables en termes de bien-être animal. Dans ce domaine, les labels ne reflètent que le standard minimum : même les animaux issus de l’élevage bio n’ont pas été élevés dans le respect des besoins de leur espèce, ont massivement souffert de ces «&nbsp;meilleures&nbsp;» conditions de vie et ont été abattus avec violence. Dans tous les cas, si l’on s’en tient aux chiffres de vente de la viande bio, l’affirmation «&nbsp;Je mange peu de viande, et seulement du bio&nbsp;» ne correspond généralement pas à la réalité. La formulation correcte serait plutôt : «&nbsp;Je mange de la viande, et seulement un peu de bio.&nbsp;»</p></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ol><li>Proviande. (2023). Le marché de la viande 2023.<a href="https://www.proviande.ch/sites/proviande/files/2020-05/Der%20Fleischmarkt%20im%20%C3%9Cberblick%20-%20Aktuelle%20Ausgabe.pdf" target="_blank"> www.proviande.ch/sites/proviande/files/2020-05/Der%20Fleischmarkt%20im%20%C3%9Cberblick%20-%20Aktuelle%20Ausgabe.pdf</a></li><li>Viande de volaille emballée. (s. d.). Coop. <a href="https://www.coop.ch/fr/nourriture/viandes-poissons/viandes-fraiches-emballees/viande-de-volaille-emballee/c/m_0094">www.coop.ch/fr/nourriture/viandes-poissons/viandes-fraiches-emballees/viande-de-volaille-emballee/c/m_0094</a>&nbsp;</li><li>Poulet, dinde &amp; canard. (s. d.). Migros. <a href="https://www.migros.ch/fr/category/viandes-poissons/viandes-volaille/poulet-dinde-canard">www.migros.ch/fr/category/viandes-poissons/viandes-volaille/poulet-dinde-canard</a>&nbsp;</li><li>Bio Suisse. (2024). Cahier des charges pour la production, la transformation et le commerce des produits Bourgeon. <a href="https://www.bio-suisse.ch/dam/jcr:d908f41b-afd0-41bd-a383-32e2e20d83f8/Bio_Suisse_Cahier_des_charges_2024_FR_Final.pdf">www.bio-suisse.ch/dam/jcr:d908f41b-afd0-41bd-a383-32e2e20d83f8/Bio_Suisse_Cahier_des_charges_2024_FR_Final.pdf</a>&nbsp;</li><li>Wolf, K. (2020, 23 juillet). Warum du auch Bio-Fleisch nicht mit gutem Gewissen essen kannst. ZEIT ONLINE ze.tt. <a href="https://www.zeit.de/zett/2020-07/koennen-wir-bio-fleisch-mit-besserem-gewissen-essen" target="_blank">www.zeit.de/zett/2020-07/koennen-wir-bio-fleisch-mit-besserem-gewissen-essen</a></li></ol></div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul style="-webkit-text-stroke-width:0px;background-color:rgb(255, 255, 255);box-sizing:border-box;color:rgb(0, 0, 0);font-family:&quot;Open Sans&quot;, sans-serif;font-size:18px;font-style:normal;font-variant-caps:normal;font-variant-ligatures:normal;font-weight:400;letter-spacing:normal;margin:0px 0px 10px;orphans:2;padding-left:30px;text-align:start;text-decoration-color:initial;text-decoration-style:initial;text-decoration-thickness:initial;text-indent:0px;text-transform:none;white-space:normal;widows:2;word-spacing:0px;"><li style="box-sizing:border-box;font-family:&quot;Open Sans&quot;, sans-serif;list-style:inherit;"><a style="background:transparent;box-sizing:border-box;color:rgb(0, 98, 67);cursor:pointer;text-decoration:none;" href="https://www.swissveg.ch/etude-proviande-bien-etre?language=fr">Selon une enquête de Proviande, l'opinion publique a une image idéalisée de l'élevage en Suisse</a></li><li style="box-sizing:border-box;font-family:&quot;Open Sans&quot;, sans-serif;list-style:inherit;"><a style="background:transparent;box-sizing:border-box;color:rgb(0, 98, 67);cursor:pointer;text-decoration:none;" href="https://www.swissveg.ch/chiffresabattage?language=fr" title="Chiffres d&apos;abattage">Chiffres d'abattage en Suisse</a></li><li style="box-sizing:border-box;font-family:&quot;Open Sans&quot;, sans-serif;list-style:inherit;"><a style="background:transparent;box-sizing:border-box;color:rgb(0, 98, 67);cursor:pointer;text-decoration:none;" href="https://www.swissveg.ch/deroulement_chaine_abattage?language=fr">Déroulement d'une chaîne d'abattage</a></li><li style="box-sizing:border-box;font-family:&quot;Open Sans&quot;, sans-serif;list-style:inherit;"><a style="background:transparent;box-sizing:border-box;color:rgb(0, 98, 67);cursor:pointer;text-decoration:none;" href="https://www.swissveg.ch/viande_bio?language=fr">Consommer de la viande bio en bonne conscience, est-ce possible ?</a></li></ul></div> Fri, 22 Nov 2024 09:01:36 +0000 Katherina 4120 at https://www.swissveg.ch Wie Sprache unseren Umgang mit dem Essen lenkt https://www.swissveg.ch/de/blog-sprachkompass?language=fr <span>Wie Sprache unseren Umgang mit dem Essen lenkt</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2540" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Katherina</span></span> <span>22. mars 2021 - 12:00</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><hr /><p>Hugo Caviola, Leiter des Forschungsprojekts Sprachkompass Ernährung</p> <hr /><p class="einleitung"><strong><img alt="Sprachkompass-3" data-entity-type="file" data-entity-uuid="93f67108-2a62-473a-9948-1cf51ed2c15c" height="350" hspace="10/" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Sprachkompass-3_klein.jpg" width="233" class="align-left" />Die Anzahl der fleischlos oder fleischarm lebenden Menschen nimmt zu. Im Jahr 2020 ernährten sich in der Schweiz 6,5 % der Bevölkerung vegetarisch, 1 % vegan und weitere 11 % verzichteten häufig auf Fleisch («FlexitarierInnen»). Die Zahlen zeigen dennoch, dass Fleischessen immer noch die Norm ist. Dieses wird gefördert durch die Massen­tier­haltung und die tiefen Fleischpreise. Nutz­tier­haltung und Fleischessen sind unterschwellig tief in unserer Geschichte und Ernährungs­kultur verankert. Zu dieser gehört auch unser Sprach­gebrauch, denn er leitet unser Denken, Fühlen und Handeln in Bahnen, auf denen das Fleischessen Vortritt hat.</strong></p> <p>Wie oft drängen sich uns doch Sprachbilder und Redewendungen auf, die uns kaum als «fleischhaltig» bewusst sind. So riechen wir den Braten, lassen Menschen in ihrem eigenen Saft schmoren oder stellen fest, dass ein Prüfungskandidat gegrillt wurde. Sind wir uns uneinig, so haben wir ein Hühnchen miteinander zu rupfen, der eine zieht dem anderen das Fell über die Ohren oder macht gar Hackfleisch aus ihm. In der Politik verfahren manche nach der Salamitaktik, denn alle wollen genug vom Braten abbekommen. Und wenn es wirklich drauf ankommt, geht es bekanntlich um die Wurst. Solche und viele weitere Metaphern und Redewendungen flüstern uns hintergründig ein, dass Fleischessen normal sei. Schlachten, Fleisch zubereiten und essen erzeugen Denkinstrumente, nach denen wir uns in Bereichen orientieren, die gar nichts mit Fleisch zu tun haben, etwa im Bildungswesen, im zwischenmenschlichen Umgang oder in der Politik. Anders gesagt: Man muss gar kein Fleisch essen, um dennoch sprachlich an der Fleischkultur teilzuhaben.</p> <p>Die Unterscheidung von Nutz- und Haustieren legt grundlegende Denkbahnen aus. Diese sind mitver­antwortlich dafür, wie wir mit diesen Tieren umgehen. Haustiere sind für uns wie Familien­mit­glieder und wir  geben ihnen Namen. Nutz­tiere dagegen sind in der Massentierhaltung nur Nummern. Im Umgang mit ihnen lassen wir uns von einer Industriesprache leiten, in der Wörter wie Ferkelerzeugung, Fleischleistung und Schlachtreife die Richtung angeben. Dass wir Nutztiere abwerten, zeigen auch Schimpfwörter wie: Du blöde Kuh! Du dummes Huhn! Ein unauf­geräumtes Büro gilt als Saustall. Auch auf Menükarten schleicht sich Fleisch als etwas Selbstverständliches ein, nicht nur, weil Fleisch­ge­richte in der Überzahl sind. Das unauffällige Wörtchen Beilage wirkt als Machtwort: Es setzt das Fleisch wie selbstverständlich ins Zentrum eines Gerichts und degradiert Pflanzliches zur Neben­sache. Fleisch verleiht dem Gericht meist auch seinen Namen. Man bestellt z. B. Osso Bucco mit Risotto und setzt den Reis damit automatisch auf den zweiten Rang. Hier wirkt das kleine Wörtchen «mit» als Machtwort: Was wäre, wenn ein Gericht Risotto mit Osso Bucco hiesse? Fremdsprachige Namen garnieren Fleischgerichte mit einem exotischen Touch. Dieser verbirgt elegant dem deutschsprachigen Ohr das eigentliche Tier auf dem Teller. Osso Bucco ist ein «Knochen mit Loch», ein Entrecôte ein «Zwischenrippenstück», ein Filet ein «dünner Faden», ein keulenförmiger Muskelstrang.</p> <p><img alt="Sprachkompass-2" data-entity-type="file" data-entity-uuid="1f30351d-e870-4fab-918e-bff3a6aa1802" height="177" hspace="10" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Sprachkompass-1_klein_0.jpg" /><img alt="Sprachkompass-2" data-entity-type="file" data-entity-uuid="8063dc34-af6a-431c-b6a6-320afbbff089" height="188" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Sprachkompass-2_klein_0.jpg" width="267" /></p> <h4>Sprachlich Fuss fassen</h4> <p>Gibt es sprachliche Wege, die pflanzliches Essen auf­werten? Das Sprachkompass-Team empfiehlt dies:</p> <p><strong><em>Auf die Sprache achten</em></strong><br /> Auf die Dominanz der Fleisch-Metaphern und Redewendungen in unserer Sprache bewusst zu achten, und diese zu vermeiden, lohnt sich. Denn diese bestärken das Fleischessen als Normalität.</p> <p><strong><em>Alternativen</em></strong><br /> Manche Fleischmetaphern lassen sich durch fleisch­lose ersetzen, welche dem Denken eine andere Richtung geben. Eine Sache ist einem dann nicht Wurst, sondern schlicht egal. Man muss nicht partout etwas vom Braten abbekommen, sondern kann dies auch von einem Kuchen. Statt miteinander ein Hühnchen zu rupfen, kann man z. B. etwas ausfechten.</p> <p><strong><em>Begriffskreuzungen weisen neue Wege</em></strong><br /> Heute kommen viele vegetarische und vegane Speisen in Verpackung und Aussehen wie Fleisch­speisen daher und tragen Namen wie Veggie Burger und plant-based Gehacktes. Neue Rezepte heissen Blumenkohl-Steak und Tofu-Auberginen-Gulasch. Dies sind Beispiele, wie selbst Pflanzliches von der Fleischkultur vereinnahmt wird. Wörter wie Leid und Wohl waren vor 50 Jahren noch einzig für Menschen reserviert. Die Wörter Tierleid und Tierwohl erlauben uns, Tiere als empfindsame Wesen wahrzunehmen. Auch sie sind Machtwörter: Sie eröffnen neue Sicht­weisen auf die sogenannten Nutztiere und können einen Kulturwandel in der Fleischwelt bewirken.</p> <hr /><p class="zitat">Das Forschungsprojekt Sprachkompass Ernährung am CDE der Uni Bern untersucht, wie die Sprache unser Denken über Ernährung prägt. Es untersucht, welche Sprachformen die Fleisch­­kultur stärken und welche eine nachhaltige Ernährung fördern. In einem Workshop 2020 haben sich der Projektleiter Hugo Caviola und Swissveg zur Bedeutung der Sprache bezüglich Essen ausgetauscht. Die vollständige Studie finden Sie hier: <a href="https://sprachkompass.ch/ernaehrung" target="_blank" title="Sprachkompass Ernährung">www.sprachkompass.ch/ernaehrung</a><a href="www.sprachkompass.ch" title="www.sprachkompass.ch"> </a></p> <hr /><h3><span class="fussnotenlink">Aus Veg-Info 2021/1</span></h3> </div> Mon, 22 Mar 2021 11:00:06 +0000 Katherina 3579 at https://www.swissveg.ch